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« Ghost Towns », l’exposition atypique

@SipaneHoh

En ce fin du mois d’Août, au moment où les vacanciers quittent leurs résidences, Détails d’architecture revient sur l’exposition parisienne du photographe Cyrille Lallement « Ghost Towns » dont le vernissage s’est déroulé le 2 juillet 2015 et qui reste ouverte jusqu’au 30 Septembre 2015.

Atypiques comme le nom de l’espace qui les accueille, les photos de Cyrille Lallement ne laissent point indifférent. Ils exposent à leur manière une histoire et une réalité en pointant l’objectif sur des villes balnéaires vidées de leurs habitants. Une atmosphère parfois lourde qui entre inquiétude et fascination domine l’ensemble.

Pour ses photos, le photographe a choisi la saison hivernale, au moment où les vacanciers quittent les lieux et les habitants ne font que rares. La mise en évidence des images continue via le jeu savant avec lequel Cyrille manie la luminosité et les couleurs pour un résultat surprenant et délicieux qui rappelle les anciennes aquarelles un peu jaunies par le temps révélant un ingénieux talent.

Quand l’architecture et la photographie s’accordent

Comme si la pendule s’est arrêtée ne serait-ce que pour un moment, l’exposition « Ghost Towns » semble être une promenade qui mène jusqu’au bout des temps pour plonger le visiteur dans un monde irréel, à la fois extravagant où la nature prend le dessus.

« C’est pour moi une manière de s’interroger sur la place dans notre environnement et l’impact de celui-ci afin de prendre conscience que rien n’est éternel » raconte l’artiste.

A la fois poétiques et critiques, nous pouvons néanmoins percevoir via ces photos une pointe de facétie, pas vraiment réaliste mais toujours perfectionniste. Avec la série « Ghost Towns » Cyrille Lallement a réussi son pari, accorder architecture et photographie dans une remarquable mélodie capable de capter tout visiteur.

L’exposition « Ghost Towns » est ouverte au public, tous les jours de 10h à 19h jusqu’au 30 Septembre.

Le portrait de Cyrille Lallement sur Détails d’architecture: ici.

La photo: © Sipane Hoh

Cyrille Lallement

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Pour Cyrille Lallement, la collaboration véritable entre l’architecte et le photographe devrait être à l’image de celle qui liait Le Corbusier et Lucien Hervé. Après sept ans d’exercices, l’architecte revient vers sa passion d’autrefois, la photographie. Portrait.

Photographie | France

Pour se faire une idée sur le personnage de Cyrille Lallement, il suffit de parcourir les pages de son site. Discrétion et abstraction nous guident vers la découverte de quelques projets d’architecture. Peu de photos mais un choix caractéristique qui montre le regard singulier que porte l’auteur sur chaque sujet abordé. La curiosité guidant, une rencontre avec le photographe s’imposait.

Cyrille Lallement n’est pas bavard néanmoins il accepte de répondre à mes nombreuses questions, un après-midi d’été sur la terrasse d’un café. Au cours de la discussion, il me raconte comment via la photographie d’architecture il a découvert les réalisations contemporaines et par la suite il a eu l’envie d’étudier l’architecture. De longues études pendant lesquelles les sorties photos ne manquaient pas. L’une des visites pour la gare de Satolas (imaginée par Calatrava) a marqué l’auteur et l’imprègne jusqu’à ce jour.

Conscient de l’importance de l’image dans la communication des réalisations architecturales, Cyrille va au-delà d’une belle photo qui montre la plastique d’une réalisation en incluant l’espace photographié qui selon lui, doit signer aussi la personnalité de l’architecte qui conçoit le projet. Ainsi, sa pratique architecturale aidant, dans son travail d’auteur, l’artiste traite des questions d’échelles et de limites en incluant toujours l’humain (même si ce dernier reste visuellement absent). « C’est une manière de se détacher du réel pour mieux raconter un lieu. » dit-il.

Depuis sa première exposition qui s’est déroulée à l’école d’architecture avec des photos en noir et blanc prises à Tokyo, Cyrille Lallement a gravit les échelles de la photographie d’architecture jusqu’à la réalisation des petits films qui mettent la conception architecturale et la représentation du bâti en interaction. Dernièrement, l’un de ses films a participé au festival de film d’architecture de Santiago, en Argentine.

Le photographe qui utilise un matériel numérique pour ses commandes, se tourne dans la mesure du possible vers l’argentique quand il s’agisse de travaux personnels ; parcequ’il trouve que les possibilités de réglages et le rendu des photos prises avec une chambre grand format sont encore inégalables.

Cyrille Lallement aimerait travailler avec n’importe quel architecte du moment où leur collaboration soit à l’image de celle de Le Corbusier et Lucien Hervé. Le photographe qui me raconte avec émotion quelques petites histoires sur le travail des deux grands noms de l’architecture contemporaine, montre inconsciemment une passion sans limite pour la photographie d’architecture.

Sensible à l’architecture et à la fois un personnage discret, Cyrille Lallement sait donner autant d’intérêt à n’importe quel projet. L’architecte qui, pendant des années a appris l’acte de bâtir continue à son tour à construire des images…

Le site de Cyrille Lallement : ici.

Les films conçus par Cyrille Lallement se trouvent : ici.