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Quand la cabane joue la transparence

© Alexander d’la roche

A Mexico, au sein d’une végétation dense et au cœur de la forêt, l’architecte Gerardo Broissin a réalisé une atypique cabane dans les arbres. C’est le choix de la matière qui peut, à premier regard, interpeller le visiteur, mais une fois sur place le charme opère.

Maison dans les arbres

La structure s’intitule « Chantli Kuaulakoyokan », ce qui veut dire « maison dans les arbres » dans la langue autochtone la plus parlée au Mexique. Le projet est situé au pied de la sierra de las Cruces, une longue chaîne de montagnes située à l’ouest du centre-ville de la capitale. Pour les amoureux de la nature, il s’agit d’un environnement privilégié ainsi qu’un voisinage merveilleux.

La conception évoque des sentiments d’enfance et le désir d’un refuge indépendant. Qui, dans son enfance, n’a pas rêvé d’un petit cocon sur les arbres pour aller y jouer, lire ou sentir la nature ? Sauf que dans le cas général, la petite cabane prend les allures d’un refuge en bois. Plutôt que d’utiliser du bois conventionnel pour la construction de sa cabane dans les arbres, Broissin a réinterprété la typologie en utilisant du verre. Une matière inattendue mais qui, finalement, donne un effet plastique assez accrocheur.

Au-delà de l’image

Selon l’architecte, ce geste vise à souligner la perte de l’innocence d’un enfant au fil du temps, le bois chaud étant remplacé par du vitrage froid. La maison dans les arbres de Broissin remet en question la prétendue vie privée de plus en plus menacée par l’existence des réseaux sociaux. Le projet demande donc aux visiteurs de réfléchir aux divers thèmes dont la sécurité et de la vie privée. En plus de la structure en verre accrochée aux arbres, Broissin a créé tout autour une petite forêt luxuriante. L’installation a été montrée lors d’un événement artistique qui a lieu chaque année dans le cadre de la semaine du design au Mexique.

Gerardo Broissin est né à Mexico en 1975. Il a acquis une renommée internationale en figurant dans de nombreuses publications architecturales. Son travail se caractérise par le développement et la contribution de propositions innovantes qui présentent une vaste gamme de formes, de textures et d’idéologies. La cabane dans les arbres est un exemple parmi d’autres.

© Alexander d’la roche
© Alexander d’la roche
© Alexander d’la roche
© Alexander d’la roche
© Alexander d’la roche
© Alexander d’la roche
© Alexander d’la roche
© Alexander d’la roche

Pour plus d’information, voir le site de l’architecte Gerardo Broissin: ici.

Les photos: © Alexander d’la roche

Au Mexique, un subtil remaniement signé Campo Taller

 

© Moritz Bernoully

Le projet est situé dans le quartier Coyoacán de la ville de Mexico. Il consiste à réhabiliter une maison construite dans les années soixante-dix tout en répondant aux diverses exigences de ses nouveaux propriétaires.

Améliorer le lien avec son environnement

Selon l’architecte, l’un des principaux objectifs était d’introduire la lumière du jour dans tous les espaces intérieurs et d’améliorer le lien visuel entre la maison et son environnement immédiat. Le jardin est dominé par un vieil arbre qui a plus de 80 ans. Ce dernier est encadré sur deux côtés par la construction. Il fallait donc à tout prix préserver l’existant.

La maison d’origine possédait des fenêtres avec des faux arcades et des cadres en bois épais. Ces deux éléments ont été changés et remplacés par des nouveaux cadres en acier rectangulaires offrant une meilleure vue et une transparence générale au niveau du rez-de-chaussée. La nécessité de construire un nouveau réservoir dans le jardin a été l’occasion de créer une surface d’eau servant de miroir pour la couronne de l’arbre. Sans parler des propriétés de refroidissement que le plan d’eau peut offrir les journées de grande chaleur.

Simple, sobre et subtil

L’intérieur a été complètement remanié, les murs ont été démoli afin d’organiser la cuisine, la salle à manger et le salon dans un espace libre et ouvert. L’escalier en bois nouvellement introduit devient une partie du mobilier intégré au rez-de-chaussée et au premier étage.

L’intervention inclut également la formation d’une terrasse sur le toit qui sert de vestibule pour la chambre du premier étage. La salle de service qui a été détachée de l’ensemble, est dotée d’une nouvelle façade perméable couverte de mosaïques en argile empilées avec un minimum de ciment. Afin de créer une distinction visuelle entre la structure originale et les nouvelles parties rajoutées, une technique de coffrage expérimentale a été utilisée. L’ensemble a été savamment remanié pour la grande satisfaction de ses nouveaux propriétaires.

© Moritz Bernoully
© Moritz Bernoully
© Moritz Bernoully
© Moritz Bernoully
© Moritz Bernoully
© Moritz Bernoully
© Moritz Bernoully
© Moritz Bernoully

Le site de l’agence d’architecture Campo Taller : ici.

