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Quand les formes simples émeuvent

 

© yoon, joonhwan

Quand l’architecture se défait des accessoires ou des couleurs, elle puise dans l’essentiel et retrouve la simplicité des formes, elle devient authentique. Le projet de l’agence coréenne Rieuldorang atelier en est l’un des exemples.

Puiser dans l’architecture traditionnelle

La maison se trouve à 30 minutes d’Ulsan, la ville portuaire située au sud-est de la Corée du Sud et donnant sur la mer du Japon. C’est dans cet environnement idyllique, très fréquenté pour son architecture vernaculaire, entre mer et montagne, que l’agence d’architecture Rieuldorang a réalisé son projet. Ce dernier se caractérise par une infinie simplicité qui puise dans l’architecture traditionnelle de la région pour mieux s’exprimer.

Pour découvrir la beauté des choses ordinaires, il est donc nécessaire d’avoir une sensibilité poétique qui va au-delà d’une simple manifestation esthétique. Les architectes ont fait tout leur possible pour regarder l’ensemble avec un point de vue différent. Une architecture qui procure l’émotion a donc été engendrée, aussi simple que fonctionnelle, aussi épurée que pratique.

Pour mieux s’exprimer

La parcelle où se trouve la maison ne présente aucune inclinaison et les résidences voisines sont dotées de diverses configurations. Dans leur conception, les architectes ont eu recours à une charmante astuce, il s’agit d’évider le volume d’une boîte pour y insérer les fonctions. Ainsi, l’espace libre sous la forme d’un pignon devient l’une des entrées de la maison. A l’intérieur, les différents espaces libérés de toute contrainte sont lumineux, ils génèrent une multitude de perspectives où la spatialité n’est jamais la même.

Selon les architectes, l’une des exigences des propriétaires est l’espace sous les avant-toits. Dans les logements de banlieue, ces derniers jouent un rôle très important. Beaucoup de choses difficile à faire dans un autre espace sont possibles sous les combles qui reste un lieu s’apprêtant à plusieurs activités et quelque soit la météo. Par ailleurs, les concepteurs affirment que l’histoire fait partie de tout projet et que l’architecture, comme l’art, s’inscrit toujours dans cette éternelle chronologie.

La maison qui se trouve à Ulsan est donc un doux métissage de tradition et de nouveauté , d’espace ouvert et fermé qui prend forme sous les traits d’une architecture où la sensibilité et la justesse ne font qu’un.

© yoon, joonhwan
© yoon, joonhwan
© yoon, joonhwan
© yoon, joonhwan
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© yoon, joonhwan
© yoon, joonhwan
© yoon, joonhwan

Le site de Rieuldorang atelier : ici.

Les photos : © yoon, joonhwan

Au Mexique, des logements sociaux signés Taller de arquitectura

© Onnis Luque

Au Mexique, l’agence d’architecture Taller de arquitectura vient de livrer un ensemble de logements sociaux atypiques qui répondent aux nouvelles exigences ainsi qu’aux dernières réglementations du pays. Une réponse astucieuse pour une architecture qui vaut la découverte.

Au Mexique, en février 2016, suite à la modification des critères de subventions accordés aux logements sociaux, la réglementation a été mise à jour. Cette dernière stipule que l’utilisation de matériaux traditionnels et de systèmes constructifs anciens comme le bambou, la paille ou le bois serait considérée comme précaire et donc les constructions contenant ces matériaux ne seraient plus subventionnées par les fonds fédéraux.

Une astucieuse réponse

Pour répondre favorablement aux nouvelles exigences des logements sociaux, l’agence d’architecture Taller de arquitectura a travaillé aux côtés de plusieurs coopératives. Ainsi, les habitations évitent l’utilisation du bambou comme élément structurel principal. Le procédé choisi utilise un système de construction modulaire et préfabriqué qui comprend seulement trois éléments: deux poutres et un panneau interchangeable. Une fois installés, ces derniers sont recouverts d’un tissu local, utilisé pour fabriquer des sacs de café, enduit d’une mince couche de mortier. Et quand la structure de base est érigée, elle sera recouverte par une tôle construite à partir de déchets d’aluminium. Ces matériaux offrent des qualités thermiques, acoustiques et antibactériennes à l’ensemble. La résidence peut être assemblée en une semaine, ce qui signifie que les coûts de la main d’œuvre sont réduits au minimum.

L’organisation des maisons reprend les idées vernaculaires de la région où les diverses espaces se forment autour d’un couloir principal utilisé également comme séchoir pour les grains, café et maïs entre autres. La résidence comprend également deux chambres et une salle de bains, ainsi que plusieurs espaces abrités.

Les architectes ont mis l’accent sur la performance environnementale, ainsi, l’eau de pluie est récoltée pour être réutilisée et les diverses stratégies bioclimatiques de base ont été mises en place pour lutter contre les hautes températures de la région. Le projet a ensuite été approuvé par la commission nationale du logement de la ville, ce qui signifie qu’il peut désormais recevoir des subventions. Une gageure conquise avec brio.

© Onnis Luque
© Onnis Luque
© Onnis Luque
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© Onnis Luque
© Onnis Luque
© Onnis Luque
© Onnis Luque

Le site de l’agence d’architecture Taller de arquitectura : ici.

Les photos: © Onnis Luque

Innovation ou retour aux sources?

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Vernaculaire l’architecture ? Il suffit de découvrir les œuvres de l’architecte Diébédo Francis Kéré pour comprendre les préceptes qui en émanent. A Gando, l’extension de la bibliothèque est dotée d’un éclairage naturel créé grâce au recyclage. Entre innovation et retour aux sources, de nouveaux chemins se dessinent et l’architecture en sort triomphante.

Sur le site internet de l’architecte une phrase attire l’attention : « People are the basis of every piece of work ». Un bon résumé de l’esprit même ainsi que de la manière de faire d’un personnage qui se distingue par ses remarquables conceptions architecturales.

Il s’agit du plafond (de forme elliptique) de la bibliothèque du village qui fait un bon usage des technologies locales. Ouvert à tous, l’établissement est censé transmettre les connaissances d’une génération à l’autre. Retour vers le passé pour un choix de matériaux des plus inattendus.

Des pots d’argile, traditionnellement réalisés par les femmes du village, ont été amenés sur le chantier. Coupés des deux côtés, ces anneaux sont posés sur le plafond où on coule le béton. Le résultat est un doux jeu d’ombre et de lumière qui se reproduit à l’intérieur de l’édifice ainsi que la création d’un système qui fait circuler naturellement l’air.

Tout autour de l’ellipse se trouve un parallélépipède évidé qui sert d’alcôve et qui se tient grâce à des poteaux d’eucalyptus, un matériau de construction adapté au Burkina Faso.

A la fois économe et durable, l’architecture de la bibliothèque de Gando est incontestablement créative.

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Le site de l’architecte Diébédo Francis Kéré : ici.

Les photos: © Kéré Architecture.

Les travaux de l’architecte s’exposent entre autres à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine à Paris, à l’occasion de l’exposition Réenchanter le monde.