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A Singapour, des tours durables signées ADDP Architects

© Finbarr Fallon

A Singapour, l’agence d’architecture ADDP Architects vient d’inaugurer, début septembre, leur dernier projet de tours résidentielles. L’ensemble, comprenant 841 unités résidentielles et deux espaces commerciaux répartis sur quatre tours de 27 étages, croise astucieusement esthétisme et durabilité.  

Tours avec vue

Baptisé « The Seaside Residences », le projet suit l’engagement et la capacité habile d’ADDP Architects à créer des projets architecturaux basés sur le développement durable. Les quatre tours de 27 étages sont orientées en fonction du climat local et offrent aux résidents une vue panoramique imprenable sur la mer. Chaque duo de tours est reliée par une terrasse panoramique et un espace commun surmonté de jardins luxuriants. Le site est situé à quelques minutes de la station de MRT Siglap et des arrêts de bus et du passage souterrain East Coast Park, permettant aux résidents d’atteindre facilement la plupart des régions grâce à un large réseau d’autoroutes.

Le projet fusionne la vie balnéaire et la densité urbaine le long de la côte sud-est de l’île. Dans leur démarche, les architectes ont eu recours à plusieurs procédés durables ainsi qu’à des fonctionnalités qui économisent l’énergie. Des écrans solaires horizontaux et verticaux sont intégrés aux façades est et ouest pour faire écho au climat local. Les espaces de vie et les chambres face à la mer, sont conçus avec des vitrages qui s’étendent sur toute la hauteur et de généreux balcons qui profitent de la vue vers le large sans oublier l’éclairage naturel.

Des espaces confortables

Au rez-de-chaussée, Seaside Residences bénéficie d’une entrée ondulante habillée de plantes verdoyantes et d’une charmante terrasse paysagée. Les véhicules des résidents sont complètement séparés des installations et commodités récréatives, nous y trouvons un espace vert extérieur et une piscine, les parkings étant situés au sous-sol. La planification et l’aménagement innovants du site sont conçus pour contribuer à l’impression de verdure omniprésente le long de l’East Coast Parkway, un couloir majeur pour accéder à la ville. Stratégiquement positionné à moins d’un kilomètre d’East Coast Park, le site est situé à quelques minutes de la station de MRT Siglap et des arrêts de bus, ainsi que du métro East Coast Park.

Dans le paysage résidentiel mondial en évolution, la durabilité, l’accès à des espaces verts ouverts et le besoin d’une vie plus respectueuse de l’environnement font de plus en plus la norme. C’est pour cette raison que des projets respectueux de leur environnement sont de plus en plus souhaités. La conception The Seaside Residences de l’agence singapourienne ADDP s’inscrit dans cette lignée et offre des espaces confortables tout en portant une attention particulière à l’environnement. C’est un projet à découvrir sans tarder.

© Finbarr Fallon
© Finbarr Fallon
© Finbarr Fallon
© Finbarr Fallon

Le site de l’agence ADDP Architects : ici.

Les photos : © Finbarr Fallon 

A Tours, une charmante crèche signée Bourgueil & Rouleau architectes

© Stéphane Chalmeau

A Tours, au cœur du quartier Beaujardin, l’agence d’architecture Bourgueil & Rouleau architectes gérée par Guillaume Bourgueil et Nicolas Rouleau, a réalisé une crèche destinée à accueillir trois tranches d’âge et jusqu’à 60 enfants. L’équipement public, aux espaces harmonieuses et généreuses, vaut le détour.

Des lieux de vie facilement appropriables

A Tours, la nouvelle crèche Leccia, identifiable de loin, affirme sa présence en tant qu’équipement public qui offre des lieux de vie facilement appropriables par ses occupants. L’ensemble qui respecte les proportions du bâti avoisinant, s’insère savamment dans le quartier tout en proposant des espaces fonctionnelles et proportionnés au jeune public. En effet, le quartier de Beaujardin, qui est un quartier résidentiel du centre de Tours, est constitué majoritairement de maisons et de petits ensembles de logements collectifs. C’est donc dans cet environnement typique que la nouvelle crèche a pris place.

