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Alto, la nouvelle « folie » scintillante de La Défense

© Jared Chulski

C’est à l’image d’une forteresse couverte d’écailles que la Tour Alto de la Défense affiche son caractère et se distingue des autres. Dans le quartier d’affaires de l’ouest de la capitale qui condense le plus grand nombre de tours, l’arrivée de cette « folie » signée SRA et IF Architectes attise la curiosité de tous.

Aussi pratique qu’original

D’une part l’agence SRA Architectes reconnue pour plusieurs de ses réalisations et son expertise dans les immeubles de grande hauteur et d’autre part l’agence IF Architectes connue par ses divers projets à Courbevoie. De leur collaboration est né un projet architectural aussi pratique qu’original. En effet, la construction qui a été réalisée pour la SCI WHITE TOWER, constitue une importante pièce qui vient s’ajouter dans le puzzle urbain du quartier des Saisons de la Défense.

Chacune des tours de la Défense possède son caractère, entre la couleur, l’allure, la forme, la structure, le choix est grand. Néanmoins la tour Alto détient ce petit quelque chose d’inédit qui fait sa différence. Tout d’abord son emplacement, aussi complexe qu’il soit, puis son voisinage immédiat et puis encore sa capacité d’offrir quelque chose de nouveau et palpitant, tout un ensemble de critères auxquels les architectes ont répondu avec brio. L’immeuble qui mesure 160 m depuis la rue et 152 m depuis la dalle de la Défense, est constitué de 38 étages en superstructure et 3 niveaux en infrastructure. Avec sa forme singulière possédant un soubassement contenant un pan coupé, la tour s’habille d’une multitude d’écailles de verre. Un processus qui a exigé un mode de construction particulier.

Cependant, la réalisation de cette forme insolite n’est pas une mince affaire. Les architectes ont décalé la poutre de rive de 12 cm vers l’extérieur, ce qui leur a permis de gagner 75 cm de circonférence à chaque étage augmentant ainsi les surfaces des plates-formes. Ces derniers mesurent 600 m² au rez-de-chaussée de la tour et atteignent la surface de 1 900 m² au dernier étage. Par ailleurs, nous savons tous que dans des projets pharaoniques de ce genre, c’est le noyau qui occupe une grande espace. Encore une fois, les architectes de la tour Alto ont eu recours à une technique ingénieuse qui réduit considérablement non seulement la surface du noyau mais aussi le nombre de gaines d’ascenseurs tout en conservant le nombre de cabines nécessaires. Pour cela il a fallu opter pour des ascenseurs en double pont. Par ailleurs, dans le but d’obtenir un noyau très étroit, de petites centrales de traitement d’air ont été mises en place à chaque étage de façon à créer des prises d’air en façade. Ces dernières ont été régulées par les écailles de la façade de verre.

Une forteresse verticale

Loin d’être banale, la construction possède une façade de 17500 m² reconnaissable parmi d’autres. Nous apprenons que cette enveloppe a été réalisée par le façadier Permasteelisa qui a posé, à la demande des architectes, 3 860 écailles de verre et d’acier de 70 types différents pour revêtir le bâtiment. Composée d’une double peau, la façade s’avère être à la fois isolante et respirante sans parler parler qu’elle offre aux utilisateurs des lieux, divers espaces de travail dotés d’un grand confort.

Par ailleurs, Alto répond favorablement au souhait de Paris La Défense. En effet, elle adopte admirablement la parcelle où elle se trouve tout en participant activement à la vitalité du boulevard circulaire. Et comme elle occupe une portion stratégique de La Défense, les architectes ont fait tout leur possible non seulement pour l’inclure dans le plan urbain mais aussi paysager de la dalle. Il en résulte la création d’une nouvelle place et le réaménagement des abords existants. L’organisation est tellement réussie qu’elle donne l’impression que la tour Alto était toujours présente à cet endroit.

Le programme de la tour est tout aussi riche que son allure, il s’agit d’une construction qui comprend, outre les bureaux, diverses zones de restauration, un espace de sport et de bien-être avec une vue imprenable de 180° ainsi que d’autres espaces d’accueil, de réunions et de divertissements. L’architecture intérieure qui a été réalisée en joignant élégance et sobriété est signée de Jean Philippe Nuel, qui a réussi d’apporter une originale touche qui va de pair avec le reste. Les deux terrasses ouvertes mais protégées qui occupent le 36ème et le 37ème étages font partie des différents atouts de cette forteresse verticale du XXIe siècle.

© Jared Chulski
© Jared Chulski
© Jared Chulski
© Jared Chulski
© Jared Chulski

Le site de SRA Architectes : ici.

