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En plein nature, un sauna

© Feste landscape / architecture

Réalisé sur les rives du lac Bandak en Norvège, le sauna de l’agence Feste Landscape / Architecture fait écho à la fois au paysage et à la construction locale. Une douce poésie se dégage de l’ensemble.

Inspiration des techniques de construction locales

A 160 km au sud-ouest d’Oslo, l’agence norvégienne Feste Landscape / Architecture a réalisé un majestueux sauna qui rappelle le paysage environnant tout en gardant un côté pittoresque. Intitulé « Soria Moria », l’ensemble recouvert de bardeaux, se trouve dans le comté de telemark et offre une vue époustouflante sur les environs.

Inspiré des techniques de construction locales, les architectes de Feste utilisent des bardeaux dorés étincelants pour vêtir leur réalisation. En Norvège, l’or est une référence au folklore local, d’où vient le nom du sauna. Il s’agit d’un conte de fées norvégien dont l’histoire se déroule sur un palais en or situé au cœur des montagnes. À l’intérieur du sauna se trouvent un vestiaire et un coin salon couvert pour admirer la vue. Par moments, on se croirait dans un petit îlot sur le lac.

Intégration parfaite dans la baie

La construction se trouve le long de la crique, sur pilotis, afin de permettre la baignade dans le lac. la passerelle a été conçue pour s’intégrer parfaitement à la baie, une composition paysagère caractéristique que les architectes ont souhaité mettre en valeur. A noter que la passerelle fait partie d’un réseau de sentiers existant qui s’étend tout au long du lac, avec des liaisons vers l’hôtel voisin.

Ce projet s’inscrit dans une initiative de grande envergure qui vise à faciliter la redécouverte du canal et de son paysage environnant grâce à l’architecture et à l’art. L’ensemble est divisé en six sous-projets, un pour chaque municipalité situé le long du canal. Feste Landscape / Architecture est chargée de la conception du premier des six sous-projets.

Avec plus de trente ans d’expérience, Feste Landscape / Architecture a développé un large panel de projets. Leur travail s’étend de la planification à grande échelle jusqu’aux projets plus modestes. Le sauna du lac Bandak est l’un des exemples de ces derniers.

© Feste landscape / architecture
© Feste landscape / architecture
© Feste landscape / architecture
© Feste landscape / architecture
© Feste landscape / architecture
© Feste landscape / architecture

Le site de Feste landscape / architecture: ici.

Les photos: © Feste landscape / architecture

Tomás Saraceno tisse sa toile au Palais de Tokyo

© Studio Tomás Saraceno
© Studio Tomás Saraceno

En France, le nom Tomás Saraceno n’est pas inconnu, Détails d’architecture avait déjà consacré un article concernant son travail « Aerocene » que de nombreux visiteurs ont découvert à l’occasion du COP21 dans la capitale française. Néanmoins, cette fois, l’artiste tisse sa toile au Palais de Tokyo avec une impressionnante installation nommée « ON AIR ».

A l’allure fragile, à l’idée tenace et à l’apparence poétique

Depuis son enfance, les toiles d’araignées ont fasciné Tomás Saraceno. En effet, dans son atelier berlinois situé dans une ancienne usine du quartier de Lichtenberg, l’artiste possède un laboratoire de recherche sur les arachnides. Pas étonnant que cet ancien étudiant d’architecture soit aussi séduit par cet art mystérieux où les toiles se tissent dans un monde atypique à l’allure fragile, à l’idée tenace et à l’apparence poétique. Car Saracenco s’intéresse aussi à la ville, la science et à l’architecture. Artiste accompli, il pousse ses recherches à la découverte de la nature en nous invitant, à travers ses œuvres, à repenser notre manière d’habiter le monde.

Le Palais de Tokyo devient pour un moment, le terrain de jeu de Tomás Saraceno. Il y présente l’installation « ON AIR » qui constitue un écosystème en mouvement. Il ne s’agit pas d’une simple sensation visuelle mais d’un ensemble chorégraphique à diverses voix  où les œuvres se révèlent dans toute leur splendeur. Le visiteur qui découvre le travail de Saracenco ne fait jamais passer son chemin, il se retrouve, comme emporté au cœur même des toiles pour vivre intensément chacun des moments présentés.

