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« Inseguire Venezia » l’exposition de la Villa Emo

© Sipane Hoh

Dans la commune italienne de Fanzolo, le 21 juillet 2018 a eu lieu l’inauguration de l’exposition « Inseguire Venezia ». Il s’agit d’une collection de l’artiste peintre italien Paolo Del Giudice qui a trouvé un majestueux écrin dans la Villa Emo réalisée par l’architecte Andrea Palladio.

Dans la province italienne de Trévise, la villa Emo constitue une étape architecturale incontournable.  Si l’extérieur représente une infinie sobriété, l’intérieur surprend par sa décoration, son ambiance, ses fresques mais aussi par la poésie qui dégagent. A l’image d’autres villas de Palladio, la maison seigneuriale est surélevée par rapport au sol tandis que les ailes latérales étirés gardent leur contact au sol.

Venise sous toutes les coutures

« Inseguire Venezia » c’est le fruit d’une trentaine d’années de recherches et de travaux qui ont abouti à une formidable collection. Au sein de la villa Emo, les œuvres de Paolo Del Giudice sont organisées dans les salles et dans l’oratoire, nous pouvons également trouver quelques toiles sur le côté latéral. Partout où elles se trouvent, les oeuvres créent un véritable dialogue avec le décor environnant. Les tableaux ne sont pas affichés en ordre chronologique, mais plutôt dans un itinéraire thématique qui commence avec les grandes vues aériennes. Le visiteur peut trouver même des vues récentes de Venise et de sa lagune. D’autres vues se concentrent sur le Grand Canal, la basilique, la bibliothèque mais aussi sur les prisons. Certaines toiles montrent les façades et les intérieurs des églises. Ces dernières se dévoilent majestueusement selon leur style gothique ou baroque.

Le visiteur qui traverse les différentes pièces de la villa Emo découvre également les détails architecturaux de la sérénissime tels que les portes, les grilles, les balcons. Bref, « Inseguire Venezia » qui prendra fin le 2 septembre 2018, constitue l’occasion unique de redécouvrir Venise via le regard singulier de Paolo Del Giudice.

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Les photos : © Sipane Hoh

L’Écosse à la Biennale de Venise avec la jeunesse à l’honneur

©Biennaledivenezia
©Biennaledivenezia

A travers un événement collatéral qui a eu lieu au Palazzo Zenobio, l’Écosse est également  représentée à la 16ème Biennale de l’architecture de Venise.  Pour participer au thème de « Freespace » mais aussi pour célébrer l’Année des jeunes écossais (Scotland’s Year of Young People), le projet « Happenstance » avec le commissariat de WaveParticle, explore la réaction des jeunes écossais vis à vis au thème lancé par les deux commissaires Yvonne Farrell et Shelley Mcnamara.

« Happenstance »

« Happenstance » rassemble des artistes et des architectes qui ont travaillé avec des jeunes à travers le pays afin de découvrir ce que « Freespace » signifie pour eux avant même d’arborer les idées à Venise. Ainsi, c’est dans le jardin au coeur du Palazzo Zenobi, que l’Ecosse apporte sa participation à la Biennale de Venise à travers un évènement collatéral qui vaut le détour.

Il s’agit d’un espace riche d’idées où les visiteurs explorent comment l’espace public ou tout simplement le non-espace, ainsi que l’espace civique ont tous le potentiel de se métamorphoser et de grandir, selon la façon dont ils choisissent de les occuper. Pour cela, les architectes ont eu recours à diverses idées développées en Ecosse, un pays qui s’intéresse aux processus locaux, guidés par la communauté, qui informent les lieux émergents.

La jeunesse à l’honneur

« Happenstance » dispose d’un espace libre qui accueille les visiteurs et les invite à construire ensemble de nouvelles possibilités. Selon ses instigateurs, l’espace agit comme « une bibliothèque vivante d’idées », centrée sur la nature événementielle des situations vivantes, explorant comment les gens peuvent pouvons intervenir dans les circonstances qui les façonnent.

Au cœur du Palazzo ce sont les jeunes et leur imagination sans limite, leur capacité d’adaptation ainsi que leur mobilisation qui sont mis à l’honneur. Le programme est dynamique, il comprend entre autres des projections de cinéma en plein air se concentrant sur des exemples inspirants d’individus, d’organisations mais aussi de situations qui soulignent le thème de la 16ème Biennale. Bref, un petit détour suffit pour juger par vous-même.

