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De l’ancienne chaufferie aux logements

©Jean-Brice Viaud

C’est un programme prodigieux qui a été pris en main par BFV Architectes pour subir une transformation des plus intéressantes. Il s’agit de l’ancienne chaufferie de l’antiquaille à Lyon, devenue aujourd’hui un ensemble élégant constitué de logements et de bureaux.

Une reconversion complète

A Lyon, les architectes de l’agence BFV Architectes ont entrepris un travail de longue haleine à la fois délicat et complexe qui a donné naissance à un projet fonctionnel, utile et pratique.

Le projet consiste en une reconversion complète en logements et bureaux du bâtiment existant sur le site de l’ancienne chaufferie de l’Antiquaille. En effet, ce dernier, conçu par l’architecte Pierre Bourdeix est considéré comme un exemple remarquable de l’architecture rationaliste du XXe siècle. L’édifice en béton croise astucieusement, dès le départ, la simplicité des formes avec la lisibilité des espaces et la robustesse de la structure.

Le travail des architectes est complexe, il s’agit de transformer un grand volume existant, vide, en un ensemble accueillant huit logements, le tout selon une surface de 660m² mais aussi créer un dernier étage de bureau élaboré sur quatre niveaux. Le défi est important. Comment métamorphoser une architecture ancienne sans déformer ? La réponse des architectes est remarquable. A la fois simple et lisible, il s’agit d’un exercice qui a été mené avec adresse. Le travail de réinterprétation respecte l’ancien tout en se projetant vers l’avenir. Certaines gestes sont tout simplement astucieuses, donnons l’exemple des quelques éléments en béton qui ont été reconstitués en bois grisé. De même, tous les éléments structurels ainsi que les éléments de modénature abîmés ont été remplacés par des éléments en bois pré-grisé. Des travaux nécessaires selon les architectes pour pouvoir continuer à faire vivre l’édifice.

Une opération étonnante

L’ensemble situé sur une parcelle stratégique comporte en son sous-sol des empreintes historiques comme la voie Romaine, le cardo decumanus qui occupent les sous-sol des fondations. Malgré le passé glorieux et son emplacement privilégié de grande valeur historique, l’édifice ne bénéficie d’aucune protection au titre des Monuments Historiques. La nouvelle intervention devrait donc rester sur les fondations actuelles tout en accueillant un nouveau programme qui comporte trois niveaux de planchers. Une gageure que les architectes ont relevé avec brio en se servant de planchers métalliques, portés par des poteaux et suspendus à des portiques. Connus pour leur légèreté, les planchers métalliques gardent ainsi intact l’aspect général, dissolvent le problème des charges tout en dotant l’ensemble d’une structure pérenne prête à relever le nouveau défi. Notons par Ailleurs que les architectes ont fait le choix de la démolition de l’auvent et des éléments rapportés tardivement tels que l’ascenseur et l’escalier.

Bien que le bâtiment garde ses airs d’autrefois, nous pouvons constater un certain changement. Aussi subtil que discret, la présence du bois crée une belle mosaïque contemporaine tandis que la nouvelle façade de verre et de métal noir laisse transparaître la nouvelle destination.

Des logements et des bureaux occupent aujourd’hui la place de l’ancienne chaufferie et grâce à l’intervention de BFV Architectes, le bâtiment d’origine a été non seulement préservé mais magnifié. Une opération étonnante qui mérite la reconnaissance.

©Erick Saillet
©Erick Saillet
©Erick Saillet
©Erick Saillet

Le site de BFV Architectes : ici.

Les photos : ©Erick Saillet et Jean Brice Viaud

Quand le passé industriel influence l’architecture d’aujourd’hui

© Mika Huisman

A Jyväskylä, l’agence d’architecture finlandaise  JKMM vient de terminer un nouveau projet de logement appelé « Albertinpiha » . C’est un édifice de sept étages, en brique qui fait un doux clin d’œil aux diverses constructions industrielles du pays.

Connue surtout pour ses bâtiments signés du fameux architecte finlandais Alvar Aalto, Jyväskylä est la plus grande ville située au centre du pays. La parcelle se trouve au sein du quartier des Kangas où se trouve entre autres une ancienne usine à papier et faisant partie d’un développement de la zone prévue pour abriter 5000 personnes.