L’édifice se présente comme la juxtaposition de plusieurs volumes qui se croisent subtilement pour former un ensemble cohérent où chacun des espaces et des pièces trouve sa place. Comme un grand puzzle composé de nombreuses entités, la crèche se déploie en plein pied et offre d’agréables espaces de vie à ses occupants. Vu l’importante emprise au sol, le souhait des architectes était d’engendrer une réalisation à la volumétrie décomposée comme les maisonnées qui se trouvent dans le quartier. Un but atteint avec brio car l’équipement public qui se trouve à la croisée de deux rues se glisse avec tact dans le tissu urbain.

Concernant la disposition des diverses pièces, nous constatons que les unités de vie des enfants sont placées, comme des satellites, autour du bâtiment central. Ce dernier comprend en son cœur un patio qui offre un dégagement visuel extérieur ainsi qu’un apport important de lumière naturelle. Les unités disposent d’aires d’évolution qui communiquent entre elles pour permettre les passages de l’un à l’autre si nécessaire. Tout a été étudié pour le plus grand bien de tous les utilisateurs des lieux.

Un plan en étoile

Le hall d’entrée du bâtiment, entièrement vitré et donnant sur l’espace urbain avoisinant, débouche directement sur l’atrium en gardant la continuité de la façade vitrée. Cette cour consiste à garantir la transition entre l’entrée principale et le patio central de la crèche. Cette disposition s’explique également par la mise en forme d’un plan en étoile où les 4 unités de vie gravitent autour des espaces de vie centraux.

Les intérieurs sont sobres et claires, quelques touches de couleurs viennent égayer l’ensemble tout en accentuant la forme de chaque entité qui s’apparente à une petite « maisonnée ». Un jeu perspicace qui offre aux enfants un environnement adéquat à leurs âges. Plusieurs transitions spatiales entre intérieur et extérieur, servent à la séparation douce des enfants et leurs parents chaque matin. Les architectes de l’agence Bourgueil & Rouleau architectes ont en effet pensé à tout sur le plan constructif, structurel mais aussi et surtout affectif, ce qui rend le projet encore plus attractif. C’est une architecture simple, aux intérieurs facilement identifiables et lisibles qui vient de prendre place au cœur même du quartier Beaujardin à Tours. Un travail qui mérite reconnaissance !

© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau

Le site de Bourgueil & Rouleau architectes : ici.

Les photos : © Stéphane Chalmeau

Alto, la nouvelle « folie » scintillante de La Défense

© Jared Chulski

C’est à l’image d’une forteresse couverte d’écailles que la Tour Alto de la Défense affiche son caractère et se distingue des autres. Dans le quartier d’affaires de l’ouest de la capitale qui condense le plus grand nombre de tours, l’arrivée de cette « folie » signée SRA et IF Architectes attise la curiosité de tous.

Aussi pratique qu’original

D’une part l’agence SRA Architectes reconnue pour plusieurs de ses réalisations et son expertise dans les immeubles de grande hauteur et d’autre part l’agence IF Architectes connue par ses divers projets à Courbevoie. De leur collaboration est né un projet architectural aussi pratique qu’original. En effet, la construction qui a été réalisée pour la SCI WHITE TOWER, constitue une importante pièce qui vient s’ajouter dans le puzzle urbain du quartier des Saisons de la Défense.

Chacune des tours de la Défense possède son caractère, entre la couleur, l’allure, la forme, la structure, le choix est grand. Néanmoins la tour Alto détient ce petit quelque chose d’inédit qui fait sa différence. Tout d’abord son emplacement, aussi complexe qu’il soit, puis son voisinage immédiat et puis encore sa capacité d’offrir quelque chose de nouveau et palpitant, tout un ensemble de critères auxquels les architectes ont répondu avec brio. L’immeuble qui mesure 160 m depuis la rue et 152 m depuis la dalle de la Défense, est constitué de 38 étages en superstructure et 3 niveaux en infrastructure. Avec sa forme singulière possédant un soubassement contenant un pan coupé, la tour s’habille d’une multitude d’écailles de verre. Un processus qui a exigé un mode de construction particulier.

