Archives par mot-clé : chapelle

Au milieu des vignes, une chapelle

© Tali Kimelman
© Tali Kimelman

En Uruguay, à Pueblo Edén, au milieu d’un vignoble, les architectes de MAPA ont réalisé une charmante chapelle. A la fois sobre et épurée, la construction de taille modeste est une invitation à la sérénité.

Un écrin naturel

Selon ses architectes, la chapelle Sacromonte est conçue comme un « amplificateur de paysage ». Situé à Sacromonte Landscape Hotel, l’ensemble se fond dans le paysage idyllique formé de vignobles, de lagunes et de collines . Un écrin naturel qui attire plus d’un curieux.

Il s’agit d’une réalisation préfabriquée en bois CLT, qui a été transportée directement de l’usine située au Portugal vers l’Uruguay. Le lieu constitue un incontournable pour aborder le monde des vins fins dans un cadre naturel reculé. Les terres qui s’étendent sur 250 hectares, sont nichées dans un lieu privilégié: les sierras sauvages de l’est de l’Uruguay. À égale distance entre Punta del Este, José Ignacio et Pueblo Garzón, c’est un écosystème unique à découvrir.

Une architecture minimaliste

Dans ce paysage idyllique de jeunes vignobles adaptés aux caractéristiques uniques, une architecture nouvelle surgit. Il s’agit d’une chapelle qui contraste avec l’existant mais qui participe à l’enrichissement du lieu. L’ensemble se caractérise par sa grande simplicité. En effet, ouvert sur l’extérieur, le volume se plie de deux côtés et offre un lieu magique à ses visiteurs.

Au milieu du vignoble de l’est de l’Uruguay, la chapelle réalisée par les architectes de l’agence MAPA est un petit bijou qui vaut le détour.

© Leonardo Finotti
© Leonardo Finotti
© Leonardo Finotti
© Leonardo Finotti
© Leonardo Finotti
© Leonardo Finotti
© Tali Kimelman
© Tali Kimelman

Le site de MAPA Arquitetos: ici.

Les photos: Leonardo Finotti et Tali Kimelman

Saint Giorgio Maggiore, le site sacré de la biennale de Venise

© Biennale di Venezia 2018

A la fois discrète et sacrée, située dans le bassin de St-Marc, face à la fameuse Piazetta, l’île de San Giorgio Maggiore s’est distinguée lors de la 16ème biennale d’architecture de Venise 2018. En effet, le Vatican participe à la biennale avec un concept nouveau qui ne laisse pas indifférent.

Un lieu emblématique

C’est avec émerveillement que les visiteurs de la biennale d’architecture de Venise 2018 ont découvert l’île de San Giorgio. C’est un lieu emblématique qui s’ouvre au public en leur offrant la possibilité d’une visite atypique. Dès l’ouverture, à la manière d’un pèlerinage, les visiteurs du monde entier ont afflué sur l’île qui accueille dix chapelles signées des plus grands architectes.

Il ne s’agit pas de la première participation du Vatican à la biennale de Venise. En 2013 mais aussi en 2015, le Vatican a proposé plusieurs installations pour la biennale d’art mais ce qui concerne l’architecture, cette année est une première et la surprise est de taille.

L’oasis verte située à l’extrémité de l’île de San Giorgio abrite dix chapelles conçues par des architectes de renom comme Francesco Celini, Norman Foster, Eduardo Souto de Moura, Flores & Prats, Carla Juaçaba, Javier Corvalán, Smiljan Radic, Andrew Berman, Teronobu Fujimori et Sean Godsell. Mais avant d’explorer les chapelles, le visiteur est invité à la découverte de l’exposition qui présente un projet emblématique de l’architecte suédois Gunnar Asplund: «Chapel in the woods», réalisé au cimetière de Stockholm en 1920.

Nature et architecture en osmose

«Avec ce petit chef-d’œuvre, Asplund définissait la chapelle comme un lieu d’orientation, de rencontre et de méditation, constitué par le hasard ou les forces naturelles à l’intérieur d’une vaste forêt, considérée comme la suggestion physique du labyrinthe de la vie » a déclaré Francesco Dal Co, l’historien d’architecture et commissaire de l’exposition.

De l’Europe au Japon, en passant par l’Amérique latine, les États-Unis ou encore l’Australie, les architectes ont été invités à créer un type de construction pour lequel il n’y a pas eu de précédent lors des biennales passées.  Ainsi, chaque idée a dépassé l’autre et l’ensemble constitue un charmant dédale sensoriel qui met nature et architecture en osmose.

A la suite de la biennale, les dix chapelles seront déplacées dans des villes italiennes endommagées par les tremblements de terre. Vous pouvez visiter ce lieu magique jusqu’au 25 novembre 2018.

© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018
© Biennale di Venezia 2018

Les photos: © Biennale di Venezia 2018

Et si on passait une nuit dans une chapelle ?

© Albergo Villa Marta

Un hôtel en Toscane qui possédait sur ses terres une église néo-gothique datant du XVIIIe siècle a décidé de transformer cette dernière en une suite. Le projet a été réalisé par l’agence d’architecture néerlandaise Studio O2. Textures, contrastes et originalité sont au rendez-vous.