Écouter le monde

L’exposition révèle aussi la force des entités qui peuplent l’air et la manière avec laquelle elles nous affectent. Invisibles mais toujours présents, ces éléments qui composent la nature, nous invitent à « écouter » notre monde. « ON AIR » réunit une grande variété de collaborateurs venant d’horizons divers comme les scientifiques, les chercheurs, les musiciens, les philosophes mais aussi les animaux et les phénomènes célestes, tous réunissant leurs connaissances, idées ou forces pour accomplir une œuvre majeure où à l’image d’un film de science fiction, un nouveau monde se crée et dont l’impact dépasse toutes les frontières.

Tomás Saraceno, l’artiste et l’architecte Argentin né en 1973, ne se lasse pas d’innover. Au Palais de Tokyo, cette année, il présente une mémorable pièce manifeste qu’il faut absolument aller voir ! Vous avez jusqu’au 6 Janvier pour la découvrir.

Pour plus d’informations sur l’artiste, voir : ici.

La photo : © Studio Tomás Saraceno

La sélection 2018 de Détails d’architecture

C’est la cinquième année où Détails d’architecture dévoile une liste non exhaustive de constructions réalisées qui ont marqué l’architecture en France. Et bien que depuis deux ans la formule a changé, le fond reste fidèle au message que j’ai, dès le départ, souhaité adresser. Désormais, je profite de l’approche des journées nationales de l’architecture pour présenter à mes lecteurs la sélection 2018 des réalisations qui, selon moi, ont marqué l’architecture en France.

On entend parler partout de certains architectes, alors que d’autres, aussi brillants, restent discrètement dans l’ombre. Le souhait de Détails d’architecture c’est de mettre tout le monde sur le même piédestal, une démarche que j’assume puisqu’il s’agit d’une sélection strictement personnelle rendant hommage à des réalisations qui dessinent le paysage architectural de notre pays.  Depuis plus de dix ans, le but de Détails d’architecture reste inchangé, parlons d’architecture, lisons l’architecture et découvrons l’architecture.

Et le voyage commence

Cette année, le voyage architectural est tout aussi  varié que les années précédentes. Même si certains projets sont plus modestes que d’autres, toutes les réalisations sélectionnées valent largement le détour. Et qui sait ? Si ça se trouve quelques projets seront nommées à l’équerre d’argent ou encore présentés par l’annuel du journal AMC…

Commençons notre tournée cette année par la capitale française pour visiter l’atypique maison plissée de l’agence WRA (Vladimir Doray et Fabrice Lagarde), la demi-pension du collège-lycée Bergson par Vallet de Martinis architectes (Antoine Vallet et Guillaume de Martinis), mais aussi l’hôtel entreprise Binet de l’atelier Zündel-Cristea. Avant de quitter Paris, allons déjeuner à la guinguette numérique de Randja (Farid Azib) et faisons un tour aux logements en pierre massive de Barrault Pressacco.

Consacrons une journée au sport avec la Modernisation du stade Roland Garros par Chaix & Morel et Associés et dirigeons-nous vers Boulogne-Billancourt pour visiter le  Complexe sportif de Bruno Mader. Découvrons également le Complexe sportif Smirlian de Chabanne et partenaires à Bois-Colombes.

Cap sur l’ouest avec Les logements de l’agence a/LTA architectes et urbanistes (Alain Tassot, Jean-Luc Le Trionnaire, Maxime Le Trionnaire et Gwénaël Le Chapelain) à Rennes dont je parle ici ainsi que l’école primaire de la Couyère par l’Atelier 56S  puis la maison médicale à Bain de Bretagne de l’agence ALL architectes.

