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Au Portugal, une réalisation surprenante signée AND-RÉ Arquitectura

© Ivo Tavares Studio

Au Portugal, l’office de tourisme d’Alto Tâmega, ouvert depuis septembre 2020, est l’œuvre de l’agence AND-RÉ Arquitectura qui a accompli un travail sobre, fin et élégant. Matières et textures se croisent pour un résultat aussi charmant que surprenant.

Un bâtiment circulaire

L’édifice est le résultat d’un concours public organisé par la Communauté Intercommunale d’Alto Tâmega (CIMAT) qui souhaitait la construction d’un office de Tourisme représenté par les six municipalités qui la composent (Boticas, Chaves, Montalegre, Ribeira de Pena, Valpaços et Vila Pouca de Aguiar). Situé dans le jardin Tabolado, à Chaves, le bâtiment d’environ 100 m² et sa forme circulaire interpelle.

L’ensemble est construit à l’aide d’une base structurelle de piliers et de poutres en bois sur une dalle de béton complètement recouverte à son tour de lattes de bois. Le bâtiment circulaire en bois tourne vers son environnement naturel, mettant en avant l’image que cette région représente.

La simplicité du programme se reflète dans la forme du bâtiment, la lisibilité des fonctions et la clarté des contenus touristiques. Les architectes nous racontent que le plan en forme de cercle est dessiné comme une conséquence naturelle, répondant à la fois aux divers aspects pratiques (le parcours des visiteurs et même l’affichage de l’information) mais aussi les aspects formels. Il en résulte un bâtiment qui est à la fois lié au paysage urbain et naturel de son environnement.

Et durable

Les différents espaces sont organisés le long d’un axe principal qui commence par un espace extérieur couvert, premier contact avec le programme. En entrant, l’ensemble s’ouvre dans une seule salle à aire ouverte, capable de recevoir plusieurs visiteurs simultanément. Les locaux techniques et les toilettes sont cachés dans l’épaisseur de la paroi. La visite se termine par une vue dégagée sur un miroir d’eau symbolique qui évoque la rivière Tâmega qui identifie cette région comme l’une des zones thermales les plus importantes du Portugal.

Les choix techniques et constructifs visent à répondre aux principes rigoureux de durabilité comme l’orientation solaire de la pièce principale, l’emplacement et l’ombrage des fenêtres mais aussi les huisseries en bois double vitrage, les panneaux solaires, la toiture en zinc, la réutilisation de l’eau, l’utilisation de hauts niveaux d’isolation et la présence du bois à la fois comme structure et façade. Tout cela fait de ce bâtiment une référence en matière de durabilité. Le choix du bois comme matériau principal dans tout le bâtiment reflète les valeurs et les symboles d’une région où la nature est la principale attraction.

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de AND-RÉ Arquitectura : ici.

Les photos : © Ivo Tavares Studio

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Éphémère, la nouvelle crèche de l’hôpital Saint-Louis

© Benoît Florencon

Au cœur de la capitale française, les architectes de l’agence Janez Nguyen (Robert Janez et Emmanuel Nguyen) en collaboration avec les architectes de l’agence Linia viennent de réaliser une crèche démontable et éphémère qui se caractérise par son ossature en bois, son enveloppe en zinc et sa toiture végétalisée.  

Une réalisation subtile

A Paris, au milieu des bâtiments historiques de l’hôpital Saint-Louis nous pouvons remarquer une petit construction aussi coquette qu’esthétique. Il s’agit de la crèche de 48 berceaux que conçue et réalisée avec soin par les deux agences d’architecture Janez Nguyen et Linia. Mais tout d’abord, pourquoi une crèche dans l’enceinte de l’hôpital ?

C’est la convention cadre entre entre la Ville de Paris et l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui est la raison. En effet, il s’agit d’un partenariat qui vise à amplifier l’accueil des familles parisiennes dans les crèches de l’APHP. Ce projet appartient à un vaste programme de réalisation de crèches municipales visant à utiliser de manière optimale le foncier situé sur le territoire parisien tout en proposant des structures modulables et démontables, pouvant être recyclées pour être repositionner ailleurs. Il s’agit donc d’une volonté politique qui rend service à une multitude de familles concernées. De ce fait, la crèche multi-accueil Saint-Louis fait partie de ces structures réalisées. Elle a une capacité d’accueil de 48 enfants de 3 mois à 3 ans ainsi que le personnel composé de 12 agents permanents.