Pour plus d’information voir: ici.

Un chef d’œuvre photographique nommé «Visions of Venice»

© Roberto Polillo

Qui ne connaît Venise ? La ville des amoureux, des ruelles escarpées, des ponts et des canaux ? Immortaliser la cité des doges à travers la photographie n’est pas une mince affaire, à chacun sa manière, sa technique et sa motivation. Les photos de Roberto Polillo nous livre des univers originaux qui nous guident vers un voyage inédit à travers les entrailles de la ville. Ville rêvée, Venise apparaît dans les photos de l’artiste comme un doux songe qui émeut plus d’un des amoureux de la ville.

Photos en mouvement

Venise est une ville qui attire les foules du monde entier. Ville d’art et d’histoire, la cité voit défiler des milliers de touristes chaque année. Pourtant, quand on contemple les photographies de Pollilo, dans le décor ambiant, on voit à peine un personnage sorti comme un mirage complétant cet univers extraordinaire. Le secret des photos de Roberto Pollilo reste dans la technique utilisée. En effet, l’artiste a recours à la technologie digitale appliquée surtout le ICM (mouvement intentionnel de l’appareil). Une technique sans règles définies où le photographe est le seul maître à choisir ses mesures, le résultat est souvent impressionnant. C’est le cas des photos de « Visions of Venice » mais aussi d’autres séries comme « Towers of Miami », « Impressions of India » ou encore « Future & The City » que l’on peut découvrir sur le site de l’artiste.

Les concerts de Jazz comme terrain de jeu

Né à Milan en 1946, Roberto a commencé à faire des photos dans les années soixante. A l’époque, il photographiait surtout des concerts de Jazz. Étant le fils du fameux critique de jazz, Arrigo Polillo, il a eu l’occasion unique d’approcher ce milieu et de donner cours à sa passion la photographie via les images des plus grands musiciens de jazz. Des photos que l’on trouve aujourd’hui dans un recueil baptisé « Swing, Bop & Free ». Pendant de longues années, pour des raisons professionnelles, Polillo a délaissé la photographie sans l’oublier tout en continuant à voyager aux quatre coins du monde. Depuis une douzaine d’années, l’artiste reprend son appareil photo mais une recherche personnelle le guide vers des images atypiques où la technologie ICM se révèle dans toute sa splendeur.

La cité des doges dans toute sa splendeur

A l’instar des peintres du XIXe siècle, Polillo s’inspire de l’univers environnant et de l’atmosphère des lieux pour nous livrer une série inédite de photos portant une griffe particulière reconnue parmi tous. Et malgré qu’il s’agit de lieux ou d’aspects déjà présents dans une multitude de thèmes déjà photographiés, les photos de Pollino qui se rapprochent étonnamment de certaines peintures, nous touchent et nous impressionnent. Le livre «Visions of Venice» qui recense les photos de la même série est une prouesse photographique qui nous guide à travers la Venise de Roberto Polillo.

Le site de Roberto Polillo: ici.

A la biennale d’architecture de Venise, eduCARE, l’installation à découvrir !

© C+S Architectes
© C+S Architectes

La 15ème biennale d’architecture de Venise n’a pas fini de nous étonner. Les découvertes y sont nombreuses et les installations abondantes. Parmi ces dernières, celle de l’agence italienne C+S Architects (Maria Alessandra et Carlo Cappai) qui invite à la réflexion autour des bâtiments scolaires.

Les visiteurs de la Biennale d’architecture qui passent par la Corderie de l’Arsenal peuvent découvrir entre autres une passerelle rouge à l’appui fragile, flottant dans l’air sur un tapis en liège. Il s’agit d’un projet qui étudie les potentiels de petites structures et leur rôle dans la ville.

Selon les architectes, Equilibrium est une structure sculpturale dans laquelle les résistances ou les influences opposées sont équilibrées. Il s’agit d’équilibre physique comme si on décrivait un état d’esprit calme, un lieu dans lequel un processus et son inverse se produisent comme une situation dans laquelle l’offre et la demande sont réunis. Nous pouvons même comparer l’installation à une ville qui se construit en hauteur ou sur elle-même, une structure qui se développe en forme sinueuse envahissant l’espace, englobant une colonne historique pour trouver finalement sa place.

