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Comme une délicieuse bûche de Noël…

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Comme une délicieuse bûche de Noël posée en plein centre de Rotterdam où les édifices d’après-guerre côtoient l’historique église, le Markthall des architectes MVRDV interpelle tout passant. Cependant, sous ses airs d’un gigantisme proclamé le projet semble relever un sacré défi.

Faire revivre les halles d’autrefois en y introduisant un concept novateur était dès le départ l’extraordinaire concept de l’agence d’architecture néerlandaise MVRDV. Le projet qui prend place en cœur de ville se caractérise par 100000 m² de surface totale qui entre des étals publics et des appartements privés constitue une belle entité hybride à la fois fonctionnelle et confortable.

La combinaison entre plusieurs espaces dont la nourriture, le loisir et le stationnement est malgré la complexité du programme entièrement intégrée au quartier afin d’améliorer les diverses éventualités de synergie entre les différentes fonctions. Une typologie unique qui se trouve être aussi séduisante que pratique.

Pour les papilles et les pupilles

Tandis que la grande arche contient 228 appartements, la zone en dessous fourmille de monde. Une fois l’espace ouvert, les étals au milieu et les restaurants des deux côtés deviennent une attraction où les gens de tout âge peuvent se délecter les papilles ainsi que les pupilles. Malgré le fait que la plupart des habitants viennent à pied ou en transports en commun, le parking de 1200 places situé au sous-sol affiche un grand nombre de voiture.

Et bien que le plafond intérieur de l’arche qui présente des images de multiples fruits et légumes affiche quelques couleurs criardes, contenu et contenant se mettent en diapason pour créer une belle harmonie visuelle qui enchante tout visiteur.

Quant aux appartements qui se trouvent dans le corps même de l’arche, traversant, ils sont tous dotés d’ouverture vers l’extérieur ainsi qu’à l’intérieur. Les surfaces sont vastes, leur situation privilégiée et la vue est admirable.

Pour les visiteurs du cœur de ville de Rotterdam, le Markthall apporte non seulement une nouveauté mais comme s’il a toujours fait partie de la place, ce géant hybride s’insère merveilleusement à l’architecture de la ville. Une icône ? Oui sans conteste une icône de plus parmi les cubes et le crayon, mais intégrée et adaptée !

© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh
© Sipane Hoh

Les photos : © Sipane Hoh

Triangulaire…

© Jeroen Musch

Dans le village néerlandais d’Almen, au sein de la nature, Barend Koolhaas réalise une charmante maison avec une façade unique vitrée orientée vers le paysage environnant. Découverte d’une coquette réalisation qui a su recevoir plusieurs appréciations.

Une longue baie vitrée, de belles vues sur les environs, une couleur sombre pour le bois de la façade, le tout d’une manière mitoyenne à une propriété déjà existante, la maisonnée conçue par Barend Koolhaas est une originalité.

Tout d’abord, qui est Barend Koolhaas ? Né en 1975, Barend a étudié à l’université de Technologie de Delft. Après un passage à l’agence OMA où il a été chef de projet pour plusieurs réalisations, il ouvre sa propre agence d’architecture. Aujourd’hui, en plus de son agence, l’architecte enseigne à la Royal Academy of Art de La Haye, à l’Université de Technologie de Delft ainsi qu’à l’Académie d’Architecture d’Amsterdam.

Réinterpréter l’ancien et ravir le quotidien

De forme triangulaire, la résidence au mur mitoyen ne possède que deux façades pour assurer la luminosité à son intérieur. D’où l’orientation de la face vitrée qui joue un rôle important dans la conception même de la maison.

Les murs vêtus du bois de sapin peint sont, selon l’architecte, censés rappeler les anciennes granges de la région. Un clin d’œil à l’architecture locale que l’architecte a mis en avant via sa réinterprétation contemporaine.

A l’intérieur, l’espace est décloisonné et lumineux comme il est, il donne une sensation de grandeur. Les détails sont soignés et l’ensemble est enchanteresque. Les limites entre intérieur et extérieur s’estompent grâce à une ouverture dans la partie vitrée qui donne directement sur le jardin. A l’intérieur, une paroi coulissante sépare le séjour et une des deux chambres à coucher.

