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Au Texas, Clayton Korte réalise un projet épuré

© Casey Dunn

Une Cave à vin qui se trouve à Hill Country et située à l’est du Texas, c’est le projet mené à bien par l’agence d’architecture Clayton Korte. Une réalisation sobre et épurée qui sert de destination touristique et gustative le long de la rivière Blanco.

Disparaître dans le paysage

Enfouie dans la face nord d’une colline aux roches calcaires, le projet doublé de béton projeté est protégé à l’est et à l’ouest par de grandes chênes et des ormes, ce qui lui permet de presque disparaître dans le paysage indigène. Conçue et réalisée par les architectes de l’agence Clayton Korte, l’ensemble possède plusieurs qualités.

La cour d’entrée extérieure est sans prétention, elle révèle un peu de mystère car elle ne donne qu’un aperçu de ce qui se trouve à l’intérieur. De lourds rochers de calcaire, collectés lors de l’excavation, et une végétation luxuriante camouflent davantage l’entrée surtout en descendant dans l’embouchure de la grotte. Un salon de dégustation, un bar, une cave à vin et des toilettes sont tous nichés dans un tunnel existant de plus de 5m de hauteur sur 21m de profondeur.

L’ouverture extérieure de la grotte est coiffée d’un portail en béton formé de panneaux qui épousent les surfaces irrégulières du calcaire. L’ensemble retient structurellement la cavité de la terre coupée. Les architectes nous racontent que le béton est censé se patiner naturellement au fil du temps, car la mousse et le lierre indigènes s’accrochent à sa surface et grimpent sur les murs de calcaire pour fondre davantage le mur dans son environnement.

Un contraste de pierre, de béton et de bois

L’intérieur, drapé de chêne blanc, à la fois brut et noirci, se mélange au sapin de Douglas à grain vertical pour lambrisser les murs et les plafonds suspendus comme un contraste chaleureux avec le béton plus robuste et la pierre qui l’entoure. Des fenêtres en acier et en bois isolées et thermiquement isolées assurent la séparation entre l’intérieur et l’extérieur, ainsi que le salon divertissant et la cave réfrigérée.

Le bois de cèdre a été récupéré, il est utilisé pour les surfaces du comptoir, pour le bar de dégustation et les toilettes. « C’est comme un bateau dans une bouteille », note Brian Korte, FAIA, l’architecte principal du projet qui rajoute : « Les composants en bois sont volontairement tenus à l’écart des murs de la grotte existante afin que la pièce reste adaptable. » Conçue sous le contour entièrement voûté à l’arrière de la grotte, la cave privée est entourée de caissons permettant de stocker une collection privée en constante expansion de +/- 4000 bouteilles. Cet espace est thermiquement contrôlé par les températures souterraines naturellement plus froides avec un refroidissement supplémentaire pour aider à maintenir une atmosphère optimale de 55 à 60 degrés. Tout a été étudié avec la plus grande finesse pour engendrer une réalisation originale, fonctionnelle et séduisante. Les architectes ont réussi le difficile exercice qui leur a été octroyé et le résultat est extraordinaire !

© Casey Dunn
© Casey Dunn
© Casey Dunn
© Casey Dunn
© Casey Dunn

Architecture et architecture intérieur: Clayton Korte ; Ingénieur structure: SSG Structural Engineers; Ingénieur civil: Intelligent Engineering Services; Conception d’éclairage: Studio Lumina; Ingénieur mécanique: Positive Energy; Maîtrise d’ouvrage béton: Dash Concrete; Abrication de l’acier: Fasone and Associates; Ferronnerie artistique: Cactus Max Fine Metal Artwork; Maîtrise d’ouvrage: Monday Builders

Le site de Clayton Korte : ici.

Instagram : @clayton_korte

Les photos : © Casey Dunn

Frugale mais sensible, la réalisation de Farid Azib à Saint-Lô

© Luc Boegly

Le nouveau technopôle de Saint-Lô vient d’être terminé. Il s’agit d’un bâtiment remarquable, identifiable de loin, à l’allure fière, à la fois sobre et frugal qui constitue le point de départ de la nouvelle zone d’activité dédiée aux diverses entreprises innovantes du territoire. Un projet qui porte la signature habile de Farid Azib (RANDJA).

Une forme simple, un programme complexe

A Saint-Lô, une forme simple accueille un programme complexe dont des espaces de co-working, d’autres de réceptions et de démonstration ainsi qu’un auditorium, le tout dans un écrin minéral qui allie monumentalité et élégance. L’architecte Farid Azib et son agence ont été retenu en 2015 pour mener à bien le projet. « j’en étais très heureux. Connaissant mal la région et la ville de Saint-Lô, je sentais pourtant une attirance pour ce territoire à la géographie particulière, cette grande presqu’île réelle et ancienne, et j’avais toujours été interpellé par la dénomination « Manche », le nom donné au département. Cet attrait, tout autant que la programmation, a fortement motivé ma candidature. » Déclare l’architecte.

