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A Paris, l’agence Engasser + associés réalise le 360° Paris Music Factory

© Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture

C’est un programme complexe d’un bâtiment de cinq étages baptisé Studio 360° qui se trouve à Paris. Réalisé par l’agence Engasser + associés, l’ensemble comprend une multitude d’activités qui gravitent autour d’une salle de spectacle dédiée aux Musiques du Monde.

Un véritable lieu de vie et de création artistique

Les architectes nous racontent que l’idée du projet découle de la vision d’un acteur majeur et d’une personnalité, Saïd Assadi, qui s’engage, depuis  plus de 20 ans, pour une production musicale basée sur la transculturalité et la diversité. Petit à petit l’idée a fait son chemin et la nécessité d’accomplir un tel projet s’est révélée. Ainsi, le 360° Paris Music Factory ne peut pas s’apparenter à une simple salle de spectacle, mais bien au-delà. Il s’agit d’un véritable lieu de vie et de création artistique.

Le projet est situé à la Goutte d’or, un quartier parisien cosmopolite et prioritaire, facilement accessible et à proximité des  métros  Barbès-Rochechouart et Château Rouge. Le bâtiment prend place à l’angle de la rue tout en s’insérant délicatement dans le contexte urbain alentour. Il s’agit avant tout d’un lieu stratégique, assumé par son créateur et ayant pour un seul but, la propagation de la culture musicale en créant un modèle économique optimale pour les artistes.

La réalisation présente par ailleurs des dimensions cohérentes pensées pour répondre favorablement aux divers besoins du quartier tout en faisant écho aux différents espaces culturels présents dans le voisinage. Le programme comprend entre autres un espace d’accueil, une zone de restauration, une partie dédiée à l’hébergement, une autre à l’enregistrement et les répétitions. En gros, le projet regroupe tout ce qui permet à un projet artistique et culturel d’éclore et d’aboutir selon le rythme des artistes en résidence. Notons également que le lieu est doté d’une pépinière d’entreprises offrant aux jeunes entrepreneurs des espaces de coworking.

Une implantation exemplaire dans le quartier

Malgré sa sobriété et son implantation exemplaire dans le quartier, le bâtiment se distingue des autres constructions alentours par son enveloppe constituée de panneaux en acier, perforés et laqués. Cette peau métallique se prolonge en toiture  jusqu’à la terrasse située au dernier étage et continue même à l’intérieur du bâtiment. Quant à la bande vertical qui comprend l’escalier de service situé contre un bâtiment mitoyen situé rue Myrha, elle est réalisée à la  fois en béton peint dans les étages inférieurs et en bardage de zinc aux derniers niveaux. Selon les architectes, ce traitement se différencie du volume principal de couleur blanche afin de marquer une certaine transition vis-à-vis au voisinage. Nous pouvons trouver la même tôle sombre sur la toiture au-dessus des lucarnes.

Quelques agencements rendent la réalisation beaucoup plus accessible voire pratique. Par exemple, le restaurant et le hall d’accueil de la salle de spectacle qui donnent directement sur l’extérieur ou encore l’escalier d’honneur situé dans le hall à triple hauteur qui sonne sur les deux rues Myrha et Léon. Sur le même palier, se trouve également le restaurant qui utilise des produits de circuit court. Un petit coup de cœur pour la terrasse du deuxième étage, qui, traitée en creux, révèle aux passants les différentes activités du lieu. Tout a été minutieusement étudié pour offrir un confort optimal aux divers utilisateurs des lieux. A Paris, les architectes de l’agence Engasser + associés ont accompli un projet utile, fonctionnel et créatif et c’est à découvrir sans tarder.

© Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture
© Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture
© Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture
© Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture

Le site de l’agence Engasser: ici.

Les photos : © Luc Boegly photographe / Agence Engasser architecture

Onyx, l’élégante réalisation d’a/LTA à Saint-Malo

© Charly Broyez

Baptisée Onyx, il s’agit d’une réalisation contenant douze logements, signée de l’agence d’architecture rennaise a/LTA (Maxime Le Trionnaire et Gwénaël Le Chapelain) et qui vient de s’implanter délicatement entre Saint-Servan et le bassin Bouvet du port de Saint-Malo. Un projet compact à la fois simple et sobre qui manie la brique avec adresse.

