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Cyrille Lallement

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Pour Cyrille Lallement, la collaboration véritable entre l’architecte et le photographe devrait être à l’image de celle qui liait Le Corbusier et Lucien Hervé. Après sept ans d’exercices, l’architecte revient vers sa passion d’autrefois, la photographie. Portrait.

Photographie | France

Pour se faire une idée sur le personnage de Cyrille Lallement, il suffit de parcourir les pages de son site. Discrétion et abstraction nous guident vers la découverte de quelques projets d’architecture. Peu de photos mais un choix caractéristique qui montre le regard singulier que porte l’auteur sur chaque sujet abordé. La curiosité guidant, une rencontre avec le photographe s’imposait.

Cyrille Lallement n’est pas bavard néanmoins il accepte de répondre à mes nombreuses questions, un après-midi d’été sur la terrasse d’un café. Au cours de la discussion, il me raconte comment via la photographie d’architecture il a découvert les réalisations contemporaines et par la suite il a eu l’envie d’étudier l’architecture. De longues études pendant lesquelles les sorties photos ne manquaient pas. L’une des visites pour la gare de Satolas (imaginée par Calatrava) a marqué l’auteur et l’imprègne jusqu’à ce jour.

Conscient de l’importance de l’image dans la communication des réalisations architecturales, Cyrille va au-delà d’une belle photo qui montre la plastique d’une réalisation en incluant l’espace photographié qui selon lui, doit signer aussi la personnalité de l’architecte qui conçoit le projet. Ainsi, sa pratique architecturale aidant, dans son travail d’auteur, l’artiste traite des questions d’échelles et de limites en incluant toujours l’humain (même si ce dernier reste visuellement absent). « C’est une manière de se détacher du réel pour mieux raconter un lieu. » dit-il.

Depuis sa première exposition qui s’est déroulée à l’école d’architecture avec des photos en noir et blanc prises à Tokyo, Cyrille Lallement a gravit les échelles de la photographie d’architecture jusqu’à la réalisation des petits films qui mettent la conception architecturale et la représentation du bâti en interaction. Dernièrement, l’un de ses films a participé au festival de film d’architecture de Santiago, en Argentine.

Le photographe qui utilise un matériel numérique pour ses commandes, se tourne dans la mesure du possible vers l’argentique quand il s’agisse de travaux personnels ; parcequ’il trouve que les possibilités de réglages et le rendu des photos prises avec une chambre grand format sont encore inégalables.

Cyrille Lallement aimerait travailler avec n’importe quel architecte du moment où leur collaboration soit à l’image de celle de Le Corbusier et Lucien Hervé. Le photographe qui me raconte avec émotion quelques petites histoires sur le travail des deux grands noms de l’architecture contemporaine, montre inconsciemment une passion sans limite pour la photographie d’architecture.

Sensible à l’architecture et à la fois un personnage discret, Cyrille Lallement sait donner autant d’intérêt à n’importe quel projet. L’architecte qui, pendant des années a appris l’acte de bâtir continue à son tour à construire des images…

Le site de Cyrille Lallement : ici.

Les films conçus par Cyrille Lallement se trouvent : ici.

Le logement social, une utopie ?

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«L’Unité d’Habitation crée un phénomène social productif dans lequel l’individuel et le collectif s’équilibrent dans une juste répartition des fonctions de la vie quotidienne»*. Cette citation de Le Corbusier est-elle toujours d’actualité ?

France | Logements

1945, pose de la première pierre de la Cité Radieuse, livrée en 1952 à Marseille. Avec cette œuvre monumentale, à la fois entité fonctionnelle et familiale exemplaire, Le Corbusier et ses ‘unités d’habitation’ ont métamorphosé juste après-guerre le monde de la construction.

Cette réponse inventive au problème récurrent du logement collectif transformait profondément, en France, l’idée même de cet habitat, ne serait-ce qu’en y faisant porter une attention nouvelle.

Si les cités de Le Corbusier ont écrit une nouvelle page des annales du logement en France, l’histoire du logement social remonte plus loin dans le temps.

Au début du XIXe siècle, l’apparition massive de logements insalubres aux loyers exorbitants a suscité la lutte menée ensuite par le mouvement hygiéniste pour leur éradication. Les premiers logements sociaux parisiens sont livrés en 1851 rue Rochechouart à la Cité Napoléon, une ‘cité ouvrière’ qui fut à l’époque un événement architectural sans précédent.

Dès lors, les logements sociaux se sont multipliés. Sous différentes formes, avec des matériaux divers, demeure une seule problématique : l’amélioration de l’habitat.

Nemausus1 @Rory Hyde

Dans les années 80, Jean Renaudie a signé le projet de la Cité du Parc à Ivry-sur-Seine, tandis que Jean Nouvel signait un peu plus tard le projet Nemausus 1 à Nîmes. L’évènement était d’importance. Là aussi, la physionomie du logement social aurait pu évoluer. Ces deux exemples sont restés, pour diverses raisons, «uniques», voire «utopiques».