Les photos : © Moritz Bernoully

Au Mexique, des logements sociaux signés Taller de arquitectura

© Onnis Luque

Au Mexique, l’agence d’architecture Taller de arquitectura vient de livrer un ensemble de logements sociaux atypiques qui répondent aux nouvelles exigences ainsi qu’aux dernières réglementations du pays. Une réponse astucieuse pour une architecture qui vaut la découverte.

Au Mexique, en février 2016, suite à la modification des critères de subventions accordés aux logements sociaux, la réglementation a été mise à jour. Cette dernière stipule que l’utilisation de matériaux traditionnels et de systèmes constructifs anciens comme le bambou, la paille ou le bois serait considérée comme précaire et donc les constructions contenant ces matériaux ne seraient plus subventionnées par les fonds fédéraux.

Une astucieuse réponse

Pour répondre favorablement aux nouvelles exigences des logements sociaux, l’agence d’architecture Taller de arquitectura a travaillé aux côtés de plusieurs coopératives. Ainsi, les habitations évitent l’utilisation du bambou comme élément structurel principal. Le procédé choisi utilise un système de construction modulaire et préfabriqué qui comprend seulement trois éléments: deux poutres et un panneau interchangeable. Une fois installés, ces derniers sont recouverts d’un tissu local, utilisé pour fabriquer des sacs de café, enduit d’une mince couche de mortier. Et quand la structure de base est érigée, elle sera recouverte par une tôle construite à partir de déchets d’aluminium. Ces matériaux offrent des qualités thermiques, acoustiques et antibactériennes à l’ensemble. La résidence peut être assemblée en une semaine, ce qui signifie que les coûts de la main d’œuvre sont réduits au minimum.

L’organisation des maisons reprend les idées vernaculaires de la région où les diverses espaces se forment autour d’un couloir principal utilisé également comme séchoir pour les grains, café et maïs entre autres. La résidence comprend également deux chambres et une salle de bains, ainsi que plusieurs espaces abrités.

Les architectes ont mis l’accent sur la performance environnementale, ainsi, l’eau de pluie est récoltée pour être réutilisée et les diverses stratégies bioclimatiques de base ont été mises en place pour lutter contre les hautes températures de la région. Le projet a ensuite été approuvé par la commission nationale du logement de la ville, ce qui signifie qu’il peut désormais recevoir des subventions. Une gageure conquise avec brio.

© Onnis Luque
© Onnis Luque
© Onnis Luque
© Onnis Luque
© Onnis Luque
© Onnis Luque
© Onnis Luque
© Onnis Luque

Le site de l’agence d’architecture Taller de arquitectura : ici.

Les photos: © Onnis Luque

A Mexico, un bâtiment industriel revisité

 

© Rafael Gamo

A Naucalpan, dans la périphérie de Mexico, dans une zone industrielle parsemée d’entrepôts, le studio d’architecture mexicain Arqmov Workshop a revisité un bâtiment industriel en ajoutant une façade à motifs, des fenêtres qui donnent vers l’extérieur et une imposante entrée à l’un des coins de la bâtisse. Contrastes et sobriété sont au rendez-vous.

L’environnement résidentiel de ce centre commercial qui occupe un site triangulaire est marqué par l’auto-construction. Les matériaux des résidences environnantes se révèlent sous leur état brut. Ces derniers, dépourvus de toute finitions, donnent à l’ensemble des constructions une certaine cohérence.

La parcelle est délimitée par deux rues animées, elle abrite un édifice qui était autrefois un atelier automobile. Le pari des architectes, dès le départ, était la conservation des éléments existants tout en apportant à l’ensemble une fonctionnalité conforme aux nouvelles normes.

Garder l’ancien

Le changement semble radical mais si nous nous approchons nous pouvons constater que l’enveloppe garde ses caractéristiques d’origine. Les architectes ont habillé les façades de briques et de béton gris et rouge, ils ont ajouté à l’ensemble des fenêtres tout en leur accordant une légère inclinaison vers l’extérieur. De même, sur le coin pointu du bâtiment, l’équipe a évidé une partie du niveau inférieur pour y ajouter une accueillante entrée.

À l’intérieur, il a été crée un couloir central bordé des deux côtés par des vitrines vitrées où les gens peuvent aisément se balader. L’ensemble est éclairé d’une manière zénithale et la lumière y est abondante. En utilisant les mêmes méthodes de construction que la structure existante, les architectes ont rajouté une mezzanine lié au niveau principal par un escalier bleu avec des murs en verre.

La reconversion de l’atelier automobile en un centre commercial par l’agence Arqmov Workshop est une belle réussite qui respecte le passé industriel du bâtiment tout en l’accordant au goût du jour. Un projet qui vaut le détour.

© Rafael Gamo
© Rafael Gamo
© Rafael Gamo
© Rafael Gamo
© Rafael Gamo
© Rafael Gamo

Le site de l’agence d’architecture Arqmov Workshop : ici.