Cependant, la construction d’un tel équipement au sein d’autres bâtiments historiques, n’est pas une mince affaire. Forts de leurs capacité d’adaptation et de leur polyvalence, les architectes ont engendré une réalisation subtile capable de se glisser dans le tissu urbain alentours tout en se dotant d’une identité à part entière. Ainsi, en se basant sur le style architectural des bâtiments voisins tout en respectant l’environnement patrimonial, les architectes ont proposé un équipement aux lignes fluides, aux traits spécifiques et aux textures posées. Il en résulte un bâtiment harmonieux croisant astucieusement le bois et le zinc et qui réinterprète les quelques codes des façades alentours. C’est un travail fin, à la fois concis et rigoureux qui a engendré un lieu unique et singulier.

Un bâtiment innovant

Les architectes nous racontent que l’inspiration de la résille provient des vitraux de la chapelle Saint-Louis attenante à la parcelle. Ainsi, l’emploi d’une résille participe non seulement à minimiser l’échelle de l’édifice dans le contexte bâti environnant, mais lui confère une image adaptée à un équipement de petite enfance. Par ailleurs, nous remarquons que certains détails comme les baies en double hauteur reprennent le dessin des baies des bâtiments avoisinants. L’entrée de la crèche se poursuit telle une rue intérieure au milieu du bâtiment. Les autres pièces baignent dans la lumière grâce à leurs grandes baies vitrées qui donnent sur le jardin avoisinant.  

Les architectes qui ont pensé à tout n’ont pas négligé le côté durable du projet, en effet, ils ont conçu une toiture végétalisée qui participe à la rétention d’eau mais aussi, à sa manière, à la sauvegarde de la biodiversité animale et végétale, offrant d’une part un espace accessible aux oiseaux et aux insectes et d’autre part maintenant une diversité végétale. A la demande de la Ville de Paris et en prenant en compte les diverses exigences du programme, le projet s’inscrit dans la lignée des bâtiments innovants. En effet suite à ses qualités de construction qui confèrent à l’ensemble des capacités de démontage et de réutilisation tout en adoptant le processus de la filière sèche, la crèche qui se caractérise par le principe constructif de la préfabrication en bois, pourra restituer la parcelle à l’hôpital quand il le faudra et avec le moindre budget.

La crèche de Janez Nguyen et Linia, qui se déploie sur deux étages, intègre parfaitement le site, très emblématique, de l’hôpital Saint-Louis. L’équipement, qui se caractérise par deux façades très différentes dont l’une présente des modules à ossature bois, habillée par une dentelle de zinc et l’autre vitrée, dont le trame est le prolongement des poutres des planchers en caissons de bois préfabriqués, se démarque par sa compacité et apporte une nouvelle touche à l’environnement plutôt classique des bâtiments de l’hôpital Saint-Louis. Un seul mot d’ordre se caractérise cette réalisation : l’excellence.

© Benoît Florencon
© Benoît Florencon
© Benoît Florencon
© Benoît Florencon
© Benoît Florencon

 Le site de Janez Nguyen Architectes (Mandataires du groupement) : ici.

Les photos : © Benoît Florencon

Un Penthouse à Seattle, mais pas n’importe lequel…

© Tim Van Asselt

Aux États-Unis, construite en 1914, la Smith Tower était la structure la plus haute à l’ouest du Mississippi lors de son achèvement. Aucune dépense n’a été épargnée dans la construction de cet ambitieux bâtiment de 462 pieds de haut, avec des intérieurs et des finitions prospères et des détails ornés. Aujourd’hui, cette figure emblématique de la skyline de Seattle abrite des bureaux et des espaces commerciaux surmontés d’une terrasse d’observation au 35ème étage. Le sommet en forme de pyramide de la tour comporte un appartement penthouse unique en son genre récemment revisité par l’agence d’architecture Graham Baba Architects.