Aussi compacte que discrète

Le projet se trouve sur une parcelle stratégique située à quelques pas d’intra-muros, de la plage des Bas Sablons et des bassins Bouvet et Vauban. L’idée du départ était de concevoir un projet qui crée une forte connexion entre la partie construite de la ville et le port. C’est pourquoi, les architectes, après avoir étudié méticuleusement le site, ont opté pour une architecture aussi compacte que discrète.   

Les architectes nous racontent que l’ensemble constitue une pièce importante de l’identité portuaire de ce quartier en mutation. « Inspirée de l’image des docks d’antan, elle s’en affranchie pour jouer de lignes biaises et proposer des volumes ciselés, des prismes précieux et contemporains. » Soulignent ainsi les concepteurs.

L’édifice prend place, dans un environnement minéral, en limite de propriété donnant sur la rue Lecoufle et reprenant l’alignement général de la rue ainsi que celui du tissu environnant. Une implantation qui a permis la création des passages pour les piétons ainsi que des accès pour véhicules côté nord tout en proposant une gracieuse lecture volumétrique de trois maisons aux proportions similaires. A mi-chemin entre vernaculaire et contemporain, Onyx se démarque des autres constructions malouines tout en adoptant un langage similaire. Les architectes ont réussi d’engendrer une architecture à la fois perenne et originale tout en respectant les anciens préceptes.

Concernant le volume général, les architectes ont opté pour une forme sobre et compacte qu’ils ont rythmée par le biais d’un triptyque volumétrique, un choix intelligent qui a permis l’optimisation des réductions thermiques qui améliore  améliorée des performances du bâtiment.

Un dialogue subtil entre ancien et nouveau

La matérialité constitue l’un des points forts de la réalisation. En effet, grâce à sa robe tantôt scintillante tantôt mate, parfois lisse ou rugueuse, la façade offre une image différente à chacun des moments de la journée en jouant avec les ombres et les lumières et tout en variant la perception de l’ensemble. « Dans notre recherche d’une architecture contemporaine, une relecture et une interprétation des lieux passe par le respect du contexte urbain de Saint-Malo, de ses signes, de ses mises en œuvre spécifiques au quartier. » Soulignent les architectes.

Le bâtiment qui s’insère dans un tissu patrimonial délicat s’affranchit délicatement de son voisinage grâce à un traitement singulier qui a su respecter les règles urbaines et architecturales de l’Architecte des Bâtiments de France. Un tour de main que les architectes ont accompli avec brio. De même, en profitant de la topographie du site, les concepteurs ont créé un jardin situé en cœur d’ilot en continuité de stationnements paysagés. Un petit havre de paix qui ne pourrait que plaire aux habitants.

Notons également que les murs situés en limite de parcelle ont été nettoyés et dégagés révélant leur caractère historique, un geste assumé par les architectes qui ont tout fait pour engendrer un dialogue subtil entre ancien et nouveau. Onyx présente le futur mais tisse un lien particulier avec l’histoire. Un projet coquet qui vient enrichir le lieu !

© Charly Broyez
© Charly Broyez
© Charly Broyez

Le site de l’agence a/LTA : ici.

Les photos : © Charly Broyez

A Porto, une remarquable réalisation signée Floret arquitectura

© Ivo Tavares Studio

A Porto, dans le quartier diversifié de « Caminhos do Romântico » l’agence portugaise Fleuret arquitectura vient de terminer la réalisation d’une charmante maison. Baptisée « Golgota », la résidence affiche un doux mélange d’ancien et de nouveau.

Réhabiliter l’ancien

Située à Porto, la zone de « Caminhos do Romântico » possède diverses caractéristiques. En effet, ce tronçon de ville mêle adroitement des maisons bourgeoises, des habitations populaires, des jardins et autres espèces exotiques, il est aussi composé de plusieurs exemples anciens datant de l’ère industrielle.

