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A Lille, le groupe scolaire Jean Rostand, un harmonieux projet signé SAM architecture

© Charly Broyez

Situé au cœur du quartier de l’Épine, au sud d’Hellemmes, le nouveau groupe scolaire Jean Rostand, résultat de la déconstruction de l’ancienne école, constitue l’un des projets phares qui participe à la régénération du quartier. Une réalisation qui allie justesse et rigueur tout en apportant une belle touche d’originalité.

Astucieusement inséré dans le quartier

C’est dans l’ancienne cité de cheminots datant des années 70, que les architectes de l’agence parisienne SAM architecture viennent de réaliser leur projet. Un groupe scolaire, situé en limite d’îlot, qui devrait s’inscrire dans une typologie particulière marquée d’une part par des maisons de ville et d’autre part par des barres de hauteur modérée. Le programme est conséquent, il est constitué de 5 classes maternelles et 8 classes élémentaires ainsi qu’un espace de restauration pour 360 enfants. L’ensemble a la particularité de s’ouvrir au public, à travers le jardin présent sur la parcelle, considéré comme un espace d’expérimentation pour les enfants.

Le nouveau groupe scolaire s’est astucieusement inséré dans le quartier. En effet, les architectes nous racontent qu’afin de préserver un maximum d’espaces en pleine terre, ils ont installé l’édifice, constitué d’un étage, d’une manière à occuper moins de la moitié de la surface de la parcelle. De même, sa position en limite parcellaire permet, selon ses concepteurs, de compléter la typologie de l’îlot autant que de préserver l’espace du jardin municipal.

Notons par ailleurs que, de loin, les différentes fonctions du bâtiment sont lisibles. Nous pouvons deviner les espaces du centre de loisir, ceux du périscolaire, ainsi que les différentes parties partagées avec la ville par les lignes ludiques et les formes fluides que les architectes leur ont octroyées. Parmi ces espaces citons par exemple le grand hall qui s’ouvre sur la cour commune ainsi que la bibliothèque qui donne directement sur la rue, tandis que l’école élémentaire qui présente des lignes plus rigoureuses se caractérise par sa façade en dents de scie et ses larges fenêtres identiques dont le but est d’identifier les salles de classes mais aussi ses toits inclinés qui fait un joli clin d’œil aux maisons voisines. Il s’agit presque de deux univers qui se croisent et se complètent tout en formant un ensemble où règne une grande harmonie et une complémentarité avec l’existant.

Original, flexible

Par ailleurs, l’agence SAM architecture est connue par son apport d’originalité concernant les divers établissements scolaires. Les architectes, ont réussi, encore une fois d’optimiser chaque pièce et de rendre utile les interstices secondaires, le but étant de proposer dans un même espace, plusieurs usages selon l’heure ou la journée. A cela s’ajoute la notion de flexibilité rendue plus importante grâce à la structure poteaux-dalle, mais aussi d’ouverture. Les architectes ont eu recours à plusieurs astuces pour placer l’édifice dans son contexte tout en croisant intelligemment l’intérieur et l’extérieur. Donnons l’exemple des circulations qui offrent une promenade circulaire poreuse mettant l’intérieur et l’extérieur en osmose tout comme l’existence de la cloison mobile entre les réfectoires maternelles et élémentaires, qui peut s’effacer doucement pour créer une salle polyvalente de 280m² ouverte directement sur la cour centrale du bâtiment. L’ensemble, qui s’adresse à la fois aux diverses associations mais aussi aux riverains, peut fonctionner indépendamment vu l’accès qui se fait par le grand hall ouvert et la cour ovoïde.

Et surtout performant

Concernant les matériaux, les architectes ont eu recours à l’usage de la brique en façade qui rappelle les autres constructions du quartier. Toutefois, l’appareillage aléatoire des façades sur rue, composé de teintes sable aux joints affleurants, rompt avec la monotonie des façades traditionnelles et donne à l’ensemble un semblant de dynamisme, très apprécié de tous. Notons que le choix des architectes s’est porté sur des matériaux bruts disposant d’une couche d’usure qui les rend plus pérennes.

