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Et les primés du Prix Versailles 2018 sont…

© Nomadic Resorts
© Nomadic Resorts

Mardi, le 15 mai 2018 au Siège de l’UNESCO, parmi les soixante-dix équipes lauréates ayant été primées lors des cérémonies continentales, douze ont reçu des titres mondiaux dans les quatre catégories ouvertes à la compétition : Magasins, Galeries marchandes, Hôtels, Restaurants.

Dédié à l’architecture commerciale

Le Prix Versailles, qui est décerné chaque année par un jury indépendant, est un prix annuel dédié à l’architecture commerciale. Aujourd’hui, cette dernière évolue et propose de plus en plus des réalisations de qualité. Fondé par Jérôme Gouadain, le Prix Versailles est remis, à Paris, au siège de l’organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Le prix distingue, à l’issue d’un appel à candidatures, des architectes et des propriétaires de magasins, hôtels et restaurants, situés dans le monde entier et jugés particulièrement remarquables du point de vue de l’architecture extérieure comme de l’aménagement intérieur.

En présence des finalistes venant de 32 pays, des huit membres du jury dont les architectes Manuelle Gautrand, Ma Yansong et Wang Shu, du président de l’union internationale des architectes Thomas Vonier, de la styliste Guo Pei, de l’ancienne directrice adjointe du centre de patrimoine mondial Minya Yang et du chef étoilé Guy Savoie, ainsi que le président du jury, le maire de Versailles, François de Mazières, cette année, le sous-directeur général de l’UNESCO pour la Culture, le Chilien Ernesto Ottone Ramirez, a tenu à saluer la dynamique du Prix Versailles. Quant à Thomas Vonier, le président de l’Union internationale des architectes et membre du Jury mondial du Prix Versailles 2018, a souligné lors de la soirée de la remise des prix, que le panel « reflétait certains des plus grands talents du monde en matière d’architecture et de design ».

Des projets du monde entier

La finale de l’édition 2017 a récompensé douze projets du monde entier en plus des lauréats continentaux. Les catégories « mention extérieur » et « mention intérieur » peuvent interpeller mais cette spécificité peut s’expliquer par l’existence très souvent de deux maîtrises d’œuvre dans l’immobilier commercial. Parmi les divers groupements mondiaux primés, notons Foster + Partners, Gonzalo Mardones Arquitecto, le groupe anglais acme/ Hammerson, UNSTudio / CITIC, les français Marseille Architecture Partenaires, l’agence Kerry Hill Architects, Nicholas Plewman Architects / Artichoke Design, Studio RHE, Paulina Moran, Rockwell Group et Nomadinc Resorts. Notons que la participation est entièrement gratuite.

La finale mondiale a été aussi également l’occasion pour annoncer les lauréats du concours étudiant 2018, qui, cette année, portait sur le thème « Inspirer la ville durable : «Imaginer un nouveau stade et aménager les docks de Liverpool».

© Nicholas Plewman Architects

 

© Carbondale
© Carbondale
©HuftonCrow
©HuftonCrow
 © Studio RHE
© Studio RHE

Pour plus d’informations sur le Prix Versailles, voir: ici.

A la découverte d’une gracieuse reconversion

© Anna Sundström

Dans la mer baltique, sur l’île de Gotland, l’agence d’architecture suédoise Skälsö Arkitekter  a réaménagé un ancien entrepôt de calcaire datant de 1900. Avec cette délicate réhabilitation l’architecture industrielle de l’édifice est révélée dans toute sa splendeur.

C’est sur la plus grande île de la Suède où se trouve Visby la vieille ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, que les architectes de Skälsö Arkitekter  ont réalisé leur projet. Une reconversion qui n’a fait aucun effort pour cacher le caractère industriel des lieux. Ainsi, l’architecture est préservée et le cachet de l’ancien enrichit l’ensemble.

Le hangar à l’histoire tumultueuse gardait son caractère d’autrefois, il n’était pas gravement endommagé, c’est pourquoi, les architectes n’ont ajouté aucun artifice se contentant d’intervenir quand c’était nécessaire. La structure principale restant intacte, la conception spatiale a été adaptée à des futures extensions et modifications.