Réhabiliter et reconvertir

C’est une incroyable chapelle délaissée qui a été utilisée pendant longtemps comme espace de stockage jusqu’à ce que les propriétaires des lieux prennent la décision de la transformer en en suite d’hôtel.

Voyager à travers la Toscane peut se révéler comme une expérience enrichissante à la fois naturelle, culturelle et spirituelle surtout si vous ajoutez à votre programme une nuit non pas à la belle étoile mais dans l’autel d’une magnifique chapelle du XVIIIe siècle transformée en hôtel. En effet, l’agence d’architecture O2 Studio a réaménagé l’église en une suite de luxe en préservant et en restaurant les fresques originales et l’autel central. Tout en introduisant de nouveaux meubles et accessoires fabriqués par des artisans locaux, les architectes ont réussi de donner à l’ensemble un petit souffle de nouveauté.

Préserver et réutiliser

Le projet préserve le patrimoine historique et artistique, il lui ajoute plusieurs artifices qui s’adaptent à la nouvelle fonction de l’édifice. La curiosité du lieu réside dans les détails, l’autel sert de lit et reste l’élément principal de l’espace sans parler du travail admirable qui a été mené sur la restauration du plafond de la nef centrale. On se croirait dans un musée même si quelques éléments nous rappellent très vite à la réalité.

Les niches latérales ont été converties en zones de relaxation et de salle de bain, tout a été conçu avec des matériaux de qualité afin de maintenir un équilibre avec la décoration originale de la chapelle. Le marbre de Carrare est utilisé pour le revêtement de sol, tandis que le bois est très présent que ce soit pour les meubles, les portes coulissantes et les volets.

Malgré le fait que l’espace soit minimaliste, les peintures d’époque sont suffisantes comme ornementation. L’ancienne chapelle située dans les locaux du nouvel hôtel Villa Marta, près de la ville de Lucca en Toscane constitue une petite curiosité qui vaut le détour.

© Albergo Villa Marta
© Albergo Villa Marta
© Albergo Villa Marta
© Albergo Villa Marta
© Albergo Villa Marta
© Albergo Villa Marta

Le site de O2 Studio: ici.

Les photos : © Albergo Villa Marta

D’un lieu de culte en centre communautaire

 

© Montse Zamorano

En Espagne, les architectes Héctor Fernández Elorza et Manuel Fernández Ramírez ont réalisé la réhabilitation ainsi que la reconversion d’une ancienne chapelle située dans la commune de Jarandilla de la Vera. L’édifice, qui a connu plusieurs sort était d’abord une chapelle, ensuite une prison et plus tard une école, devient aujourd’hui un avenant centre communautaire utile et ouvert à tous. Une reconversion qui mérite le détour.

Une histoire agitée

Le projet de réhabilitation de la chapelle s’est déroulé en deux phases. Tout d’abord, consolider et assurer la stabilité de l’édifice gravement accidenté et tombé en désuétude, puis rénover les espaces pour les reconvertir en un centre communautaire. Construit au 17ème siècle comme une petite chapelle attachée à l’église, l’édifice devient une prison au 19ème siècle, avant de devenir une école au début du 20ème siècle. Une histoire agitée et des utilisations variées qui ont laissé diverses traces dans le projet.

La chapelle, dont la surface est de 100m², est divisée en deux volumes qui forment un espace simple et épuré. Le premier volume est le plus grand deux deux, il possède un plan irrégulier à quatre côtés et une toiture à pignon dont la crête est placée perpendiculairement à la façade. Bien que la deuxième entité soit plus petite, elle donne l’impression d’être vaste. Placée à l’arrière de la précédente, la pièce qui était jadis l’abside de la chapelle possède un plafond recouvert d’un dôme semi-circulaire. Ce dernier, est recouvert d’un toit en pente avec une ouverture zénithale qui illumine l’intérieur. Le lien entre les deux volumes se fait par un arcade de granit circulaire de cinq mètres de large.

Un avenir radieux

L’intervention des architectes consiste en une multitude d’actions subtiles et minimalistes sur les vestiges originaux du bâtiment. Le nouveau système structurel a été conçu pour répondre aux défauts existants et pour éliminer les pathologies observées sur le bâtiment. Ceci est réalisé en incorporant un «châssis» intérieur, des parois latérales et un revêtement en béton armé de 25 centimètres d’épaisseur. L’élément ajouté assure ainsi la stabilité de l’ensemble.

D’autre part, la lanterne du dôme semi-circulaire est recomposée par l’insertion d’un élément en acier inoxydable qui reflète la lumière à l’intérieur du deuxième volume. Cet élément et les deux fenêtres latérales de l’abside sont les seuls moyens d’apporter la lumière dans la chapelle. Afin d’éviter les réverbérations sonores inconfortables, l’acoustique de l’intérieur a également été revue. Pour le faire, les architectes ont recouvert l’intérieur de la paroi de la façade avec de solides pièces en bois biseauté qui brisent les ondes acoustiques secondaires, absorbent le bruit et améliorer le confort à l’intérieur de l’édifice.