La structure, en bois et béton participe à l’identité visuelle du bâtiment. Les utilisateurs des lieux peuvent la contempler tout en appréciant certains principes de la construction. En effet, montrer aux usagers les diverses méthodes de construction mais aussi d’agencement, fait partie des procédés pédagogiques loués par les architectes. Donnons l’exemple des parties techniques visibles qui dévoilent le savoir-faire ou l’existence de la structure bois qui soutient les façades du premier étage et qui est visible de l’intérieur comme de l’extérieur sur cour. La cohérence et l’unité des matériaux employés participent de la frugalité du bâtiment rendant l’ensemble à la fois épuré et intemporel.

Par ailleurs, les architectes n’ont pas délaissé le côté durable du bâtiment, même au contraire, nous apprenons que l’édifice atteint les performances du label environnemental allemand PASSIVHAUS, avec des exigences très élevées concernant la consommation d’énergie, la qualité des matériaux, le confort d’été et le confort visuel, acoustique et olfactif. Ainsi, le groupe scolaire Jean Rostand propose une architecture non seulement soucieuse de la pédagogie de ceux qui la fréquentent mais attentive à son environnement. Un beau défi que les architectes de SAM architecture ont relevé avec brio.

© Charly Broyez
© Charly Broyez
© Charly Broyez
© Charly Broyez
© Charly Broyez

Le site de SAM architecture : ici.

Les photos : © Charly Broyez

A Paris, Snøhetta et SRA Architectes mettent Le Monde dans un monolithe

© Jared Chulski

C’est un gigantesque monolithe en forme de pont qui s’est érigé, à Paris, non loin de la gare Austerlitz, il abrite le nouveau siège du journal Le Monde. Cette immense machine constituée de 23000m² résulte de l’étroite collaboration de deux agences d’architecture  Snøhetta et SRA Architectes.

Une peau pixelisée

Nous sommes à Paris, dans le quartier Rive Gauche, en face de la Seine. Le nouvel édifice du siège Le Monde est incontestablement présent dans notre champs de vision. Nul passant ne peut l’ignorer. C’est un parallélépipède colossal qui mêle adroitement différentes figures. Qu’elles soient concaves, coniques ou sphériques, les entités qui en découlent forment un ensemble homogène qui se caractérise par une arche d’une portée de 80 mètres surplombant un parvis accessible au public.

Certains diront que ce nouvel élément architectural qui s’est érigé dans le ciel parisien est iconique, tandis que d’autres cherchent assidument les conséquences de ce paquebot sur l’espace urbain qui l’entoure. Entre étonnement et surprise, une chose est sûre, l’ensemble attire les différentes critiques.

Le projet est complexe, il s’agit avant tout d’un ouvrage en charpente métallique mais sans un noyau en béton, construit sur une dalle au-dessus des voies de la gare d’Austerlitz. La réalisation accueille aujourd’hui les 1600 collaborateurs des rédactions du groupe Le Monde, un exploit pour les architectes qui ont pu tirer le meilleur du contexte. Néanmoins, mis à part la complexité de la structure, c’est vers la façade que l’attention est attirée. En effet, l’enveloppe tout en verre, se caractérisant par ses différents degrés de transparence, devait être conforme à l’image initiale proposée lors du concours et validée par la ville de Paris comme par l’aménageur et tous les autres acteurs du projet. L’idée d’une peau pixelisée à la fois rutilante et dynamique pourrait faire même un joli clin d’œil à l’énergie des équipes qui travaillent derrière cette façade brillante. Par ailleurs, les architectes nous apprennent que plusieurs prototypes de maquettes ont été réalisés pour permettre la mise au point des différents détails.

Mais pourquoi un bâtiment-pont ?  

L’édifice qui enjambe un charmant espace ouvert semble faire l’unanimité. En effet, nous apprenons que la parcelle devait accueillir, dès le départ, deux bâtiments séparés par un espace public d’environ 80 mètres. Afin de respecter cette contrainte, les deux agences ont proposé un concept de « bâtiment-pont » qui tout en permettant d’obtenir des surfaces bâties sur l’ensemble de la parcelle, laisse une place prépondérante à l’espace public. Une forme d’optimisation qui a dû finir par séduire le jury.