L’architecte nous raconte qu’une partie importante des itinéraires de la localité est faite par des chemins aux caractéristiques rurales,composés de hauts murs des anciennes fermes où l’on trouve de belles fontaines ainsi que plusieurs anciens lavoirs. L’intervention se situe dans la route qui va de Golgota à Massarelos, comprenant d’importants repères tels que la faculté d’architecture de l’université de Porto, la « Casa da Agustina Bessa-Luís »ainsi que d’autres maisons bourgeoises et ouvrières. L’ensemble est entouré d’un étendu dense de verdure où le fleuve Douro, situé en arrière-plan, constitue l’élément omniprésent.

L’ancienne maison qui existait sur la parcelle et qui était complètement en ruines, a été réhabilitée et remise aux normes. Les architectes y ont mené un travail minutieux qui a redonné à l’existant ses lettres de noblesse. En effet, de couleur ocre, la bâtisse a retrouvé son éclat d’antan.

Réaliser une nouvelle extension

L’extension a été réalisée vers son niveau inférieur, en profitant des terrasses, en utilisant du bois et du béton, délimitant clairement le budget  dont les travaux ont été réalisés en très peu de temps. Tous les murs existants ont été récupérés, ainsi que les murs de soutènement des terrasses comme le jardin où les espèces existantes ont été préservées et d’autres ont été incorporées selon à la spécificité du lieu.

Selon les architectes, la piscine a été conçue de manière à ne pas modifier la topographie du terrain. Le résultat global s’est avéré assez harmonieux, avec les nouveaux éléments ajoutés étant très discrets. Le terrain s’étend sur trois terrasses orientées à l’est avec une construction de quatre étages destiné à la partie privée. Compte tenu de la petite taille de cette dernière, il a été proposé d’agrandir la zone en introduisant deux nouveaux éléments. Il s’agit d’un volume comprenant des parties habitables ainsi qu’une piscine.

Le nouveau volume comprend des zones communes comme l’entrée, la cuisine, le salon mais aussi les installations de la piscine. Cette nouvelle entité est perpendiculaire au bâtiment existant et se compose de deux étages, s’étendant à l’est, comprenant plusieurs niveaux avec des terrasses au sol, des espaces de vie, des chemins entre autres.

L’intervention a réussi à concilier les diverses exigences d’une famille nombreuse avec les conditions résultant de la valorisation du patrimoine bâti tout en respectant la spécificité du lieu et le plan directeur de la municipalité. La solution trouvée résulte en une extension composée de bois et de verre qui a permis d’agrandir la surface habitable du bâtiment tout en préservant l’existant sans oublier l’ouverture sur le jardin. Les architectes soulignent que le choix du bois permet, en quelque sorte, de réduire le poids de l’expansion qui s’avère être relativement importante. La maison « Golgota » qui croise subtilement textures et matières constitue une belle curiosité à découvrir sans tarder !

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de Floret Arquitectura : ici.

Les photos : © Ivo Tavares Studio

Instagram @ivotavaresstudio‌‌

A Paris, SML et NEXT réalisent une charmante résidence privée

© Hervé Abbadie

C’est l’histoire d’un habitat privé qui se trouve dans l’environnement dense du 15ème arrondissement parisien, que les architectes SML et NEXT ont réalisé avec tact. Un ensemble cohérent qui vient adopter malicieusement la parcelle où il se trouve tout en proposant de généreux espaces de vie à ses habitants.

Un programme complexe

Paris est-elle encore prête à accueillir des habitations privées qui viennent enrichir encore plus son tissus dense? La réponse vient de la part la résidence conçue par SML et NEXT. Une réponse concise, claire et sans ambiguïté. En effet, situé au 92, rue des Entrepreneurs, le projet semble s’accommoder parfaitement au quartier. Ce dernier, à la fois dense et animé, construit au début du XIXe siècle par des entrepreneurs locaux, offre le cadre idéal qui a su agréablement évoluer au fil des ans.  

La parcelle profite d’une surface de 900m², à la fois étroite et profonde, elle est entourée d’autres constructions qui viennent dessiner ses limites. Nous pouvons trouver sur le terrain trois bâtiments construits autour de 1900 dont un immeuble de logements et commerces, un bâtiment sur cour contenant des combles à destination de bureaux ainsi qu’un autre immeuble de logements.