Finalement l’apparence extérieure reste minimaliste, l’ensemble est réalisé en maçonnerie de base et en plâtre de mortier. Les textures font un joli clin d’œil à l’édifice historique tout en lui offrant un nouveau souffle. La commune de Jarandilla de la Vera s’est enrichie d’un nouvel espace communautaire.

© Montse Zamorano
© Montse Zamorano
© Montse Zamorano
© Montse Zamorano
© Montse Zamorano
© Montse Zamorano

Le site des architectes Héctor Fernández Elorza, Manuel Fernández Ramírez: ici.

les photos: © Montse Zamorano

En Argentine, la chapelle Saint-Bernard, un exemple de sobriété

© Nicolás Campodonico
© Nicolás Campodonico

A La Playosa, à l’est de la province de Córdoba l’architecte Nicolás Campodonico en collaboration avec un collectif d’architectes a réalisé une incroyable chapelle où l’épurement de la brique se mêle à la frugalité de la forme pour un résultat des plus subtils.

Il s’agit de matériaux de récupération et des pierres centenaires en provenance de la démolition d’une résidence rurale et des ruines qui se trouvaient dans les parages. Un recyclage réussi surtout quand nous examinons l’ouvrage qui en découle.

C’est un endroit sauvage où la nature a repris petit à petit le dessus et établit ses propres conditions. Un environnement idyllique, sans électricité ni d’autres facilités. Un lieu qui se prête au recueillement en quelque sorte. L’arrivée de l’église Saint-Bernard ne semble pas pour autant perturber le paysage. Comme si elle faisait partie du décor, la chapelle se pose sur la colline et adopte le voisinage.

La croix éphémère

Avec une telle œuvre, l’architecte offre aux visiteurs un lieu symbolique visité tout au long de l’année. L’étude de l’espace qui fait partie de la création se montre à la fois convaincante et maîtrisée. Tandis que dans la majorité des églises du monde, la présence de la croix est concrète, ici sur les montagne de La Playosa, cette dernière se découvre via un jeu subtil d’ombre et de lumière. Il s’agit du résultat d’une étude minutieuse doublée d’un savoir faire sans faute qui suggère de capter l’idée sans la révéler. Une anamorphose tant inattendue que recherchée en quelque sorte.

La surface de l’oratoire est de 92m², l’ensemble présente des plans et des pointes qui contrastent avec les courbes des ouvertures et des surfaces intérieures. De même, la modestie de l’atrium est l’antithèse de celle de l’espace principal où le dôme s’ouvre dans la direction du coucher du soleil. L’ouverture supérieure capte le chemin de la lumière naturelle jusqu’au crépuscule, au moment où les ombres projetées par deux formes indépendantes se croisent pour former pendent un temps éphémère une croix dans la nef.

L’architecte argentin, né à Rosario a accompli un travail remarquable où la simplicité et l’épurement ne font qu’un. Un coup de génie !

© Nicolás Campodonico
© Nicolás Campodonico
© Nicolás Campodonico
© Nicolás Campodonico
© Nicolás Campodonico
© Nicolás Campodonico
© Nicolás Campodonico
© Nicolás Campodonico

Le site de l’architecte Nicolás Campodonico:ici.

les photos:  © Nicolás Campodonico

Toute en courbes…

Elle se trouve à Graz, en Autriche. Il ne s’agit pas d’une simple chapelle funéraire comme on pourrait le croire mais d’un projet urbain qui englobe l’édification du mur d’un cimetière, des toilettes publiques et d’un endroit pour se recueillir. L’existence d’un chemin de fer pas loin et la mise en place d’une passerelle piétonne ainsi que cette nouvelle organisation ont redonné un nouvel aspect à cette parcelle. En béton brut, toute en courbes c’est une construction à la fois esthétique et utile et c’est à découvrir : ici.
Le site des architectes: ici.
La photo : © Karl-Heinz Putz.

Pour une chapelle…

C’est l’histoire d’un groupe d’étudiants qui fait la conception, se déplace des milliers de kilomètres et accomplit la construction d’une chapelle avec des matériaux locaux, aux normes environnementaux d’un pays qui leur est étranger.
Elle se trouve en Allemagne, eux ils sont en Illinois aux Etats-Unis, dans cette région rurale et champêtre, cette chapelle entièrement construite en bois est le résultat d’une belle coopération et un bon exemple de durabilité et d’esthétisme …

D’autres blogs qui ont parlé de cette construction: ici.
Le site des architectes: ici.
La photo: © Brigida Gonzalez

Une maison ?

Est-ce que cette construction avec cette vue imprenable sur le lac serait une petite maison de vacances?
La réponse est non. Bien que tout puisse nous le faire croire, cette construction en bois, avec des petites fenêtres, isolée et mystique, respectant son environnement est une petite chapelle pour les quelques promeneurs de cette partie isolée du Chili. Un endroit pour se recueillir, faire une pause et pourquoi pas contempler tout simplement la nature…

D’autres blogs qui ont parlé de cette construction: ici.
La photo: © Ignacio Infante