Une merveilleuse épopée

Les architectes nous racontent la merveilleuse épopée de la Smith Tower et soulignent que malgré sa position enviable au-dessus des toits de la ville, la base de la pyramide était à l’origine utilisée pour un espace d’entretien du bâtiment, et le sommet de la tour abritait une grande citerne d’eau pour le système d’extinction d’incendie, un équipement resté jusqu’à 1940. La partie inférieure de la pyramide, comportant aujourd’hui le niveau principal de la penthouse, a connu différents changements pour diverses utilisations, notamment en tant qu’espace de bureau et studio de diffusion radio dirigé par le célèbre Roy Olmstead et sa femme Vivian, qui aurait diffusé des informations codées pendant l’émission d’histoires radiophoniques de ses enfants. À la fin des années 1990, l’espace négligé et sous-utilisé a été converti en un appartement excentrique par le biais d’un bail de 20 ans.

La dernière rénovation, achevée cette année, s’appuie sur l’opportunité unique de vivre au sommet de l’une des structures les plus emblématiques de Seattle, transformant l’appartement en un espace neuf et contemporain qui célèbre le caractère du bâtiment et les particularités de son histoire et de sa forme. La nouvelle disposition à deux niveaux a été soigneusement étudiée pour maximiser l’espace dans le volume à l’échelle modeste et de forme unique, et pour souligner l’expérience particulière de la vie dans une pyramide au-dessus de la ville.

Le niveau supérieur, où la matérialité et la forme de la pyramide sont le plus directement perceptibles, est programmé comme l’espace de vie principal avec la cuisine, le salon et la salle à manger se côtoyant ensemble dans un seul plan ouvert. L’espace ci-dessous contient une tanière, une salle de bain et une suite principale qui peuvent être fermées pour plus d’intimité tout en s’alignant sur la vue sur la ville dans des cadres plus intimes. Dans tout l’appartement, l’équipe de conception a trouvé des opportunités intelligentes d’interagir avec les conditions uniques de l’espace, y compris les murs inclinés, les fenêtres basses et l’inévitable ascenseur mécanique historique existant.

Un espace efficace

Les architectes ont commencé par le retrait de nombreuses cloisons ajoutées dans la pyramide, ouvrant le plan d’étage de sorte que tous les espaces du volume de forme unique se croisent. La grande masse de l’ascenseur mécanique est recouverte d’un noyau central de meubles en chêne blanc, abritant un espace de rangement et une salle de bain améliorée, comprenant des toilettes avec des portes en verre dépoli, une vanité en chêne blanc et une douche à l’italienne. Tous ces éléments sont alignés de sorte qu’ils forment un volume continu, gardant l’espace efficace et préservant la masse propre et monolithique du noyau. La suite parentale occupe le périmètre en forme de L autour du noyau, permettant une vue et une circulation ininterrompues le long des murs sud et est. Le seul volume fermé, une salle d’eau au mur est, crée une séparation entre l’escalier d’entrée et la chambre. Avec un espace limité, la salle d’eau profite efficacement de chaque centimètre carré de l’espace qu’elle occupe, en glissant les meubles dans les parties de hauteur inférieure de la pyramide et en incorporant une porte unique avec un coin intérieur, qui offre un espace supplémentaire au palier d’entrée et se replie contre la douche lorsqu’elle est ouverte. Entre ces deux volumes, une grande porte pivotante peut être fermée pour donner de l’intimité à la chambre à coucher ou bien elle peut être laissée ouverte pour que tout l’espace puisse être vécu. Une rangée verticale de planches de chêne teinté fait écran à l’escalier d’un petit salon à ce niveau principal avec une fenêtre cachée derrière le noyau central.

Le deuxième étage pyramidal abrite les principales fonctions de vie, y compris un espace cuisine-salle à manger-salon entièrement ouvert. L’équipe a remplacé toute la cuisine par deux comptoirs bas qui comprennent des tiroirs de réfrigérateur et de congélateur situés sous le comptoir, des appareils améliorés et des sièges de bar pour les réunions de famille. Les finitions lumineuses complètent l’espace sans détourner l’attention du volume global. En quittant cet espace, un escalier en acier d’origine mène à une passerelle avec une bande de fenêtres supplémentaires, et une dernière volée jusqu’à un escalier en colimaçon suspendu qui amène le visiteur à la salle des lanternes,. Cette dernière comporte une boule de verre et d’acier tout en haut du bâtiment qui peut être étroitement occupé pour une vue panoramique sur Seattle.