Une petite curiosité rajoutée à l’ensemble renforce la liaison entre l’espace intérieur et l’extérieur. Il s’agit d’un tronc d’arbre qui fait fi d’une colonne et se trouve dans la pièce principale. Le deuxième étage est illuminé naturellement grâce à une large lucarne qui se trouve dans la pente de la toiture.

De simples petits détails bien étudiés et malicieusement mis en œuvre font de cette maisonnée une belle originalité.

© Jeroen Musch

© Jeroen Musch

© Jeroen Musch

Le site de Barend Koolhaas : ici.

Les photos : © Jeroen Musch

DOMunder, une atypique attraction souterraine

DOMunder Utrecht (NL), JDdV Architects
DOMunder Utrecht (NL), JDdV Architects

Après de nombreuses années d’études, d’exploration, de conception et de planification, en Juin 2014, la ville d’Utrecht a assisté à l’ouverture du DOMunder, le musée souterrain qui balaye vingt siècles d’histoire signé de l’agence JDdV architecten. Une prometteuse aventure où architecture et archéologie se mêlent dans un parcours unique qui plonge le visiteur dans le ventre de la ville.

Située en plein cœur des Pays-Bas, Utrecht est une ville historique connue surtout par sa cathédrale (Dom) dont la construction a commencé en 1254 et qui possède la plus haute tour du pays. Au fil des ans, le monument a connu plusieurs mutations et depuis l’ouragan de 1674, il n’en reste qu’une partie de la construction.

La face  cachée de la cathédrale

C’est dans la partie souterraine de la cathédrale que les architectes de JDdV ont introduit un spectaculaire musée qui permet aux visiteurs de découvrir entre autres la partie effondrée de l’édifice. Se dévoilent ainsi aux yeux des curieux, les fondations d’époque, la taille de la nef et les techniques de construction d’il y a des siècles. Un fabuleux retour vers le passé ainsi qu’une immersion dans les ténèbres de l’histoire.

Pour parfaire le parcours, les architectes ont installé un chemin conduisant  les visiteurs le long d’une voie qui comme un ruban relie toutes les curiosités à la fois. A travers les différentes directions ainsi que les divers niveaux, la notion du temps se perd et les invités, dont le nombre est calculé suivant la capacité d’accueil (20 à 25 personnes par visite), participent à une intéressante découverte archéologique qui marquera les esprits.

Le musée qui se situe entre l’église (Domkerk) et la tour (Domtoren) s’étend sur 350 m² et 4,70 mètres en dessous du niveau de la place où se trouve la bâtisse. Les fouilles qui ont été effectuées par l’archéologue Van Giffen en 1949 ne sont en aucun cas perturbées par le projet qui a pris soin de les préserver grâce à la réalisation de la reconstruction 3D de leur état initial d’une part et l’étroite collaboration avec l’agence pour le patrimoine culturel de la ville d’autre part.

Vingt siècles d’histoire sous terre

L’itinéraire, libre de tout obstacle commence son chemin par l’ouverture d’une trappe en acier corten composée d’une série de bardeaux qui s’ouvre au niveau de la terre pour guider le visiteur à l’intérieur via l’unique cage d’escalier. Une fois à l’intérieur du musée, l’allée qui est conçue par un matériau adapté aux conditions climatiques (dont 75% d’humidité) change de dimension et devient modulaire s’adaptant ainsi à l’intervention de diverses futures fouilles archéologiques. Par endroits, les visiteurs peuvent contempler d’un côté les ruines et parfaire leurs connaissances sur l’histoire des lieux via un mur multimédia où les projections donnent un autre goût à la découverte.

Quelques orifices dont l’ouverture est strictement contrôlée assurent la luminosité à l’intérieur du musée. En descendant sous terre avec une torche, les visiteurs deviennent des pseudo-archéologues qui partent à la découverte non seulement de l’histoire de la cathédrale mais à la fois des forts romains et des églises qui l’ont précédés.

En conséquence, l’agence JDdV architecten a conçu une expérience unique qui n’existe nulle part ailleurs aux Pays-Bas. Un lieu particulier où le procédé sonore et visuel participe à la revivification du patrimoine archéologique. Un vent de renouveau qui jaillit des profondeurs de l’histoire.