La programme est complexe, il s’agit de la transformation d’un édifice composé d’un rez-de-chaussée et d’un étage avec des combles, situé en cœur d’îlot et abritant des bureaux, ce qui a permis la réalisation de deux logements individuels sur quatre niveaux dans la cour, le tout dans le respect des diverses normes ainsi que dans le but d’offrir le meilleur aux utilisateurs des lieux. Vu les différentes échelles d’intervention, les architectes ont proposé la reconversion de l’ensemble en deux maisons individuelles et adjacentes, ce qui a permis la création d’un logement en duplex doté de larges terrasses, ainsi que l’aménagement paysager de la cour.

La typologie de construction en coeur d’îlot n’étant jamais un exercice facile, les architectes ont accompli un petit prodige. L’intervention a été aussi délicate que sensible, aussi concise que radicale pour un résultat enchanteur. Nous pouvons même parler d’un travail minutieux à la fois architecturale et paysager qui s’exprime par les différentes formes mais aussi par les jeux de masses où le bois joue un rôle important mettant en avant les légers surplombs successifs qui donnent du relief à l’ensemble.

Une gestion intelligente de l’espace

« Afin de minimiser l’impact sur l’espace environnant, l’implantation de la construction existante est conservée. Il en résulte un bâtiment en longueur et élancé, couronne par une toiture à double pente asymétrique creusée par des loggias. Le projet s’inspire de la mémoire du lieu ou «genius loci» en conservant la trame régulière «industrielle» qui caractérisait l’ordonnancement de la façade originelle, et en retrouvant la toiture en pente, archétype de la construction de cœur d’îlot. » Nous racontent les architectes. En effet, ces derniers ne se sont pas arrêtés sur la forme de l’édifice mais ils ont décortiqué, analysé et trouvé les diverses solutions à la ventilation et à la luminosité des espaces habités. Il en résulte des logements lumineux, généreux et confortables.

Les deux entités qui sont indépendantes mais possèdent une cour commune, ont été conçues suivant la même configuration spatiale. Les espaces jour et nuit ainsi que privés et publics ont été minutieusement étudiées pour répondre aux diverses exigences des habitants. Tandis qu’au premier étage nous pouvons trouver un séjour vaste incluant un espace de travail, le 2ème et 3ème niveaux hébergent respectivement trois chambres à coucher, une salle d’eau, ainsi qu’une suite parentale agrémentée d’une loggia. Un petit coup de cœur pour le couloir du deuxième étage qui donne sur les chambres, c’est un joli espace en double hauteur sur un plancher en verre et sous une gracieuse verrière en toiture.

Par ailleurs, les architectes ont utilisé le bois de châtaignier, choisi surtout pour son côté durable qui vient couvrir délicatement la charpente en acier et les murs en ossature métallique. Et vues les diverses contraintes pour accéder au chantier mais aussi pour des raisons écologiques, les architectes ont choisi la filière sèche. L’enjeu du chantier étant de minimiser avant tout les nuisances tout en limitant le temps des travaux au strict minimum.

Les diverses manipulations intérieures montrent une gestion intelligente de l’espace. En effet, les architectes ont fait tout leur possible pour mettre en avant le volume général à travers des petites interventions intérieures qui mettent en avant les différentes vues extérieurs. Nous pouvons dire que les deux habitations foisonnent de belles surprises, les habitants seront comblés!

© Hervé Abbadie
© Hervé Abbadie
© Hervé Abbadie
© Hervé Abbadie
© Hervé Abbadie

Le site de l’agence SML : ici.

Le site de l’agence NEXT : ici.

Les photos: © Hervé Abbadie

A Paris, une charmante maison signée AJILE

© AJILE

Baptisée Bergeyre au nom de la butte où elle se trouve, la charmante maison signée AJILE constitue une belle curiosité. Découverte d’une réalisation parisienne remarquable aux lignes pures et aux traits distingués.

Un petit bijou bien dissimulé

Construire une maison en plein Paris ? Oui, même si cela paraît un peu étrange, l’opportunité a existé et les architectes de l’agence AJILE l’ont saisie pour réaliser un petit bijou bien dissimulé. En effet, Perchée en haut de la Butte Bergeyre, dans le 19ème arrondissement, la maison verticale offre à ses propriétaires une vue imprenable de 360° sur tout Paris.

