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Éphémère, la nouvelle crèche de l’hôpital Saint-Louis

© Benoît Florencon

Au cœur de la capitale française, les architectes de l’agence Janez Nguyen (Robert Janez et Emmanuel Nguyen) en collaboration avec les architectes de l’agence Linia viennent de réaliser une crèche démontable et éphémère qui se caractérise par son ossature en bois, son enveloppe en zinc et sa toiture végétalisée.  

Une réalisation subtile

A Paris, au milieu des bâtiments historiques de l’hôpital Saint-Louis nous pouvons remarquer une petit construction aussi coquette qu’esthétique. Il s’agit de la crèche de 48 berceaux que conçue et réalisée avec soin par les deux agences d’architecture Janez Nguyen et Linia. Mais tout d’abord, pourquoi une crèche dans l’enceinte de l’hôpital ?

C’est la convention cadre entre entre la Ville de Paris et l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui est la raison. En effet, il s’agit d’un partenariat qui vise à amplifier l’accueil des familles parisiennes dans les crèches de l’APHP. Ce projet appartient à un vaste programme de réalisation de crèches municipales visant à utiliser de manière optimale le foncier situé sur le territoire parisien tout en proposant des structures modulables et démontables, pouvant être recyclées pour être repositionner ailleurs. Il s’agit donc d’une volonté politique qui rend service à une multitude de familles concernées. De ce fait, la crèche multi-accueil Saint-Louis fait partie de ces structures réalisées. Elle a une capacité d’accueil de 48 enfants de 3 mois à 3 ans ainsi que le personnel composé de 12 agents permanents.

Cependant, la construction d’un tel équipement au sein d’autres bâtiments historiques, n’est pas une mince affaire. Forts de leurs capacité d’adaptation et de leur polyvalence, les architectes ont engendré une réalisation subtile capable de se glisser dans le tissu urbain alentours tout en se dotant d’une identité à part entière. Ainsi, en se basant sur le style architectural des bâtiments voisins tout en respectant l’environnement patrimonial, les architectes ont proposé un équipement aux lignes fluides, aux traits spécifiques et aux textures posées. Il en résulte un bâtiment harmonieux croisant astucieusement le bois et le zinc et qui réinterprète les quelques codes des façades alentours. C’est un travail fin, à la fois concis et rigoureux qui a engendré un lieu unique et singulier.

Un bâtiment innovant

Les architectes nous racontent que l’inspiration de la résille provient des vitraux de la chapelle Saint-Louis attenante à la parcelle. Ainsi, l’emploi d’une résille participe non seulement à minimiser l’échelle de l’édifice dans le contexte bâti environnant, mais lui confère une image adaptée à un équipement de petite enfance. Par ailleurs, nous remarquons que certains détails comme les baies en double hauteur reprennent le dessin des baies des bâtiments avoisinants. L’entrée de la crèche se poursuit telle une rue intérieure au milieu du bâtiment. Les autres pièces baignent dans la lumière grâce à leurs grandes baies vitrées qui donnent sur le jardin avoisinant.  

Les architectes qui ont pensé à tout n’ont pas négligé le côté durable du projet, en effet, ils ont conçu une toiture végétalisée qui participe à la rétention d’eau mais aussi, à sa manière, à la sauvegarde de la biodiversité animale et végétale, offrant d’une part un espace accessible aux oiseaux et aux insectes et d’autre part maintenant une diversité végétale. A la demande de la Ville de Paris et en prenant en compte les diverses exigences du programme, le projet s’inscrit dans la lignée des bâtiments innovants. En effet suite à ses qualités de construction qui confèrent à l’ensemble des capacités de démontage et de réutilisation tout en adoptant le processus de la filière sèche, la crèche qui se caractérise par le principe constructif de la préfabrication en bois, pourra restituer la parcelle à l’hôpital quand il le faudra et avec le moindre budget.

La crèche de Janez Nguyen et Linia, qui se déploie sur deux étages, intègre parfaitement le site, très emblématique, de l’hôpital Saint-Louis. L’équipement, qui se caractérise par deux façades très différentes dont l’une présente des modules à ossature bois, habillée par une dentelle de zinc et l’autre vitrée, dont le trame est le prolongement des poutres des planchers en caissons de bois préfabriqués, se démarque par sa compacité et apporte une nouvelle touche à l’environnement plutôt classique des bâtiments de l’hôpital Saint-Louis. Un seul mot d’ordre se caractérise cette réalisation : l’excellence.