Une vue à 360 degrés

Un luminaire conçu et fabriqué sur mesure par le studio de Seattle House of Sorcery est suspendu à travers la passerelle au centre de l’espace. La palette de matériaux riche mais simple de l’appartement se compose de panneaux muraux en chêne blanc teinté, de garde-corps en acier noirci et de comptoirs et de carreaux de quartz gris foncé. Sur les deux niveaux, le parquet a été restauré en planches de chêne teinté. Au niveau supérieur, où la structure existante est laissée visible, un fossé de roche de rivière noire polie remplit l’espace irrégulier entre le nouveau plancher et le périmètre ondulant des supports inclinés exposés. L’éclairage à bande LED le long du périmètre de l’espace fournit de la lumière douce le long des murs inclinés. L’éclairage sur rail est intégré à la passerelle et longe la structure exposée pour fournir un éclairage supplémentaire à la pièce sans détourner l’attention du luminaire présenté.

Les murs et les plafonds extérieurs en béton, qui sont exposés à l’espace de vie au deuxième niveau, sont peints en blanc pour refléter la lumière et contraster avec les riches finitions des nouveaux murs et meubles intérieurs. De petites fenêtres de forme triangulaire ponctuent les murs d’enceinte des deux étages, offrant une vue à 360 degrés sur la ville de Seattle. Les sièges de fenêtre, situés dans les ouvertures profondes offertes par les murs inclinés, ont été améliorés et équipés d’un accès à des systèmes de stockage et mécaniques supplémentaires. Parce que l’espace n’a pas été conçu à l’origine comme une terrasse d’observation ou une résidence lors de sa conception, les fenêtres se trouvent en dessous d’une hauteur donnée, ce qui ajoute l’expérience unique d’optimiser la lumière et les vues tout en étant assis dans l’espace.

L’échelle des fenêtres, ainsi que leur positionnement bas le long de la pyramide, font de la vue une expérience beaucoup plus intime qui fonctionne à merveille dans un cadre domestique. Plutôt que de balayer des vues panoramiques, chaque fenêtre encadre une vue contenue, dirigeant le regard autant vers le bas sur un échantillon de la ville que vers l’extérieur vers les montagnes et la baie au-delà. Pour l’architecte Graham Baba, qui avait auparavant travaillé sur le rafraîchissement du niveau d’entrée qui comprenait un centre d’accueil et une boutique de cadeaux ainsi que l’observatoire et le bar historiques, le projet était une opportunité incroyable de continuer à écrire le prochain chapitre de l’histoire d’un immeuble de Seattle.

© Tim Van Asselt
© Tim Van Asselt
© Tim Van Asselt
© Tim Van Asselt
© Tim Van Asselt

Le site de Graham Baba Architects : ici.

Les photos : © Tim Van Asselt

Le Weisses Kreuz d’Innsbruck retrouve sa splendeur grâce à noa*

© Alex Filz

L’hotel Weisses Kreuz, situé dans le centre-ville d’Innsbruck, invite ses hôtes à un voyage dans le temps rafraîchissant et coloré avec 48 nouvelles chambres et suites, où l’agence d’architecture noa* a créé le cadre parfait.

Une mode intemporelle

Pas d’angle droit en vue dans le coin ! la vénérable maison de Herzog-Friedrich-Straße, qui date des années 1460, est un bâtiment situé dans l’une des rues historiques d’Innsbruck et dont l’architecture consiste en un condensé d’éléments architecturaux d’un large éventail d’époques historiques, ayant subi une transformation constante. Pourtant, les caractéristiques distinctes de chaque période se confondent dans une mode intemporelle pour former une symbiose d’urbanisme.

Au rythme des siècles, l’Hôtel Weisses Kreuz s’inscrit dans ce modèle, offrant un défi architectural attrayant pour noa*. Non loin du célèbre Goldenes Dachl (le Toit d’Or), l’hôtel a toujours été une destination populaire que ce soit pour les voyageurs célèbres ou les célébrités historiques, comme Wolfgang Amadeus Mozart, qui y séjourna à l’âge de 13 ans en 1769. Le bâtiment est étroit et allongée vers l’arrière, son arcade orientée vers l’avant se marie parfaitement avec le tissu de la ville. Lors de la refonte, un niveau loft a été ajouté aux six étages, qui ont été prolongés avec délicatesse tout en respectant les règles locales de conservation. Le nouveau loft est méticuleusement chorégraphié. D’une part, il s’adapte au quartier et au paysage urbain en conservant sa pente d’origine vers l’élévation avant, mais à l’arrière, il s’élève en hauteur et s’ouvre sur six cubes de verre offrant une vue magnifique sur les toits de la ville. De là, les clients peuvent goûter à un panorama unique, englobant les monuments importants alentour.

