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Le musée de Paracas ou l’éloge du minimalisme

© Barclay & Crousse Architecture

Au Pérou, à Lima, l’agence d’architecture Barclay & Crousse (Sandra Barclay & Jean Pierre Crousse) a réalisé un remarquable musée qui a pris place sur les ruines de ce qui était son prédécesseur, un édifice complètement détruit par le tremblement de terre de 2006. Sobriété et épurement sont au rendez-vous.

Le projet reprend la géométrie ainsi que la forme de l’établissement détruit. Cependant, une fissure ou une faille traverse le volume et sépare les différentes fonctions du musée comme les ateliers, les salles de réunion et les services consacrés à la conservation du patrimoine archéologique.

L’accès aux différents espaces du musée se fait par cette faille où les espaces ouverts encadrent des parties du paysage tout en créant l’intimité nécessaire pour vivre dans le désert. À l’intérieur du musée, le visiteur parcourt des espaces hybrides qui peuvent ressembler d’une part à un chemin en spirale utilisé par les anciens péruviens et d’autre part à des zones qui se distinguent par leur spatialité à la fois lisse et transparente.

Une approche environnementale

Les exigences environnementales du désert de Paracas et les nécessités muséologiques sont déterminées par l’approche environnementale qui définit le parti-pris de l’architecture et du musée. L’ensemble se compose d’une rampe sous laquelle se trouvent les zones de transition entre les salles d’exposition ou les espaces de circulation. Le contrôle de la lumière naturelle, la lumière artificielle, la ventilation naturelle a été maîtrisée grâce à une intervention savante qui montre la justesse des architectes.

Le bâtiment est construit entièrement avec du ciment, matériau résistant au désert. Le broyage exposé du béton et du ciment qui constitue sa matérialité, acquiert une couleur rougeâtre naturelle qui renvoie aux collines voisines. La patine laissée par les constructeurs dans le béton poli qui entoure les salles du musée donne au bâtiment un aspect plastique qui ressemble aux constructions précolombiennes exposées à l’intérieur. Un projet charmant qui habite le lieu.

© Barclay & Crousse Architecture
© Barclay & Crousse Architecture
© Barclay & Crousse Architecture
© Barclay & Crousse Architecture
© Barclay & Crousse Architecture
© Barclay & Crousse Architecture

Le site de l’agence Barclay & Crousse Architecture: ici.

Les photos: © Barclay & Crousse Architecture

A Lima, le patrimoine naturel à l’honneur

© Cristobal Palma / Estudio Palma

Insérer l’homme dans son contexte géographique et urbain en rappelant la mémoire de la Costa Verde et ses falaises est le but principal du projet de Barclay & Crousse qui offre un vaste observatoire sur le large dans la capitale péruvienne. Découverte d’une promenade qui entre terre et mer célèbre le patrimoine.

Autrefois connue comme la « Cité des rois), Lima est devenue la capitale péruvienne après son indépendance de l’Espagne. Le plus important patrimoine paysager de la ville est constitué par les falaises de la Costa Verde. Cependant un niveau élevé de pollution encombre la ville. C’est pourquoi, le projet d’un musée de la mémoire a été envisagé.

L’esplanade de la commémoration offrira un vaste balcon sur la mer, une sorte d’une place publique ouverte et librement accessible à tous. Le projet commence par une promenade prenant ses sources dans le milieu urbain et retourne vers le même milieu en présentant sur son chemin une succession d’espaces ouverts et couverts qui préparent le visiteur à l’interaction avec le contenu du musée. Le respect de l’environnement est mis en avant par des dispositifs architecturaux que ce soient acoustiques ou visuels pour atteindre la plus grande efficacité dans la  consommation d’eau et d’énergie.

Quant à l’édifice, il acquiert une dimension territoriale dans le cadre d’une topologie qui s’étend sur plus de 10 km de long. L’entrée piétonne se situe le long d’un ravin reproduisant ainsi le voyage qui commence à partir du contexte urbain pour atteindre l’environnement naturel.

Le bâtiment est protégé du chaos de la circulation et s’ouvre vers la mer. Concernant l’enveloppe, il s’agit de panneaux préfabriqués en béton armé. Le plancher est constitué des mêmes matériaux que l’on trouve sur les falaises d’une part et sur le bâtiment d’autre part, ponctué de roseaux et de cours d’eau donnant l’impression par endroits d’un milieu naturel. Le musée se trouve au point culminant du projet, c’est à cet endroit que le visiteur rejoint de nouveau la ville. Dans cet espace dédié à la réflexion, l’horizon se fait tout proche et la baie de Lima se révèle dans toute sa splandeur.

L’accès de l’esplanade de la réconciliation se déroule via une rampe où se positionnent tout autour de diverses salles d’exposition. La visite se termine avec la redécouverte de la baie avant de retourner vers la ville. Un projet symbolique qui met en avant le patrimoine naturel du pays.