DOMunder Utrecht (NL), JDdV Architects
DOMunder Utrecht (NL), JDdV Architects
DOMunder Utrecht (NL), JDdV Architects
DOMunder Utrecht (NL), JDdV Architects
DOMunder Utrecht (NL), JDdV Architects
DOMunder Utrecht (NL), JDdV Architects
DOMunder Utrecht (NL), JDdV Architects
DOMunder Utrecht (NL), JDdV Architects

Et si nous allons camper aux Pays-Bas?

© Hans Peter Föllmi

Aux Pays-Bas, les architectes de l’agence FARO en collaboration avec les services forestiers nationaux, ont réalisé deux bâtiments entièrement recyclables. Prévus pour quarante campeurs, le projet présente un charmant refuge dans la nature.

Il s’agit de deux constructions qui s’insèrent dans le paysage et offrent un joli concept à toute personne cherchant à camper dans la nature. Les architectes de FARO, reconnus pour leur architecture durable et leur approche écologique, ont été chargés par les services de la forêt néerlandaise pour construire ces deux projets pilotes dans tous les terrains de camping de la région.

C’est un petit édifice doté d’un barbecue commun ainsi qu’une grande table qui sert de point de rencontre pour les divers visiteurs. Selon les architectes il s’agit d’une manière de rendre les vacances plus conviviales. Que ce soit pour le bâtiment principal ou secondaire, le matériau de construction est le bois de mélèze, récolté localement et renouvelable au besoin.

L’eau chaude et le chauffage proviennent d’un chauffe-eau solaire ainsi qu’une chaudière à granulés de bois. L’éclairage LED ainsi que la présence de capteurs de lumière et de mouvements renforce le côté durable du projet.

Les sanitaires sont fabriqués à partir de matériaux composites, associant résine synthétique et chanvre entre autres, qui prévoient une réduction de 50% de l’empreinte écologique par rapport à d’autres méthodes de production conventionnelles.

C’est une originale démarche où les architectes de l’agence FARO ont fait tout leur possible pour la mettre en œuvre. L’idée séduira probablement de nombreuses personnes.

© Hans Peter Föllmi

© Hans Peter Föllmi

Le site de FARO architecten: ici.

Les photos : © Hans Peter Föllmi, courtesy of FARO

Et si nous prenions nos vacances dans un bunker ?

© Tim Van de Velde.

Aux Pays-Bas, l’agence d’architecture belge B-ILD a réaménagé un minuscule bunker enterré datant de la deuxième guerre mondiale pour en faire une coquette maisonnée pour les vacances. Il en résulte un original lieu atypique qui pourra plaire à plusieurs d’entre nous.

Il n’est pas anodin de passer ses vacances dans un petit espace souterrain qui ressemble plus à une cellule de prison qu’à une confortable villa avec vue. Mais avec la perspicacité des architectes de B-ILD ce lieu exigu est devenu un véritable « havre de paix ». Paradoxal ? Certainement vu l’épopée du bunker qui se trouve sur l’ancienne ligne de défense néerlandaise ayant connu une tumultueuse histoire.

Le lieu, faisant partie de l’histoire du pays, change aujourd’hui de destination pour ouvrir une autre page plus joyeuse. Ainsi, réhabilité et réaménagé la petite cellule austère d’autrefois renaît pour devenir une maison de vacances où le charme du béton se mêle au bois. Par ici une nouvelle cuisine qui s’installe, par là quelques lits superposés et un aménagement contemporain pour former un coin de salon. A l’intérieur les espaces sont optimisés, tout le mobilier qui a été construit sur mesure peut se plier ou se glisser pour faire de la place ou s’adapter à une autre fonction. A l’extérieur, sur le prolongement de la parcelle, un plateau en guise de terrasse a été rajouté.

Les architectes ont fait un travail minutieux qui garde l’esprit du lieu tout en procurant tout le confort demandé. En conséquence, à Vuren, une charmante maison de vacances est née.

© Tim Van de Velde.

© Tim Van de Velde.

© Tim Van de Velde.

Le site de l’agence d’architecture B-ILD : ici.

Les photos : © Tim Van de Velde.

« Mirror house »

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C’est à Almère qu’en 2013, lors d’un concours expérimental, les architectes Johan Selbing et Anouk Vogel ont accompli une originale maison située dans une clairière.