Un voyage dans le temps

Les clients sont invités à commencer leur voyage dans le temps au rez-de-chaussée. En effet, l’ascenseur est accessible par un long couloir ponctué de deux « obstacles en miroir ». Les invités se voient réfléchis, mais en même temps toutes les frontières sont dissoutes par les murs en miroir et le plafond, l’architecture cesse d’exister, l’immersion est complète. Dès l’entrée, les visiteurs sont transportés loin de leur propre époque. L’ascenseur les emmène directement au nouveau sixième étage, où un accueil chaleureux les attend. Là, la première chose qu’ils remarqueront est un meuble dominant dans la salle longue. Il s’agit d’une table en laiton, fabriquée sur mesure, de 13 mètres de long avec une ornementation baroque. La table sert au petit déjeuner buffet, mais aussi comme bar ou comme un lieu de rencontre convivial en soirée, ouvert également aux non-clients de l’hôtel. L’existence de la table est renforcée par le parquet en chêne fumé, et le laiton offre un contraste royal avec le bleu foncé qui domine la pièce. Le bleu choisi figure également au nom de cette icône « Zur blauen Brigitte » (Bleu Brigitte), du nom de l’un des deux propriétaires de l’immeuble. Le loft bleu, avec ses baies vitrées, ses alcôves vitrées et sa vue à couper le souffle, offre une atmosphère chaleureuse. L’éclairage offre une ambiance éclectique agrémentés de plusieurs touches en rose clair et jaune ocre. La signature du projet « Baroque Chic Shock » est évidente par ses caractéristiques variées et particulières. Le minimalisme et les espaces blancs sont inexistants, tout, jusqu’aux détails techniques, a été coloré, décoré et agrémenté. L’histoire dynamique du bâtiment refait surface et le nouveau chapitre qui est en train d’être écrit apparaît petit à petit.

La couleur fait partie du voyage

Les nouvelles chambres et suites sont situés aux étages inférieurs. Malgré l’irrégularité architecturale des planchers, avec leurs plafonds gothiques, leurs arches et leurs hauteurs variables, noa* a réussi à apporter une sorte de calme à la folie. Les chambres d’hôtes côté rue permettent de se plonger dans l’agitation de la vieille ville d’Innsbruck simplement en regardant par la fenêtre, tandis que ceux qui font face à la cour intérieure se dotent d’un patio ou d’un balcon intérieur créant un idylle isolée. Pour la partie centrale et sans fenêtre du bâtiment, les architectes ont imaginé une façon particulièrement ingénieuse d’utiliser l’espace tout en permettant à ces pièces de recevoir la lumière naturelle. En effet, les concepteurs ont éclairés l’ensemble par une cour intérieure qui s’étend entre le premier et le sixième étages où se forme une petite terrasse privée et paysagée. Les chambres possèdent des codes de couleurs cohérents. Chaque pièce présente une couleur monochrome et devient le cadre de divers éléments baroques. La couleur fait partie du voyage. Chaque teinte donne une indication de la configuration de la chambre respective. Par exemple, les chambres rouges sont légèrement plus spacieuses que celles en bleu clair, tandis que les chambres en bleu foncé ont un balcon, et les chambres vertes ont une terrasse donnant sur la cour. Par ailleurs, les chambres grises sont toutes à deux lits. Tout le mobilier est en harmonie avec la couleur choisie, la moquette et le carrelage sont à la couleur des murs, des rideaux et des meubles. Le thème baroque se reflète dans des détails particuliers comme une pied de lavabo ou une commode qui portent des traits baroques. Ces derniers sont encore plus accentués, par une série spécialement créée de photographies de dames opulentes qui reprennent le leitmotiv du « Baroque Chic Shock » à travers des accessoires fantaisistes.