Les architectes nous racontent que, dès le départ, le projet semblait complexe. En effet, à la joie de construire une maison dans la capitale française s’ajoutait le défi d’abriter une famille et ses quatre enfants sur une parcelle exiguë, dans un ensemble constitué de sept étages. Un défi relevé avec brio car les architectes ont réussi non seulement de répondre favorablement au programme complexe qui se profilait mais ils ont réalisé des espaces intérieurs confortables où les habitants peuvent jouir de tout le confort exigé.

La parcelle est mitoyenne, elle comporte 4.80 mètres de large. Les architectes ont hissé l’ensemble sur dix micro-pieux de 18 mètres de profondeur, ainsi la maison de 204m², encastrée entre deux constructions existantes, devient un exercice à part entière et un véritable terrain de jeu pour pouvoir y caser les diverses fonctions demandées.

« La stratégie développée a été de penser le projet en volume plutôt qu’en étages dans un lien constant avec l’environnement proche et lointain, où les limites entre dedans/dehors s’effacent afin d’augmenter l’espace intérieur étroit. » Racontent les architectes. En effet,  La maison et ses sept niveaux deviennent une entité qu’il faut manipuler. A chaque étage son plan et à chaque partie de la maison sa fonction, ainsi, les différents niveaux se sont empilés suivant un jeu savant de circulations verticales.

Complètement traversante, la maison offre à ses habitants autant de vues que les saisons. Tandis que l’entrée est située au rez-de-chaussée et s’ouvre sur le jardin, la cuisine se trouve au premier étage. Les chambres des enfants occupent le deuxième et troisième étages et sont reliées par de larges paliers ouverts qui constituent des espaces communs où les enfants peuvent jouer, lire, se reposer ou tout simplement contempler l’extérieur. Quant au quatrième étage, se trouve, loin des regards, un espace secret, discret qui accueillent la chambre des parents.

Un rooftop avec vue

Du dernier étage, nous pouvons accéder à travers un escalier extérieur, à un superbe rooftop qui jouit d’une vue imprenable sur les monuments de la capitale. Les architectes ont installé sur ce palier, une très joli terrasse végétalisée, un petit havre de paix loin du stress quotidien portant en pleine ville.

L’ensemble de la maison est agencé avec goût. Les architectes ont souhaité aménager l’intérieur par des meubles de qualité dessinés sur-mesure et répondant aux diverses démarches environnementales. Néanmoins, au sein de la maison, la teinte dominante reste le blanc qui, grâce à la présence de la lumière naturelle, ajoute la sensation de générosité.

Côté construction, notons que l’ensemble est en briques de bois et nécessite, selon les architectes, très peu de chauffage l’hiver tout en bénéficiant d’une grande capacité de rafraichissement pendant les journées de grande chaleur. « L’ensemble est associé à une ventilation naturelle directe de façade à façade avec des parois vitrées nord et sud qui proposent des systèmes et rythmes d’ouvertures tous différents. » soulignent les architectes.

Par ailleurs, nous apprenons que le projet n’exploite pas tout le potentiel de surface habitable,  mais il privilégie les différents flux et la fonctionnalité du lieu. Aussi discrète que sobre, la maison Bergeyre offre tout le confort souhaitable aux propriétaires des lieux. Il s’agit en effet d’un petit bijou secrètement gardé dans son environnement urbain. D’incontestables qualités qui font le bonheur de tous ses habitants !

© AJILE
© Vanessa Bosio
© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet

Le site de l’agence AJILE: ici.

Les photos: © Cécile Septet

Le chai des Hauts de Talmont, un petit exploit signé Christian Biecher

© Luc Boegly

Un exploit! Oui, car l’ensemble de la commune est classé « site patrimonial remarquable », le lieu est exceptionnel et les recours ont duré plusieurs années. Malgré tout, l’histoire est belle, l’aventure est inhabituelle et le résultat prometteur. Le chai des Hauts de Talmont réalisé par l’architecte Christian Biecher écrit le nouveau chapitre d’une nouvelle entreprise.