Et pourquoi pas faire un tour à Plouha à la découverte de la salle de sport signée Studio 02 avant d’aller écouter la musique à l’hydrophone de Lorient de Noël Frocrain dont j’ai parlé ici ? Découvrons également l’opération de logements réalisée par MXC architectes à Sainte-Luce sur Loire ainsi que les 40 logements collectifs situés à la ZAC de la Pelousière à Saint-Herblain par HUCA. Mais aussi les 105 logements de l’écoquartier de Rezé de Guinée*Potin avant de continuer vers Bordeaux à la découverte du bâtiment Libre O vive de l’agence Brenac & Gonzalez & Associés ainsi que des 36 logements aux bassins à flot à Bordeaux de More Architecture. Restons à Bordeaux et visitons le charmant Gymnase Alice Milliat réalisé par Marjan Hessamfar & Joe Vérons architectes associés ainsi que les logements d’urgence pour Emmaüs de 2 :pm architectures.

Retour à Paris pour une journée entière de découverte avec les divers appartements rénovés de JOD architecture (Jérôme-Olivier Delb). Flânons un peu dans les rues parisiennes et visitons le projet de Beaupassage réalisé par Franklin Azzi Architecture et pour finir découvrons la dernière exposition qui se déroule à Lafayette Anticipations  conçu par l’agence néerlandaise OMA.

A la recherche d’un peu de soleil ? Et si nous allions vers le sud à la découverte des logements de LS Architecture (Laure Saunier) à Valras plage dont j’ai parlé ici ? La Crique de Pietri Architectes à Marseille mérite aussi le détour.

Avant de retrouver la capitale, faisons une halte pour découvrir l’éco-lotissement Les Marronniers de Boissy-Saint-Antoine par Guillaume Ramillien ainsi que la réhabilitation d’un local existant au pied d’un immeuble de logements sociaux en Café-Ludothèque par Lemoal & Lemoal à Villejuif. Et pour finir découvrons l’extension du théâtre de Cachan de l’agence O-S architectes et écoutons la musique au Conservatoire de musique et de danse de l’Atelier Novembre à Orsay.

De nouveau Paris à la visite de 63 logements de l’agence d’architecture Hardel-Le Bihan ainsi que les 19 logements sociaux de l’Atelier du Pont. Découvrons aussi l’extension et la restructuration du service d’ophtalmologie de l’hôpital Cochin par Emmanuelle Colboc. Et finalement la pépinière des laboratoires de recherche biotechnologique de Richez Associés.

Continuons à Saint-Denis et découvrons les 44 logements sociaux de l’Atelier Krauss puis découvrons les 60 logements de Bobigny de Jean Bocabeille ainsi que le Dojo d’Epinay-sur-Seine signé Nomade et les 55 logements de Benjamin Fleury architecte-urbaniste à Villeneuve la Garenne. Continuons avec  les charmants logements de Naud & Poux Architectes de Gennevilliers. Avant d’aller faire du cheval au « Barn » de l’agence CV2A (Christophe Vergnaud) dont j’ai parlé ici, arrêtons-nous pour visiter le restaurant scolaire d’Aden Architectes à Meudon.

Dirigeons-nous vers Périgueux et découvrons la reconstruction du bâtiment Sirey au TGI par Flint Architectes. Pourquoi pas s’arrêter à Toulouse et visiter la résidence universitaire Olympe de Gouge réalisée par Scalene Architectes ? Avant de quitter la ville rose, découvrons les bureaux Canal du Midi de ppa.architectures ainsi que « Le Pyrite » de Taillandier Architectes Associés.

Cap sur la Corse à la découverte du groupe scolaire de Santa Maria Siche réalisé par Amelia Tavella dont je parle sur Détails d’architecture. Un petit tour devant les façades du concept store restaurées par CA’ Architectes. Et si nous faisons un crochet et visitons les 22 logements de Clément Vergély à Nice ?

Retour à Paris pour visiter le centre de recherches interdisciplinaires de Patrick Mauger. Changeons un peu de registre et visitons une charmante cour urbaine restaurée par Metek architecture. La résidence sociale Senghor de Philippon-Kalt à Paris vaut également le détour tout comme le collège et crèche de Brigitte Métra + Associés.