En France, depuis dix ans, face aux besoins, l’innovation architecturale est le fait de nombre d’architectes, connus ou inconnus, qui se sont penchés sur ce sujet. De la classe politique, qui veut voir dans le logement social le retour d’une «certaine mixité», aux promoteurs, hommes d’affaires fructueuses, en passant par les médias de bonne conscience, le buzz actuel est sans précédent. Les architectes ont donc à juste titre cru pouvoir expérimenter de nouvelles idées.

Ainsi, le logement social n’est plus ni cité ouvrière ni barre mais peut prendre la forme d’une maison (déjà dans les années ’60 ndlr), être joyeux et accueillant, devenir somptueux même. Il met en oeuvre les dernières technologies, est respectueux de l’environnement tout en s’insérant brillamment dans le tissu urbain préexistant.

Aujourd’hui, au 149-151, rue Cardinet, à Paris, Franklin Azzi a conçu le premier immeuble doté de panneaux photovoltaïques, un chantier d’une forte portée symbolique. Le logement social, un logement de luxe ? Une illusion ?

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D’un autre côté, Patrick Nadeau propose, près de Reims, des maisons couvertes de végétation. Le projet s’inscrit dans le cadre de l’opération ‘Maison 2020’, un concours lancé par la société HLM l’Effort Rémois qui a laissé libre cours à l’imagination des architectes.

Ici, l’architecte allie l’idée de la maison traditionnelle avec des matériaux nouveaux (polycarbonate en façade), un toit végétal en forme de vague et l’accessibilité à des locataires aux revenus modestes.

A Paris, le Pavillon de l’Arsenal présente, jusqu’au 4 mars 2012, une exposition intitulée ‘Habiter 2011’ qui, selon ses organisateurs, expose l’ensemble des concours d’architecture pour de nouveaux logements à Paris. On y trouve une multitude de logements sociaux. Ici, foin de l’utopie, retour à la réalité de la grande ville avec ses parcelles exiguës, son cahier des charges plus qu’exigeant, les diverses lois que l’on soupçonne d’exister que pour rendre les choses encore plus difficiles. Il n’y a pas de place, juste le minimum pour «faire au mieux».

@SipaneHoh

Une présentation claire, des maquettes soignées, des perspectives colorées. Dans un projet, l’audace de quelques éoliennes, orphelines pourtant sur l’un de ses toits en retrait (visibles sur une coupe mais pas trop ailleurs). Pour ne pas choquer ?

Ici, une façade drapée de métal, là une autre en brique, ailleurs encore une façade habillée de panneaux de bois ou dotée de quelques tâches de couleur acidulées. Des jardins intérieurs, des double peaux, des études spécifiques, tout un florilège de projets qui se plient aux exigences de notre société.

A trop plier…

Sipane Hoh

* Le Corbusier, rapport à la Commission des Nations Unies, L’Homme et l’architecture, n°11-12-13-14, 1947.

N.B. Cet article est paru en première publication dans le courrier de l’architecte le 01 Février 2012.

Quand Paris mélange les genres…

 
 
 
Il est un parc parisien où l’architecture du XXème siècle se présente sous une extraordinaire variété. C’est dans le conteste pacifiste de l’entre deux guerres en 1925 que la cité internationale universitaire de Paris a ouvert ses portes. Depuis de nombreuses maisons et fondations y ont été invités. Des résidents du monde entier viennent y séjourner.
L’architecture des bâtiments expose un riche panel et des noms d’architectes connus viennent rajouter au lieu une incomparable diversité. On y croise des griffes comme Albert Laprade, Le Corbusier, Claude Parent, Lucio Costa et bien d’autres. Cependant, le temps semble être arrêté aux alentours des années soixante-dix, quelques rares signatures depuis. Malgré tout, c’est une étendue verte parsemée d’un brassage de genres qui fait le bonheur aussi bien des habitants que des visiteurs…
D’autres photos se trouvent sur ma galerie: ici.

L’emblématique piscine…

Il a travaillé à Paris, était présent aux plusieurs débats russes sur l’architecture après la révolution, a crée une agence d’architecture appelée Tecton.
Il a toujours été sensible aux constructions de Le Corbusier, il a réalisé plusieurs constructions en béton armé et a lancé avec d’autres architectes le courant moderniste en Grande Bretagne.
Il s’agit de l’architecte Berthold Lubetkin, l’un des icônes du modernisme dont les réalisations existent et impressionnent toujours les visiteurs de la capitale britannique.
Ses réalisations les plus connues étant les quelques pavillons du zoo de Londres dont la maison des gorilles et l’emblématique piscine des pingouins.
Une piscine qui a été construite en 1934 et qui aujourd’hui appartient à l’héritage moderniste du pays. Avec sa forme, sa couleur et ses impressionnantes rampes blanches, elle traduit fidèlement toute l’approche de son architecte.
Quelques photos de l’une des réalisations les plus connues de cet architecte…















Les photos : © Sipane Hoh