© Benoît Florencon
© Benoît Florencon
© Benoît Florencon
© Benoît Florencon
© Benoît Florencon

 Le site de Janez Nguyen Architectes (Mandataires du groupement) : ici.

Les photos : © Benoît Florencon

Urban Spa, l’oasis dans le parc

© Taller del Desierto
© Taller del Desierto

Au Mexique, chaque été, l’ISAD (Instituto Superior de Arquitectura de Chihuahua) organise un atelier urbain connu sous le nom de « Taller del Desierto ». Cette année, pour la conception, l’agence d’architecture PKMN a été invité avec les architectes mexicains de l’agence Memela. L’objectif de l’atelier est de construire une petite structure qui se pose dans le « Parque Urueta », situé au centre de la ville de Chihuahua.

Le recyclage à l’honneur

Divers partenariats ont été nécessaires pour le bon déroulement des choses. Ainsi, plusieurs associations ont été une grande aide via le don de matériaux recyclés, des pots de peinture ou la mise en place d’un échafaudage temporaire. Le but était avant tout de construire quelque chose de temporaire mais qui marquera malgré tout l’imaginaire collectif de ce quartier. Pour cela les architectes ont mené un travail participatif avec tous les intervenants et le résultat est surprenant.

Le parc est divisé en deux parties séparées, d’une part un terrain de sport et un petit bois et d’autre part une allée centrale qui sert de lien entre les diverses entités. Pour leur conception, les architectes ont réalisé une série d’enquêtes qui ont débouché sur maintes idées concernant la réparation des bancs publics, les aires de repos et les zones ombragées du parc entre autres. Tous les habitants du quartier ainsi que les habitués du coin ont donné leur avis, il en est ressorti un manque concernant la présence de l’eau au cœur même du parc.

L’eau, au centre des préoccupations

Le souhait d’avoir une étendue d’eau était tellement fort que les architectes ont essayé de satisfaire cette demande en la traduisant par un doux langage architectural. L’idée de la réactivation de la source d’eau a commencé à gagner du terrain et est devenu la proposition définitive. Une semaine a été consacrée à la conception du projet et une autre à son auto-construction. Réalisée en collaboration avec les quartiers voisins et des bénévoles, le projet a été un grand succès et Urban Spa est né.

Une série de palettes en bois transforment les ponts de baignade en aires de repos où l’on trouve des chaises longues, quelques plantes et une rampe pour rendre l’ensemble accessible à tous. Les échafaudages récupérés sont utilisés comme base structurelle, ils servent aussi à tenir des hamacs et des plates-formes de repos. Au milieu une piscine improvisée fait le bonheur de tous.

A l’ombre d’un grand arbre millénaire, non loin des autres activités du parc, Urban Spa profite d’une situation privilégiée. Née comme une proposition unique et pour pallier le manque d’eau dans le parc, Urban Spa peut suivant les architectes devenir une belle solution récréative pour d’autres villes.

© Taller del Desierto
© Taller del Desierto

Le site de l’agence d’architecture PKMN : ici.

Les photos : © Taller del Desierto / Bieno Jiménez / Nikola Anakabe

« Kunsthülle »

01 © Johannes Marburg

Pour combler le toit d’une ancienne usine, la fondation Greenland Street a invité en 2006 les architectes de l’agence Office for Subversive Architecture pour développer une installation capable de devenir un lieu majeur d’art contemporain à Liverpool. Il en résulte un charmant espace où innovations et talents se rencontrent.

Baptisée « Kunsthülle », il s’agit d’une installation éphémère qui avait pris en 2006 temporairement place sur les toits d’une ancienne usine se trouvant à Liverpool. A l’époque, la structure était censée accueillir un lieu ludique pour les conférences, les spectacles ainsi que divers évènements qui abordent l’art.

Les architectes mandatés ont conçu une installation qui se griffe sur l’existant, se compose de deux espaces et crée la surprise surtout via sa texture qui permet aux visiteurs de se déplacer à son intérieur en passant par un rideau pliant en PVC.

