Archives par mot-clé : architecture

A Paris, l’Ancienne Comédie entame sa mue

© Gregory Copitet

C’est un programme complexe mené avec une grande parcimonie que les architectes de l’agence Raf Listowski Atelier d’architecture viennent de livrer. Un lieu mythique qui a fait l’objet de plusieurs mutations avant de trouver sa dernière vocation. Il s’agit d’abriter quatre logements et deux bureaux, un ensemble qui respecte le contexte et porte la fine signature de son architecte.

Un travail minutieux

La réhabilitation complète de l’édifice situé dans la cour d’un immeuble au 14, rue de l’Ancienne-Comédie dans le 6ème arrondissement parisien se concentre avant tout, selon les architectes, sur l’ancienne cage de scène. Un important élément architectural signé de François II d’Orbay. Intervenir sur un bâtiment historique n’est pas une chose facile surtout quand il faut à la fois réhabiliter pour la mise aux normes, repenser l’espace mais aussi redonner une nouvelle vie aux différentes superficies. Un travail minutieux que Raf Listowski Atelier d’architecture a mené avec brio.  

Nous savons par ailleurs, qu’au fil des années, l’édifice a fait l’objet de nombreuses transformations qu’elles soient fonctionnelles et formelles. Il y a eu la démolition de la salle qui occupait l’actuel volume de la cour, la modification en immeuble des parties sur rue contenant les distributions et le foyer,la  transformation du volume de la scène en ateliers de décors, ateliers de stockage ainsi qu’à la fin du XXe siècle la métamorphose en immeuble de bureaux. Divers changements, différentes destinations pour un emplacement de qualité.

Le projet consiste en un remaniement complet. Notons que l’ensemble des éléments présentant une valeur historique ou artistique ont nécessité une étude historique et scientifique menée à la demande de la ville de Paris et de la direction du patrimoine du ministère de la culture et de la communication. La recherche des architectes était méticuleuse, elle s’est portée vers une expression architecturale qui s’adapte à un immeuble de bureaux sans négliger la question de la promiscuité entre les différentes entités donnant sur la cour. La nouvelle façade, en retrait par rapport à l’alignement actuel, était donc le résultat de la typologie des logements.

Polyvalence et simplicité

Chacun des quatre logements occupe un étage entier, tandis que le rez-de-chaussée, le premier étage ainsi que l’entresol sont réaménagés en locaux professionnels. Les architectes ont conçu une entrée commune qui mène à la fois aux locaux professionnels et aux logements.  Par ailleurs, l’ensemble de la distribution verticale de l’immeuble a été repensé. Afin de dégager la façade sur cour, les deux escaliers préexistants ont été remplacés par un seul ouvrage installé au fond de l’édifice. Les architectes ont veillé également à garder entre autres les ossatures de la toiture et du dessous de scène ainsi que la couverture existante, en témoignage à l’histoire du bâtiment. Un petit coup de cœur pour le dernier étage où l’ancienne charpente se dévoile dans toute sa splendeur.

Polyvalence et simplicité sont les mots d’ordre de l’intervention. Les architectes ont privilégié le même traitement aux squelettes des locaux professionnels ainsi que ceux des logements. Les espaces intérieurs sont lumineux grâce à un interstice découpée avec tact à l’arrière du bâtiment. Quant au pied de l’immeuble, il a été entièrement rénové, la cour anglaise également. L’immeuble étant désormais en plain-pied, les escaliers et la bordure de trottoir ont été dégagés. Des interventions chirurgicales qui ont participé à la transformation radicale de l’édifice. Ce dernier, métamorphosé grâce à Raf Listowski Atelier d’architecture, entame ainsi une nouvelle vie.

© Gregory Copitet
© Gregory Copitet
© Gregory Copitet
© Gregory Copitet
© Gregory Copitet

Le site de Raf Listowski Atelier d’architecture : ici.

Les photos : © Gregory Copitet

A la Nouvelle Orléans, EskewDumezRipple remanie les deux derniers étages du CAC

© Neil Alexander

En Louisiane, La boutique du CAC Nouvelle Orléans, The Shop, réalisée avec soin par l’agence d’architecture EskewDumezRipple consiste en un véritable lieu de co-working occupant le troisième et quatrième étages du Contemporary Arts Center (CAC).  Situé dans le centre-ville de la Nouvelle-Orléans, ce dernier occupe l’une des institutions culturelles les plus importantes de la cité.