Il s’agit d’un projet de logement expérimental que douze équipes ont accepté de réaliser. Chacun des participants a eu l’occasion de construire sa conception dans l’ouest de la forêt de Noorderplassen, aux Pays-Bas.

La « Mirror house » est l’une des douze réalisations. L’idée principale des architectes étant le respect de l’intimité des habitants, ils ont proposé d’envelopper l’ensemble de la construction par des miroirs. Ainsi, le paysage extérieur se reflète sur les façades et à l’intérieur la vie continue à l’abri des regards.

Le sol de la villa est un peu surélevé, une vue plus dégagée s’offre ainsi à ses propriétaires. Un cadre en aluminium soutient les panneaux de verre réfléchissant utilisées pour les façades. Les grandes baies vitrées s’ouvrent vers le jardin troublant par moments le sentiment d’intérieur et d’extérieur. L’intérieur est minimaliste, sobre et la présence du bois procure un doux sentiment de chaleur qui contraste avec la brillance vue de l’extérieur.

La « mirror house » est une originalité qui crée un savoureux dialogue avec son environnement.

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Les sites des architectes Johan Selbing architecture et Anouk Vogel: ici et .

Les photos : © jeroen musch

A Rotterdam, une charmante réhabilitation signée Ooze

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A Rotterdam, les architectes de l’agence Ooze ont réalisé une extension de 50m² qui offre un charme particulier à une maison déjà existante. Originalité et élégance sont au rendez-vous.

Eva Pfannes et Sylvain Hartenberg sont deux architectes qui travaillent depuis 2003, entre Paris et Rotterdam. L’agence Ooze est primée à plusieurs reprises et retient avec ses projets atypiques l’attention de la presse internationale.

C’est en 2010 que les architectes ont réalisé la rénovation d’une maison qui se trouve dans l’un des quartiers résidentiels de Rotterdam. Il s’agit d’une ancienne demeure datant du début du 20ème siècle qui a subi plusieurs extensions à plusieurs reprises: une première en 1991 et une seconde en 2003.

L’idée du départ était de réaliser une extension neuve qui s’accroche à l’ancien tout en préservant l’esprit de l’existant. Après l’étude de cas, le choix se porte sur une réorganisation générale et un toit qui englobe l’ensemble.

Comme une augmentation de l’empreinte au sol était possible (dans le cadre de la loi concernant les extensions), les architectes ont entrepris deux extensions qui s’ajoutent aux deux côtés de la maison. Ces deux derniers formant deux volumes bas, ont offert une nouvelle géométrie qui a impacté sur la forme du toit couvrant l’ensemble. Par conséquent une nouvelle structure en bois massif a été remodelée pour convenir à supporter la totalité des charges.

La façade avec sa toiture végétalisée fait écho aux fermes traditionnelles néerlandaises. L’intérieur offre des points de vue différents suivant chaque pièces où l’on se trouve, il est lumineux et à la fois accueillant.

Avec cette maison familiale, les architectes ont entrepris un dialogue subtil entre l’ancien et le nouveau et sur leur site on peut lire :

« Nous sommes convaincus que la reconquête du passé est une forme de redécouverte d’un avenir différent, loin de la tabula rasa, d’une manière plus durable et inspirant d’enrichir l’environnement dans lequel nous vivons. »

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Le site des architectes de Ooze : ici.

Les photos : © Jeroen Musch & Ooze

En Teflon…

Almere, un quartier à part, un monde différent où l’architecture contemporaine ose et se diversifie. C’est ici même sur une fraction de terre que les architectes ont été mandaté de construire une maison qui inclut un espace d’exposition pour un artiste. Néanmoins, les règles d’urbanisme sont sévères, le budget consacré à la construction étant lui aussi difficile. Plusieurs raisons pour trouver des alternatives innovantes à des coûts acceptables. Cette maison recouverte de teflon en est l’exemple. Des rouleaux de ce matériau flexible ont été acheminés d’Allemagne et utilisés pour couvrir les façades donnant ainsi un semblant de nouveauté et de mouvement à une forme simple et épurée. L’intérieur est spacieux, lumineux et sobre malgré l’étroitesse des lieux. C’est une conception subtile et inventive qui invite à la découverte…
Pour plus d’informations et de photos, voir : ici.
Le site des architectes : ici, ici et .