Les portes d’origine en bois ont été remplacées par des portes vitrées pour apporter  la lumière naturelle à l’intérieur. Le bâtiment est formé d’une seule grande salle, meublée avec des chaises sur mesure conçus par Skälsö Arkitekter en collaboration avec Kristoffer Sundin, unifiant l’apparence interne de l’édifice. Une manière qui met visuellement l’ensemble en valeur.

Aujourd’hui, les lieux sont de nouveaux occupés et visités, à la place de l’entrepôt se trouve un coquet restaurant qui fait également galerie d’art. Grâce à cette gracieuse réhabilitation, un nouveau lieu de retrouvailles pour les habitants a vu le jour.

© Anna Sundström

© Anna Sundström

© Anna Sundström

Le site de l’agence d’architecture Skälsö Arkitekter : ici.

Les photos : © Anna Sundström

Des abris en feuilles de palmier ?

© dr sandra piesik

De nos jours, nous ne rencontrons plus ou très peu de constructions en feuilles de palmier, pourtant, à une époque, ces derniers étaient utilisés d’une manière régulière et témoignaient de la tradition locale de certains pays. Aujourd’hui, Sandra Piesik, encouragée par l’UNCCD (United Nations Convention to Combat Desertification) tente de faire revivre cette tradition en construisant aux Émirats arabes unis un prototype en feuilles de palmier.

Al-Aïn qui se trouve aux Émirats arabes unis, est une ville typique classée par l’UNESCO. C’est dans cette cité qui se trouve aux portes du désert que Sandra Piesik en collaboration avec 3 ideas ltd a réalisé un abri en feuilles de palmier en créant une solution durable qui peut donner l’exemple.

Après ce retour, la feuille de palmier peut redevenir en vogue surtout que c’est un matériau économique aux ressources renouvelables et à la fois durable. Ici, il s’agit du développement d’un projet humanitaire qui donnera probablement l’exemple à d’autres pays où les palmiers sont régulièrement cultivés.

Appelé « Sabla », l’abri en question est un projet humanitaire visant à contribuer aux programmes de développement social de certains pays pauvres. C’est un moyen de faire renaître les méthodes traditionnelles de construction en utilisant les techniques d’aujourd’hui dans le but d’offrir de solutions efficaces, rapides et écologiquement durables.

La technique de Arish utilisée traditionnellement a été modifiée afin de regrouper l’ensemble des feuilles de palmier qui peuvent être regroupées par la suite pour former des sections circulaires facile à courber. Ainsi, voient le jour, des éléments de structures modulables et facilement utilisables. Un revêtement en tissus est également envisageable pour couvrir le toit.

La feuille de palmier a donc de beaux jours devant elle. Il faut espérer que ce prototype traverse les frontières et sera utilisé là où le besoin se ressente.

© dr sandra piesik

© peter sheehan

Les architectes : Sandra Piesik of 3 ideas ltd

Les photos 1 et 2: © Sandra Piesik

La photo 3: © Peter Sheehan

Quand le béton contribue à enrichir le patrimoine

© Tamás Bujnovszky

En Hongrie, les CZITA Architects ont réalisé la nouvelle entrée dédiée aux visiteurs de l’abbaye de Pannonhalma, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est un volume en béton qui contraste avec les pierres millénaires et crée un dialogue des plus subtils.

L’abbaye bénédictine de Pannonhalma située à l’ouest de la Hongrie et fondée en 996 est l’un des exemples mondiaux les plus complets montrant l’organisation d’un monastère. A l’histoire chaotique, l’édifice inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO abrite entre autres un internat, une école supérieure de théologie, une bibliothèque et un foyer pour personnes âgées. La succession de styles architecturaux n’est que le miroir de la diversité qu’a connu cette abbaye depuis sa fondation.

Les architectes de l’agence hongroise CZITA viennent d’y ajouter une nouveauté qui outre son côté fonctionnel manquant jusque là, enrichira l’ensemble. Il s’agit d’un volume conçu pour accueillir les visiteurs tout en traçant un nouveau chemin qui les guidera vers les jardins ou les bâtiments visitables sans passer par les parties privées de l’abbaye. Les visiteurs, une fois à l’intérieur de l’enceinte, suivent désormais un chemin forestier longeant les murs du château découvrant plus facilement les divers édifices composant le site.