Un espace de travail mais pas que…

Ciblant les entreprises technologiques, artistiques et culturelles, The Shop sert de plaque tournante de l’entrepreneuriat dans le couloir d’innovation en développement du centre-ville. Situé dans un ancien entrepôt historique de 1920, le bâtiment a été utilisé tout d’abord comme siège de K&B, une pharmacie locale et une entreprise de soda jusqu’à ce que le CAC acquière l’ensemble au milieu des années 1970.

Cependant, les deux derniers étages du CAC ont toujours été vacants, The Shop marquant la première rénovation à grande échelle de cet espace au cours des quarante dernières années. La boutique propose plus de 40000 pieds carrés d’espace de travail collaboratif pour un groupe diversifié de professionnels de la création.

L’espace de travail est composé de 69 bureaux entièrement meublés, sept salles de conférence équipées des dernières technologies et 15 000 pieds carrés d’espace d’agrément, s’étendant sur deux étages et un toit-terrasse. La boutique est reliée par un escalier sculptural ouvert et comprend une vaste zone de loisirs pour tous, des espaces de réunion et de bureaux variés en plus d’une gracieuse terrasse sur le toit.

Les architectes nous informent que cette rénovation préserve l’architecture classique du quartier, les entrepôts du bâtiment existant tout en incorporant des éléments modernes. L’espace lumineux présente de hauts plafonds avec poutres apparentes et des grandes fenêtres mais aussi la collection d’art contemporain ainsi que le plan d’étage fluide et ouvert. Le cœur de The Shop est donc un espace commun qui est conçu pour faciliter la conversation et la connexion.

L’ensemble dispose d’une cuisine complète, de sièges, d’un café, de collations disponibles à l’achat et d’un espace commun et de loisirs. Toutes les commodités de The Shop offrent aux petites entreprises, aux entrepreneurs et aux professionnels des arts les ressources dont ils ont besoin pour se développer. Les meubles vintage proviennent d’une variété de fournisseurs pour donner l’impression d’un salon. S’inspirant de l’esprit du CAC et mettant en avant les les collaborations avec la communauté artistique, l’ensemble est doté de peintures murales personnalisées ainsi que des œuvres d’art locales et nationales, apportées pour orner les murs.

Concernant les différents éléments décoratifs, des cabines téléphoniques ont été incorporées pour créer des lieux de conversations privées et un espace de travail calme, certaines possèdent des comptoirs tandis que d’autres présentent des sièges lounge. Les appliques décoratives et le papier peint graphique créent une atmosphère chaleureuse et intime. Les bureaux aux tables ouvertes avec des lampes de travail sont destinés aux utilisateurs quotidiens des lieux.

Responsable, raisonné, fonctionnel et tout aussi esthétique

Le projet comprend plusieurs tailles de bureaux privés. Les fenêtres entre ces derniers permettent à la lumière du jour de pénétrer dans tout l’espace. Selon les architectes, la brique existante a été laissée exposée pour rehausser la patine industrielle du projet. Les fenêtres qui se trouvaient le long des façades sud et ouest ont été remplacées tandis que celles des façades nord et est ont été laissées telles quelles. Les conduits électriques ont été laissés exposés pour mettre en avant la structure existante.

Le concept de l’escalier de liaison est né de l’idée de fusionner l’art et l’artisanat. Les escaliers créent une forme de fluidité entre les deux étages. Les architectes ont donné une grande importance à l’évolutivité du projet ainsi qu’à son aspect durable. Donnons l’exemple des fenêtres à simple vitrage des façades sud et ouest du bâtiment du Centre des arts contemporains, qui ont été remplacées par du verre isolant à faible émission pour réduire le gain de chaleur et les infiltrations d’air. De même, l’éclairage architectural est à LED, ce qui réduit la consommation d’énergie de plus de 80% et dure jusqu’à 25% plus longtemps que les ampoules classiques. Des détecteurs de présence dans tout l’espace allument et éteignent automatiquement les lumières. Les puits de lumière ont été remplacés pour maintenir l’éclairage naturel existant et de l’isolant a été ajouté au toit. Un nouveau toit a été installé pour réfléchir la lumière, lui permettant de garder jusqu’à 50-60 degrés plus de fraîcheur que les matériaux conventionnels pendant les pics de chaleur. Un ensemble de procédés qui assurent non seulement un grand confort mais qui se distinguent par leur côté durable. C’est un projet responsable, raisonné, fonctionnel et tout aussi esthétique !