Cependant, la réalisation de cette forme insolite n’est pas une mince affaire. Les architectes ont décalé la poutre de rive de 12 cm vers l’extérieur, ce qui leur a permis de gagner 75 cm de circonférence à chaque étage augmentant ainsi les surfaces des plates-formes. Ces derniers mesurent 600 m² au rez-de-chaussée de la tour et atteignent la surface de 1 900 m² au dernier étage. Par ailleurs, nous savons tous que dans des projets pharaoniques de ce genre, c’est le noyau qui occupe une grande espace. Encore une fois, les architectes de la tour Alto ont eu recours à une technique ingénieuse qui réduit considérablement non seulement la surface du noyau mais aussi le nombre de gaines d’ascenseurs tout en conservant le nombre de cabines nécessaires. Pour cela il a fallu opter pour des ascenseurs en double pont. Par ailleurs, dans le but d’obtenir un noyau très étroit, de petites centrales de traitement d’air ont été mises en place à chaque étage de façon à créer des prises d’air en façade. Ces dernières ont été régulées par les écailles de la façade de verre.

Une forteresse verticale

Loin d’être banale, la construction possède une façade de 17500 m² reconnaissable parmi d’autres. Nous apprenons que cette enveloppe a été réalisée par le façadier Permasteelisa qui a posé, à la demande des architectes, 3 860 écailles de verre et d’acier de 70 types différents pour revêtir le bâtiment. Composée d’une double peau, la façade s’avère être à la fois isolante et respirante sans parler parler qu’elle offre aux utilisateurs des lieux, divers espaces de travail dotés d’un grand confort.

Par ailleurs, Alto répond favorablement au souhait de Paris La Défense. En effet, elle adopte admirablement la parcelle où elle se trouve tout en participant activement à la vitalité du boulevard circulaire. Et comme elle occupe une portion stratégique de La Défense, les architectes ont fait tout leur possible non seulement pour l’inclure dans le plan urbain mais aussi paysager de la dalle. Il en résulte la création d’une nouvelle place et le réaménagement des abords existants. L’organisation est tellement réussie qu’elle donne l’impression que la tour Alto était toujours présente à cet endroit.

Le programme de la tour est tout aussi riche que son allure, il s’agit d’une construction qui comprend, outre les bureaux, diverses zones de restauration, un espace de sport et de bien-être avec une vue imprenable de 180° ainsi que d’autres espaces d’accueil, de réunions et de divertissements. L’architecture intérieure qui a été réalisée en joignant élégance et sobriété est signée de Jean Philippe Nuel, qui a réussi d’apporter une originale touche qui va de pair avec le reste. Les deux terrasses ouvertes mais protégées qui occupent le 36ème et le 37ème étages font partie des différents atouts de cette forteresse verticale du XXIe siècle.

© Jared Chulski
© Jared Chulski
© Jared Chulski
© Jared Chulski
© Jared Chulski

Le site de SRA Architectes : ici.

Le site de l’agence IF Architectes : ici.

Le site de Jean Philippe Nuel : ici.

Les photos : © Jared Chulski

Guide d’architecture de Paris, un ouvrage remarquable signé Jean-Philippe Hugron

A l’heure du confinement, des expositions figées, des visites virtuelles, des journaux en papier devenus en ligne, des instantanées de la vie de tous les jours montés au créneau sur les réseaux sociaux, mon choix se porte sur un livre, un seul, un ouvrage de taille moyenne, à la couverture de couleur rose foncé, à l’allure aussi sobre que discret mais qui, une fois ouvert, regorge de mille et une surprises. Le Guide d’architecture de Paris, écrit par Jean-Philippe Hugron.