Les photos : © Rafael Gamo

« Casa Roel », l’extraordinaire maison en béton

© Cristóbal Palma

Au Mexique, l’architecte Isaac Broid s’associe avec les architectes Assadi + Pulido pour réaliser une remarquable maison en béton où la sobriété et l’épurement ne font qu’un.

Les architectes ont conçu une résidence familiale proposant un schéma en H où deux pavillons font un astucieux face à face. Située dans une des zones les plus prestigieuses de la ville de Mexico, la « Casa Roel » se démarque par sa simplicité. Malgré son apparence presque monochromatique, la maison a été construite en utilisant quatre matériaux: le béton, le verre, la pierre et le bois. Une profusion de textures qui se mêlent joyeusement pour former un ensemble cohérent.

Textures et matières

La maison est composée de deux pavillons parallèles reliés entre eux par un volume situé proche de la rue adjacente. Il contient le salon, la salle à manger et la cuisine. La structure générale est complètement suspendue, elle repose au fond de la parcelle sur un socle en béton.

Un joli jardin luxuriant relie la rue à l’arrière du terrain en passant sous la bâtisse où se trouvent un parking et un espace polyvalent. Une présence paysagère que l’on trouve également sur le toit où des terrasses avec des jardins ainsi qu’une piscine ont été ajoutés. D’en haut, les habitants peuvent apprécier les vues intéressantes donnant sur les toits des maisons voisines ainsi qu’une grande partie de la ville.

De très grandes baies vitrées apportent la luminosité à l’intérieur qui est épuré et sobre. Les textures et les divers matériaux se marient à merveille dans un univers gracieux aux détails soignés. La « Casa Roel » est un petit bijou à découvrir sans tarder.

© Cristóbal Palma
© Cristóbal Palma
© Cristóbal Palma
© Cristóbal Palma

Les sites de Felipe Assadi + Francisca Pulido ainsi que celui d’Isaac Broid : ici et .

Les photos : © Cristóbal Palma

Le brutalisme toujours à la mode ?

 

© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández

A Mexico, la maison et le studio du sculpteur mexicain Pedro Reyes et de son épouse la styliste Carla Fernandez est une curiosité à part entière. Le couple Fernandez et Reyes, s’est formé en tant qu’architecte, avant de travailler dans l’art contemporain.

Dans un arrondissement situé dans le sud de la ville, qui abritait jadis la célèbre artiste mexicaine Frida Kahlo, le duo a conçu une maison atypique. Cette dernière, nommée « Maison Pedro Reyes », est principalement réalisé en béton brut. C’est l’habitation du couple et de leurs deux jeunes enfants. La conception prend ses repères dans les bâtiments modernistes et brutalistes de la ville de Mexico, y compris dans des habitations conçues par Luis Barragán.

Alors qu’une grande partie de la structure est en béton brut, quelques éléments sont peints en vermillon. Une immense bibliothèque en dalles de béton domine l’espace de vie principale, un salon à double hauteur, jonché de sculptures et de meubles placés sur une plate-forme surélevée. La bibliothèque occupe un mur entier du salon et ses étagères supérieures sont accessibles par un escalier en béton. Des éléments en pierre et de forme irrégulière sont assemblés pour couvrir les surfaces des planchers en béton. Originalité et sophistication sont au rendez-vous.

Une maison, un musée

La maison est aussi un lieu d’exposition, abritant une collection diversifiée de mobilier et de travaux des deux artistes ainsi qu’une vaste collection de livres. Mais l’ensemble reste malgré tout un lieu de rassemblement pour accueillir des amis, de la famille et des artistes locaux. Parmi ces derniers, quelques uns résident temporairement pour travailler avec le couple.

Avant de devenir artiste, Reyes s’est formé comme architecte à l’Université ibéro-américaine de Mexico. Son projet de construction de la maison consistait à transformer sa maison de 1000 m²  en lui attachant une piscine intérieure et diverses excentricités dans un espace moderne qui inclut les traces de toutes les modernités du Mexique. Ainsi, le sol en pierre est inspiré par le musée Anahuacalli, les planchers et les murs en béton brut ont été inspirés par les brutalistes mexicains, en particulier Teodoro González de León qui a réalisé de nombreuses constructions à Mexico.

Le couple a également conçu une grande partie du mobilier. La baignoire ainsi que l’évier de la salle de bain principale en pierre de lave et la table de cuisine en béton sont à eux seuls des œuvres d’art. Partout nous trouvons des pièces uniques inspirées des plus grandes pointures artistiques mondiales. Plus qu’une habitation, l’antre de Pedro Reyes et de Carla Fernández est un musée habité tout au long de l’année. Un pur chef-d’œuvre !

© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández
© Pedro Reyes et Carla Fernández

Les sites de Carla Fernández et Pedro Reyes: ici et .