Malgré cela, une autre problématique se posait. Comment faire pour réduire au minimum le poids du bâtiment ? A savoir que le contexte s’annonçait complexe et les diverses exigences du site ne facilitaient pas cette approche. Les architectes, après avoir étudié les différentes possibilités, ont fini par opter pour la structure métallique qui sied à merveille aux quelques difficultés rencontrées. Beaucoup plus légère dans son ensemble, la construction répond favorablement aux différentes contingences du site. Notons que le bâtiment a obtenu les certifications environnementales «NF Bâtiments tertiaires –Démarche HQE®, Bureaux 2011», niveau Excellent et le label Effinergie + . Un nouveau chapitre s’ouvre pour Le Monde ?

© Jared Chulski
© Jared Chulski
© Jared Chulski

Le site de Snøhetta : ici.

Le site de SRA Architectes : ici.

Les photos : © Jared Chulski

A Lille, un édifice épuré signé Barbarito Bancel Architectes

© Alessandra Chemollo

C’est un bâtiment destiné à abriter des bureaux que les architectes de l’agence Barbarito Bancel viennent de terminer à Lille. Un édifice de 1 465 m², baptisé Lucio, qui se pose délicatement dans le nouveau quartier des Rives de la Haute Deûle et qui se caractérise par sa façade écaillée identifiable de loin.

Un édifice élégant, capable de durer

La réalisation se trouve au sein d’EuraTechnologies, le nouveau pôle économique dédié aux technologies de l’information et de la communication. Il regroupe de nombreuses start-up françaises et étrangères. Un quartier de haut vol pour une technologie de pointe. L’architecture devrait donc suivre cette tendance, en s’alignant sur les diverses exigences des propriétaires tout en proposant une conception adéquate.

Un projet dynamique et fonctionnel, à l’esthétique épurée était donc la réponse de l’agence Barbarito Bancel (Ivana Barbarito et Benjamin Bancel) qui a fait tout son possible pour engendrer une réalisation élégante pouvant s’adapter à un voisinage particulier. En effet, la présence aux alentours de plusieurs témoins architecturaux anciens comme le campanile et les quelques reliquats de la friche à l’identité patrimoniale forte n’ont pas dû rendre la tâche facile. Il fallait proposer un édifice élégant capable de durer.

Une surprenante parure d’écailles de verre

L’édifice prend place en face de la « Cour de Bretagne », la grande place qui constitue l’entrée du nouveau quartier d’activités. Ce dernier est censé symboliser la reconversion du secteur industriel et tertiaire. Le projet est composé de 1 465 m² d’espaces de bureaux, le tout intégré dans un volume transparent qui laisse entrevoir la profondeur de l’îlot. Aussi ludique que significative, la façade est composée d’une surprenante parure d’écailles de verre qui fait sa singularité. Par ailleurs, l’ensemble se pose délicatement sur un écrin de béton.

Les intérieurs sont largement illuminés grâce aux grandes baies vitrées, de même, les vues sont dégagées et les diverses perspectives vers l’extérieur sont nombreuses. L’ensemble affiche, grâce à son enveloppe, une identité à part entière. Cette dernière est non seulement esthétique mais très utile. En effet, les architectes ont eu recours à cette astuce pour son contrôle de l’apport solaire tout en dégageant les belles aperçues, en se basant sur des procédés techniques qui respectent les normes énergétiques en vigueur. Le résultat est très appréciable.

Qualité du confort visuel

L’entrée principale de l’immeuble, s’ouvre sur le principal espace public du quartier et s’insère en creux dans l’épaisseur du volume tout en révélant un interstice soigné où se croisent astucieusement le béton et le bois. Dans le but de protéger du soleil les espaces principaux de travail, le noyau qui regroupe les différentes parties annexes et la distribution des étages est positionné côté sud.

Les architectes soulignent par ailleurs que la structure interne du bâtiment est de type poteau-dalle alvéolée précontrainte (DAP). Elle est combinée à un système de rafraîchissement-ventilation-chauffage ingénieux intégré dans l’épaisseur de la dalle. Un agencement qui permet la libération de plateaux entièrement flexibles et dépouillé de toute structure et de contraintes techniques. Un tour de force que les architectes ont accompli avec tact. Quant à la vue dégagée, la générosité des espaces et le plafond en béton peint en gris, ils réaffirment la qualité du confort visuel et la luminosité.

A Lille, l’immeuble de bureaux de Barbarito Bancel se résume en un ensemble compact aux lignes pures et à l’allure dynamique qui viendra enrichir ce nouveau morceau de ville. Un travail aussi fin qu’élégant qui mérite reconnaissance.