Quand le quotidien devient découverte

Il y a bien longtemps, lors de plusieurs promenades, Jean-Philippe m’a fait découvrir quelques merveilles à Paris, sa ville préférée dont il parle avec enthousiasme et ferveur. Depuis, le temps est passé et un jour, le souhait du journaliste est devenu réalité. Engendrer un guide qui montre la richesse architecturale de la ville Lumière. Un travail colossal qui a valu à son auteur plusieurs années de recherches, d’observations et d’approfondissement.      

Et voilà qu’est sorti, il y a quelques années, un guide d’architecture qui, à l’instar d’un cabinet de curiosité, explore la capitale française de long en large et même au-delà jusqu’à ses banlieues et ses villes nouvelles, des localisations toujours méconnues mais qui recèlent d’innombrables découvertes.

Mais parlons tout d’abord du livre, l’approche de l’auteur ne ressemble pas forcément aux écrivains des guides touristiques qui, selon leur importance, nous proposent certaines destinations, nous racontent parfois des récits extrêmement détaillés sur l’histoire de telle ou telle destination jusqu’à perdre complètement toute notion de surprise ou d’émerveillement. Le Guide d’architecture de Paris de Jean-Philippe Hugron trace l’épopée de l’architecture de 1898 jusqu’à nos jours, d’une manière concise, en donnant des explications utiles avec un parti-pris original, une seule photo par réalisation, de quoi nous surprendre, un point important pour de nombreux curieux qui, une fois sur place, aiment fermer le livre et partir à la chasse aux surprises.

Et pour les curieux de l’architecture, les surprises sont nombreuses. Pourtant ces architectures font partie de nos quotidiens, certains d’entre nous les connaissent, mais pas toutes, les aperçoivent lors de leurs échappées en banlieue alors que d’autres cohabitant avec nous, une chose est sûre, ces sujets interpellent, questionnent et finalement, grâce à cet ouvrage, se découvrent sous un autre angle.   

Quelques exemples parisiens

Si un nombre conséquent de parisiens curieux connaissent l’immeuble Rapp de Jules Lavirotte situé au 29, avenue Rapp, qui connaît l’intérieur de l’église Notre-Dame-du-Travail située dans le 14ème arrondissement? Cette dernière cachée derrière une façade néo-romane s’avère être un ingénieux ouvrage d’architecture de fer? Réalisée par l’architecte Jules-Godefroy Astuc, l’ensemble constitue une merveilleuse découverte. De même, si certains promeneurs connaissent l’institut d’art et d’archéologie de Paul Bigot situé dans le 6ème arrondissement de la ville ou l’incontournable barre Dubuisson du 14éme, combien d’entre nous ont passé la porte de l’église Notre-Dame-de-la-Salette de Henri Colboc et Jean Dionis du Séjour qui se trouve au 38, rue de Cronstadt dans le 15ème? Les exemples sont nombreux, dans le grand panel parisien, les églises gardent une grande part des surprises de cet ouvrage.

Et au-delà

Jean-Philippe Hugron, dont la volonté était aussi de montrer les prouesses architecturales de la banlieue, franchit le périphérique et montre avec une grande dextérité sa diversité architecturale. Là aussi, les surprises sont de taille, que dire de l’intérieur de l’église Notre-Dame-de-la-Paix de Suresnes conçue par Dom Bellot? Méconnue et pourtant remarquable. Et la soufflerie Hispano-Suiza conçue par les frères Haour à Bois-Colombes? Aussi déconcertante que réelle, elle surprend tout passant et voyageur. Les projets présentés sont de toute taille, même le plus petit cirque du monde situé à Bagneux et réalisé par Construire est représenté! Territoire de conquêtes et d’expérimentations architecturales, l’auteur, en se basant sur une multitude de projets osés, montre que la banlieue regorge aussi d’une architecture qui vaut largement le détour.

