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A Galatina, le Studio Macagnano restaure un edifice historique

© Studio Macagnano

En Italie, dans la province de Lecce, l’agence Studio Macagnano a réhabilité un ancien immeuble pour lui donner un nouveau souffle. Élégance et sobriété sont au rendez-vous.

C’est l’histoire d’une ancienne demeure

Selon les architectes, c’est l’épopée d’une ancienne demeure italienne, abandonné, mais aussi d’une clientèle étrangère fascinée par son histoire et déterminé à lui donner une nouvelle vie: c’est ainsi qu’a débuté le projet de restauration.

Dès le départ, cette initiative est définie par le respect du style, des méthodes et des
matériaux en accord avec les techniques d’ingénierie avancées. De même, il s’agissait d’une restauration aux diverses attentes d’un marché touristique sophistiqué et en plein essor. C’est pourquoi, les architectes ont fait tout leur possible pour répondre aux différentes exigences et contraintes tout en adoptant une architecture intemporelle.

Concernant la structure de l’édifice, une intervention complexe était nécessaire vu l’état endommagé des murs et du toit. De même, la négligence a contribué à la dégradation avancée des finitions, des agencements et des revêtements de sol. Le travail des architectes était donc délicat parcequ’il fallait remplacer et réhabiliter l’ensemble tout en respectant la structure historique.

Une approche innovante

Selon les architectes, une approche innovante était nécessaire pour maintenir l’apparence d’une intervention minimale tout en dégageant une architecture contemporaine qui entretient un doux langage avec l’histoire du lieu. C’est pourquoi, les travaux de consolidation effectués sur les murs et les voûtes ont été réalisés à l’aide de techniques de renforcement adaptées au style architectural traditionnel.

Les travaux de maçonnerie ont abouti à des zones intérieures et extérieures flexibles. Ainsi, la propriété peut être utilisé comme une seule grande unité immobilière, mais elle peut également être fractionnée de manière transparente en plusieurs appartements, chacun avec son entrée privée et son espace extérieur. Il s’agit donc d’une réponse architecturale franche au diverses exigences du propriétaire tout en s’adaptant facilement à la demande touristique croissante.

Le résultat final est un design contemporain qui allie des équipements modernes tels que le chauffage et la domotique, le tout dans une structure de grande valeur historique. L’usage réfléchi des finitions et le choix des meubles créent un doux contraste entre le neuf et l’ancien. Dans sa réhabilitation, le Studio Macagnano a réussi un beau pari, celui de rendre hommage au riche héritage architectural qui leur avait été confié.

© Studio Macagnano
© Studio Macagnano
© Studio Macagnano
© Studio Macagnano

Le site de Studio Macagnano: ici.

Les photos : © Studio Macagnano

L’élégante Casa Juani de Pepe Gascón arquitectura

© Aitor Estévez

En Espagne, dans la province de Bercelone, l’agence d’architecture Pepe Gascón arquitectura a réalisé une maison familiale aux lignes pures et aux espaces généreux. Sobriété et charme sont au rendez-vous.

Un projet qui habite le lieu

Dans la charmante commune Viladecavalls, l’agence d’architecture espagnole dirigée par l’architecte Pepe Gascón a réalisé la construction d’une maison ainsi qu’une piscine. Les deux entités baptisés, Casa Juani, occupent un terrain de 600 m² de surface.

Selon l’architecte, de manière générale, le développement résidentiel où se trouve la maison est constitué de parcelles ayant une potentiel d’occupation et d’évolution considérable, avec des espacements minimaux entre les terrains voisins qui ne sont pas trop généreuses. Ceci résulte du fait que le tissu résidentiel est moins espacé que les architectes ne l’ont initialement espéré. C’est pourquoi, ces derniers ont déployé tout leur possible pour concevoir un projet qui habite le lieu tout en répondant favorablement aux diverses contraintes.

Tout en préservant l’intimité

La maison a été conçue de manière à préserver son intimité par rapport aux résidences voisines. Pour cela, les architectes ont préféré de concevoir une maison en forme de U placée aussi près, que le permet la construction, de la limite ouest du terrain.

Notons que sur la limite opposée, à l’est, la distance à la propriété voisine est plus grande, ce qui entraîne la réalisation d’une structure de plain-pied abritant les chambres. Quant au côté en U, il sert d’élément de coordination entre l’entrée, l’accès à la maison et les flux horizontaux de cette dernière. Cette entité possède une galerie qui relie directement l’ensemble au jardin extérieur ensoleillé où se trouvent un salon ouvert et une piscine.