Le site de l’agence IF Architectes : ici.

Le site de Jean Philippe Nuel : ici.

Les photos : © Jared Chulski

« La poétique de la structure », un hommage mérité

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@SipaneHoh

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Le programme 2014 de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine ne cesse d’enchanter. Après le succès de l’exposition ‘1925 quand l’Art Déco séduit le monde’ suivi de ‘L’Architecture en uniforme’, nous sommes invités à présent en plein cœur des ‘Trente Glorieuses’ à travers une exposition qui trace l’œuvre de l’un des architectes les plus caractéristique de cette époque, Bernard Zehrfuss.

Culture | France | Expositions |

‘La poétique de la structure’ tel est l’intitulé de l’exposition temporaire qui vient d’ouvrir ses portes ce 19 juin à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine. Un titre à la fois accrocheur et nostalgique qui met en avant les travaux d’un architecte adulé et pourtant ô combien discret. Cette fois-ci, je n’ai pas vu d’affiches dans les couloirs du métro, les journaux n’en parlent pas encore en circonstance, il ne me reste qu’une envie irrésistible de découvrir l’évènement. Direction le sixième étage de la Cité, dans une pièce à part, avec en toile de fond les tours de Beaugrenelle (XVème arrondissement), pour un face à face des plus fabuleux.

Tout d’abord, la découverte d’une scénographie fidèle à l’image de l’architecte ainsi qu’une ambiance lumineuse tamisée dans cette pièce parsemée de grandes maquettes. Entrer, balayer du regard, scruter, détecter, localiser, observer, et puis se rapprocher, s’attarder, lire, parcourir, analyser, redécouvrir et s’émerveiller. C’est toute la puissance de l’architecture de Zehrfuss qui se dévoile via des dessins, des photographies d’époque, des croquis, des plans, des films, des maquettes décrivant les ouvrages de l’un des architectes rationalistes engagé ainsi qu’une figure majeure de l’architecture novatrice de son époque.

Qui ne connaît le CNIT ? Construit dans le quartier de la Défense en 1958, le CNIT est l’un des édifices les plus emblématiques des trente glorieuses dont André Malraux disait : « Depuis les grandes cathédrales gothiques, on n’a rien fait de semblable ».

Est-il courant qu’un bâtiment en béton puisse dégager un tel lyrisme ? Non, à croire qu’il s’agit d’un don d’une poignée d’architectes comme Nervi et Esquillan qui ont tous deux travaillé avec Zehrfuss avec l’immeuble de l’UNESCO pour le premier ou la solution de la structure autoportante du CNIT pour le second et d’autres.

La visite se poursuit, les découvertes sont nombreuses, face au visiteur s’étale chaque plan, façade et détail, des projets connus mais certains très peu médiatisés le tout dans une ambiance didactique. Christine Desmoulins et Corinne Bélier en collaboration avec le scénographe Pierre Verger tracent les grandes lignes de la vie de Zehrfuss, de ses premiers projets en Tunisie jusqu’au ‘musée de la civilisation gallo-romaine caché dans la colline’, en passant par l’imprimerie Mame de Tours ou le siège de l’UNESCO à Paris sans oublier le projet clé (non abouti) d’une tour signal, déjà à l’époque, de 220 mètres à la Défense.

A l’heure où sont détruits d’aussi prodigieux ouvrages comme  ‘la Halle de Fontainebleau’ (Nicolas Esquillan) ou le siège de ‘Novartis-Sandoz’ à Rueil-Malmaison (Bernard Zehrfuss avec Jean Prouvé), la Cité de l’Architecture et du Patrimoine consacre une exposition entière à l’un des architectes dont les œuvres ne suscitent plus l’attention des autorités et ne sont même pas classés à l’inventaire des monuments historiques.

« La poétique de la structure », est un hommage mérité et un appel pour réveiller les consciences.

L’exposition « La poétique de la structure » se termine le 13 octobre 2014.

D’autres photos se trouvent sur ma galerie publique : ici.