Allons à Mons-en-Baroeul pour assister à un spectacle dans la salle de spectacle de Dominique Coulon & associés, puis à Calais, pour découvrir la salle de sport réalisée par Camille Mourier et Germain Pluvinage (Face B). Continuons vers Reims à la découverte de la polyclinique Courlancy de Reims-Bezannes de Jean-Michel Jacquet. Continuons vers Charleville-Mezières pour visiter les 21 logements de Prinvault Architectes. Et si nous découvrons le centre de congrès de Metz réalisé par Jean-Michel Wilmotte avant d’aller à Lipsheim, en Alsace pour visiter la transformation d’une grange à foin en habitation par Gilles Kempf Architecte ? Un petit détour par la demi-pension du lycée J-B Kléber de Strasbourg réalisé par LAMA architectes serait aussi le bienvenu.

Sur la route du retour la réhabilitation de l’espace des arts de Chalon-sur-Saône par HBAAT vaut le détour. Un petit plongeon serait le bienvenu et pourquoi pas à l’Aqualagon de Jacques Ferrier Architecture dont je parle ici ? Le Groupe scolaire et centre de loisirs de Champigny-sur-Marne réalisé par Valero Gadan Architectes & Associés ainsi que l’internat de 80 places de Lankry architectes à Dammartin-en-Goële valent aussi une visite.

De nouveau Paris pour découvrir la restructuration et construction d’un ensemble immobilier à usage de bureaux par B. Architecture mais aussi la réhabilitation d’un immeuble existant rue Vivienne par le Studio Vincent Eschalier. Visitons également les logements et centre bus RATP de ecdm avant de passer une nuit dans le fameux hôtel « Le Belleval » de Jean-Philippe Nuel. Le lendemain partons à la découverte des 25 logements sociaux et locaux d’activités de l’agence Bruther (Stéphanie Bru et Alexandre Theriot).

Prenons de nouveau la route pour visiter la rénovation et extension du groupe scolaire Anton Makarenko réalisé par Air Architectures (Cyrille Hanappe et Olivier Leclercq) à Ivry-sur-Seine. Continuons la découverte avec l’extension de la bibliothèque universitaire Edgar Morin de Villetaneuse réalisée par ROPA architectes & Associés et pour finir visitons l’îlot intergénérationnel de Puzzler à Evry.

Continuons avec le superbe pavillon en bois des grottes de Bèze réalisé par l’architecte Vincent Athias avant de se diriger vers Lyon pour visiter le musée des moulages et le département de musicologie « MU-MO » de Nicolas C. Guillot mais aussi les 84 logements de Gaëtan le Penhuel & associés tout comme le plateau technique de l’hôpital Edouard Herriot de Michel Rémon.

Allons cette fois-ci à Montpellier à la découverte de la réhabilitation du groupe scolaire Victor Hugo signé NAS Architecture. Avant le retour à Paris, faisons un rapide aller-retour à Nîmes pour visiter le musée de la romanité d’Elisabeth de Portzamparc puis, admirons, sur le chemin du retour la gare réalisée par Marc Mimram. Sur le chemin du retour, visitons la réhabilitation de la maison contemporaine de Boris Bouchet à Clermont-Ferrand.

Retour à Paris pour découvrir Réhabilitation du 38 avenue Kléber, d’Architecture Studio, les Logements sociaux et commerces de l’agence TRAA puis découvrons la réhabilitation du hall de la Cité de l’architecture et du patrimoine par Vincent Parreira dont j’avais parlé ici.

Parmi les architectes des projets cités se trouvent des amis, des connaissances ou tout simplement des personnages qui selon moi font un travail qui mérite la reconnaissance. Le voyage prend fin ici mais l’architecture continue. Cette sélection n’est pas exhaustive, c’est aussi à vous de la continuer…

Ceux qui suivent Détails d’architecture le savent déjà mais je le précise encore une fois, l’illustration est signée par Lili l’archi dont les dessins ont accompagné cette rubrique dès sa naissance.

Un campus actif à Toulouse

© Philippe Ruault

L’agence d’architecture ppa • architectures (architectes mandataires) en collaboration avec Scalene architectes et Almudever Fabrique d’Architecture viennent de livrer un programme complexe qui ambitionne la création d’un lieu de vie laborieux sur le campus Ponsan Bellevue à Toulouse. Une réalisation sobre à la fois utile et fonctionnelle.

