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A Lille, le groupe scolaire Jean Rostand, un harmonieux projet signé SAM architecture

© Charly Broyez

Situé au cœur du quartier de l’Épine, au sud d’Hellemmes, le nouveau groupe scolaire Jean Rostand, résultat de la déconstruction de l’ancienne école, constitue l’un des projets phares qui participe à la régénération du quartier. Une réalisation qui allie justesse et rigueur tout en apportant une belle touche d’originalité.

Astucieusement inséré dans le quartier

C’est dans l’ancienne cité de cheminots datant des années 70, que les architectes de l’agence parisienne SAM architecture viennent de réaliser leur projet. Un groupe scolaire, situé en limite d’îlot, qui devrait s’inscrire dans une typologie particulière marquée d’une part par des maisons de ville et d’autre part par des barres de hauteur modérée. Le programme est conséquent, il est constitué de 5 classes maternelles et 8 classes élémentaires ainsi qu’un espace de restauration pour 360 enfants. L’ensemble a la particularité de s’ouvrir au public, à travers le jardin présent sur la parcelle, considéré comme un espace d’expérimentation pour les enfants.

Le nouveau groupe scolaire s’est astucieusement inséré dans le quartier. En effet, les architectes nous racontent qu’afin de préserver un maximum d’espaces en pleine terre, ils ont installé l’édifice, constitué d’un étage, d’une manière à occuper moins de la moitié de la surface de la parcelle. De même, sa position en limite parcellaire permet, selon ses concepteurs, de compléter la typologie de l’îlot autant que de préserver l’espace du jardin municipal.

Notons par ailleurs que, de loin, les différentes fonctions du bâtiment sont lisibles. Nous pouvons deviner les espaces du centre de loisir, ceux du périscolaire, ainsi que les différentes parties partagées avec la ville par les lignes ludiques et les formes fluides que les architectes leur ont octroyées. Parmi ces espaces citons par exemple le grand hall qui s’ouvre sur la cour commune ainsi que la bibliothèque qui donne directement sur la rue, tandis que l’école élémentaire qui présente des lignes plus rigoureuses se caractérise par sa façade en dents de scie et ses larges fenêtres identiques dont le but est d’identifier les salles de classes mais aussi ses toits inclinés qui fait un joli clin d’œil aux maisons voisines. Il s’agit presque de deux univers qui se croisent et se complètent tout en formant un ensemble où règne une grande harmonie et une complémentarité avec l’existant.

Original, flexible

Par ailleurs, l’agence SAM architecture est connue par son apport d’originalité concernant les divers établissements scolaires. Les architectes, ont réussi, encore une fois d’optimiser chaque pièce et de rendre utile les interstices secondaires, le but étant de proposer dans un même espace, plusieurs usages selon l’heure ou la journée. A cela s’ajoute la notion de flexibilité rendue plus importante grâce à la structure poteaux-dalle, mais aussi d’ouverture. Les architectes ont eu recours à plusieurs astuces pour placer l’édifice dans son contexte tout en croisant intelligemment l’intérieur et l’extérieur. Donnons l’exemple des circulations qui offrent une promenade circulaire poreuse mettant l’intérieur et l’extérieur en osmose tout comme l’existence de la cloison mobile entre les réfectoires maternelles et élémentaires, qui peut s’effacer doucement pour créer une salle polyvalente de 280m² ouverte directement sur la cour centrale du bâtiment. L’ensemble, qui s’adresse à la fois aux diverses associations mais aussi aux riverains, peut fonctionner indépendamment vu l’accès qui se fait par le grand hall ouvert et la cour ovoïde.

Et surtout performant

Concernant les matériaux, les architectes ont eu recours à l’usage de la brique en façade qui rappelle les autres constructions du quartier. Toutefois, l’appareillage aléatoire des façades sur rue, composé de teintes sable aux joints affleurants, rompt avec la monotonie des façades traditionnelles et donne à l’ensemble un semblant de dynamisme, très apprécié de tous. Notons que le choix des architectes s’est porté sur des matériaux bruts disposant d’une couche d’usure qui les rend plus pérennes.

La structure, en bois et béton participe à l’identité visuelle du bâtiment. Les utilisateurs des lieux peuvent la contempler tout en appréciant certains principes de la construction. En effet, montrer aux usagers les diverses méthodes de construction mais aussi d’agencement, fait partie des procédés pédagogiques loués par les architectes. Donnons l’exemple des parties techniques visibles qui dévoilent le savoir-faire ou l’existence de la structure bois qui soutient les façades du premier étage et qui est visible de l’intérieur comme de l’extérieur sur cour. La cohérence et l’unité des matériaux employés participent de la frugalité du bâtiment rendant l’ensemble à la fois épuré et intemporel.