Un patio principalement ombragé est situé entre les longs côtés du U. Cet atrium est intimement lié à la cuisine et au salon, ainsi qu’aux autres parties intérieures de la maison.La cuisine et le salon possèdent une double hauteur sur lequel donne un bureau ouvert et spacieux situé au premier étage. Toute la maison est réalisée de la même brique de céramique. Cette dernière donne une grande homogénéité à l’ensemble. La casa Juani est une belle demeure aux multiples qualités.

© Aitor Estévez
© Aitor Estévez
© Aitor Estévez
© Aitor Estévez

Le site de Pepe Gascón arquitectura : ici.

Les photos : © Aitor Estévez

D’une ancienne fabrique de laque en unités d’habitation

© Tim van de Velde

Située dans la petite ville néerlandaise d’Oisterwijk, l’agence d’architecture Wenink Holtkamp Architecten a transformé une ancienne fabrique de laque en un impressionnant ensemble d’habitations. Le résultat est enchanteur.

Dans la commune néerlandaise de25000 habitants située dans la province du Brabant-Septentrional, la réhabilitation et la transformation de l’ancienne usine en un ensemble résidentiel est inédit. En effet, il s’agit du premier projet en son genre qui se glisse dans l’ancien bâtiment à l’architecture industrielle tout en apportant une nouvelle fonctionnalité.

Les résidents aménagent l’intérieur

« De Lakfabriek »est une ancienne fabrique de laques qui a été transformée par les architectes de Wenink Holtkamp Architecten en 25 unités d’habitation. Cependant, le projet constitue une spécificité, accompagnés des architectes, les résidents ont eux-mêmes aménagé l’intérieur de leur maison, ce qui a permis de créer une grande variété de types de logements dans l’ancienne usine.

 L’ensemble fait partie de l’ancienne usine qui a été pendant des années l’un des plus grands producteurs de cuir d’Europe. En 2001, la société a cessé ses activités et fermé ses portes.
Dès lors, le complexe d’usines a été en grande partie restauré, repensé et s’est développé pour devenir un quartier vivant et attrayant. De Lakfabriek est le premier bâtiment qui a été transformé en habitations.

Préserver le caractère industriel de l’ancien

L’édifice est conçu en 1925 par l’architecte A. Benoit, il se caractérise par une architecture en brique très caractéristique de l’époque. Les éléments de maçonnerie verticale donne un certain rythme à la façade. Préserver le caractère industriel de l’ancien était l’une des principes fondamentales de la transformation. Ceci est illustré par la structure en béton brut qui a été laissée visible autant que possible à l’intérieur des logements.L’aspect industriel est maintenu en façade grâce à l’utilisation de nouveaux cadres de fenêtre en aluminium élancés au profil classique qui font référence aux cadres de fenêtre en acier d’origine, qui n’ont malheureusement pas pu être conservés.

En ajoutant une extension en verre

En ajoutant une extension de verre au toit, une construction supplémentaire a été créée. Minimaliste, la nouvelle structure, se distingue clairement de l’architecture existante par le langage et la matérialisation. Au dernier étage, ont été créées de généreuses terrasses sur le toit, pour cela, les architectes ont déplacé l’extension vers l’arrière par rapport à la façade existante.

Les 25 unités résidentielles sont réalisées en trois typologies différentes. Nous pouvons y trouver des studios, des appartements et des maisons qui donnent directement sur la rue. La disposition de chaque entité est conçue en concertation avec les futurs résidents, accompagnée des architectes de Wenink Holtkamp Architecten. Pour définir leur démarche les architectes concluent « La maison est comme un costume sur mesure pour les résidents ».

© Tim van de Velde
© Tim van de Velde
© Tim van de Velde
© Tim van de Velde

 Les photos : © Tim van de Velde      

Le site de Wenink Holtkamp Architecten : ici.

Au Mexique, un charmant studio pour un artiste

© Sandra Pereznieto

Situé au milieu de la forêt, à 45 kilomètres du centre de Mexico, le Studio Roel a été conçu pour un artiste et ami des architectes de l’agence Dellekamp Arquitectos (Derek Dellekamp et Jachen Schleich). Il s’agit d’un studio ainsi qu’une galerie réalisés sur mesure selon les souhaits du propriétaire.