Des surprises et des secrets

Au premier étage, toutes les chambres ont une terrasse vitrée et un grand espace extérieur. le point culminant de cet étage est la chambre « Superpatio » avec son décor de jungle verte, un petit oasis avec des meubles anciens et un lit d’une forme inhabituelle. Au deuxième étage, se trouve la « Suite Mozart » qui constitue la retraite spacieuse où Mozart reposait autrefois. Ici, des éléments grandioses abondent en rouge et or. En hommage au célèbre compositeur et grand joueur, une table de billard orne la pièce. Une autre curiosité se trouve au troisième étage. IL s’agit d’une « armoire à balais », la plus petite pièce de l’hôtel, qui reste totalement inachevée. Avec ses murs non enduits, c’est l’espace « sans style » de l’hôtel où l’on trouve la raquette de tennis signée d’un célèbre champion de Wimbledon qui orne le mur. Le quatrième étage se prolonge dans le bâtiment voisin, il s’agit du Frank House qui dispose de 10 chambres supplémentaires. A cet étage se trouve la salle « Toit d’Or » avec son opulent mobilier doré. L’ensemble a été nommé d’après le toit d’or, qui peut être aperçu de la baie vitrée.

A l’hôtel remanié par noa*, ce ne sont pas seulement les formes irrégulières qui évoquent l’histoire, mais aussi les peintures murales découvertes pendant le projet. Elle racontent les histoires d’auteurs inconnus. Le Weisses Kreuz prend un nouveau départ avec un concept neuf, il regorge de surprises et de secrets. Par ailleurs, les rêves et les anecdotes d’autrefois s’étendent jusqu’au loft dont les baies vitrées mettent le ciel étoilé à portée de main.

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz

Le site de noa* : ici.

Les photos : © Alex Filz

Au Japon, une impressionnante bibliothèque signée Mari Ito/UAo

© Daici Ano

Au Japon, la municipalité de Nasushiobara vient de se doter d’une impressionnante bibliothèque publique. En effet, niché au cœur de la ville, à 150 km de la capitale japonaise, l’équipement compacte et dynamique a été réalisé par l’architecte Mari Ito et son agence UAo.

La forêt comme inspiration

Le projet a été attribué à l’agence UAo lors d’un concours en 2016. Selon l’architecte, les forêts ainsi qu’une partie importante de l’identité de la ville, ont inspiré la conception. « Lorsque nous entrons dans une forêt, nous ressentons les changements subtils mais constants de la saison, du temps et de la vie végétale et animale, absorbant ces transformations de multiples manières émotionnellement puissantes. » Déclare l’architecte. De la même façon, lorsque les visiteurs se promènent librement dans la bibliothèque, ils subissent divers changements subtils qui se déroulent à travers des frontières doucement définies. Ils peuvent aussi goûter aux différentes expositions affichées occupant divers endroits du bâtiment.

Grâce à la stimulation de plusieurs sens, l’architecture est destinée à proposer de nouvelles expériences. Le premier étage est un espace vivant et accessible rempli de nombreuses subtilités qui s’entrecroisent, tandis que les amoncèlements du deuxième étage offrent un espace confortable pour se perdre dans la lecture ou la recherche. Trois caractéristiques clés caractérisent le bâtiment : les poches forestières, les étagères rayonnantes et la ligne des feuilles.

Un espace interconnecté

Les « poches forestières » sont des atriums ressemblant à de petites clairières dans les bois où le ciel devient soudainement visible et la lumière est présente. Ces espaces n’ont pas de but clairement défini mais sont plutôt disponibles pour des événements collectifs, des expositions et d’autres utilisations. Les sons et les images s’échappent vers le haut et vers l’extérieur, permettant aux personnes dans d’autres parties du bâtiment de ressentir l’activité dans ces espaces.

Les « étagères rayonnantes » forment le squelette de l’ensemble du bâtiment. Au premier étage, les lignes de vue filtrent à travers les cloisons en treillis qui divisent doucement l’espace comme si l’on regardait entre les arbres dans une forêt, créant un panorama interconnecté et en constante évolution d’activités en couches. Au deuxième étage, les « étagères rayonnantes » forment une version réelle des standards utilisés dans le système de classification des bibliothèques japonaises, améliorant la recherche et permettant des itinéraires de circulation qui traversent les piles catégorisées.