© Sara Essex Bradley
© Neil Alexander
© Neil Alexander
© Neil Alexander
© Neil Alexander
© Neil Alexander

Le site de l’agence EskewDumezRipple: ici.

Les photos : © Neil Alexander; Sara Essex Bradley

L’équipe de EskewDumezRipple : chef de projet : Steve Dumez, FAIA, Jose Alvarez AIA, LEED AP, Hussein Alayyan, LEED AP BD+C, architecte, Jill Traylor-Mayo, NCIDQ, architecte d’intérieur, Emily Heausler, IIDA, et Andy Redmon, LEED AP

Architecture : EskewDumezRipple, Ingénierie : YKM Consulting, MEP ; Ingénierie structure : PACE Group ; Architecture d’intérieur : Studio Interior Design ; AOS, FF&E Procurement ; Maîtrise d’ouvrage : Palmisano Group

Au Portugal, la Casa Rio, un doux mélange de sobriété et d’élégance

© Ivo Tavares Studio

A la fois simple, sobre et esthétique, la Casa Rio croise adroitement l’ancien et le nouveau. Réalisée au Portugal, à Gondomar par l’agence Paulo Merlini architects (Paulo Merlini et André Santos Silva), la conception puise dans l’histoire de la région et propose une nouvelle écriture qui s’avère être un condensé de bonne procédés.

Trois volumes distints

Le projet résulte de la rénovation d’une ancienne ferme située dans une ville très rurale. Les architectes nous racontent qu’en démontant les divers éléments de l’ancienne façade, ils ont découvert que la maison était en fait composée de trois petites maisonnées construites selon les diverses exigences de l’ancien propriétaire. Ces trois volumes distincts étaient donc la clé de la création du nouveau projet.

Les architectes, en maintenant la structure du volumes d’origine et en laissant telle quelle l’ancienne forme, ont unifié l’ensemble à travers une grande dalle perforée d’un patio central. Ce dernier, très lumineux, est censé amener la lumière naturelle dans tout l’espace collectif situé au sol sol. Un toit de jardin arrangé sur cette dalle centrale offre un nouveau jardin intime à toutes les pièces et espaces privés de la maison, un geste intelligent qui rend l’ensemble plus accueillant.

Les détails à l’honneur

Concernant la matérialité du projet, les architectes soulignent que leur intention était de « créer un contraste fort entre les deux étages ». Ainsi, tandis qu’au rez-de-chaussée est mise en application une matérialité plus grossière, dénonçant la tectonique de la construction et transmettant la sensation de vivre à l’intérieur d’une masse de granit excavée, avec une très forte relation avec l’espace extérieur, à l’étage supérieur, la géométrie des trois volumes originaux des maisons est mise est accentuée par une couleur immaculée qui attire la lumière. Au même étage, les volets en bois, la couleur blanche des murs et les parquets recréent l’ambiance d’une maison de campagne portugaise typique.

Par ailleurs, nous pouvons constater qu’une attention particulière a été octroyée aux divers détails intérieurs qui font de la réalisation un précieux bijou puisant sa force dans l’histoire et s’orientant vers le futur. La Casa Rio de Paulo Merlini architects concentre bien des qualités qu’il faut découvrir sans tarder !

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de Paulo Merlini architects : ici.

Les photos : © Ivo Tavares Studio

Facebook: www.facebook.com/ivotavaresstudio ;

Instagram: www.instagram.com/ivotavaresstudio

A Lille, le groupe scolaire Jean Rostand, un harmonieux projet signé SAM architecture

© Charly Broyez

Situé au cœur du quartier de l’Épine, au sud d’Hellemmes, le nouveau groupe scolaire Jean Rostand, résultat de la déconstruction de l’ancienne école, constitue l’un des projets phares qui participe à la régénération du quartier. Une réalisation qui allie justesse et rigueur tout en apportant une belle touche d’originalité.

Astucieusement inséré dans le quartier

C’est dans l’ancienne cité de cheminots datant des années 70, que les architectes de l’agence parisienne SAM architecture viennent de réaliser leur projet. Un groupe scolaire, situé en limite d’îlot, qui devrait s’inscrire dans une typologie particulière marquée d’une part par des maisons de ville et d’autre part par des barres de hauteur modérée. Le programme est conséquent, il est constitué de 5 classes maternelles et 8 classes élémentaires ainsi qu’un espace de restauration pour 360 enfants. L’ensemble a la particularité de s’ouvrir au public, à travers le jardin présent sur la parcelle, considéré comme un espace d’expérimentation pour les enfants.