Trouver l’quilibre

Les architectes, nés à Venise comparent leur installation à la ville de leur enfance, une cité flottante qui change d’aspect à chaque changement de point de vue luttant à trouver son équilibre entre mémoire et nouveauté. En réalité, il s’agit d’une recherche sans fin et des sources inépuisables à explorer mais à chacun ses propres moyens de l’aborder. Les architectes de l’agence C+S Architects ont conçu un volume composé de pièces d’acier soudés pour créer un élément autoporteur sans qu’il ait besoin de supports verticaux. Certaines pièces sont visibles, d’autres non, mais tous sont essentiels pour garder l’équilibre de l’ensemble. Il s’agit d’une forme qui peut être comparée à notre planète.

Concernant les procédés classiques à la conception d’une école, les architectes déclarent : « Nous relions ensemble toutes les ressources à disposition: économique, humaines, sociales, énergiques; pour proposer un nouveau modèle plus équilibré pour lutter contre les inégalités. »

« Nous concevons un jouet. » disent-il en se référant aux espaces publics et les sculptures ludiques qui créent l’interaction entre les gens. « Nous concevons un chemin perpétuel. » déclarent-ils en faisant un clin d’œil à l’enfant entrant dans la communauté via les écoles. Et finalement : « Nous concevons rouge. » racontent les architectes pour injecter de la couleur dans la ville grise étalée.

Une installation de plus qui s’ajoute à d’autres et mérite réflexion !

© C+S Architectes
© C+S Architectes
© C+S Architectes
© C+S Architectes
© C+S Architectes
© C+S Architectes

Le site de C+S Architects : ici.

Les photos: © C+S Architectes

NLÉ décroche le Lion d’argent de la biennale d’architecture de Venise 2016

©Jacopo Salvi / La Biennale di Venezia
©Jacopo Salvi / La Biennale di Venezia

Cette année, à la biennale de Venise, les projets intéressants sont nombreux. L’un d’eux a toutefois réussi à attirer l’attention du jury et a décroché le Lion d’argent. Il s’agit de l’école flottante de l’agence d’architecture NLÉ nommée également pour le prix Aga Khan 2016.

L’architecte nigérian Kunlé Adeyemi (l’agence NLÉ) a obtenu le Lion d’argent pour avoir construit son école flottante à la Biennale de Venise. C’est une idée remarquable qui fait avancer certains travaux de recherche dans la construction pour les régions sujettes aux inondations.

Lors de la 15ème biannale d’architecture de Venise, Adeyemi et son agence ont réalisé la construction de l’école flottante Makoko (prévue pour le Lagos, au Nigeria) en adaptant son ingénierie aux conditions climatiques de la lagune. Le premier prototype ayant été créé pour les régions côtières de l’Afrique qui ont peu d’infrastructure permanente en raison des inondations imprévisibles.

Une architecture utile

Comme l’original, MFS II est une structure flottante de forme pyramidale à trois étages dont la surface est de 220 m². MFS II a été assemblée pour la Biennale d’architecture 2016 par quatre constructeurs en seulement 10 jours en utilisant une tonne de métaux et 13,5 tonnes de bois pour la charpente en plus des 256 barils de plastique pour faire flotter l’ensemble.

L’école flottante fait partie de l’exposition intitulée « Waterfront Atlas » qui se penche sur le développement des communautés côtières. Le contraste qu’elle exerce avec son environnement plutôt minéral est tout simplement subtil. La structure montre une inventivité ainsi qu’une habileté doublée d’une volonté de créer une architecture utile sans oublier le côté plastique du projet.

Le jury a salué le projet comme « une puissante démonstration, que ce soit à Lagos ou à Venise, que l’architecture, à la fois emblématique et pragmatique, peut amplifier l’importance de l’éducation ».

Kunlé Adeyemi travaille également sur une folie architecturale qui va accompagner le projet de Bjarke Ingels pour la Serpentine Gallery Pavilion de cette année dans les jardins de Kensington de Londres.

©Italo Rondinella_La Biennale di Venezia
©Italo Rondinella / La Biennale di Venezia
©Jacopo Salvi_La Biennale di Venezia
©Jacopo Salvi / La Biennale di Venezia

«A World of Fragile Parts» l’exposition qui vaut le détour!