Il s’agit de la démolition ainsi que la reconstruction de 615 logements étudiants, trois logements de fonction, un bâtiment de la vie collective (salle polyvalente et service culturel du Crous) ainsi que des aménagements paysagés. Une opération vaste qui croise plusieurs fonctions.

Une intervention minutieuse

Le projet articule trois échelles, le campus, la résidence étudiants et le logement. Il fallait donc une intervention minutieuse à la fois juste et réfléchie. Les agences d’architectures qui ont collaboré ensemble ont su mener cette opération avec tact. Un travail circonspect qui a donné un résultat enchanteur.

Le programme comporte deux ensembles bâtis qui libèrent un parc. Les architectes ont souhaité que ce dernier soit ouvert sur le quartier tout en rassemblant les résidences étudiant qui comptent 1000 logements. L’édifice de la vie collective qui accueille les divers espaces associatifs est adossé à la colline. L’ensemble qui constitue  un lieu animé pour la vie sociale est en prolongement de la grande prairie centrale. Ainsi, l’idée des architectes de « créer les conditions d’un campus actif et partagé » semble remplir bien son rôle.

L’architecture est simple, à la fois sobres et frugale, les différents espaces répondent favorablement aux diverses exigences du contexte. Pour faciliter les usages communs du campus, les nouveaux volumes sont suspendus au-dessus du sol. En conséquence, chaque entité cerne son jardin central de larges coursives qui prolongent l’espace de vie intime des logements.

Tout au long des parcours, les formes géométriques se croisent intelligemment tout en s’éloignant de l’effet de ruche que l’on peut trouver dans ce genre de projet.

Un nouvel éclat

De même pour la façade qui réagit autant à son milieu par ses reflets qu’aux pratiques de ses occupants par sa mobilité. Quant au logement et sa surface de 16 m², il détermine un espace standard librement appropriable. Selon les architectes : « Le dispositif mobilier permet de le requalifier en fonction des usages et modes de vies singuliers tout en libérant de l’espace à vivre. » Tout a été bien pensé pour libérer l’espace de vie.

Selon les architectes, il s’agit d’un projet dont « l’objectif est la pérennité de l’aménagement en termes d’usages et d’esthétique, son adaptabilité aux différents modes de vies, cultures et personnalités des étudiants : donner un esprit au lieu sans le sur-qualifier. »

Concernant les déplacements dans la résidence, les architectes ont utilisé un langage visuel très appréciable. La signalétique se définit par un caractère typographique, fait de lettres semi penchées qui suggèrent les directions. Que ce soit le personnel de l’administration ou encore les étudiants, tous les utilisateurs des lieux sont invités à utiliser ce langage spécial comme un outil de communication interne au campus.

Remaniée, la résidence universitaire Olympe de Gouges retrouve un nouvel éclat qui l’accompagnera pour les années à venir.

© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault
© Philippe Ruault

Les photos: © Philippe Ruault

En Espagne, le minimalisme dans toute sa splendeur

© Adrià Goula

A Ullastret, dans la province de Gérone, l’agence d’architecture Harquitectes a réalisé une maison familiale qui met le minimalisme sur un piédestal.

En Espagne, le village médiéval d’ Ullastret est un incontournable. Dans cette petite bourgade de 300 habitants, l’agence d’architecture Harquitectes vient de construire une charmante résidence qui permet de retrouver la continuité urbaine tout en expérimentant un nouveau type d’habitation. Le résultat est séduisant.

Recontextualiser

Le mur de pierre qui délimitait le domaine contournait tout le site, révélant seulement le sommet des arbres à l’intérieur. La matérialité et l’irrégularité de la géométrie du mur lui confèrent un caractère et une présence particuliers, mais la réglementation obligeait à étendre la largeur de la rue, ce qui rendait impossible la préservation du mur. Sans le mur existant, le premier et principal défi auquel le projet était confronté était celui de recontextualiser l’ensemble, de construire une nouvelle maison capable d’offrir une réponse à la fois déférente et cohérente avec son environnement.