Le nouveau bâtiment, conçu entièrement en béton, se trouve entre deux générations de murailles, celle du château actuel datant du XXème siècle et d’autres, plus anciennes datant de l’époque médiévale. C’est une structure qui glisse dans une brèche et apporte son lot d’élégance à l’ensemble. Le renouveau architectural est possible même quand il s’agit d’un édifice classé au patrimoine.

© Tamás Czigány

© Tamás Bujnovszky

© Tamás Czigány

Le site de CZITA Architects : ici.

Les photos 1 et 3: © Tamás Bujnovszky

Les photos 2 et 4 © Tamás Czigány

« La poétique de la structure », un hommage mérité

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@SipaneHoh

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Le programme 2014 de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine ne cesse d’enchanter. Après le succès de l’exposition ‘1925 quand l’Art Déco séduit le monde’ suivi de ‘L’Architecture en uniforme’, nous sommes invités à présent en plein cœur des ‘Trente Glorieuses’ à travers une exposition qui trace l’œuvre de l’un des architectes les plus caractéristique de cette époque, Bernard Zehrfuss.

Culture | France | Expositions |

‘La poétique de la structure’ tel est l’intitulé de l’exposition temporaire qui vient d’ouvrir ses portes ce 19 juin à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine. Un titre à la fois accrocheur et nostalgique qui met en avant les travaux d’un architecte adulé et pourtant ô combien discret. Cette fois-ci, je n’ai pas vu d’affiches dans les couloirs du métro, les journaux n’en parlent pas encore en circonstance, il ne me reste qu’une envie irrésistible de découvrir l’évènement. Direction le sixième étage de la Cité, dans une pièce à part, avec en toile de fond les tours de Beaugrenelle (XVème arrondissement), pour un face à face des plus fabuleux.

Tout d’abord, la découverte d’une scénographie fidèle à l’image de l’architecte ainsi qu’une ambiance lumineuse tamisée dans cette pièce parsemée de grandes maquettes. Entrer, balayer du regard, scruter, détecter, localiser, observer, et puis se rapprocher, s’attarder, lire, parcourir, analyser, redécouvrir et s’émerveiller. C’est toute la puissance de l’architecture de Zehrfuss qui se dévoile via des dessins, des photographies d’époque, des croquis, des plans, des films, des maquettes décrivant les ouvrages de l’un des architectes rationalistes engagé ainsi qu’une figure majeure de l’architecture novatrice de son époque.

Qui ne connaît le CNIT ? Construit dans le quartier de la Défense en 1958, le CNIT est l’un des édifices les plus emblématiques des trente glorieuses dont André Malraux disait : « Depuis les grandes cathédrales gothiques, on n’a rien fait de semblable ».

Est-il courant qu’un bâtiment en béton puisse dégager un tel lyrisme ? Non, à croire qu’il s’agit d’un don d’une poignée d’architectes comme Nervi et Esquillan qui ont tous deux travaillé avec Zehrfuss avec l’immeuble de l’UNESCO pour le premier ou la solution de la structure autoportante du CNIT pour le second et d’autres.

La visite se poursuit, les découvertes sont nombreuses, face au visiteur s’étale chaque plan, façade et détail, des projets connus mais certains très peu médiatisés le tout dans une ambiance didactique. Christine Desmoulins et Corinne Bélier en collaboration avec le scénographe Pierre Verger tracent les grandes lignes de la vie de Zehrfuss, de ses premiers projets en Tunisie jusqu’au ‘musée de la civilisation gallo-romaine caché dans la colline’, en passant par l’imprimerie Mame de Tours ou le siège de l’UNESCO à Paris sans oublier le projet clé (non abouti) d’une tour signal, déjà à l’époque, de 220 mètres à la Défense.

A l’heure où sont détruits d’aussi prodigieux ouvrages comme  ‘la Halle de Fontainebleau’ (Nicolas Esquillan) ou le siège de ‘Novartis-Sandoz’ à Rueil-Malmaison (Bernard Zehrfuss avec Jean Prouvé), la Cité de l’Architecture et du Patrimoine consacre une exposition entière à l’un des architectes dont les œuvres ne suscitent plus l’attention des autorités et ne sont même pas classés à l’inventaire des monuments historiques.

« La poétique de la structure », est un hommage mérité et un appel pour réveiller les consciences.

L’exposition « La poétique de la structure » se termine le 13 octobre 2014.

D’autres photos se trouvent sur ma galerie publique : ici.