Le quartier de La Défense…

 
 

A l’heure estivale, pour commencer quelques voyages architecturaux, faisons un petit détour au quartier de La Défense. Le premier quartier d’affaire européen par l’étendue de son parc de bureaux est aujourd’hui en pleine évolution. De nouveaux chantiers attirent quelques visiteurs ainsi que tout curieux d’architecture.
Sans parler de la rénovation du CNIT qui n’a pas encore touché à sa fin. On remarque que depuis deux ans, quelques parcelles ont désormais accueilli de nouveaux projets. Par ici la tour Carpe Diem qui commence à faire partie du paysage et se distingue de bien loin. Par là le chantier de la tour Majunga au cœur même du secteur et un peu plus loin, l’étonnant chaos que le chantier de la tour D2 a pu engendrer. Et pour finir, n’oublions pas de faire un saut au musée qui porte le même nom du quartier pour faire un surprenant plongeon dans l’histoire de ce lieu.
Une balade estivale et quelques photos prises en dehors des heures chargées pour la découverte de l’envers d’un quartier en continuelle affluence…

D’autres photos se trouvent sur ma galerie publique: ici.
Pour plus d’informations et de suivis de chantiers, voir: ici.
Les photos: © Sipane Hoh

« La plus haute »

Elle s’appelait CB31, était construite par l’architecte Pierre Dufau en 1974 et symbolisait sa fonction via sa forme. Dans ce quartier d’affaire de La Défense, cette construction en béton typique des années de sa naissance a depuis subi nombreuses requalifications.

Après plusieurs changements, remaniements, appellations,  entre UAP, AXA et d’autres, la voilà baptisée « First ». Un patronyme tendance pour une nouveauté de son genre.

Devenue « la plus haute » tour de bureaux en France, cette construction de 189m a depuis gagné en taille pour atteindre 231m (antenne comprise), une hauteur considérable comparée aux gratte-ciel voisins.

Ajoutons l’avancée technologique de sa métamorphose qui lui a valu l’appellation de THPE (Très haute performance énergétique) et qui fait de cette tour un symbole environnemental sans précédent qui pèse 320 millions d’euros.

Une ambition récompensée pour ce gratte-ciel à vocation tertiaire qui sera peut être suivi d’autres d’ici peu…

La photo : © Philippe Cottier

 

"Défense 2000"

A l’heure où le sujet de la construction des tours à Paris semble être d’actualité, un retour en arrière et un plongeon dans les années 70 qui ont vu naître la plus haute tour d’habitation de France.
C’est un village vertical sous forme d’une tour qui se trouve dans le quartier de La Défense, pas loin de Paris. Construite entre 1971 et 1974, cette réalisation symbolique de son époque a marqué le paysage de la ville où elle se trouve. Typique, elle incarne entièrement l’architecture du moment. Aujourd’hui, le plus haut immeuble d’habitation de France affiche toujours sa silhouette en béton et attire les curieux regards…
Pour plus d’information, voir: ici.
La photo: © Philippe Cottier

Optimiste malgré tout, Paris aura ses tours

C’était en 1998, le monde entier avait les yeux braqués vers les tours jumelles Petronas qui furent les plus hauts immeubles d’Asie jusqu’en 2004, date de la construction d’une autre tour qui les détrôna. Depuis, la course vers la hauteur a envahi tous les continents. Ces dernières années on a assisté à un panel extrêmement large de formes et de hauteurs à travers beaucoup de pays. Est-ce que ça fait partie de l’évolution de l’architecture ? Il faut le croire.

Et comme la France ne veut pas rester sur la touche sur toutes ces nouveautés architecturales, Paris aura aussi ses tours jumelles d’ici 2014, les plus hautes d’Europe.

La nouvelle a été dévoilée ainsi que la forme le 11 Mars 2009 par l’architecte britannique Norman Foster. Un projet incarné par deux tours jumelles et symétriques. Deux grands colosses de 323m qui deviendront le signal du renouveau de tout un quartier (La Défense) ainsi que toute une ville (Le grand Paris).

Dans un quartier d’affaire, habitué à l’existence des tours, ces deux dernières viendront s’ajouter à une pléiade de tours de nouvelle génération déjà en cours.

Tout d’abord il y a eu l’annonce de « Phare », l’organique, un projet conçu par l’américain Thom Mayne. A suivi, le projet « Signal », de forme cubique, conçu par le français Jean Nouvel. Deux tours qui ont fait parler d’elles ces deux dernières années. Aujourd’hui, elles sont suivies par ces jumelles baptisées « Hermitage Plaza » et font réagir la communauté internationale. Pas parce qu’elles sont exceptionnelles, mais parce qu’elles ont été annoncé la semaine dernière. Un moment difficile, où l’on parle de récession, où les agences d’architecture même les plus connues se séparent d’un grand nombre de leurs collaborateurs, un temps nouveau où les pages des journaux d’architecture affichent plus des arrêts de chantiers que de nouvelles constructions.

Dans ce climat architecturalement instable la France, avec ce projet, affiche un optimisme inégalé. Et si on en croie les annonces, le projet sortira même de terre l’année prochaine.

Alors, soyons optimiste, La Défense et ses divers projets réussiront peut être de « sauver » vraiment l’image de la France.

Sipane Hoh