Au lieu de placer la résidence au milieu du jardin, le projet propose de l’entourer, il en résulte une maison qui fonctionne comme une clôture. L’un des murs de la maison permet de retrouver la continuité urbaine en adaptant l’ensemble à la topographie et à la nouvelle géométrie de la rue.

Et adapter

La maison suit les logiques matérielles et constructives de la clôture d’origine, en les adaptant aux exigences actuelles. L’ensemble est construit entièrement avec des murs porteurs, réutilisant les pierres de l’ancienne muraille, en les mélangeant avec des agrégats de la parcelle avec du calcaire et du ciment, tout en rajoutant à cette base de mortier traditionnelle, de petites particules isolantes de verre expansé recyclé. Au lieu de s’empiler, le mur sera coffré et soulevé avec une technique mixte entre le mur d’adobe et le mur cyclopéen. Les couches extérieures faisant face à la rue seront ébréchées pour laisser la pierre refaire surface, tandis que l’intérieur montrera la finition du coffrage.

L’épaisseur du mur variera et, dans de nombreux cas, sa profondeur permettra de loger les espaces plus statiques de la maison ou ceux qui requièrent une plus grande intimité comme les chambres, les salles de bains, la buanderie et les toilettes.

Une longue série de couloirs absorbent le rayonnement solaire en hiver et peuvent entièrement s’ouvrir sous forme de porches reliés au jardin. La transition entre les différents climats du bâtiment évolue constamment tout au long de l’année. A Ullastret, la maison conçue par les architectes de l’agence Harquitectes utilise les manières traditionnelles de construction et forme une architecture épurée qui sied parfaitement à notre époque.

Le site de Harquitectes : ici.

Les photos :  © Adrià Goula

Au Portugal, un complexe sportif sobre et épuré

© João Morgado

Au Portugal, à Viana do Castelo l’architecte Valdemar Coutinho vient de livrer un complexe sportif aux allures brutalistes, composé d’une entrée en porte à faux et d’un subtil jeu de cubes. Sobriété, simplicité mais aussi frugalité sont au rendez-vous.

Se fond dans le paysage

Au nord du Portugale, dans la ville Viana do Castelo réputée par ailleurs pour la pratique du surf, l’architecte Valdemar Coutinho a réalisé un équipement sportif qui prend place à un carrefour de la ville et se fond admirablement dans le paysage urbain environnant.

Les autorités locales prévoyaient, dès le départ, un complexe public qui desservirait toute la communauté en fournissant une gamme d’installations sportives. En réponse, les architectes ont conçu un bâtiment qui occupe presque la totalité du site. Un espace d’une surface de 650 m² avec une hauteur sous plafond de 7,5 mètres est prévue pour les jeux de basketball et le volleyball.

De verre et de béton

L’entrée principale se trouve sous un porte à faux, elle peut accueillir jusqu’à 80 personnes. L’aire de réception est reliée à une cafétéria, aux toilettes et aux espaces techniques. Dans le hall d’entrée, l’artiste Rário a créé une installation murale constituée de divers panneaux de tuiles grises en relief. Ces derniers font allusion aux crustacés et aux algues des plages voisines. Tandis que les façades aux tons gris font référence à l’océan voisin.

Malgré le contraste avec l’architecture traditionnelle des constructions voisines, le projet occupe toute la parcelle et s’intègre à son contexte tout en se démarquant par son apparence. Selon les architectes, le choix du béton brut résulte des contraintes budgétaires serrés qui sont devenues un défi pour composer leur projet. D’autre part, les matériaux semblent harmonieux, le mariage du verre et du béton apporte une certaine rigueur à l’extérieur tandis qu’à l’intérieur certaines espaces jouissent de murs recouverts de bois. Ce dernier apporte une ambiance chaleureuse qui contraste avec l’enveloppe du bâtiment.

© João Morgado
© João Morgado
© João Morgado
© João Morgado
© João Morgado
© João Morgado
© João Morgado
© João Morgado

Le site de l’agence de Valdemar Coutinho : ici.

Les photos : ©  João Morgado

Le subtil mélange des matières de la villa L.A.