©Andrea_Avezzù / La Biennale di Venezia
©Andrea_Avezzù / La Biennale di Venezia

Cette année, à la biennale d’architecture de Venise et pour la première fois, le pavillon des Arts Appliqués s’ouvre au public via une atypique exposition. Intitulée « A World of Fragile Parts », il s’agit d’une installation créée en collaboration avec le Victoria & Albert museum de Londres, elle est présentée par Brendan Cormier, Danielle Thom et Charlotte Churchill et pointe vers les menaces qui pèsent sur les nombreux sites patrimoniaux dans le monde.

Le Victoria & Albert Museum de Londres (V A) collabore avec La Biennale d’architecture de Venise pour présenter une exposition qui s’interroge sur le devenir des objets archéologiques ainsi que les sites classés dans le monde. Le projet examine la façon dont les copies et le numérique peuvent agir dans la préservation des biens culturels. Un sujet vaste, à la fois intéressant et d’actualité.

Copy or not copy ?

« Le changement climatique, les catastrophes naturelles, l’urbanisation, le tourisme de masse et de la négligence ainsi que les récentes attaques violentes ont apporté divers dommages à de nombreux sites du patrimoine et à des objets culturels », souligne le communiqué de presse qui développe par ailleurs les différentes préoccupations du projet. « Les artistes, les activistes et les établissements d’enseignement commencent à répondre à la nécessité urgente de préserver en explorant les possibilités offertes par le numérique et les nouvelles technologies de fabrication. Plusieurs questions clés émergent: Que faisons-nous ? copions ?Comment? Quelle est la relation entre la copie et l’original dans une société qui valorise l’authenticité? Et comment un tel effort doit correctement être coordonné à une échelle véritablement globale et inclusive? »

Les musées ont une longue histoire de copies de production. Au 19ème siècle, le V&A a produit et affiché des œuvres en plâtres destiné à des étudiants en art et à un public local qui ne pouvait pas se rendre sur des sites importants à travers le monde. Depuis, les collections copiées ont proliféré dans toute l’Europe et en Amérique, elles ont été utilisé avant tout comme un outil pédagogique. Cependant, au début du XXème siècle, les attitudes ont changé vis-à-vis des copies, jugées comme déplacées beaucoup de ces collections ont été rejetées.

L’un des principaux projets mettant l’accent sur l’urgence est une réplique numérisée à l’échelle 1: 1 d’un abri du camp des réfugiés de la jungle de Calais proposée par l’agence de Sam Jacob. La réalisation, en plastique et en bois transforme la valeur et la signification du projet en une pièce digne d’un exposé où le visiteur perçoit la fragilité humaine et le rôle de l’architecture pour la soutenir. Et tandis que le buste de Nefertiti créé par les artistes Nora Al-Badri et Jan Nikolai Nelles suscite bien quelques interrogations, les visiteurs peuvent également découvrir l’arc de Triomphe de Palmyre créée par la numérisation 3D.

« A World of Fragile Parts » attire l’attention sur les relations étroites entre art et architecture en passant par les diverses évolutions qu’elles soient technologiques ou culturelles. C’est une riche exposition qui pousse à la réflexion !

©Andrea_Avezzù / La Biennale di Venezia
©Andrea_Avezzù / La Biennale di Venezia

Les photos : © andrea avezzù / la biennale di Venezia

A Venise, il n’y a pas que la biennale qui soit temporaire

© Hiroshi Sugimoto
© Hiroshi Sugimoto

L’artiste japonais Hiroshi Sugimoto a choisi l’île de San Giorgio Magiore pour y installer sa première création architecturale, la « Glass Tea House ». Une œuvre éphémère, qui à l’image de la Serpentine Gallery de Londres, attire bien les visiteurs.

Il s’agit d’un projet lancé par la Stanze del Vetro pour un projet intitulé « Glass Tea House Mondrian » qui invite un artiste de renommée internationale à concevoir un pavillon architectural ouvert à tous.

Cette année, c’est l’artiste Hiroshi Sugimoto qui ouvre le bal avec une conception inspirée de l’abstraction avant-garde qui reprend les mêmes codes du pavillon de thé ancré dans la tradition japonaise. Le projet comprend deux éléments principaux, un cube en verre de 2,5 m² où la traditionnelle cérémonie de thé se déroule, entouré d’un espace ouvert de 40 mètres de long et 12,5 mètres de large. Tandis que les spectateurs peuvent assister à la cérémonie du thé, l’alvéole en verre accueille deux visiteurs en plus du maître des lieux. A noter que les divers ustensiles sont conçus par l’artiste. La construction crée un lien entre l’intérieur et l’extérieur, entre l’eau et le sol. Ce rapport est présenté via l’utilisation du bois provenant du Japon et les mosaïques vénitiennes qui tapissent le fond du miroir d’eau. Une belle fusion entre la tradition et matériaux nouvelle génération.