Le vignoble Les Hauts de Talmont est situé à Talmont-sur-Gironde sur les falaises de l’estuaire de la Gironde. Un lieu stratégique avec une vue splendide vers le large. Sur ces terres aux diverses vertus, les trois fondateurs du domaine ont souhaité la création d’un vignoble pour y planter le cépage blanc local ainsi que le colombard, dont la première vendange remonte à 2005.

L’idée séduit, la plantation trouve du succès et de fil en aiguille, d’autres acquisitions se succèdent. Ainsi, le vignoble s’agrandit. Il accueille la plantation d’un cépage rouge, le merlot, qui couvre aujourd’hui la moitié du vignoble de six hectares. C’est dans cet environnement authentique que l’architecte Christian Biecher a été mandaté pour construire un chai. Mais comment faire pour ne pas écorcher ne serait-ce qu’un peu ce lieu splendide? Une question à laquelle l’homme de l’art a répondu avec brio. Et pour cause, le projet architectural a été traité dans sa globalité en gardant une certaine harmonie entre l’idée d’une production qui se déroule selon les règles de la biodynamie et une construction qui vient s’immiscer délicatement pour n’en faire qu’un avec la nature environnante.

Fort de cette conviction, Christian Biecher a choisi de conserver la maison charentaise du XIXe siècle, présente sur la parcelle, de la rénover et d’y loger une partie du programme tout en dotant le site d’un nouveau bâtiment. Ce dernier, devrait selon l’architecte, prendre en compte toutes les caractéristiques du terrain mais aussi les différentes attentes des propriétaires des lieux pour pouvoir s’implanter avec tact dans cet environnement complexe.

Dans sa quête de lieu idéal, l’architecte s’est basé sur diverses mesures effectuées par un géobiologue. Ce dernier, a rendu son verdict, après l’observation des végétaux, la recherche de failles ou de ruptures géologiques ou encore l’identification des veines d’eau souterraines et les champs magnétiques qui en découlent, nous raconte Christian Biecher. Grâce à cette minutieuse étude, l’implantation du bâtiment a été réalisée de sorte qu’il règne une belle harmonie sur le site.  

Le programme est pourtant simple, il s’agit de faire cohabiter une salle de réception et de pressage du raisin, une cuverie constituée de cuves de vinification en inox de 100 hl et 2 gardes vin de 45 hl, un laboratoire et un espace de dégustation. N’oublions pas la cave et ses 80 fûts en chêne, que l’architecte a implantée au sous-sol. Quant aux différents espaces dédiés au stockage, les bureaux et le chai à cognac, ils sont regroupés dans la maison charentaise voisine, restaurée et mise en valeur. Une rénovation minutieuse qui respecte l’ancien en lui ajoutant quelques touches de nouveauté. Donnons l’exemple de la teinte bleue utilisée pour les portes et fenêtres, qui se rapproche de la couleur d’origine sans être la même. Des détails qui mettent en avant l’édifice historique tout en gardant son âme.

La nouvelle construction est constituée d’un long volume, à plusieurs facette, merveilleusement implanté sur la parcelle. Pour coiffer son édifice, l’architecte a choisi une toiture qui change de forme selon l’angle de vue. Et même si à première vue le toit paraît complexe, sa lecture dans son ensemble explique une extrême cohérence. Et en conséquence, le chai paraît suivant notre regard, tantôt compact, tantôt allongé.

Le matériau privilégié est le bois, propice, suivant l’architecte à la culture du vin. L’ensemble est revêtu d’un bardage en acier laqué et posé sur une infrastructure en maçonnerie. Dans cet environnement complexe et très réglementé, le nouvel édifice, aux traits aussi sobres qu’atypiques non seulement rend hommage au contexte mais aide à perpétuer une ancienne culture ancrée dans sa région.

«C’est un édifice ouvert aux autres, conçu pour accueillir toutes celles et ceux qui le souhaitent, dans un esprit de partage autour du travail du vin, dans l’espace prévu à cet effet.» Conclue Christian Biecher.

© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly

Le site de Christian Biecher: ici.

Les photos: © Luc Boegly