Le logement?

Ces dernières années, le logement a pris une place prépondérante dans le renouvellement du paysage architectural d’île-de-France, mais Jean-Philippe Hugron montre que malgré tout, le sujet a interpellé depuis bien longtemps. C’est pourquoi, il conserve une place particulière aux divers logements. Là aussi les découvertes sont nombreuses. Si tout le monde ou presque connaît ou a entendu parler des logements parisien du 20ème arrondissement de Fréderic Borel, d’autres ignorent probablement l’existence de l’ensemble Les Pyramides de Michel Andrault et Pierre Parat qui se trouvent à Evry. Et si un grand nombre de parisiens connaissent la tour Croulebarbe du 13ème conçue par Edouard Albert, d’autres découvriront Les Caryatides de Manuel Núñez Yanowsky à Guyancourt. Encore une fois, de bien belles pépites qu’il faut aller chercher loin des grandes avenues parisiennes et du métro bondé.

Et les tours?

Les tours constituent l’un des sujets de prédilection de l’auteur, mais sans lesquelles ce guide ne serait pas complet. D’où l’existence de plusieurs réalisations, qui, de Créteil à Courbevoie en passant par Paris, complètent ce guide et le rendent, à mon avis, encore plus intéressant. Certains diront que l’on trouve dans ce guide un nombre conséquent d’églises, d’autres regrettent que l’auteur n’a pas octroyé une très grande place aux logements, pour moi, ce guide qui révèle un siècle d’architecture réveille les sens, ouvre les yeux et comme l’indique son intitulé, guide vers une architecture parfois oubliée, souvent délaissée mais jamais insignifiante! Le Guide d’architecture de Paris de Jean-Philippe Hugron est un livre qu’il faut parcourir mais surtout, une fois le confinement terminé, le garder sur soi et pourquoi pas sortir, partir sur les pas de celui qui l’a composé, s’imprégner de cette architecture si proche mais tellement différente et pourquoi pas contempler, décortiquer mais aussi critiquer? L’architecture n’en sortira que grandissante!

© Jean-Philippe Hugron
© Jean-Philippe Hugron
© Jean-Philippe Hugron
© Jean-Philippe Hugron
© Jean-Philippe Hugron
© Jean-Philippe Hugron

Pour plus d’informations sur l’ouvrage: ici.

Les photos: © Jean-Philippe Hugron

L’ascenseur se déplace-t-il horizontalement ?

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Certains répondront inévitablement d’une manière négative. Sauf qu’aujourd’hui, la science et les technologies nouvelles peuvent parfois démontrer le contraire. Un nouveau genre d’ascenseur vient d’être conçu, découvrons ce joyau technologique qui va révolutionner notre quotidien.

Les idées d’autrefois commencent à se faner devant les nouvelles inventions. La dernière création en date c’est l’ascenseur qui se déplace horizontalement aussi bien que verticalement grâce à un système de puissants aimants et non plus avec des câbles. Un  remarquable concept qui vise non seulement à supprimer le principe du contrepoids mais octroie aux architectes une plus grande liberté de conception.

Chaque cabine automotrice serait en mesure de se déplacer vers le haut, vers le bas ou vers les deux côtés faisant partie d’une chaîne qui ambitionne à accueillir deux fois plus d’utilisateurs et permettant de réduire à moitié l’encombrement des ascenseurs dans les immeubles de grande hauteur. Une technologie de pointe que l’agence allemande ThyssenKrupp promet d’essayer d’ici 2016.

Par ailleurs, la société qui est également l’un des plus grands producteurs d’acier du monde, compare l’actuel système d’ascenseur à la construction d’une ligne de chemin de fer entre deux villes et de l’utiliser pour faire fonctionner un seul train. La conception utilise un système par lévitation magnétique qui a déjà servi dans le train allemand monorail à grande vitesse.

L’évolution n’ayant plus de limite, avec ce prototype de l’ascenseur, certaines contraintes disparaîtront et l’architecture des immeubles se métamorphosera.