© N+P Arkitektur

Au Danemark, non loin de la ville d’ Aarhus, l’agence d’architecture pluridisciplinaire danoise N+P Arkitektur vient de terminer un astucieux projet. Il s’agit d’une villa qui conjugue à merveille la sobriété et les diverses matières.

Un ensemble cohérent

Située dans l’un des quartiers résidentiels de Højbjerg près d’Aarhus, l’habitation prend place sur un terrain très vallonné. Il a fallu donc que les architectes composent avec la topographie existante pour engendrer un ensemble cohérent qui optimise les surfaces.

La villa se compose d’une figure géométrique qui prend la forme d’un rectangle. Dans ce dernier, certaines zones sculptées créent des vides ainsi que des terrasses. La manière dont les architectes se sont emparés de la parcelle est assez intéressante. En effet, la maison épouse le terrain tout en offrant aux propriétaires une grande fonctionnalité.

Les espaces alternent l’intérieur et l’extérieur

Des dalles en béton marquent l’entrée du garage et de la maison tandis que des escaliers en béton sont liés directement avec les terrasses extérieures du premier étage. Les espaces de vie alternent astucieusement l’intérieur et l’extérieur qui par moment ne font qu’une seule et unique zone pour le plus grand plaisir des utilisateurs. De la route la maison ressemble à une boîte hermétique mais sa particularité se révèle à travers son volume complètement ouvert sur l’arrière de la parcelle où la lumière naturelle apporte à l’ensemble un doux jeu d’ombres et de lumière.

L’intérieur affiche des lignes épurées à la fois simple et sobres. Les matériaux principaux de la maison sont la brique, le béton, le bois de cèdre mais nous pouvons y trouver également quelques touches de cuivre. A la fois compacte et géométrique, la villa L.A. comporte bien des atouts.

© N+P Arkitektur
© N+P Arkitektur
© N+P Arkitektur
© N+P Arkitektur
© N+P Arkitektur
© N+P Arkitektur
© N+P Arkitektur
© N+P Arkitektur

Le site de N+P Arkitektur: ici.

Les photos : © N+P Arkitektur

Au bord du lac

 

© Andreas Balon

En Autriche, l’architecte Alexander Diem basé à Vienne a réalisé une impressionnante villa qui semble sortir des contes des mille et une nuits. Découverte d’une remarquable maison familiale nichée dans son écrin naturel.

Une conception subtile

Malgré les quelques projets réalisés en Autriche, la villa au bord du lac marque un tournant dans la pratique de son architecte. Il ne s’agit non seulement d’un simple volume qui répond favorablement aux diverses exigences mais d’une conception subtile qui met en avant le savoir-faire de son architecte.

Selon l’architecte, la confidentialité est le thème central de cette maison familiale qui jouit d’un environnement naturel exceptionnel. En effet, les façades habillées de moucharabieh procurent une grande intimité aux habitants. Tout a été minutieusement pensé pour un résultat accrocheur. La construction célèbre la transition de l’univers public vers l’univers privé. Les escaliers, par exemple, sont considérés comme une zone secondaire et sont réduits à une simple nécessité en ce qui concerne la hauteur du plafond. En revanche, les salles de séjour sont organisées généreusement, avec des hauteurs de plafond jusqu’à 5,6 mètres.

Un doux jeu d’ombre et de lumière

La façade principale en bois reprend les motifs rustiques de la région. Les panneaux ajourés  sont variables et peuvent être maintenus ouverts ou fermés selon les besoins, ils procurent un doux jeu d’ombre et de lumière. La façade ne joue pas seulement le rôle de protection du soleil mais permet également de contrôler le degré d’intimité souhaitée. Tout en offrant de nombreuses possibilités, la maison est loin d’être isolée de ses environs immédiats. La villa au bord du lac répond au contexte spécifique où elle se trouve, c’est un petit bijou à découvrir sans tarder.

© Andreas Balon
© Andreas Balon
© Andreas Balon
© Andreas Balon
© Andreas Balon
© Andreas Balon
© Andreas Balon
© Andreas Balon

Le site d’ Alexander Diem : ici.

Les photos: © Andreas Balon