Baptisé « Albertinpiha », l’ensemble est situé sur un site bien en vue à Kangas, à côté de la cheminée de l’usine de papier de 70 mètres de haut. Avec sa masse et ses formes robustes, la tourette en briques de sept étages qui est réalisée par l’agence JKMM, rend hommage aux bâtiments industriels du XIXe siècle. La brique finlandaise Makasiini est également en phase avec le sentiment artisanal et la chaleur de son contexte historique.


L’art public croise l’architecture

L’utilisation de briques colorées pour mettre en évidence les angles, l’entrée et la ligne de toit à travers des modèles informels est une oeuvre qui a été réalisée en collaboration avec l’artiste Mika Natri et est appelé « Abstraction ». L’œuvre s’inscrit dans le cadre plus large de l’art public kangas.

En tant que pièce singulière, « Abstraction » anime le bâtiment et donne à la maçonnerie une impression de profondeur contrairement à ce qui est obtenu par le biais de reliefs ou  l’évidement dans les bâtiments en général. De même, les balcons des appartements animent les façades tout en rappelant les puits d’ascenseurs industriels exposés plus loin.

À l’intérieur, les 45 appartements présentent des finitions simples avec une hauteur de plafond de 2,6 mètres accentuée par la conception de hautes fenêtres apportant une lumière naturelle abondante. Les espaces communs incluent des cours partagés ainsi qu’un sauna avec une terrasse attenante réservée aux résidents. Dès le départ, l’objectif des architectes était de créer un milieu propice à une vie urbaine décontractée, accessible à pied du centre-ville de Jyväskylä mais aussi du parc naturel qui se trouve à proximité. En tant que lieu de vie, Kangas sert de médiateur entre les deux sans se sentir en banlieue.

A Jyväskylä, les logements de JKMM respectent les environs tout en apportant leur petite touche reconnaissable de toutes. Un projet remarquable à découvrir sans tarder.

© Mika Huisman
© Mika Huisman
© Mika Huisman
© Mika Huisman

Le site de JKMM : ici.

Les photos : © Mika Huisman

A Naples, GFC architecture réhabilite une ancienne usine

© VisualArch
© VisualArch

L’agence d’architecture GFC (Andrea Guazzieri, Raul Forsoni et Valerio Ciotola) a conçu le nouveau centre des sciences de Naples. L’ensemble, situé sur le site d’une ancienne usine développe également des objectifs de revitalisation de toute la zone côtière qui se trouve entre Bagnoli et Coroglio. Le projet s’avère être un agréable compromis établi entre la préservation d’une usine historique détruite en 2013 et la réalisation d’un nouveau lieu qui promeut les sciences.

La proposition de GFC architecture puise dans l’existant en réutilisant la structure précédente, les piliers, les arcs et l’ancienne façade. Ainsi, l’architecture industrielle de l’époque garde ses traits d’origine mais elle se dote de nouveaux procédés qui mettent en évidence l’architecture d’aujourd’hui. Cette dernière aborde le caractère et l’identité de la région et crée un nouvel espace public à la fois dynamique et actif.

Créer une nouvelle centralité urbaine

Les instigateurs du projet espèrent que le centre des sciences jouera un rôle stratégique dans le développement territorial de la ville de Naples en créant une nouvelle centralité urbaine. Cependant, l’avenir du développement architectural du site repose sur l’exploration de diverses possibilités pour la revitalisation du quartier balnéaire ouest de Bagnoli. C’est pourquoi, il faudra créer un lien entre l’entrée du bâtiment et les espaces publics alentours.

Le programme est organisé sur trois étages avec des espaces généreux et bien éclairés. La façade en béton est percées de petites formes géométriques qui régulent la lumière pendant la journée et donne une toute autre allure à l’édifice une fois la nuit tombée. Quant au plan du projet, il est organisé autour d’un grand vide où se trouve l’entrée principale. Les espaces les plus actifs tels que le musée, l’aire de jeux, la cafétéria, des ateliers pour les enfants et la boutique du musée se trouvent le long des galeries de l’exposition permanente. Ils sont accessibles de la zone d’exposition principale ainsi que de la salle principale, permettant ainsi au visiteur de créer son propre chemin à travers le musée.

Côté durabilité, le nouveau bâtiment combine les avantages de compacité et de l’efficacité énergétique, permettant la distribution et la réutilisation de la chaleur pendant l’hiver tout en maximisant le flux d’air pendant les mois les plus chauds de l’année.

Le dialogue que le centre crée avec le front de mer d’une part et les vestiges de l’ancienne usine d’autre part montre toute la finesse du travail des architectes qui, soucieux de leur engagement, ont proposé un projet ouvert et agréable à tous.

