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A Paris, Remingtonstyle réalise un projet sobre et généreux

© Clément Guillaume

L’agence d’architecture Remingtonstyle cogérée par Pierre Frinault et David Jouquand vient de terminer la réalisation d’un programme de vingt logements sociaux. Situés dans le 20ème arrondissement parisien, le projet possède une très belle allure.

Un exemple à part entière

Répartis sur sept niveaux, les vingt logements et commerce que l’agence d’architecture Remingtonstyle vient de terminer pour la Régie Immobilière de la Ville de Paris (RIVP) attirent l’attention. Tout d’abord, c’est la typologie même qui surprend. L’ensemble ne ressemble pas aux édifices voisins mais s’insère parfaitement dans son environnement composite. De même, le projet interpelle par sa façade sur rue et sa surface vitrée qui apporte une grande luminosité aux intérieurs. Sans oublier la durabilité qui répond favorablement au plan climat de Paris. De multiples critères qui font de ce projet un exemple à part entière.

L’immeuble est situé au sein d’un quartier hétéroclite, il est entouré de deux édifices de logements de styles différents. L’ensemble occupe une parcelle exiguë et irrégulière. La façade sur rue d’environ 18 mètres, orientée plein sud, est rythmée par des plateaux en béton visibles de l’extérieur. Vue la situation particulière de l’immeuble, les deux façades mitoyennes n’ont pas pu disposer de l’attention des architectes. Ces derniers ont donc peaufiné les deux façades visibles en leur octroyant toutes les caractéristiques possibles pour chauffer et éclairer généreusement les divers logements. Cependant pour atténuer la luminosité mais aussi la chaleur, les architectes ont eu recours à des stores extérieurs et des rideaux intérieurs. Un procédés qui donne à l’ensemble une allure particulière. La façade vit et devient dynamique selon les saisons mais aussi les heures de la journée.

Concernant les matériaux utilisés, le choix est simple, il est guidé par le bon sens et certains principes environnementaux répondant avantageusement aux diverses normes actuelles. Le béton et le verre sont donc les seuls matières utilisées. Les architectes nous informent que le béton a été choisi pour « ses diverses qualités structurelles et sa capacité à générer un déphasage thermique optimal tandis que les larges baies coulissantes sans seuil saillant autorisent une modulation des ouvertures qui favorisent l’utilisation des espaces intérieurs et extérieurs suivant les saisons et les envies, en les additionnant aisément. »

De petits éléments qui font la différence

Un bon nombre de logements parisiens ne comportent pas de terrasses. La réalisation de Remingtonstyle propose un immeuble de logements où tous les appartements disposent d’espaces extérieurs. Tandis que certaines habitations possèdent des balcons, d’autres sont agrémentées de jolies terrasses effectuant un doux dialogue entre intérieur et extérieur. Dans la ville dense, tout espace extérieur devient vital et apporte une vraie qualité de vie à chaque réalisation. Les derniers évènements comme les confinements ont rendu la population de plus en plus sensible à ce genre de détail, ainsi la terrasse ou le balcon absents de certains édifices deviennent une nécessité qui fait la différence. Revenons à nos architectes, ils ont conçu un projet qui comporte plusieurs spécificités comme par exemple ces appartements qui donnent sur la cour intérieure et dont l’enfilade du bacon devient une circulation d’été en complément du couloir intérieur. Nous remarquons que malgré l’allure simple de l’immeuble, le projet regorge de petits éléments qui font la différence.

Parlons du jardin en plein pied qui se trouve à l’arrière de la propriété et qui est en continuité avec celui de la résidence voisine. Selon les architectes, cet espace vert, accessible de la part des habitants, permet un rafraichissement naturel de la parcelle. Finalement, la toiture est conçue comme une terrasse où un aménagement futur ainsi qu’un escalier permettra aux usagers d’ accéder et d’en profiter.

Les intérieurs sont sobres, très lumineux et généreux. La couleur blanche y domine et le parquet rajoute un côté chaleureux. Un petit coup de cœur aux garde-corps transparents qui se deviennent à peine de loin dirigeant l’œil sur la réalisation tout entière. Nous pouvons dire qu’à Paris, les architectes de Remingtonstyle ont conçu un ensemble à la fois subtil et agréable à vivre.