© Alessandra Chemollo
© Alessandra Chemollo
© Alessandra Chemollo
© Alessandra Chemollo

Le site de Barbarito Bancel: ici.

Les photos : © Alessandra Chemollo

Fiche technique • Lieu Lille, Zac Rives de la Haute Deûle, EuraTechnologies • Type de projet Bâtiment de bureaux • Maîtrise d’ouvrage Foncière de L’Érable (Crédit Agricole Nord de France) • Promoteur Ervefel et Promonor • Aménageur Soreli • Urbaniste PDAA • Maîtrise d’œuvre Architecte mandataire : Barbarito Bancel Architectes BET structure : Masse et Somete BET fluides : Réflexion BET performance énergetique : Greenbirdie BET façade : EOC et RFR BET électrique: Kee • Entreprises Façadier : STM Groupe Roger Delattre Bardage Aluminium : Soprema Entreprises • Fournisseurs Saint-Gobain Vitrage • Phase Livré en 2020 • Budget 1 760 euro/ m² • Surface 1 465 m²

A Nantes, a/LTA réalise des logements généreux

© Stéphane Chalmeau

La vie citadine peut-elle se réconcilier avec les lieux de rencontres et les logements généreux ? La réponse vient de l’agence a/LTA ( Maxime Le Trionnaire et Gwénaël Le Chapelin) qui livre à Nantes un projet qui, tout en privilégiant le piéton, offre des espaces confortables à ses habitants.

Une véritable cour urbaine

L’agence a/LTA n’est pas à son premier programme de logements. En effet, De Rennes à Nantes en passant par Saint-Malo, ses réalisations aux traits épurées privilégient l’être humain. Ce dernier se trouve au cœur même de la conception. A Nantes, le projet de 45 logements donne encore une fois l’exemple.

La ZAC Erdre-Porterie qui se trouve non loin de Nantes est entouré d’une belle végétation. Nous pouvons y trouver des espaces boisés qui forment déjà le contexte. La réalisation prend place entre un cheminement piéton boisé donnant sur le nord et la cour du nouveau collège qui se trouve au sud. Soucieux de la préservation des qualités du site, les architectes ont proposé une véritable cour urbaine où de nombreuses transparences visuelles mettent en avant la nature environnante.

Dans le but de créer des perméabilités au sein même de l’îlot, le projet est constitué de trois entités distinctes. Tandis que le cœur d’îlot comprend une agréable prairie arborée, de nombreuses percées offrent des vues dégagées sur les environs. Par ailleurs, le socle fait l’objet d’une attention particulière dans le choix d’un traitement paysager soigné ce qui l’ancre dans son environnement végétalisé.

Répondre aux divers besoins des habitants

La parcelle dispose d’un accès unique, qui dessert directement le parking, depuis la route à l’ouest. Les petites ruelles qui permettant d’entrer dans le cœur d’îlot et qui constituent d’agréables espaces de rencontres, sont en partie traitées en dallage. Les architectes nous expliquent que c’est « pour faire la transition entre la rue et les entrées des bâtiments. » En effet, ils ont agencé l’ensemble d’une manière à répondre aux divers besoins des habitants. Notons par exemple, l’existence d’une table de pique-nique qui crée un espace partagé autour de celle-ci. Ces divers éléments sont mis à distance des terrasses qui donnent sur le cœur d’îlot, par la plantation de quelques massifs plantés. Une ambiance joyeuse et champêtre se dégage de l’ensemble.

Mis à part les espaces intérieurs à la fois épurés, confortables et très lumineux, la générosité dans les espaces extérieurs permet, selon les architectes, de profiter pleinement de leurs terrasses et de participer à l’animation du quartier. Tandis que l’ensemble des volumes bâtis se caractérise par la couleur blanche, les garde-corps sont en verre et ils favorisent les reflets de l’environnement proche. Assis à leurs terrasses les habitants se croiraient presque en plein nature, un argument de taille que cherchent de plus en plus de citadins. Fidèle à ses principes, l’agence a/LTA a, encore une fois surpris par un projet qui s’adapte parfaitement au lieu.

© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau

Le site de l’agence a/LTA : ici.
Les photos : © Stéphane Chalmeau

Le Friendly Building de WRA, compact, passif et sympathique

© Nicolas Grosmond

Petit par sa taille, simple par sa forme ingénieux par son programme et exemplaire par sa réalisation, le Friendly Building de l’agence parisienne Wild Rabbits architectes (Vladimir Doray et Fabrice Lagarde) constitue une curiosité à part entière. Abritant quatre logements sociaux pour étudiants en colocation, la petite résidence située à Villejuif serait-elle en route pour devenir un cas d’école ?

Un langage aussi simple que fondamental

L’édifice qui, prend place au 67, rue Auguste Delaune à Villejuif sur une parcelle exiguë située dans un quartier résidentiel de Villejuif a tout pour séduire. Parlons tout d’abord de son architecture qui ne cherche ni l’ostentation ni la gloriole, mais qui répond à des exigences prédéfinies tout en apportant un langage aussi simple que fondamental. Le but étant l’effacement volontaire devant le monument voisin d’André Lurçat mais aussi la polyvalence d’une intervention atypique au profit d’une réalisation parcimonieuse.

Mais que fait la différence entre un quelconque bâtiment de logement étudiant et le Friendly Building de WRA ? Peu de choses qui font tout. La réalisation possède plusieurs atouts non négligeables. Tout d’abord il ne s’agit pas d’un simple immeuble de logements, l’ensemble abrite également des espaces dédiés à l’interaction avec les voisins. Un programme aéré, utile et fonctionnel qui comporte en son rez-de-chaussée des espaces à disposition de tous comme par exemple la salle d’études pour les enfants du quartier qui devient, selon les heures et les jours, un lieu de rencontre, d’échanges ou d’apprentissage.

Plus haut, au premier et deuxième niveau, tandis que certaines chambres d’étudiants s’ouvrent directement sur la cuisine ou le séjour, d’autres restent plus conformistes avec un accès à travers le hall d’entrée. Le troisième étage propose un appartement adapté à l’attique alors que le rez-de-chaussée abrite un logement PMR. Quatre logements sociaux pour 17 occupants et une surface de plancher de 360m² autant dire une petite opération au grand potentiel.

Un choix atypique pour une expérience mémorable

La partie la plus innovante reste l’exécution. Les architectes de WRA ont opté pour un choix atypique qui rend l’expérience de la Friendly Building mémorable. D’ailleurs, les architectes avouent avec la plus grand modestie que la réalisation relevait d’un véritable exercice. Les concepteurs qui se sont passionnés par le passé à des réalisations en béton comme le bunker d’Epinay-sur-Seine, nous livre à Villejuif un projet riche d’un autre procédé, la préfabrication en bois 3D. Une polyvalence et un défi qu’ils ont été capables de relever !

A ce propos, les deux associés nous informent que le prix du m² du bois préfabriqué est à peu près le même partout, mais son impact environnemental reste remarquable. Un grand atout donc pour un chantier moins polluant, le tout livré en un temps record. Les différentes modules ont été transportés en camions et quand on envisage de réaliser un édifice en bois, les donnes changent. Pour cela il a fallu jongler avec les dimensions, un exercice difficile qui a probablement amusé nos deux magiciens car le résultat est juste bluffant.

Une réalisation économe et durable

Le Friendly Building peut-il s’apparenter à un jeu de cubes et de blocs ? même si le rapprochement est très tentant, la réalité est toute autre car chaque élément qui compose savamment le projet est unique. Chaque composant est choisi pour former un ensemble uni à l’instar d’un géant puzzle où chaque figure trouve sa place. La question qui nous taraude serait néanmoins : Pour une réalisation économe et durable, est-ce que l’ensemble est démontable ou recyclable ? La réponse est encore plus surprenante, les divers éléments sont en effet démontables en atelier mais il ne faut pas attendre à faire et défaire tout sur place comme un jeu de Légo. Pour des besoins d’inertie thermique ou l’immuabilité de la matière, les architectes ont eu besoin de se servir du béton, non, tout n’est pas du 100% bois et la réponse serait donc oui, tout est récupérable mais en atelier. Finalement peu importe le procédé, c’est la conséquence qui prime. Nous sommes en présence d’un savoir-faire qui peut se rapprocher de l’excellence.

© Nicolas Grosmond
© Nicolas Grosmond
© Nicolas Grosmond
© Nicolas Grosmond
© Nicolas Grosmond
© Nicolas Grosmond

Le site de WRA : ici.