Avec sa peau translucide, la nouvelle extension est constituée de deux couches distinctes et éloignées : une couche extérieure de couleur blanche qui protège l’espace des divers changements de température et une autre couche intérieure, de couleur rouge, qui procure une protection thermique et phonique. Ainsi, vents et lumières peuvent donner un caractère dynamique à cet espace nouveau aux vues fantastiques sur les environs.

Le projet de la « Kunsthülle » met en avant l’héritage industriel du quartier tout en proposant un espace communautaire utile et agréable à tous. Il s’agit d’un joyeux mélange qui, depuis, a réussi à engager le débat public autour du patrimoine décrépi et sa réutilisation voire sa régénération. Un bel exemple à suivre pour tout patrimoine en déshérence.

02 © Johannes Marburg

03 © Johannes Marburg

04 © Johannes Marburg

Le site des architectes de OSA (Office for Subversive Architecture) : ici.

Les photos : © Johannes Marburg

Vers une architecture éphémère ?

Quand on parle du temps des cathédrales, on évoque souvent l’architecture d’autrefois, celle qui majoritairement était en pierre, bois et d’éléments naturels. Une architecture qui a survécu aux différentes guerres, qui a supporté les changements climatiques les plus difficiles et a résisté aux tendances éphémères. Certes, dans le temps, les cathédrales érigées ici et là prenaient leur temps pour finir, chaque détail était étudié, pesé, pensé, sculpté et finalement construit. On était loin de l’idée de la rentabilité immédiate, la pensée était de construire un bâtiment « durable » dans le temps, une construction qui tout en étant un symbole, constituait un patrimoine pour les générations futures.
Et un beau jour, après avoir connu et utilisé différents matériaux dans l’architecture, le béton a été découvert. Une révélation pour son époque, un matériau nouveau et différent qui a changé radicalement l’image des édifices. Toute une époque se caractérise par ces constructions où le béton est dominant, à l’état brut pour les uns, peint pour les autres, le béton bitumineux, armé, sous toutes ses formes. Jusqu’au jour où ce même béton est devenu ancien, un matériau qui « vieillit mal », son aspect « malade » n’a plus trouvé d’attrait. C’est là qu’on a essayé de chercher d’autres matériaux plus « propre » plus populaires et plus écologiques. Le béton brut qui a été le matériau de prédilection des plus grands architectes (comme Le Corbusier) aujourd’hui est crié pour son aspect brutaliste qui caractérise toute une époque d’architecture riche en mouvements et de nouveautés.
Aujourd’hui, les temps ont changé, l’architecture et les exigences des gens aussi. De nouveaux termes comme le développement durable ont trouvé une oreille attentive. Les matériaux de constructions se sont adaptés à ces changements, en apportant plus d’économie d’énergie, de facilité de fabrication et d’efficacité d’utilisation.
Mais une question vient toujours à l’esprit, malgré tous les progrès, toutes les performances techniques et l’existence de l’informatique, pourquoi les architectes d’aujourd’hui ne sont plus capables de construire des édifices durables dans le temps ? Pourquoi on est obligé de démolir et de rebâtir ? Pourquoi finalement ces matériaux dits « révolutionnaires » ne semblent pas à la hauteur d’une architecture équivalente à celle des cathédrales ?

Provisoire…

Ces dernières années, on a vu défiler plusieurs pavillons provisoires dans les salons d’architecture. De plus en plus on parle d’architecture éphémère, des matériaux (souvent le bois) faciles à utiliser, naturels, avec un temps minimal d’assemblage.
Ici, il s’agit d’une chapelle qui se trouve en Suisse, elle a été conçue et réalisée pour une durée éphémère de deux ans, en attendant la restauration de la vieille église du village. Une idée originale qui allie modernité architecturale, rapidité de construction et remplacement provisoire d’un lieu de culte…

D’autres blogs qui ont parlé de cette construction: ici.
La photo: © Thomas Jantscher.

Ephémère…

Il s’agit d’un artiste qui s’appelle Jim Denevan dont les compositions à main levée sont à envier tant qu’elles sont précises et belles, ses tableaux ne se trouvent pas sur toiles, ne sont pas non plus à vendre, elle sont à admirer mais juste un moment, peut être le temps que la marée se lève et emporte avec, le travail d’une heure, d’un jour ou un peu plus…

D’autres blogs qui ont parlé de cet artiste: ici.
Pour d’autres images et informations voir: ici.