© Clément Guillaume
© Clément Guillaume
© Clément Guillaume
© Clément Guillaume
© Clément Guillaume

Le site de Remingtonstyle : ici.

Les photos : © Clément Guillaume

A Paris, l’Ancienne Comédie entame sa mue

© Gregory Copitet

C’est un programme complexe mené avec une grande parcimonie que les architectes de l’agence Raf Listowski Atelier d’architecture viennent de livrer. Un lieu mythique qui a fait l’objet de plusieurs mutations avant de trouver sa dernière vocation. Il s’agit d’abriter quatre logements et deux bureaux, un ensemble qui respecte le contexte et porte la fine signature de son architecte.

Un travail minutieux

La réhabilitation complète de l’édifice situé dans la cour d’un immeuble au 14, rue de l’Ancienne-Comédie dans le 6ème arrondissement parisien se concentre avant tout, selon les architectes, sur l’ancienne cage de scène. Un important élément architectural signé de François II d’Orbay. Intervenir sur un bâtiment historique n’est pas une chose facile surtout quand il faut à la fois réhabiliter pour la mise aux normes, repenser l’espace mais aussi redonner une nouvelle vie aux différentes superficies. Un travail minutieux que Raf Listowski Atelier d’architecture a mené avec brio.  

Nous savons par ailleurs, qu’au fil des années, l’édifice a fait l’objet de nombreuses transformations qu’elles soient fonctionnelles et formelles. Il y a eu la démolition de la salle qui occupait l’actuel volume de la cour, la modification en immeuble des parties sur rue contenant les distributions et le foyer,la  transformation du volume de la scène en ateliers de décors, ateliers de stockage ainsi qu’à la fin du XXe siècle la métamorphose en immeuble de bureaux. Divers changements, différentes destinations pour un emplacement de qualité.

Le projet consiste en un remaniement complet. Notons que l’ensemble des éléments présentant une valeur historique ou artistique ont nécessité une étude historique et scientifique menée à la demande de la ville de Paris et de la direction du patrimoine du ministère de la culture et de la communication. La recherche des architectes était méticuleuse, elle s’est portée vers une expression architecturale qui s’adapte à un immeuble de bureaux sans négliger la question de la promiscuité entre les différentes entités donnant sur la cour. La nouvelle façade, en retrait par rapport à l’alignement actuel, était donc le résultat de la typologie des logements.

Polyvalence et simplicité

Chacun des quatre logements occupe un étage entier, tandis que le rez-de-chaussée, le premier étage ainsi que l’entresol sont réaménagés en locaux professionnels. Les architectes ont conçu une entrée commune qui mène à la fois aux locaux professionnels et aux logements.  Par ailleurs, l’ensemble de la distribution verticale de l’immeuble a été repensé. Afin de dégager la façade sur cour, les deux escaliers préexistants ont été remplacés par un seul ouvrage installé au fond de l’édifice. Les architectes ont veillé également à garder entre autres les ossatures de la toiture et du dessous de scène ainsi que la couverture existante, en témoignage à l’histoire du bâtiment. Un petit coup de cœur pour le dernier étage où l’ancienne charpente se dévoile dans toute sa splendeur.

Polyvalence et simplicité sont les mots d’ordre de l’intervention. Les architectes ont privilégié le même traitement aux squelettes des locaux professionnels ainsi que ceux des logements. Les espaces intérieurs sont lumineux grâce à un interstice découpée avec tact à l’arrière du bâtiment. Quant au pied de l’immeuble, il a été entièrement rénové, la cour anglaise également. L’immeuble étant désormais en plain-pied, les escaliers et la bordure de trottoir ont été dégagés. Des interventions chirurgicales qui ont participé à la transformation radicale de l’édifice. Ce dernier, métamorphosé grâce à Raf Listowski Atelier d’architecture, entame ainsi une nouvelle vie.