La « ligne des feuilles » est un plafond à persiennes couvrant tout l’intérieur, il est doté sur le bord inférieur d’une couronne de forêt. Les variations de hauteur dans la forme polyédrique créent un certain nombre d’espaces vaguement divisés de taille variable. La lumière tachetée se déverse à travers les persiennes jusqu’au premier étage, créant un environnement lumineux varié. Le résultat est un espace interconnecté ressemblant à une forêt qui enveloppe doucement les visiteurs, transformant le paysage urbain environnant ainsi que l’activité quotidienne des personnes qui se réunissent dans la bibliothèque pour apprendre et participer à des événements en une variété de scènes en constante évolution.

Aujourd’hui, on ne s’attend plus à ce que les bibliothèques publiques servent uniquement de « troisième lieu » où les gens peuvent se rassembler, mais aussi qu’elles suscitent un apprentissage et une interaction vitaux qui se répercutent sur l’ensemble des utilisateurs des lieux tout en contribuant au développement de la ville dans son ensemble. La prise de conscience et les connaissances que les individus acquièrent dans cette « forêt de mots » ressemblent à une ressource puissante capable de déclencher des changements importants et d’inspirer une prise de conscience durable dans la ville au sens large. Ce sont les idéaux que la bibliothèque municipale de Nasushiobara incarne.

© Daici Ano
© Daici Ano
© Daici Ano
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© Daici Ano

Le site de l’agence Mari Ito/UAo : ici.

Les photos : © Daici Ano

Au Portugal, Tiago Sousa réveille les ruines

© Ivo Tavares Studio

Au Portugal, à Romarigães, dans la municipalité de Paredes de Coura, l’architecte Tiago Sousa vient de terminer la réhabilitation qui consiste à construire une maison au sein des ruines. Un projet atypique que l’architecte a manié avec une grande adresse.

Intimement lié au site

Le projet de réhabilitation représente toujours le conflit entre la mémoire du passé et les expériences ainsi que les tendances de la vie contemporaine. Le volume existant a une configuration singulière. De forme rigide et rigoureusement construit, semblable aux maisons typiques de la région, le bâtiment intimement lié au site où il se trouve constitue une sorte de mais charmante « place » rurale. Dans ce contexte, l’architecte a proposé un nouveau volume, avec l’intention de provoquer des sentiments contradictoires à l’observateur.

La construction qui en résulte explore, selon l’architecte, l’équilibre et la tension entre l’existant et la forme proposée. « Sa couleur, sa matérialisation, sa forme et sa position, provoque une distinction délibérée entre l’ancien et le nouveau » Souligne Tiago Sousa.

Le but de ce projet est de construire une maison unifamiliale. Le programme est développé sur deux niveaux, tandis que les espaces collectifs se trouvent à l’étage inférieur, la partie intime composée de deux chambres et d’une salle de bain prend place à l’étage supérieur. La cuisine, salle à manger et salon sont organisés du nord au sud.

Le vaste espace est organisé à la fois par un volume de rangement central fermé (protégeant l’espace de travail de la cuisine et par les escaliers qui accèdent à l’étage supérieur. Selon l’architecte, l’escalier, avec ses lignes fluides et curvilignes, se présente comme un élément ornemental. C’est aussi une pièce sculpturale en béton et bois qui sépare la salle à manger de l’espace de vie. L’étage supérieur est divisé en deux chambres et une salle de bain. Une chambre située côté nord et une autre côté sud, les deux pièces sont symétriques, de mêmes dimensions, respectant la symétrie constante du plan.

Simplifier l’intérieur

Toutes les pièces sont fermées et indépendantes. Pour cette raison et dans l’intention de simplifier l’intérieur, l’architecte a utilisé le revêtement en bois naturel « sapelly » sur les murs et les portes afin de créer des surfaces plus uniformes et abstraites. Même le cadre et les poignées des portes sont imperceptibles dans ce revêtement. Sans aucune extension à l’empreinte d’origine, le programme est organisé au sein des limites subsistantes, en tissant un joli lien entre l’intérieur et l’extérieur. A travers une large surface vitrée et une paroi en béton, l’intensité de la lumière du soleil est maîtrisée.

Tiago Sousa a accompli un travail fin qui prend en compte l’existant tout en apportant une nouvelle touche car selon lui, il est important de comprendre le caractère de tout site afin de concevoir et d’organiser un projet cohérent.

© Ivo Tavares Studio
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Pour plus d’information sur Tiago Sousa : ici.

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