Par ailleurs, les architectes n’ont pas délaissé le côté durable du bâtiment, même au contraire, nous apprenons que l’édifice atteint les performances du label environnemental allemand PASSIVHAUS, avec des exigences très élevées concernant la consommation d’énergie, la qualité des matériaux, le confort d’été et le confort visuel, acoustique et olfactif. Ainsi, le groupe scolaire Jean Rostand propose une architecture non seulement soucieuse de la pédagogie de ceux qui la fréquentent mais attentive à son environnement. Un beau défi que les architectes de SAM architecture ont relevé avec brio.

© Charly Broyez
© Charly Broyez
© Charly Broyez
© Charly Broyez
© Charly Broyez

Le site de SAM architecture : ici.

Les photos : © Charly Broyez

Bois, paille et tuile, un trio de choc pour une réalisation exemplaire

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A Saint-Dié-des-Vosges, les architectes des l’agence ASP architecture viennent de livrer un immeuble de huit étages complètement construit de bois, de la paille et de la tuile. Une première en Europe puisqu’il s’agit de l’immeuble HLM le plus haut jamais construit avec ces matériaux.

Le procédé de l’utilisation de la paille et du bois dans une même réalisation ne date pas d’hier puisqu’il a été déjà utilisé dans maintes constructions de plusieurs étages. Ici, ce qui est inédit c’est l’échelle du bâtiment, puisqu’il s’agit d’un édifice de huit étages complètement autonome et sans énergie fossile.

Le projet se trouve dans le centre de la commune de Saint-Dié-les-Vosges et est constitué de vingt-six logements sociaux prêts à accueillir leurs premiers locataires. L’architecte Antoine Pagnoux explique la démarche comme suit : «  Le choix de la paille est né de la volonté de rester économique, tout en utilisant des matériaux biodurables ».

Bien que l’édifice se trouve dans les Vosges, une région montagneuse connue par sa saison froide, tous les procédés ont été mis en œuvre pour minimiser le plus possible l’utilisation de l’énergie électrique.  Ainsi, ont été utilisés 700 caissons de bois de 50 cm d’épaisseur remplis de bottes de paille qui constitue un excellent isolant thermique. Des panneaux solaires jusqu’à la pompe à chaleur, en passant par la récupération de l’air tout a été prévu pour mieux contrôler la perte énergétique. Les architectes vont encore plus loin, un écran de contrôle de toutes les énergies est placé au sein de chaque appartement pour que chaque locataire puisse vérifier sa consommation.

Les architectes de ASP Architecture, Eric Schmitt, Antoine Pagnoux et Gaël Bourdet, ont même pensé à l’incendie. S’agissant des caissons en bois dans lesquels la paille se trouve emprisonnée, en cas d’accident, le bois, en se carbonisant, devient un isolant.

Le projet a reçu le label Passivhaus et est devenu un exemple dans la région. D’autres projets sont en cours d’étude et suivront d’ici quelques années.

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Les photos : © ASP architecture

Au Nouveau-Mexique, une maison passive signée MoSA

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Contemporaine, passive et à la fois esthétique, la maison conçue par MoSA architectes (Mojarrab Stanford) au Nouveau-Mexique est un condensé de nouveautés technologiques. Découverte d’une construction à la fois simple et innovante.

Construite en 2012, la maison familiale est constituée de trois chambres à coucher. Le prototype répond aux normes allemandes de la maison passive (passivhaus) qui tend vers une construction ‘zéro énergie’.

Il s’agit d’une villa type qui pourra s’adapter à n’importe quel autre climat et continent. Un modèle unique qui met en avant la technique de la récupération énergétique. Le coût inférieur de cette maison par rapport à n’importe quelle autre construction de même taille pour la région concernée constitue un atout non négligeable.

La forme est simple, elle est constituée de deux parallélépipèdes qui s’entrelacent. L’intérieur est minimaliste et lumineux. Le bois est omniprésent et les pièces spacieuses.

Cette maison passive est un témoignage de plus qui montre que l’esthétisme et la durabilité peuvent aller de pair…

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Le site de MoSA Architects : ici.

Les photos: © Amadeus Leitner.