© Gregory Copitet
© Gregory Copitet
© Gregory Copitet
© Gregory Copitet
© Gregory Copitet

Le site de Raf Listowski Atelier d’architecture : ici.

Les photos : © Gregory Copitet

A Lille, le groupe scolaire Jean Rostand, un harmonieux projet signé SAM architecture

© Charly Broyez

Situé au cœur du quartier de l’Épine, au sud d’Hellemmes, le nouveau groupe scolaire Jean Rostand, résultat de la déconstruction de l’ancienne école, constitue l’un des projets phares qui participe à la régénération du quartier. Une réalisation qui allie justesse et rigueur tout en apportant une belle touche d’originalité.

Astucieusement inséré dans le quartier

C’est dans l’ancienne cité de cheminots datant des années 70, que les architectes de l’agence parisienne SAM architecture viennent de réaliser leur projet. Un groupe scolaire, situé en limite d’îlot, qui devrait s’inscrire dans une typologie particulière marquée d’une part par des maisons de ville et d’autre part par des barres de hauteur modérée. Le programme est conséquent, il est constitué de 5 classes maternelles et 8 classes élémentaires ainsi qu’un espace de restauration pour 360 enfants. L’ensemble a la particularité de s’ouvrir au public, à travers le jardin présent sur la parcelle, considéré comme un espace d’expérimentation pour les enfants.

Le nouveau groupe scolaire s’est astucieusement inséré dans le quartier. En effet, les architectes nous racontent qu’afin de préserver un maximum d’espaces en pleine terre, ils ont installé l’édifice, constitué d’un étage, d’une manière à occuper moins de la moitié de la surface de la parcelle. De même, sa position en limite parcellaire permet, selon ses concepteurs, de compléter la typologie de l’îlot autant que de préserver l’espace du jardin municipal.

Notons par ailleurs que, de loin, les différentes fonctions du bâtiment sont lisibles. Nous pouvons deviner les espaces du centre de loisir, ceux du périscolaire, ainsi que les différentes parties partagées avec la ville par les lignes ludiques et les formes fluides que les architectes leur ont octroyées. Parmi ces espaces citons par exemple le grand hall qui s’ouvre sur la cour commune ainsi que la bibliothèque qui donne directement sur la rue, tandis que l’école élémentaire qui présente des lignes plus rigoureuses se caractérise par sa façade en dents de scie et ses larges fenêtres identiques dont le but est d’identifier les salles de classes mais aussi ses toits inclinés qui fait un joli clin d’œil aux maisons voisines. Il s’agit presque de deux univers qui se croisent et se complètent tout en formant un ensemble où règne une grande harmonie et une complémentarité avec l’existant.

Original, flexible

Par ailleurs, l’agence SAM architecture est connue par son apport d’originalité concernant les divers établissements scolaires. Les architectes, ont réussi, encore une fois d’optimiser chaque pièce et de rendre utile les interstices secondaires, le but étant de proposer dans un même espace, plusieurs usages selon l’heure ou la journée. A cela s’ajoute la notion de flexibilité rendue plus importante grâce à la structure poteaux-dalle, mais aussi d’ouverture. Les architectes ont eu recours à plusieurs astuces pour placer l’édifice dans son contexte tout en croisant intelligemment l’intérieur et l’extérieur. Donnons l’exemple des circulations qui offrent une promenade circulaire poreuse mettant l’intérieur et l’extérieur en osmose tout comme l’existence de la cloison mobile entre les réfectoires maternelles et élémentaires, qui peut s’effacer doucement pour créer une salle polyvalente de 280m² ouverte directement sur la cour centrale du bâtiment. L’ensemble, qui s’adresse à la fois aux diverses associations mais aussi aux riverains, peut fonctionner indépendamment vu l’accès qui se fait par le grand hall ouvert et la cour ovoïde.

Et surtout performant

Concernant les matériaux, les architectes ont eu recours à l’usage de la brique en façade qui rappelle les autres constructions du quartier. Toutefois, l’appareillage aléatoire des façades sur rue, composé de teintes sable aux joints affleurants, rompt avec la monotonie des façades traditionnelles et donne à l’ensemble un semblant de dynamisme, très apprécié de tous. Notons que le choix des architectes s’est porté sur des matériaux bruts disposant d’une couche d’usure qui les rend plus pérennes.