L’arrivée de ce pavillon symbolique va contribuer à la transformation de cette zone inutilisée en un espace polyvalent qui invitera les visiteurs à la découverte et les artistes à approfondir de nouvelles idées.

La « Glass Tea House Mondrian » est un projet novateur où le pavillon devient l’exposition, à la fois flexible et temporaire, il pourra devenir le terrain favori de diverses expérimentations.

Hiroshi Sugimoto
Hiroshi Sugimoto
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Hiroshi Sugimoto

Le site de Hiroshi Sugimoto : ici.

Les photos : © Hiroshi Sugimoto

La biennale de Venise, un prompt tour du monde architectural

@Sipane Hoh

Rem Koolhaas l’un des plus audacieux des architectes-théoriciens pousse via la biennale de Venise le petit monde de l’architecture à s’interroger sur cent ans de modernisme. Quittons petit à petit les frontières européennes et allons voir ce que présentent d’autres pays plus lointains.

Cette année, neuf pays d’Amérique latine sont présents à la biennale de Venise. Alors que l’Argentine hésite entre un monde réel et utopique et le Pérou ainsi que le Chili se remémorent les cent ans de la modernité de leurs pays, le Mexique se base sur l’une des fameuses phrases d’Octavio Paz : « Condamné à être moderne ». Une hardiesse qui met face à face la tradition et la modernité alternative, une combinaison apportant une production riche et un discours complexe qui caractérisent l’architecture mexicaine des cent dernières années.

Quant au Costa Rica et la République dominicaine, ils font partie des dix pays présents pour la première fois à la biennale de Venise.

Les surprises de la biennale sont nombreuses, commençons par le pavillon arménien qui montre des chantiers encore en cours censés changer le visage urbain de la capitale, Erevan. Un projet collectif non-réalisé d’une nation souveraine qui était pendant longtemps le spectre de l’architecture imaginaire.

Appelé «fondamentale (ism) s » le pavillon marocain fait un clin d’œil au thème général qui veut analyser l’histoire de la modernité dans les cent dernières années tout en réalisant une exploration de ce que la région a attiré comme choix uniques et radicales. En plus d’être une terre d’accueil, le Maroc était principalement un véritable laboratoire pour les projets modernes.

Le pavillon japonais intègre les réponses du modernisme qui a refondé une nouvelle radicalité dans le pays via une exposition qui met sous les projecteurs le travail d’architectes, d’historiens, d’observateurs urbains, d’artistes et de magazines datant des années soixante-dix, qui ont enquêté sur le pouvoir essentiel de l’architecture dans le monde réel.

Le pavillon chinois choisit de transmettre les idées sur les traditions chinoises mettant l’accent sur les tensions relationnelles via son thème : « Montagnes au-delà des montagnes ». Au pavillon chinois, les formes et les images se mettent en symbiose pour passer un message selon lequel l’absorption de la modernité passe par le cadre de vie.

Le pavillon néo-zélandais met en avant l’océan pacifique comme vecteur de l’architecture qui apportée par des voyageurs migrant d’une île à l’autre sont arrivés au pays. La performance de l’architecture d’aujourd’hui est montrée d’une part en communiquant sur l’architecture traditionnelle et d’autre part sur la performance apportée sur les sujets majeurs comme le changement climatique et l’utilisation des ressources.

Le pavillon du Brésil montre une évolution chronologique qui va du simple bâtiment de logements jusqu’à la planification urbaine en passant par divers projets paysagers. En mettant la lumière sur un groupe de personnalités éminentes qui ont changé le visage de l’architecture brésilienne, le pavillon du Brésil présente un enrichissant retour aux sources.

Retour en Europe et en Italie avec le pavillon italien qui veut montrer la richesse et la superposition de ses paysages tout en pointant vers le dialogue continu avec le monde contemporain. L’Italie qui joue le jeu de la biennale avec une exposition intitulée « Innesti/grafting » où le concept de la greffe met en valeur plusieurs œuvres architecturales qu’elles soient anciennes ou contemporaines.

La biennale de Venise 2014 fermera ses portes le 23 novembre 2014, d’ici-là les découvertes sont nombreuses…