En relation avec son environnement

Situé à quelques minutes de la ville de Cruz Blanca, à Cuajimalpa, l’ensemble affiche une belle allure. A la fois, monumentale et respectueuse de son environnement, la structure apparente entretient une relation lyrique avec son encourage. Une grille de colonnes et de poutres sert de squelette qui module et ordonne l’espace général.


Selon les architectes, le petit budget, la simplicité de l’espace ainsi que la tranquillité sont les éléments moteurs qui ont dicté les principaux axes du projet. « Nous avons réussi à respecter un budget de 75 000 dollars pour la construction de cet espace comprenant un atelier de menuiserie et de peinture, une cuisine, une salle de bains et un entrepôt. Pour cela, nous avons réutilisé le coffrage d’un autre projet récemment terminé, donnant une finition appréciable aux dalles de plafond et de plancher, favorisant ainsi la sensation spatiale recherchée par notre client pour son espace d’étude / de travail. » Soulignent les architectes.

Le beau plafond en béton


De même, le froid régnant de la région a incité les concepteurs à peindre le bloc de béton noir pour une meilleure capture des rayons du soleil et un meilleur confort climatique. Un coup de cœur pour le plafond en béton du studio qui présente des alvéoles en forme de losange. L’intérieur est sobre et minimaliste, de grandes baies vitrées s’ouvrent sur le jardin dans la partie habitée par l’artiste tandis que la luminosité du studio et l’atelier de l’artiste est maîtrisée pour travailler dans les mailleurs conditions.

Tout a été minutieusement étudié pour un résultat remarquable. Le Studio Roel réalisé par Dellekamp Arquitectos basé à Mexico est un petit cocon en plein nature à découvrir sans tarder.

© Sandra Pereznieto
© Sandra Pereznieto
© Sandra Pereznieto

Le site de Dellekamp Arquitectos : ici.

Les photos : © Sandra Pereznieto

Mediterraneo 01, la superbe villa signée Metroarea

© Fernando Alda

A Ibiza, dans un environnement privilégié, l’agence d’architecture Metroarea a réalisé une élégante résidence qui se fond astucieusement dans le paysage environnant.

Selon les architectes, le concept principal du bâtiment consiste en sa fusion entre la culture méditerranéenne et l’environnement naturel. Inspirée de la villa romaine et de l’héritage espagnol et arabe, la maison prend forme à travers le lexique naturel de l’expressionnisme italien (Moretti, Michelucci, etc.), qui conserve également un puissant souvenir de Rudolf Steiner. Pour Metroarea, en fait, concevoir un bâtiment contemporain signifie établir un dialogue privilégié avec l’histoire et la nature.

Puiser dans l’histoire

Les architectes ont puisé donc dans l’histoire pour concrétiser leur idée et engendrer une architecture à la fois plastique et fonctionnelle. La maison entretient un lien privilégié avec son environnement, la relation intérieure-extérieure obtenue par les grandes baies vitrées se matérialise par des jardins suspendus, des auvents et des volets en bambou sur mesure, qui rappellent les auvents traditionnels et les treillis des Moucharabieh.

L’atrium central consiste le cœur de la maison, il est formé par le point de rencontre des différents flux. Le jardin est doté d’un impluvium qui est un système de captage des eaux de pluie, il est utilisé pour collecter l’eau et la réutiliser pour alimenter une cascade ainsi qu’un ruisseau qui relie les deux piscines. La forme de la villa suit la pente naturelle du sol et épouse la colline suivant une forme qui rappelle un amphithéâtre entouré par la nature.

Des matériaux simples

Les architectes ont eu recours à l’utilisation de matériaux simples, tels que le béton et les plaques de plâtre en forme de panneaux irréguliers. Cela souligne le désir d’éviter une image populaire du luxe, tout en recherchant une connexion avec l’île, le sol ainsi que la tradition. Le résultat est donc informel et hospitalier, selon les leçons de Busiri Vici, Couelle et Vietti. Les volets en bambou fabriqués sur mesure rappellent les auvents traditionnels et les treillis de Moucharabieh. Le béton a été produit sur place, aucune cimenterie de l’île ne pouvant garantir la densité du béton.

La maison réalisée à Ibiza, par l’agence Metroarea Architetti Associati basée dans la province de Trieste, est un petit bijou niché dans son environnement naturel et c’est à découvrir sans tarder.