La structure, en bois et béton participe à l’identité visuelle du bâtiment. Les utilisateurs des lieux peuvent la contempler tout en appréciant certains principes de la construction. En effet, montrer aux usagers les diverses méthodes de construction mais aussi d’agencement, fait partie des procédés pédagogiques loués par les architectes. Donnons l’exemple des parties techniques visibles qui dévoilent le savoir-faire ou l’existence de la structure bois qui soutient les façades du premier étage et qui est visible de l’intérieur comme de l’extérieur sur cour. La cohérence et l’unité des matériaux employés participent de la frugalité du bâtiment rendant l’ensemble à la fois épuré et intemporel.

Par ailleurs, les architectes n’ont pas délaissé le côté durable du bâtiment, même au contraire, nous apprenons que l’édifice atteint les performances du label environnemental allemand PASSIVHAUS, avec des exigences très élevées concernant la consommation d’énergie, la qualité des matériaux, le confort d’été et le confort visuel, acoustique et olfactif. Ainsi, le groupe scolaire Jean Rostand propose une architecture non seulement soucieuse de la pédagogie de ceux qui la fréquentent mais attentive à son environnement. Un beau défi que les architectes de SAM architecture ont relevé avec brio.

© Charly Broyez
© Charly Broyez
© Charly Broyez
© Charly Broyez
© Charly Broyez

Le site de SAM architecture : ici.

Les photos : © Charly Broyez

A Paris, Snøhetta et SRA Architectes mettent Le Monde dans un monolithe

© Jared Chulski

C’est un gigantesque monolithe en forme de pont qui s’est érigé, à Paris, non loin de la gare Austerlitz, il abrite le nouveau siège du journal Le Monde. Cette immense machine constituée de 23000m² résulte de l’étroite collaboration de deux agences d’architecture  Snøhetta et SRA Architectes.

Une peau pixelisée

Nous sommes à Paris, dans le quartier Rive Gauche, en face de la Seine. Le nouvel édifice du siège Le Monde est incontestablement présent dans notre champs de vision. Nul passant ne peut l’ignorer. C’est un parallélépipède colossal qui mêle adroitement différentes figures. Qu’elles soient concaves, coniques ou sphériques, les entités qui en découlent forment un ensemble homogène qui se caractérise par une arche d’une portée de 80 mètres surplombant un parvis accessible au public.

Certains diront que ce nouvel élément architectural qui s’est érigé dans le ciel parisien est iconique, tandis que d’autres cherchent assidument les conséquences de ce paquebot sur l’espace urbain qui l’entoure. Entre étonnement et surprise, une chose est sûre, l’ensemble attire les différentes critiques.

Le projet est complexe, il s’agit avant tout d’un ouvrage en charpente métallique mais sans un noyau en béton, construit sur une dalle au-dessus des voies de la gare d’Austerlitz. La réalisation accueille aujourd’hui les 1600 collaborateurs des rédactions du groupe Le Monde, un exploit pour les architectes qui ont pu tirer le meilleur du contexte. Néanmoins, mis à part la complexité de la structure, c’est vers la façade que l’attention est attirée. En effet, l’enveloppe tout en verre, se caractérisant par ses différents degrés de transparence, devait être conforme à l’image initiale proposée lors du concours et validée par la ville de Paris comme par l’aménageur et tous les autres acteurs du projet. L’idée d’une peau pixelisée à la fois rutilante et dynamique pourrait faire même un joli clin d’œil à l’énergie des équipes qui travaillent derrière cette façade brillante. Par ailleurs, les architectes nous apprennent que plusieurs prototypes de maquettes ont été réalisés pour permettre la mise au point des différents détails.

Mais pourquoi un bâtiment-pont ?  