© Ndraw
© Ndraw

© GFC architecture
© GFC architecture

©Ndraw
© Ndraw

Le site de GFC architecture: ici.

Première photo :  © VisualArch

Deuxième et quatrième photo :  © Ndraw

Troisième photo: © GFC (realisation intern)

Quand l’art s’installe dans un ancien hangar

© Manson images
© Manson images

En Australie, l’agence PHAB architects  (Brant Harris et Ashley Paine ) a reconverti un ancien hangar datant de 1920 en une impressionnante galerie d’art contemporain. L’architecture industrielle de l’époque se mêle ainsi à la créativité d’aujourd’hui pour engendrer un espace hybride apprécié de tous.

Les architectes de l’agence PHAB basée à Brisbane viennent de terminer la réhabilitation ainsi que l’extension d’un édifice d’un peu moins de 100 ans situé à Toogoolawah, dans le sud-est du Queensland procurant à la communauté locale en plus d’une galerie d’art contemporain, un jardin de sculptures et un atelier.

L’installation vise à apporter un nouveau souffle sur le site de l’usine de lait qui était autrefois le fleuron de la vie économique et sociale du Queensland. Le hangar est le seul bâtiment survivant à une incendie qui a détruit l’usine en 1951. Dès le départ, l’idée des architectes consistait à garder la structure, plutôt que de créer une autre plus récente et de la réhabiliter pour qu’elle garde le cachet d’origine.

Réhabiliter, reconvertir et adapter

Les architectes, conscients de la difficulté de leur tâche, ont malgré tout mené le projet avec brio. Ils ont nettoyé les traces des années d’abandon, ont remanié l’intérieur, de même, ils ont agrandi l’espace d’exposition. Un travail d’orfèvre qui jongle avec la toiture existante (couverte d’une peau isolante), une partie de la structure en bois ainsi que le sol en béton.

La partie ouest du hangar qui était gravement abîmée à cause des termites a été remaniée en ajoutant une extension contemporaine. Cette dernière accueille plusieurs équipements y compris les toilettes, la cuisine, des espaces de stockage ainsi que l’atelier de conditionnement de l’air. Plusieurs procédés ont été utilisés pour mettre en avant l’épopée des lieux que ce soit via la couleur ou bien à travers certains détails. Selon les architectes, il s’agit de la meilleure manière de « rendre l’histoire du bâtiment lisible. »

De loin, le visiteur a toujours l’impression que l’ancien hangar n’a pas quitté les lieux, même s’il a été réhabilité mais une fois à l’intérieur, les changements sont visibles. Les espaces intérieurs flexibles du bâtiment facilitent la fonction principale d’une galerie d’art tout en fournissant plusieurs possibilité d’utilisations.

Quant aux espaces extérieurs où d’autres édifices existaient dans le temps, ils ont été recouverts par une série de terrasses adaptées pour une utilisation lors d’événements privés ou publics. Comme un simple hangar de couleur rouge, la galerie d’art contemporain rétablit non seulement l’édifice d’origine mais joue de nouveau un important rôle dans la vie de la communauté.

© Manson images
© Manson images

© Manson images
© Manson images

© Manson images
© Manson images

© Manson images
© Manson images

Le site de l’agence d’architecture PHAB architects : ici.

Les photos : © Manson images.

A Baltimore, l’architecture industrielle reprend vie

© Turner Development
© Turner Development

Autrefois reconnu comme le plus grand du monde, l’ensemble des silos à grains de Baltimore vient de subir une importante transformation. Longtemps délaissé et tombé en désuétude, la structure en béton revit grâce à l’intervention de Turner Development.

L’un des plus grands ports maritimes de la côte est des États-Unis vient de s’enrichir d’un incontournable repère urbain. Mais d’abord, un peu d’histoire. En 1923, les silos à grains qui appartenaient aux deux villes de Baltimore et d’Ohio, étaient les plus grands du monde. Avec ses 24 étages la structure de 91 mètres de haut était située à la pointe sud de la ville pour expédier les grains facilement via les conteneurs vers les autres pays. Sauf qu’avec le temps, l’édifice qui était jadis l’un des symbole de la cité portuaire, abandonné est devenu inutilisable.

Un nouveau repère urbain à Baltimore

C’est là qu’intervient la société américaine Turner Development qui souhaite non seulement donner vie à une structure surannée mais l’incorpore dans un projet plus vaste à usage mixte. Ce dernier comprend entre autres des habitations de luxe, des bureaux, des commerces et des restaurants. Ainsi, une multitude de murs en verre viennent encercler l’ensemble abandonné qui après une minutieuse réhabilitation retrouve une nouvelle destination.