Mais ce territoire peu connu de certains, a su au fil du temps rebondir tout en se projetant vers l’avenir. En effet, la ville de Saint-Lô possède une histoire chaotique, ayant été bombardée à la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle porte les stigmates du passé, mais elle est aussi capable d’envisager l’avenir, un avenir où l’architecture joue l’un des rôles les plus importants. Et c’est sous la houlette de Farid Azib que la renaissance architecturale de ce morceau de ville se profile. L’architecte puise ainsi dans le passé de Saint-Lô pour écrire, avec les mêmes matériaux, un chapitre nouveau où texture et matérialité se croisent dans la plus simple des formes et composent le futur Technopôle Agglo 21. Minéralité et robustesse sont donc les caractéristiques de la nouvelle réalisation qui allie admirablement et avec la plus grande finesse, l’agrégat, la roche et le béton.

« Ce sera l’agrégat, le béton, le même utilisé au lendemain de la guerre, cette roche pulvérisée en gravats, que Saint-Lô a ramassée, triée, assemblée pour en faire à nouveau des murs solides et protecteurs. Le béton se confond avec l’histoire récente de la ville, ce matériau ayant beaucoup servi pour la reconstruction. Cette histoire avec le béton coïncide avec l’établissement d’excellents maçons venus d’Italie pour reconstruire la ville meurtrie. Ils vont créer des entreprises de gros œuvre exemplaires spécialisées dans le béton, qui œuvrent encore aujourd’hui ; la société Zanello qui a merveilleusement exécuté cet ouvrage, est l’une d’elles. » Raconte l’architecte.

Une conception sobre et lumineuse

A Saint-Lô, l’architecte n’a pas souhaité d’engendrer un volume pimpant aux vues magnifiques mais toute son attention a été orientée vers une conception sobre qui englobe les fonctions à l’intérieur des murs épais tout en dynamisant les interactions entre les usagers. Ainsi, les vues sur le paysage ne sont pas spécialement recherchées, à l’exception de l’amphithéâtre de 280 places, qui, exposé à la départementale, présente à la vue des automobilistes, la fonction du bâtiment. Un geste inattendu qui offre au regard des passants, un édifice différent des autres entités commerciales présentes aux alentours. L’intention de l’architecte était donc la générosité des espaces intérieurs mis à disposition des utilisateurs des lieux.

Néanmoins malgré l’aspect hermétique du projet, l’ensemble, manié avec tact par Farid Azib, dévoile plusieurs adorables surprises. En effet, si l’on regarde de près, l’équipement interagit avec son environnement. Notons par exemple l’espace « escalier-gradin » qui constitue un hémicycle de plein air en prolongement de l’amphithéâtre intérieur programmé. De même, l’agencement se fait par juxtaposition afin d’éviter les couloirs, l’architecte a conçu des espaces généreux où la lumière naturelle est toujours présente. Ainsi, le projet, qui semble opaque depuis la façade située au sud, sur les parkings, s’avère être baigné de lumière grâce aux larges baies vitrées donnant sur les patios intérieurs.

Outre l’exemplarité de la conception structurelle et la technicité de sa mise en œuvre inédite, le nouveau technopôle de Saint-Lô, à l’allure aussi monumentale que frugale, dévoile une indéniable sensibilité qui fait sa spécificité.  

© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly

Le site de Farid Azib (RANDJA) : ici. (A noter que l’architecte Dhouha Hamdi est le chef de projet.)

Les photos : © Luc Boegly

Accrochée à la roche

 

© David Vico

En Espagne, les architectes de l’agence UMMO ont réalisé la réhabilitation ainsi que la reconversion d’une ancienne étable en une charmante maison. Il en résulte une construction qui prend ses sources dans la cabane d’autrefois pour s’agrandir et s’étendre dans la roche.

C’est l’histoire d’une petite écurie qui se trouve dans le domaine du Cuevas del Pino située dans les contreforts de la Sierra Morena. La région est reconnue par ailleurs par ses roches disposées en strates légèrement inclinées qui donnent à la parcelle un indéniable charme.

C’est donc dans cet environnement atypique, où les fermiers gardaient à l’abri leur élevage, qu’interviennent les architectes de l’agence UMMO pour un projet de réhabilitation ainsi que de reconversion. Les propriétaires demandaient de reconvertir un petit abri niché dans le creux d’un rocher en un logement rural qui restera en phase avec son environnement.

Quand le nouveau complète l’ancien

En utilisant les quelques murs existants, les architectes ont créé un espace d’une grande ingéniosité qui fournit un subtil dialogue entre les générations. Ainsi, la nouvelle architecture vient compléter l’ancien sous le poids des sédiments millénaires. Une composition qui offre une grande richesse à l’ensemble.

De même l’utilisation de nouveaux matériaux ne fait qu’accentuer le contraste. La pierre, le marbre et le béton se complètent pour offrir un lieu singulier qui fera probablement le bonheur de ses habitants. Tandis que l’extérieur affiche un air épuré, l’intérieur se démarque par la forte présence de la roche. Conjuguer avec cette dernière n’était surement pas une mince affaire. Dans le remaniement général, les architectes ont montré une grande maîtrise, il en résulte des espaces d’une grande simplicité, à la fois lumineux et aérés. Des meubles en bois fabriqués sur-mesure donnent un sentiment chaleureux à l’ensemble. La petite maison dans la grotte mérite bien un grand détour !

© David Vico
© David Vico

© David Vico
© David Vico

© David Vico
© David Vico

Le site de l’agence d’architecture UMMOestudio : ici.

Les photos: © David Vico