L’édifice qui enjambe un charmant espace ouvert semble faire l’unanimité. En effet, nous apprenons que la parcelle devait accueillir, dès le départ, deux bâtiments séparés par un espace public d’environ 80 mètres. Afin de respecter cette contrainte, les deux agences ont proposé un concept de « bâtiment-pont » qui tout en permettant d’obtenir des surfaces bâties sur l’ensemble de la parcelle, laisse une place prépondérante à l’espace public. Une forme d’optimisation qui a dû finir par séduire le jury.

Malgré cela, une autre problématique se posait. Comment faire pour réduire au minimum le poids du bâtiment ? A savoir que le contexte s’annonçait complexe et les diverses exigences du site ne facilitaient pas cette approche. Les architectes, après avoir étudié les différentes possibilités, ont fini par opter pour la structure métallique qui sied à merveille aux quelques difficultés rencontrées. Beaucoup plus légère dans son ensemble, la construction répond favorablement aux différentes contingences du site. Notons que le bâtiment a obtenu les certifications environnementales «NF Bâtiments tertiaires –Démarche HQE®, Bureaux 2011», niveau Excellent et le label Effinergie + . Un nouveau chapitre s’ouvre pour Le Monde ?

© Jared Chulski
© Jared Chulski
© Jared Chulski

Le site de Snøhetta : ici.

Le site de SRA Architectes : ici.

Les photos : © Jared Chulski

A Lille, un édifice épuré signé Barbarito Bancel Architectes

© Alessandra Chemollo

C’est un bâtiment destiné à abriter des bureaux que les architectes de l’agence Barbarito Bancel viennent de terminer à Lille. Un édifice de 1 465 m², baptisé Lucio, qui se pose délicatement dans le nouveau quartier des Rives de la Haute Deûle et qui se caractérise par sa façade écaillée identifiable de loin.

Un édifice élégant, capable de durer

La réalisation se trouve au sein d’EuraTechnologies, le nouveau pôle économique dédié aux technologies de l’information et de la communication. Il regroupe de nombreuses start-up françaises et étrangères. Un quartier de haut vol pour une technologie de pointe. L’architecture devrait donc suivre cette tendance, en s’alignant sur les diverses exigences des propriétaires tout en proposant une conception adéquate.

Un projet dynamique et fonctionnel, à l’esthétique épurée était donc la réponse de l’agence Barbarito Bancel (Ivana Barbarito et Benjamin Bancel) qui a fait tout son possible pour engendrer une réalisation élégante pouvant s’adapter à un voisinage particulier. En effet, la présence aux alentours de plusieurs témoins architecturaux anciens comme le campanile et les quelques reliquats de la friche à l’identité patrimoniale forte n’ont pas dû rendre la tâche facile. Il fallait proposer un édifice élégant capable de durer.

Une surprenante parure d’écailles de verre

L’édifice prend place en face de la « Cour de Bretagne », la grande place qui constitue l’entrée du nouveau quartier d’activités. Ce dernier est censé symboliser la reconversion du secteur industriel et tertiaire. Le projet est composé de 1 465 m² d’espaces de bureaux, le tout intégré dans un volume transparent qui laisse entrevoir la profondeur de l’îlot. Aussi ludique que significative, la façade est composée d’une surprenante parure d’écailles de verre qui fait sa singularité. Par ailleurs, l’ensemble se pose délicatement sur un écrin de béton.

Les intérieurs sont largement illuminés grâce aux grandes baies vitrées, de même, les vues sont dégagées et les diverses perspectives vers l’extérieur sont nombreuses. L’ensemble affiche, grâce à son enveloppe, une identité à part entière. Cette dernière est non seulement esthétique mais très utile. En effet, les architectes ont eu recours à cette astuce pour son contrôle de l’apport solaire tout en dégageant les belles aperçues, en se basant sur des procédés techniques qui respectent les normes énergétiques en vigueur. Le résultat est très appréciable.

Qualité du confort visuel

L’entrée principale de l’immeuble, s’ouvre sur le principal espace public du quartier et s’insère en creux dans l’épaisseur du volume tout en révélant un interstice soigné où se croisent astucieusement le béton et le bois. Dans le but de protéger du soleil les espaces principaux de travail, le noyau qui regroupe les différentes parties annexes et la distribution des étages est positionné côté sud.