Les photos : © Nicolas Grosmond

Programme : Construction de 4 logements sociaux (17 places) pour étudiants en colocation solidaire Localisation : 67 rue Auguste Delaune à Villejuif (94) Surface : 420 m² sdp / 360 m² shab Coût : 663 K€ H T, Valeur : 720 K€ H T Maître d’ouvrage : RATP H ABITAT Équipe : CMB entreprise mandataire / WRA + Ithaques architectes / ARTOFACT bet bois / ACE bet fluides Mission : Complète loi M O P – conception réalisation Période de chantier : juin à septembre 2019 Exemplarité : Certification NF Habitat HQE, labellisation bâtiment passif

A Meudon-La-Forêt, une valse à quatre temps pour l’école Ducasse

© Boegly+Grazia

L’agence d’architecture parisienne Arte Charpentier vient de livrer à Meudon-La-Forêt un projet inédit. Il s’agit d’une école culinaire qui se niche délicatement dans la nature tout en offrant des espaces fonctionnels, confortables et esthétiques à ses occupants.

Quatre entités

L’ensemble est constitué de quatre entités, qui, à l’image d’une valse à quatre temps, s’accordent parfaitement entre elles tout en adoptant la nature avoisinante. Les architectes nous informent que ces volumes font écho aux quatre éléments : l’eau, le feu, la terre et l’air. Ces blocs qui se connectent délicatement en elles, se fondent dans un environnement paysager singulier constitué de lacs, de forêts et de cours, de quoi aiguiser l’imagination tout en octroyant aux utilisateurs des lieux des locaux dotés des dernières technologies.

Situé non loin de la forêt de Meudon, l’ensemble s’inspire de la nature. Les quatre entités forment un grand vide central qui constitue un élément majeur du programme de l’école. En effet, c’est dans cet espace discret que se déroule la circulation des usagers et l’accès aux autres volumes. Il s’agit également d’un lieu de vie propice aux rencontres ainsi qu’aux échanges. Discret mais animé, ce lieu peut évoquer à certains l’ambiance des fameux passages couverts parisiens.

Le complexe est composé de deux parties, une réservée à la théorie et l’enseignement et une autre à la pratique. Tandis que la première se trouve au sein un socle en béton de forme orthogonal et aux traits purs, la deuxième occupe une architecture plus aérienne qui se caractérise par son enveloppe métallique qui pourrait évoquer l’inox, un matériau incontournable dans les cuisines. La peau en métal a été réalisée finement, les façades en semblent sculptées par le phénomène naturel de l’érosion démontrant encore une fois que les éléments de la nature ont été des sources d’inspiration pour les architectes. Par ailleurs, nous pouvons constater que le grand restaurant, accessible de tous et agencé et décoré par l’agence Jouin Manku, occupe une part privilégiée de la façade principale.

Un ensemble qui s’inspire de la nature

Mis à part les quelques prouesses structurelles comme les façades porteuses et les prémurs préfabriqués en béton armé qui ont réduit le temps de chantier, il est important de noter l’engagement des architectes pour un projet durable et responsable. C’est pourquoi, la réalisation est conforme à la RT2012 et a obtenu une certification HQE Passeport Excellent. Une prouesse si l’on compte le nombre de cuisines professionnelles alimentées en gaz et en électricité. Les architectes nous expliquent que tout ceci a été possible grâce aux avancées techniques et technologiques mais aussi l’existence de la verrière centrale de la rue intérieure qui possède des ouvrants de désenfumage favorisant une ventilation naturelle. Des procédés qui octroient le confort pendant les journées d’été.

Les espaces intérieurs sont lumineux, généreux et harmonieux. Quant au projet d’aménagement paysager, il a été défini à partir d’une réflexion basée sur l’intégration du bâtiment dans son environnement végétal. Un petit coup de cœur pour l’espace minéral qui longe la façade principale du bâtiment et accueille une terrasse extérieure devant la salle du restaurant. Par ailleurs, le jardin aromatique qui comprend une multitude de plantes aromatiques ou comestibles est voué à un usage pédagogique ou récréatif. Des textures, des saveurs mais aussi beaucoup de potentiel pour un projet singulier et vertueux !

© Boegly+Grazia
© Boegly+Grazia
© Boegly+Grazia
© Boegly+Grazia
© Boegly+Grazia

Le site de l’agence Arte Charpentier : ici.

Les photos : © Boegly+Grazia