Le nouveau projet respecte soigneusement l’histoire des lieux qui est l’un des éléments les plus marquant de toute l’opération. Les treize silos sont devenus aujourd’hui, d’atypiques unités d’habitation. Les matériaux choisis reflètent le caractère industriel du bâtiment qui accorde merveilleusement le verre, le béton et l’acier. Les colonnes massives d’origine qui sont en béton sont toujours visibles dans les différentes entrées d’immeubles et rappellent l’histoire des lieux.

Quant à l’extérieur, l’aménagement fait un clin d’œil plutôt au passé agricole de la ville via des arbustes et des plantes qui créent un oasis moderne. L’histoire est toujours présente mais elle est enveloppée par une fine couche de modernité qui fait de ce lieu le nouvel emblème de la ville.

@DR

© Turner Development
© Turner Development

© Turner Development
© Turner Development

Le site de Turner Development: ici.

Les photos: © Turner Development

Via Inhabitat

Une imposante requalification signée Raumlabor

© Raumlabor
© Raumlabor

Dans le cadre du Jubilee Park de Göteborg, faisant partie d’un projet de développement qui va durer sept ans, l’agence berlinoise Raumlabor a conçu un original bain public qui constitue un nouvel espace commun à tous les habitants de la ville.

Frihamnen est l’une des zones portuaires de Göteborg qui a perdu petit à petit son caractère industriel et fait partie aujourd’hui de la ville. Cette transition garde encore les traces d’énormes espaces indéfinis au caractère très attrayant où l’on peut établir divers édifice et de nombreuses activités culturelles. Le patrimoine de cette zone portuaire industrielle consiste à une série d’objets fonctionnels et de bâtiments qui tissent de nombreux liens entre l’asphalte, le béton et l’eau environnante.

La Jubilee Park, l’avenir de la zone portuaire

Les quais, créé pour les navires de tournage, vont perdre leur ancienne fonction à l’avenir. La surface de l’eau représente la partie bleue de la Jubilee Park envisagé. Imaginer de nouveaux usages et types d’expériences, ainsi que des liens entre l’eau, la terre et le quartier, sont cruciaux pour le développement de toute la région.

Pour la croissance urbaine de cette fraction de ville et la création de la Jubilee Park il est nécessaire de préserver la mémoire du site en tissant un lien que ce soit physique ou émotionnel avec les vieilles structures déjà sur place. Établir la baignade dans cet environnement rude est avant tout un moyen de changer la perception pour ce dernier. Bien que la pollution de l’eau ne permette pas actuellement la baignade, la première étape consiste à créer des espaces communes et de nouvelles expériences de loisirs.

Les bains publics étaient autrefois l’un des endroits privilégiés où les habitants de la ville se rencontraient. Ils présentaient des lieux non seulement dédiés à la détente et le sport, mais aussi pour la discussion. Remplacés par les piscines, les spas et les bases de loisirs, les thermes manquent aujourd’hui.

Comme un arachnide sorti de mer

L’un des exemples construit par les architectes et utilisant des matériaux recyclés et locaux, c’est cette structure géante d’étain plaqué que l’on a du mal à identifier si elle sort d’un film de science-fiction ou bien si elle fait revivre un édifice industriel d’époque. Cette curieuse structure cache un sauna public à son intérieur, une idée inattendue qui rend hommage à la magie des lieux.

Selon les architectes le vivre ensemble n’est pas une fin en soi, mais un processus. C’est pourquoi il était important de planifier et de construire un prototype à l’échelle 1/1 pour pouvoir juger de l’impact du projet sur le site et sa relation avec le reste. Pour les architectes, édifier avec les personnes qui utiliseront les lieux ne serait que bénéfique à tous. C’est également l’occasion de réunir des gens différents dans une même expérience. En leur donnant la possibilité de créer leur propre espace dans les villes, les architectes leur donnent l’occasion de faire quelque chose d’atypique et à la fois communautaire.

Grâce à l’intervention de Raumlabor, les conseils de leurs architectes ainsi que leur présence, Göteborg connaîtra une création à l’atmosphère particulière et très différente des autres espaces publics de la ville.

© Raumlabor
© Raumlabor

© Raumlabor
© Raumlabor

Plus d’informations sur le site de Raumlabor.

Les photos: © Raumlabor