Le nouveau groupe scolaire s’est astucieusement inséré dans le quartier. En effet, les architectes nous racontent qu’afin de préserver un maximum d’espaces en pleine terre, ils ont installé l’édifice, constitué d’un étage, d’une manière à occuper moins de la moitié de la surface de la parcelle. De même, sa position en limite parcellaire permet, selon ses concepteurs, de compléter la typologie de l’îlot autant que de préserver l’espace du jardin municipal.

Notons par ailleurs que, de loin, les différentes fonctions du bâtiment sont lisibles. Nous pouvons deviner les espaces du centre de loisir, ceux du périscolaire, ainsi que les différentes parties partagées avec la ville par les lignes ludiques et les formes fluides que les architectes leur ont octroyées. Parmi ces espaces citons par exemple le grand hall qui s’ouvre sur la cour commune ainsi que la bibliothèque qui donne directement sur la rue, tandis que l’école élémentaire qui présente des lignes plus rigoureuses se caractérise par sa façade en dents de scie et ses larges fenêtres identiques dont le but est d’identifier les salles de classes mais aussi ses toits inclinés qui fait un joli clin d’œil aux maisons voisines. Il s’agit presque de deux univers qui se croisent et se complètent tout en formant un ensemble où règne une grande harmonie et une complémentarité avec l’existant.

Original, flexible

Par ailleurs, l’agence SAM architecture est connue par son apport d’originalité concernant les divers établissements scolaires. Les architectes, ont réussi, encore une fois d’optimiser chaque pièce et de rendre utile les interstices secondaires, le but étant de proposer dans un même espace, plusieurs usages selon l’heure ou la journée. A cela s’ajoute la notion de flexibilité rendue plus importante grâce à la structure poteaux-dalle, mais aussi d’ouverture. Les architectes ont eu recours à plusieurs astuces pour placer l’édifice dans son contexte tout en croisant intelligemment l’intérieur et l’extérieur. Donnons l’exemple des circulations qui offrent une promenade circulaire poreuse mettant l’intérieur et l’extérieur en osmose tout comme l’existence de la cloison mobile entre les réfectoires maternelles et élémentaires, qui peut s’effacer doucement pour créer une salle polyvalente de 280m² ouverte directement sur la cour centrale du bâtiment. L’ensemble, qui s’adresse à la fois aux diverses associations mais aussi aux riverains, peut fonctionner indépendamment vu l’accès qui se fait par le grand hall ouvert et la cour ovoïde.

Et surtout performant

Concernant les matériaux, les architectes ont eu recours à l’usage de la brique en façade qui rappelle les autres constructions du quartier. Toutefois, l’appareillage aléatoire des façades sur rue, composé de teintes sable aux joints affleurants, rompt avec la monotonie des façades traditionnelles et donne à l’ensemble un semblant de dynamisme, très apprécié de tous. Notons que le choix des architectes s’est porté sur des matériaux bruts disposant d’une couche d’usure qui les rend plus pérennes.

La structure, en bois et béton participe à l’identité visuelle du bâtiment. Les utilisateurs des lieux peuvent la contempler tout en appréciant certains principes de la construction. En effet, montrer aux usagers les diverses méthodes de construction mais aussi d’agencement, fait partie des procédés pédagogiques loués par les architectes. Donnons l’exemple des parties techniques visibles qui dévoilent le savoir-faire ou l’existence de la structure bois qui soutient les façades du premier étage et qui est visible de l’intérieur comme de l’extérieur sur cour. La cohérence et l’unité des matériaux employés participent de la frugalité du bâtiment rendant l’ensemble à la fois épuré et intemporel.

Par ailleurs, les architectes n’ont pas délaissé le côté durable du bâtiment, même au contraire, nous apprenons que l’édifice atteint les performances du label environnemental allemand PASSIVHAUS, avec des exigences très élevées concernant la consommation d’énergie, la qualité des matériaux, le confort d’été et le confort visuel, acoustique et olfactif. Ainsi, le groupe scolaire Jean Rostand propose une architecture non seulement soucieuse de la pédagogie de ceux qui la fréquentent mais attentive à son environnement. Un beau défi que les architectes de SAM architecture ont relevé avec brio.