© Cristobal Palma / Estudio Palma

 

© Cristobal Palma / Estudio Palma

© Cristobal Palma / Estudio Palma

Le site des architectes de Barclay & Crousse: ici.

Les photos : © Cristobal Palma / Estudio Palma

La biennale de Venise, un prompt tour du monde architectural

@Sipane Hoh

Rem Koolhaas l’un des plus audacieux des architectes-théoriciens pousse via la biennale de Venise le petit monde de l’architecture à s’interroger sur cent ans de modernisme. Quittons petit à petit les frontières européennes et allons voir ce que présentent d’autres pays plus lointains.

Cette année, neuf pays d’Amérique latine sont présents à la biennale de Venise. Alors que l’Argentine hésite entre un monde réel et utopique et le Pérou ainsi que le Chili se remémorent les cent ans de la modernité de leurs pays, le Mexique se base sur l’une des fameuses phrases d’Octavio Paz : « Condamné à être moderne ». Une hardiesse qui met face à face la tradition et la modernité alternative, une combinaison apportant une production riche et un discours complexe qui caractérisent l’architecture mexicaine des cent dernières années.

Quant au Costa Rica et la République dominicaine, ils font partie des dix pays présents pour la première fois à la biennale de Venise.

Les surprises de la biennale sont nombreuses, commençons par le pavillon arménien qui montre des chantiers encore en cours censés changer le visage urbain de la capitale, Erevan. Un projet collectif non-réalisé d’une nation souveraine qui était pendant longtemps le spectre de l’architecture imaginaire.

Appelé «fondamentale (ism) s » le pavillon marocain fait un clin d’œil au thème général qui veut analyser l’histoire de la modernité dans les cent dernières années tout en réalisant une exploration de ce que la région a attiré comme choix uniques et radicales. En plus d’être une terre d’accueil, le Maroc était principalement un véritable laboratoire pour les projets modernes.

Le pavillon japonais intègre les réponses du modernisme qui a refondé une nouvelle radicalité dans le pays via une exposition qui met sous les projecteurs le travail d’architectes, d’historiens, d’observateurs urbains, d’artistes et de magazines datant des années soixante-dix, qui ont enquêté sur le pouvoir essentiel de l’architecture dans le monde réel.

Le pavillon chinois choisit de transmettre les idées sur les traditions chinoises mettant l’accent sur les tensions relationnelles via son thème : « Montagnes au-delà des montagnes ». Au pavillon chinois, les formes et les images se mettent en symbiose pour passer un message selon lequel l’absorption de la modernité passe par le cadre de vie.

Le pavillon néo-zélandais met en avant l’océan pacifique comme vecteur de l’architecture qui apportée par des voyageurs migrant d’une île à l’autre sont arrivés au pays. La performance de l’architecture d’aujourd’hui est montrée d’une part en communiquant sur l’architecture traditionnelle et d’autre part sur la performance apportée sur les sujets majeurs comme le changement climatique et l’utilisation des ressources.

Le pavillon du Brésil montre une évolution chronologique qui va du simple bâtiment de logements jusqu’à la planification urbaine en passant par divers projets paysagers. En mettant la lumière sur un groupe de personnalités éminentes qui ont changé le visage de l’architecture brésilienne, le pavillon du Brésil présente un enrichissant retour aux sources.

Retour en Europe et en Italie avec le pavillon italien qui veut montrer la richesse et la superposition de ses paysages tout en pointant vers le dialogue continu avec le monde contemporain. L’Italie qui joue le jeu de la biennale avec une exposition intitulée « Innesti/grafting » où le concept de la greffe met en valeur plusieurs œuvres architecturales qu’elles soient anciennes ou contemporaines.

La biennale de Venise 2014 fermera ses portes le 23 novembre 2014, d’ici-là les découvertes sont nombreuses…

Perchée…

C’est au Pérou, à 120 km de Lima que se trouve cette maison familiale. Perchée sur la montagne, elle dispose d’une impressionnante vue sur la mer. Contemporaine et épurée, cette maison a été conçue de sorte que toutes les pièces principales profitent de la belle vue d’où les quelques volumes inclinés qui lui donnent un air novateur. Sur une base recouverte de granite, cette résidence en béton blanc est une curiosité à découvrir…

Pour plus d’informations et de photos, voir : ici.
La photo : © VÉRTICE Arquitectos

Singulière…

Conçue pour s’adapter au climat désertique de ce coin reculé du Pérou, cette maison inédite est une curiosité à part entière. Elle possède une seule vue dégagée vers la vallée, le reste de la maison se trouvant principalement sous terre. Minimaliste, élémentaire mais à la fois singulière, lumineuse et étonnante, cette maison où la fonctionnalité se mêle au jeu subtil d’ombre et de lumière est une originalité à découvrir…

Pour plus d’informations et de photos, voir : ici.