© Fernando Alda
© Fernando Alda
© Fernando Alda
© Fernando Alda
© Fernando Alda
© Fernando Alda
© Fernando Alda


Le site de Metroarea ArchitettiAssociati : ici.

Les photos : © Fernando Alda

C’est l’heure du bilan !

L’année 2018 touche bientôt à sa fin. L’occasion de faire, comme tous les ans, le point sur les statistiques du site « Détails d’architecture ». Dès le départ, le but étant de diffuser l’architecture partout dans le monde, je suis heureuse de constater que les lecteurs qui se font de plus en plus nombreux proviennent de 164 pays avec 11,7 % de nouveaux visiteurs.

Certes il y a ce site qui donne quelques chiffres concernant les trois derniers mois, mais je préfère donner des statistiques annuelles plus détaillées. Mis à part la France où vivent 58,33% des lecteurs de Détails d’architecture, les dix pays d’où vient le plus grand nombre de visiteurs sont : l’Algérie, la Belgique, la Tunisie,les États-Unis, la Suisse, le Maroc, le Canada, le Liban, l’Italie et l’Espagne. Quant aux dix pays où Détails d’architecture accroche le moins, il s’agit de: les Fidji, le Honduras, Puerto Rico, les Seychelles, le Suriname, São Tomé et Principe, le Salvador, Saint-Martin, le Tadjikistan, la Trinité-et-Tobago et la Tanzanie.

En 2017, les papiers les plus sur Détails d’architecture sont :

1- La sélection 2018 de Détails d’architecture

2- Un distingué studio de photographe nommé « Light Shed »

3- A Perthes, une nouvelle école maternelle signée Tracks Architectes

4- Quand les formes simples émeuvent

5- Au Danemark, la première » maison biologique » au monde ouvre ses portes

6- La maison japonaise dans son écrin

7- Le bunker d’Épinay-sur-Seine  

9- En Chine, une bibliothèque qui apporte l’innovation

10- En bois et en béton, le petit bijou de Torquay

Les « tag » les plus recherchés en une année sont : « cabane », « recyclage », « reconversion » et « Afrique », « Autriche », « Corée », « Anvers », « artiste », « extension », « équerre d’argent ».

Un Grand Merci à tous les amis, connaissances, lecteurs qui depuis plus de dix ans lisent, accompagnent et suivent « Détails d’architecture ».

La Galerie d’architecture expose le Studio Razavi Architecture

©SipaneHoh

Baptisée « Maîtrise d’ouvrage particulière », la dernière exposition de la Galerie d’architecture met en honneur le travail du Studio Razavi Architecture. Une ambiance sobre où règne la couleur rose des maquettes mettant en avant une architecture sensible jusqu’au bout des détails. 

« Domesticity » n’est pas exactement la traduction littérale de« Maîtrise d’ouvrage particulière » mais ce double-sens du thème de l’exposition a aiguisé ma curiosité. Une visite au 11 rue des Blancs Manteaux était nécessaire.

Des maquettes jusqu’aux détails

Dès l’entrée de la Galerie d’architecture, le visiteur peut déceler la couleur dominante de l’exposition. En effet, tandis que de grandes maquettes de couleur rose posent les jalons du travail de l’agence exposée, les murs se tapissent d’énormes photos montrant certaines vues plus détaillées. Sans oublier le dessin d’architecture très cher à l’architecte.

 « L’architecture puise dans les rituels du quotidien. De la banalité de gestes répétés à
l’infini et d’une génération à l’autre, une expérience de l’espace – on pourrait parler de
tracé – est née. Ce que l’on désigne aujourd’hui par »programme » n’est autre que l’ensemble
des contraintes posées par quelques millénaires d’habitudes, en évolution constante. » Souligne Alireza Razavi dont j’avais déjà dressé le portrait et avec qui j’avais discuté de cette exposition qui a su non seulement mettre en avant avec beaucoup de tact les travaux de l’agence mais aussi révéler l’approche architecturale du personnage.

Des projets interdisciplinaires

Jusqu’au 12 janvier 2019, le visiteur peut ainsi découvrir plusieurs projets interdisciplinaires conçus par Alireza Razavi dont la fameuse Mountain House située à Manigod, en France, la maison pour un photographe qui se trouve àLoctudy, en France, la maison de ville de la 7ème avenue de Manhattan, le restaurant Boqueria de Times Square, la maison de quartier qui se trouve à Lancy en Suisse, les bureaux parisiens du siège social des assurances« La Parisienne », le projet de la gare maritime de Séoul ou encore le projet des tours à Téhéran entre autres. Parmi tous ces projets de tailles diverses, se glisse la table basse Clessidra, elle montre l’importance que donne l’architecte à toutes les réalisations  même celles de tailles modestes.