© Charly Broyez
© Charly Broyez
© Charly Broyez
© Charly Broyez
© Charly Broyez

Le site de SAM architecture : ici.

Les photos : © Charly Broyez

Au Tyrol, noa* réalise des cabanes dans les arbres

© Alex Filz

L’agence d’architecture connue par ses projets atypiques noa* (Lukas Rungger et Stefan Rier) basée à Bolsano et à Berlin vient de terminer l’extension d’un hôtel situé dans le Tyrol du Sud. Les dix suites à pignon sur pilotis, que les architectes ont ajouté à l’existant, sont censés préserver l’accès au terrain pittoresque. Originalité, perspicacité et harmonie sont au rendez-vous.

Un concept original

Dans le village alpin de Siusi allo Sciliar, les dirigeants de l’hôtel Floris souhaitaient d’élargir la capacité de l’établissement en y ajoutant dix suites supplémentaires. Le projet de la réhabilitation ainsi que l’extension a été attribué à l’agence d’architecture noa*. Les architectes nous racontent comment ils ont procédé à l’élaboration d’un concept original qui croise astucieusement la fonctionnalité, l’aventure et la rêverie.

Depuis de nombreuses années, les chambres confortables du Parc Hotel Florian, situées au pied du village de Siusi allo Sciliar, offrent des vacances uniques toute l’année à leurs visiteurs. Cependant, le magnifique parc constitue une caractéristique unique de cette propriété, un espace singulier où tout le monde est encouragé à s’attarder parmi les arbres centenaires, un étang idyllique et une piscine extérieure. Un environnement idyllique qui ne laisse personne indifférent.

Beaucoup de tact et de sensibilité

Le complexe a récemment été agrandi avec dix nouvelles suites situées dans un bâtiment indépendant, qui se connecte à la structure existante, offrant à la fois un sentiment de continuité et une nouvelle perspective avec un langage architectural divergent. Les architectes de noa * qui ont été chargés d’améliorer la conception de l’hôtel se trouvent donc en face de plusieurs exigences, d’une part, la marque de l’hôtel reconnue par ses motifs uniques qui devait être préservée de manière optimale et d’autre part, la problématique des environs, avec l’existence de la résidence familiale adjacente, le parking et l’hôtel lui-même, un ensemble qui demande beaucoup de tact et de sensibilité.

Les architectes nous racontent qu’au départ, l’idée était de séparer le nouveau bâtiment de l’ancien afin de laisser le terrain intact et occuper le moins d’espace possible. Mais l’idée n’était pas seulement de ranger plusieurs pièces côte à côte mais de créer un groupement ordonné de cabanes dans les arbres à la fois intimes et autonomes, le tout élevé sur des supports de trois mètres de haut, laissant le terrain entièrement accessible en dessous. En même temps, il y avait un souhait non seulement pour accueillir les invités dans les nouvelles suites du parc, mais pour leur permettre d’en faire partie. Au cours du processus de conception, le parc est devenu le thème central de l’architecture, intégrant le nouvel édifice dans la nature, comme s’il avait toujours été là.

Ainsi, le concept des cabanes dans les arbres a commencé à prendre forme et la passerelle qui forme l’épine dorsale du nouveau développement est la structure à deux étages contenant les suites et leurs cinq chambres situées à l’étage, toutes avec vue sur le parc. Afin de rendre le complexe architectural encore plus dynamique, les chambres sont situées les unes au-dessus des autres marquant un léger angle, créant l’impression d’une structure naturelle tout en préservant les vues. Les usagers ont la sensation d’être installés dans leur petite maison.

Rendre floue la relation intérieur-extérieur

Les nouvelles «Floris Green Suites» ne sont pas moins spectaculaires à l’intérieur qu’à l’extérieur. Tous les espaces de vie, les chambres et leurs salles de bain ont été repensés. La pièce de vie centrale est ouverte, grâce à sa baie vitrée, sur un balcon abrité avec une vue sur la magnifique montagne environnante, tout suit la logique de rendre floue la relation intérieur-extérieur. La partie intime se trouve à l’extrémité de la suite, où se trouve l’entrée en plus des toilettes et d’un petit sauna finlandais privé, que les visiteurs peuvent utiliser quand ils le souhaitent. Un petit coup de cœur pour le patio ouvert avec un bain à remous extérieur, qui rend l’ensemble exceptionnellement attrayant.

