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D’un ancien moulin en un lieu de fabrication artistique

© Cécile Septet

Dans les Yvelines, aux Mureaux, l’agence THINK TANK architecture paysage urbanisme a réhabilité un ancien moulin en le transformant en un charmant lieu de fabrication artistique. Sobriété et élégance sont au rendez-vous.

Intervenir sur l’existant sans changer son essence tout en lui insufflant un nouveau souffle est un exercice complexe qui demande une certaine dextérité. L’agence d’architecture parisienne THINK TANK dirigée par Marine de La Guerrande et Adrien Pineau a su sonder l’âme des lieux, valoriser l’existant tout en apportant une charmante touche de nouveauté.  

Adapter l’ancien

Situé dans le périmètre de l’opération ANRU démarrée en 2006, ce moulin à eau du 18ème siècle, devenu ferme puis presbytère, avait été racheté par la ville dans l’attente d’une nouvelle vie. Aujourd’hui, grâce à la délicate intervention de l’agence THINK TANK, il se transforme en un lieu de fabrication artistique dédié d’une part aux pratiques amateures et d’autre part aux résidences d’artistes, sans oublier les diverses expositions qui viendront enrichir l’ensemble.

Les architectes nous expliquent que leur démarche consistait avant tout à « produire un outil de travail performant et pérenne, propice à la création artistique, en travaillant sur des potentiels (spatiaux, financiers, techniques, opérationnels). » C’est pour cette raison que les qualités urbaines et architecturales du lieu ont été mises en exergue. De ce fait, le lieu a été rendu plus accessible malgré une différence de niveau de quatre mètres entre la rue Molière et la cour et plus ouvert sur le parc. Le projet de réhabilitation tire parti des beaux volumes et des matériaux rustiques mais de qualité que les architectes qualifient comme « une architecture d’une autre époque, à la résonnance particulière dans ce quartier en pleine restructuration. »

Dans ce quartier en pleine régénération, les trois corps de bâtiments forment un ensemble homogène d’époque. Les architectes ont proposé de garder la pierre, les gabarits construits et les charpentes. Cependant, il fallait avant tout régler le problème de la différence de niveaux entre la rue Molière, la cour de la ferme et le niveau de sol de la bergerie, d’où la mise en place d’un dispositif composé de gradins et d’escaliers qui facilite l’accès, y compris aux personnes à mobilité réduite, à tous les bâtiments.

« Dès le démarrage de l’opération, nous avons également proposé de renommer les lieux pour que démarre l’appropriation du projet par chacun. Plus personne ne savait nommer ce lieu ni les différents bâtiments. La toponymie est le premier outil possible de transformation d’un lieu et de son histoire. » nous confient les architectes.

Pour favoriser la création

Tandis que la bergerie et les granges accueillent les grands ateliers, Le bâtiment du moulin accueille des ateliers, les espaces annexes comme les rangements et les sanitaires mais aussi les locaux support pour le personnel des espaces verts. Parmi les divers changements, nous pouvons noter le remplacement du pan de la toiture nord par une verrière et le hall qui a trouvé sa place sur le pignon nord du moulin. Ce dernier, abritant l’espace d’accueil et les circulations verticales ainsi qu’un ascenseur, est positionné en rotule et permet d’avoir une entrée depuis la rue Molière outre l’accès côté cour.

Les architectes nous racontent que la palette des matériaux utilisés est restreinte, leur choix s’est porté vers « des matériaux de type industriel, rappelant à la fois la destination du lieu (fabrication artistique) et l’approche durable qui guide notre conception (économie de moyen, de gestion, réutilisation, pérennité). »

Aux Mureaux, la réhabilitation menée adroitement par les architectes de THINK TANK participe à la volonté de la ville de créer une certaine dynamique culturelle. « Les bâtiments ont été abandonnés longtemps, le jardin était fermé et il fallait contourner le site. Pendant le chantier, de nombreuses personnes sont venues m’interroger sur le projet, heureux de voir ce lieu en pleine renaissance. Chacun avait une anecdote à ce sujet, et partageait ses souvenirs. Voir la rapidité avec laquelle les habitants du quartier se sont réappropriés les lieux est la plus belle récompense » nous confie Marine de La Guerrande architecte en charge du projet. Aujourd’hui, après un an d’ouverture, le lieu vit et les usagers sont satisfaits. Un travail qui mérite reconnaissance.

© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet

Le site de THINK TANK architecture paysage urbanisme: ici.

Les photos : © Cécile Septet

A Annecy, Think Tank architecture reçoit le prix du concours Mix’cité

© Think Tank architecture paysage urbanisme

Le premier prix du concours Mix’cité pour l’extension et la réhabilitation de la copropriété des Myrtilles vient d’être décerné à l’agence parisienne Think Tank architecture paysage urbanisme (Marine de la Guerrande et Adrien Pineau) qui collabore à l’occasion avec l’architecte Marianne Jouanny et le bureau d’études ARTxBAT. Les architectes ont fourni une réponse à la fois contextuelle et pertinente à un projet complexe.

Se baser sur l’existant

Il s’agissait de concilier la densification et de réhabiliter totalement la copropriété des Myrtilles, une résidence datant des années 1970. Il fallait donc entre autres, réhabiliter l’ensemble pour répondre aux diverses normes qu’elles soient énergétiques ou d’accessibilités tout en gardant l’esprit du lieu.

La solution présentée par les architectes a été à la hauteur des attentes. En effet, la proposition consiste à établir une greffe avec d’un côté une réhabilitation raisonnée et de l’autre une extension dans la pente. Cette dernière offrira de nouveaux usages à l’ensemble. Une idée remarquable qui se base sur l’existant et prévoit l’avenir.

La copropriété des Myrtilles, qui date des années 1970, comprend trente-six logements répartis entre propriétaires privés et un bailleur social. Cependant, aujourd’hui, l’ensemble ne répond malheureusement plus aux différentes aspirations des habitants. Malgré un site intéressant, avec l’âge, l’image de la copropriété est ternie. Par ailleurs, l’édifice qui se compose de quatre étages ne comporte aucun ascenseur, la résidence n’est donc pas adaptée au vieillissement de la population. Sans oublier les importants coûts dus aux déperditions thermiques.

Et prévoir l’avenir

Les architectes, conscient de la qualité des plans des logements, propose donc une isolation extérieure qui enveloppe l’édifice. Ainsi, après les changements proposés concernant les menuiseries, les façades et la toiture seront enveloppées et revêtues d’un bardage métallique. Le confort thermique ainsi qu’acoustique sont donc assurés. Quant à la façade sud, elle est entièrement repensée pour pouvoir contenir les diverses circulations, les escaliers et l’ascenseur, qui prendront la place des escaliers d’origine.

De même, la façade sud prend de l’épaisseur (60 cm) pour augmenter la surface des séchoirs situés à l’arrière-cuisine et d’élargir les balcons. Ces derniers, peuvent être utilisés comme terrasse ou comme jardin d’hiver. Le rez-de-chaussée est restructuré quant aux anciens locaux pour vélos qui sont inutilisés seront aménagés en quatre appartements aux normes PMR (accessibilité).

Et comme l’idée des architectes ne s’arrête pas à la réhabilitation de l’édifice, la construction de neuf nouveaux logements se nichant dans la pente a été proposée. Des espaces qui profitent de l’inclinaison de la parcelle pour offrir d’imprenables vues à tous les habitants. Il s’agit d’une extension qui se compose de boîtes préfabriquées en bois, revêtues du même bardage métallique que celui utilisé dans l’édifice. Ces unités seront intégrés dans un socle en structure métallique. L’ensemble sera peu visible de loin car le traitement de la toiture consiste à végétaliser l’ensemble. De ce fait, de loin, le visiteur semble assister à un tableau dynamique animé par le jeu d’ombre et de lumière ou de plein et de vide que procure l’ensemble.

Les architectes n’ont pas délaissé le côté purement financier de l’opération, selon leurs études, la vente des logements neufs ajoutée à l’ensemble d’aides à l’amélioration de l’habitat, permettra de financer 75% le coût engendré par la réhabilitation globale. Nous pouvons dire que ce soit esthétiquement, fonctionnellement ou efficacement, le projet qui vient d’être lauréat du concours Mix’cité l’a bien mérité.

© Think Tank architecture paysage urbanisme
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© Think Tank architecture paysage urbanisme
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Le site de Think Tank architecture paysage urbanisme : ici.

Les images : © Think Tank architecture paysage urbanisme