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Les images : © TyssenKrupp

« La poétique de la structure », un hommage mérité

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Le programme 2014 de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine ne cesse d’enchanter. Après le succès de l’exposition ‘1925 quand l’Art Déco séduit le monde’ suivi de ‘L’Architecture en uniforme’, nous sommes invités à présent en plein cœur des ‘Trente Glorieuses’ à travers une exposition qui trace l’œuvre de l’un des architectes les plus caractéristique de cette époque, Bernard Zehrfuss.

Culture | France | Expositions |

‘La poétique de la structure’ tel est l’intitulé de l’exposition temporaire qui vient d’ouvrir ses portes ce 19 juin à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine. Un titre à la fois accrocheur et nostalgique qui met en avant les travaux d’un architecte adulé et pourtant ô combien discret. Cette fois-ci, je n’ai pas vu d’affiches dans les couloirs du métro, les journaux n’en parlent pas encore en circonstance, il ne me reste qu’une envie irrésistible de découvrir l’évènement. Direction le sixième étage de la Cité, dans une pièce à part, avec en toile de fond les tours de Beaugrenelle (XVème arrondissement), pour un face à face des plus fabuleux.

Tout d’abord, la découverte d’une scénographie fidèle à l’image de l’architecte ainsi qu’une ambiance lumineuse tamisée dans cette pièce parsemée de grandes maquettes. Entrer, balayer du regard, scruter, détecter, localiser, observer, et puis se rapprocher, s’attarder, lire, parcourir, analyser, redécouvrir et s’émerveiller. C’est toute la puissance de l’architecture de Zehrfuss qui se dévoile via des dessins, des photographies d’époque, des croquis, des plans, des films, des maquettes décrivant les ouvrages de l’un des architectes rationalistes engagé ainsi qu’une figure majeure de l’architecture novatrice de son époque.

Qui ne connaît le CNIT ? Construit dans le quartier de la Défense en 1958, le CNIT est l’un des édifices les plus emblématiques des trente glorieuses dont André Malraux disait : « Depuis les grandes cathédrales gothiques, on n’a rien fait de semblable ».

Est-il courant qu’un bâtiment en béton puisse dégager un tel lyrisme ? Non, à croire qu’il s’agit d’un don d’une poignée d’architectes comme Nervi et Esquillan qui ont tous deux travaillé avec Zehrfuss avec l’immeuble de l’UNESCO pour le premier ou la solution de la structure autoportante du CNIT pour le second et d’autres.

La visite se poursuit, les découvertes sont nombreuses, face au visiteur s’étale chaque plan, façade et détail, des projets connus mais certains très peu médiatisés le tout dans une ambiance didactique. Christine Desmoulins et Corinne Bélier en collaboration avec le scénographe Pierre Verger tracent les grandes lignes de la vie de Zehrfuss, de ses premiers projets en Tunisie jusqu’au ‘musée de la civilisation gallo-romaine caché dans la colline’, en passant par l’imprimerie Mame de Tours ou le siège de l’UNESCO à Paris sans oublier le projet clé (non abouti) d’une tour signal, déjà à l’époque, de 220 mètres à la Défense.

A l’heure où sont détruits d’aussi prodigieux ouvrages comme  ‘la Halle de Fontainebleau’ (Nicolas Esquillan) ou le siège de ‘Novartis-Sandoz’ à Rueil-Malmaison (Bernard Zehrfuss avec Jean Prouvé), la Cité de l’Architecture et du Patrimoine consacre une exposition entière à l’un des architectes dont les œuvres ne suscitent plus l’attention des autorités et ne sont même pas classés à l’inventaire des monuments historiques.

« La poétique de la structure », est un hommage mérité et un appel pour réveiller les consciences.

L’exposition « La poétique de la structure » se termine le 13 octobre 2014.

D’autres photos se trouvent sur ma galerie publique : ici.