L’architecture intérieure est conçue autour d’un vert tamisé entrecoupé de nuances de gris, accentuant l’ambiance de la cabane dans les arbres. Les revêtements en tissu sont à la base du concept général, en tuiles et surfaces peintes, qui aident à fusionner l’intérieur et l’extérieur. Le chêne fumé des revêtements du sol, les divers accessoires et les éléments de la salle de bain sont dans une nuance sobre et se mélangent harmonieusement avec le reste. Les jardinières sur les balcons et terrasses rehaussent l’ambiance naturelle. La volonté des architectes de noa* de se rapprocher le plus possible de la nature est palpable même dans les moindres détails. Une réalisation intelligente, élégante et sensible qui profite de la nature sans endommager le lieu.

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz

Le site de noa* : ici.

Les photos : © Alex Filz

En Floride, Studio Gad réalise un nouveau concept

© Michael Stavaridis

Studio Gad, spécialisé dans l’hôtellerie, les loisirs, la culture et les installations médicales, vient de dévoiler officiellement son concept concernant l’architecture intérieure d’un centre d’amélioration des performances cérébrales et corporelles. Selon les idées avancées, l’ensemble révèle d’un langage visuel singulier doté de la meilleure technologie de pointe.

Quand le langage de l’aviation croise celui de la médecine

Situées dans le quartier The Villages, en Floride, Aviv Clinics propose un programme de traitement centré sur l’oxygénothérapie qui améliore les capacités cognitives et physiologiques des adultes. Après une décennie de recherches et de développement, il a été convenu de procéder à la réalisation d’un centre conçu exprès dans les normes et les exigences voulues.

L’agence d’architecture Studio Gad insuffle son approche visionnaire de l’hospitalité et de la conception de restaurants dans un établissement médical et de santé qui donne une nouvelle définition de ce que signifie changer l’expérience du processus de vieillissement. Avant la construction de la clinique Aviv, les architectes de Studio Gad ont mené une étude approfondie qui a conduit à la création d’un langage de conception original adoptant et croisant l’expérience des valeurs du monde de l’aviation privée et une vision futuriste de la médecine.

La chambre, les éléments sensoriels et les schémas de conception sont inspirés d’une cabine d’avion de première classe, un univers particulier mis en place pour créer une expérience singulière lors des traitements d’oxygénothérapie. Chaque capsule présente des formes arrondies qui émanent des lumières apaisantes pour adoucir l’expérience globale. Les coins de chaque coque de capsule ont été créé avec une technologie d’impression 3D qui se traduit par une structure presque transparente, telle que celle d’un avion. Chaque capsule est recouverte d’une nuance de blanc réfléchissant tandis que les lumières peuvent changer selon les exigences et au fur et à mesure que les fonctionnalités changent. Il en résulte une structure hydrodynamique qui capture l’essence du passé et du futur de la médecine et des transports, bénéficiant d’un aspect lisse qui peut se rapprocher d’un vaisseau spatial futuriste.

L’architecture au service de la santé

A l’intérieur de chacune des capsules, Studio Gad a intégré sa propre signature qui apporte, à l’ensemble, un langage visuel original inspiré des avions modernes. Les textiles et la technique d’assemblage de la cloison de la chambre permettent de créer un espace personnel au sein même de chaque entité thérapeutique. Les grilles d’éclairage et les fenêtres virtuelles de la capsule imitent la perception d’une ouverture de fenêtre ainsi que la sensation d’espace infini à l’extérieur. Même chose concernant les différentes formes organiques qui donnent à l’utilisateur une sensation d’espace et d’ouverture.

Les architectes soulignent que les coques extérieures de chaque chambre sont conçues spécifiquement pour déclencher une émotion humaine qui se rapproche à l’entrée d’un espace réconfortant. « C’est notre privilège de nous associer à Aviv Clinics et de développer un nouveau langage architectural qui peut élever le monde en améliorant les performances physiques et cognitives », déclare, à ce propos, Gad Halperin, le fondateur de Studio Gad.

Après la première clinique de 30000 pieds carrés qui s’est établie en Floride et a ouvert ses portes en juin 2020, une deuxième ouvrira très bientôt à Dubai. Aviv Clinics compte élaborer de nouveaux sites dans le monde entier pour améliorer le processus de vieillissement. Des projets qui mettent l’architecture au service de la santé !

© Michael Stavaridis
© Michael Stavaridis
© Michael Stavaridis
© Michael Stavaridis

Le site de Studio Gad : ici.

Les photos : © Michael Stavaridis