Aujourd’hui, le Studio Razavi Architecture implanté aussi bien à Paris, à Londres et à New York réalise des programmes divers qui forment une grande richesse. Cette dernière se matérialise à travers la fonctionnalité des plans, la justesse des matériaux et la sensibilité des formes…

©SipaneHoh
©SipaneHoh
©SipaneHoh

Pour plus d’information sur le Studio Razavi Architecture, voir: ici.

Quand les villes se dévoilent autrement

©David Maisel

 Voler, c’est regarder les villes autrement, c’est aussi découvrir les cités sous plusieurs aspects méconnus. La photographie des villes a toujours trouvé ses partisans. Pour se délecter, ces derniers peuvent visiter  « Survols » l’exposition qui donne aux images aériennes ses lettres de noblesse.

Le plan de masse est un élément important que l’architecte est censé fournir lors d’une déclaration de travaux. Néanmoins, si ce plan de masse se débarrassait de sa légendaire technicité pour se parer d’une certaine vivacité ? Le résultat serait une photo loquace qui raconte quelques intéressantes histoires.

A travers les âges

« Survols », c’est l’exposition qui se tient depuis le 8 novembre à la galerie du CAUE 92, à Nanterre. Il s’agit d’un nombre édifiant de documents d’archives accompagnés de travaux photographiques contemporains, le tout présenté avec la plus grande clarté mais aussi une éminente subtilité.

La photographie aérienne explore divers aspects de la ville, celui figé à l’instant T mais aussi celui qui a subi de maints changements tout au long de son existence. En effet, « Survols » dévoile la passionnante chronologie de la photo aérienne de l’époque antique jusqu’à nos jours. L’exposition se développe en deux parties. Tandis que la première, thématique, s’appuie sur une impressionnante collecte de documents d’archives pour retracer les divers usages de la photographie aérienne, la seconde, plus inattendue mais très ludique, présente une sélection de travaux d’auteurs contemporains qui offrent un nouveau regard sur le territoire. Sans oublier de pointer vers l’évolution des techniques de la photo aérienne depuis la première photo prise par Nadar en 1858 au petit Clamart non loin de Nanterre, jusqu’aux images satellites et les effets de la démocratisation de ces derniers par les drones et Google Earth.

Au-delà de la photo

L’évènement met en exergue plusieurs intéressants ouvrages comme « Aircraft » de Le Corbusier, il donne aussi l’importance à d’autres livres qui traitent du même sujet. Quant à la scénographie, il s’agit d’un simili-hangar qui a été monté exprès au sous-sol de la CAUE, où le visiteur découvre au fil de la photo mais aussi de certaines gravures, collages et souvenirs, l’histoire de la photographie aérienne. Les amoureux de cette dernière, peuvent ainsi décortiquer, observer, comprendre tout ce qui touche de près ou de loin au thème abordé. De Venise à Paris, en passant par New-York, la profusion des informations accapare tout visiteur.

Aujourd’hui, alors que la photo aérienne s’est standardisée, son emploi par les architectes ainsi que les urbanistes reste marginal et très spécifique à l’inverse des géographes ou des chercheurs dont le terrain de jeu est plus vaste. Le plan de masse ou la vue aérienne servent toujours à présenter un site, décrire l’insertion d’un projet mais il existe une minorité dont cette même vue aérienne inspire la créativité. Cette dernière n’a pas été négligée. Laure Waast et Olivier Namias, les commissaires de l’exposition l’ont bel et bien exposée, au sous-sol de la CAUE, à la sortie du hangar, tout une salle a été dédiée à la photographie contemporaine.

A travers des travaux d’artistes comme Olivio Barbieri, Michael Light, Jérémie Lenoir ou encore Luis Fernandes les visiteurs découvrent les nouveaux détours d’un art à part entière, rendu possible via la manipulation de certaines données géographiques mais aussi en mettant en avant certains aspects des vues aériennes. Bref, il s’agit d’une remarquable exposition que vous pouvez visiter jusqu’au 2 mars 2019.

– Horaires : de 12h à 19h du mercredi au samedi

– Lieu : CAUE 92, La Galerie, 9 place Nelson Mandela, Nanterre

© Luis Fernandes