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A Santorin, l’architecture aussi a un goût d’évasion

© Vangelis Paterakis

C’est une maison de vacances située sur l’île de Santorin, en Grèce, que les architectes de l’agence Kapsimalis ont réalisé pour le plus grand bonheur de ses propriétaires. Épurement, sobriété mais aussi extravagance et grâce sont au rendez-vous.

La maison est située dans le village traditionnel d’Oia, sur l’île de Santorin. L’ensemble se compose d’un étage enfouie dans la terre ainsi qu’une partie accessible de l’extérieur reliée à ce dernier par un escalier en forme organique. Le deuxième étage est donc à ciel ouvert et comprend une terrasse et une piscine à débordement.

À l’intérieur de la maison-cave, se trouve un salon et une cuisine, deux chambres et leurs salles de bains respectives, un hammam et un sauna. La partie extérieure a été conçue comme une plate-forme qui donne sur le volcan. Une piscine à débordement, un espace voûté semi ouvert ainsi que plusieurs petits coins pour se prélasser font parties du plateau.

L’exploitation des courbes de la grotte

L’idée principale des architectes est l’exploitation des courbes de la grotte existante qui forme la parcelle. Aussi complexe qu’il paraît, le terrain accueille subtilement la conception qui s’y installe confortablement. Comme un cocon, la maison de vacances profite de la géographie existante pour assurer une douce intimité à ses habitants. Tout en profitant des vues idylliques alentours, les utilisateurs des lieux peuvent se retirer dans leur grotte.

L’architecture de la maison s’intègre complètement au contexte tout en faisant un joli clin d’œil à celle des habitations de l’île. Le matériau principal utilisé pour la reconstruction de la grotte et pour le soutien des falaises volcaniques est un mélange de ciment, de sable et d’eau qui appliqué par pression à travers un cylindre produit une dense couche de béton. Quant aux pierres volcaniques et le plâtre blanc, ils sont utilisés pour la construction des parois intérieurs et extérieurs.

Les intérieurs sont épurés, à la fois fonctionnels et lumineux, l’ensemble est enchanteresque. Bref, à Santorin, l’architecture aussi a un goût d’évasion !

© Vangelis Paterakis
© Vangelis Paterakis
© Vangelis Paterakis
© Vangelis Paterakis
© Vangelis Paterakis
© Vangelis Paterakis
© Vangelis Paterakis
© Vangelis Paterakis

Le site de Kapsimalis Architects: ici.

Les photos : © Vangelis Paterakis

Ode à la poussière signée Antonino Cardillo

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Antonino Cardillo, l’architecte italien basé à Londres, a livré en 2013 une maison qui célèbre la poussière. Détour sur l’œuvre d’un poète explorant une nouvelle approche architecturale à mi-chemin entre modernité et histoire.

Antonino Cardillo est né en 1975 à Palerme, il a plusieurs projets à son actif et il a également enseigné l’architecture à la « Architactural Association School of Architecture » de Londres. Aujourd’hui, toujours à la capitale britannique, l’architecte approfondit son regard via ses conceptions qui franchissent notre époque, font un bond en arrière et tendent vers le classicisme italien. Ainsi, peinture italienne et langues anciennes inspirent les réalisations de Cardillo qui ne sont finalement qu’une interprétation de traditions où se mêlent diverses croyances et cultures ancestrales.

La « House of dust » est la réalisation la plus récente de l’architecte et a été terminée en Mars 2013. La maison se trouve à Rome, elle est construite de matériaux rustiques qui mettent en évidence un esthétisme primitif. L’ensemble des murs est en gris clair, le plafond du salon est en plâtre et quelques arcades évoquent de multiples peintures italiennes du XIVème siècle.

Bien que minimaliste, la maison de 100 m² est une étonnante réalisation chargée de sens…

Place donc à un poème écrit par Antonino Cardillo à cette occasion :

HOUSE OF DUST

Architecture is dust.

Dust that becomes form,

dust transfigured by the mind.

 

Dust is memory so dust is also death.

Ancestral memory of death,

dust refers to the beginnings.

 

That modernity that disowns sediment,

that shaves walls, that sanitises space;

that modernity that disowns dust,

disowns even death.

 

Deprived of memory,

and so slave to a credible youth,

ignoring its end, it repeats itself;

without end.

 

In this house classical orders

and golden proportions celebrate dust:

Angels and choirs have abandoned Heaven,

and Heaven has adorned itself with earth.

 

A pozzolanic earth mixed with khâk ,

the colour with which Persians identified the crude earth.

Memory of primordial caverns.

Asperity that unsettles, undermines.

Antonino Cardillo

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Le site de l’architecte Antonino Cardillo : ici.

Les photos : © Antonino Cardillo