Archives du mot-clé Tadao Ando

« Regard sur l’architecture de Tadao Andô »

Regarder une œuvre n’est jamais objective, à chacun sa manière. Tandis que certains contemplent l’ensemble, d’autres s’imprègnent du contexte et quelques uns cherchent les détails. A chaque architecture son public, ses amoureux ou encore ses détracteurs. « Regard sur l’architecture de Tadao Andô » est un ouvrage unique dans son genre où le lecteur suit les traces de l’architecte à travers le regard de Yann Nussaume.

L’auteur n’est pas un inconnu, loin de là, il s’agit d’un personnage qui a déjà écrit un premier livre sur l’architecture de Tadao Andô. Avec « Regard sur l’architecture de Tadao Andô », Nussaume continue son exploration en traitant des particularités géographiques ainsi que climatiques des ouvrages du grand architecte. Et comme l’architecture née du contexte, la relation entre ces deux éléments est largement commentée dans ce livre.

Le livre commence par l’expression suivante : « Ce livre peut se découvrir de différentes manières… » En effet, présenté par Augustin Berque, la partie « Milieu et architecture » peut être parcourue par le lecteur au début comme à la fin ou encore tout au long des questionnements et des délicieuses découvertes. Quant aux autres parties du livre, elles présentent un voyage inédit où le lecteur découvre les croquis, les projets mais aussi des bribes de la vie de Tadao Andô.

De sa naissance dans l’un des quartiers populaires d’Osaka jusqu’à sa réalisation du cimetière de Makomanai Takino de Hokkaidô en passant par ses œuvres connues comme l’église sur l’eau ou la maison Ishihara, l’immersion dans les ouvrages de Tadao Andô est comlpète. Les différentes périodes du travail de l’architecte, les diverses évolutions de ses projets ainsi que son architecture toujours à même n’échappe pas au lecteur qui semble, tout au long de ce livre, vivre l’architecture avec son auteur.

« Regard sur l’architecture de Tadao Andô » est un manuel d’architecture qui vaut bien le détour !

Quelques réflexions (2)…

Abou-Dhabi : Vers une capitale culturelle…

Abou-Dhabi, la capitale des Emirats arabes unis, est un mélange architectural étrange où les immeubles de trente ans côtoient ceux d’aujourd’hui. Vu sa situation géographique, se trouvant sur une île, reliée par deux ponts, l’extension reste limitée si ce n’est qu’impossible. A partir de là, chaque nouveau projet devrait remplacer forcément un ancien. On assiste à une recomposition et une restructuration lente de toute une ville où l’on peut encore trouver d’anciens quartiers qui ont existé il y a plus de trente ans avec leur ambiance typique d’autrefois.

Mais Abou-Dhabi prétend à une appellation plus prestigieuse qu’une simple capitale administrative. Malgré la difficulté de son extension, et à cause de la concurrence de sa rivale Dubaï qui se trouve à moins de 150 km, elle cherche à avoir une reconnaissance internationale connue sous le nom de « capitale culturelle ».

Géographiquement riche par l’existence de quelques îles naturelles qui longent sa côte, elle va imaginer l’implantation de plusieurs projets internationaux, conçus et étudiés par les agences d’architecture les plus connues et puissantes de la planète. Du jour au lendemain, on y verra défiler des noms de stars comme Jean Nouvel, Zaha Hadid, Frank Gehry et Tadao Ando.

Ces noms seront liés à des constructions culturelles qui vont marquer à jamais la capitale et qui viendront compléter tout un programme balnéaire conçu pour attirer les investisseurs et les touristes étrangers. Mais à présent, il y a beaucoup à faire, les projets sont lancés, les terrains prêts, la publicité à son comble mais il va falloir attendre encore quelques années pour voir concrétiser un rêve tant souhaité…








Les photos : © Sipane Hoh

Au vertical…

L’architecte Tadao Ando, originaire de la ville japonaise de Kobe, a conçu cette petite maison pour son client célibataire qui voulait avoir une vue imprenable sur la mer. Avec une parcelle très étroite, située entre une voie ferrée et la mer, l’architecte a réussi une maison qui utilisait seulement le tiers de la surface de la parcelle. Construite entièrement en béton, matériau que Ando maîtrise à merveille, avec la répartition des charges d’étage en étage, il n’a pas hésité à placer une salle de bain à l’entrée, une chambre au premier, ni la cuisine au dernier, avec son périmètre 4X4, cette maison est devenue un exemple dans la région à tel point que quelques années plus tard, un autre client lui demandait sa jumelle…

Plus de photos et de détails sur cette maison: ici.
D’autres réalisations de cet architecte: ici et .

l’église de la lumière…

Placé dans un coin dissimulé, dans un faubourg résidentiel tranquille qui s’appelle Ibaraki, à Osaka, au Japon, ce petit ensemble comprend deux bâtiments modestes, disposés en angle, s’orientant avec la trame relative à la voie publique de l’urbanisation. L’accès à l’ensemble est intentionnellement indirect, contrairement à beaucoup d’églises en Occident.

L’église principale, est une boîte de de 6 x 6 x 18 m transférée latéralement par une paroi tournée 15 degrés en ce qui concerne l’axe principal. Le mérite de Tadao Ando n’est pas seulement d’introduire cet élément oblique, qui dynamise l’espace calme de l’ensemble, mais le séparer par quelques centimètres de la couverture, en permettant que la lumière soit horizontalement filtrée et en donnant l’impression que le plafond flotte dans l’air.
Après l’autel, un détail saisissant, une ouverture cruciforme, qui donne à cet intérieur tout son charme divin…

Tadao Ando une fois de plus, montre la force d’une architecture minimaliste…
voir: Tadao Ando