Les architectes soulignent par ailleurs que la structure interne du bâtiment est de type poteau-dalle alvéolée précontrainte (DAP). Elle est combinée à un système de rafraîchissement-ventilation-chauffage ingénieux intégré dans l’épaisseur de la dalle. Un agencement qui permet la libération de plateaux entièrement flexibles et dépouillé de toute structure et de contraintes techniques. Un tour de force que les architectes ont accompli avec tact. Quant à la vue dégagée, la générosité des espaces et le plafond en béton peint en gris, ils réaffirment la qualité du confort visuel et la luminosité.

A Lille, l’immeuble de bureaux de Barbarito Bancel se résume en un ensemble compact aux lignes pures et à l’allure dynamique qui viendra enrichir ce nouveau morceau de ville. Un travail aussi fin qu’élégant qui mérite reconnaissance.

© Alessandra Chemollo
© Alessandra Chemollo
© Alessandra Chemollo
© Alessandra Chemollo

Le site de Barbarito Bancel: ici.

Les photos : © Alessandra Chemollo

Fiche technique • Lieu Lille, Zac Rives de la Haute Deûle, EuraTechnologies • Type de projet Bâtiment de bureaux • Maîtrise d’ouvrage Foncière de L’Érable (Crédit Agricole Nord de France) • Promoteur Ervefel et Promonor • Aménageur Soreli • Urbaniste PDAA • Maîtrise d’œuvre Architecte mandataire : Barbarito Bancel Architectes BET structure : Masse et Somete BET fluides : Réflexion BET performance énergetique : Greenbirdie BET façade : EOC et RFR BET électrique: Kee • Entreprises Façadier : STM Groupe Roger Delattre Bardage Aluminium : Soprema Entreprises • Fournisseurs Saint-Gobain Vitrage • Phase Livré en 2020 • Budget 1 760 euro/ m² • Surface 1 465 m²

A Nantes, a/LTA réalise des logements généreux

© Stéphane Chalmeau

La vie citadine peut-elle se réconcilier avec les lieux de rencontres et les logements généreux ? La réponse vient de l’agence a/LTA ( Maxime Le Trionnaire et Gwénaël Le Chapelin) qui livre à Nantes un projet qui, tout en privilégiant le piéton, offre des espaces confortables à ses habitants.

Une véritable cour urbaine

L’agence a/LTA n’est pas à son premier programme de logements. En effet, De Rennes à Nantes en passant par Saint-Malo, ses réalisations aux traits épurées privilégient l’être humain. Ce dernier se trouve au cœur même de la conception. A Nantes, le projet de 45 logements donne encore une fois l’exemple.

La ZAC Erdre-Porterie qui se trouve non loin de Nantes est entouré d’une belle végétation. Nous pouvons y trouver des espaces boisés qui forment déjà le contexte. La réalisation prend place entre un cheminement piéton boisé donnant sur le nord et la cour du nouveau collège qui se trouve au sud. Soucieux de la préservation des qualités du site, les architectes ont proposé une véritable cour urbaine où de nombreuses transparences visuelles mettent en avant la nature environnante.

Dans le but de créer des perméabilités au sein même de l’îlot, le projet est constitué de trois entités distinctes. Tandis que le cœur d’îlot comprend une agréable prairie arborée, de nombreuses percées offrent des vues dégagées sur les environs. Par ailleurs, le socle fait l’objet d’une attention particulière dans le choix d’un traitement paysager soigné ce qui l’ancre dans son environnement végétalisé.

Répondre aux divers besoins des habitants

La parcelle dispose d’un accès unique, qui dessert directement le parking, depuis la route à l’ouest. Les petites ruelles qui permettant d’entrer dans le cœur d’îlot et qui constituent d’agréables espaces de rencontres, sont en partie traitées en dallage. Les architectes nous expliquent que c’est « pour faire la transition entre la rue et les entrées des bâtiments. » En effet, ils ont agencé l’ensemble d’une manière à répondre aux divers besoins des habitants. Notons par exemple, l’existence d’une table de pique-nique qui crée un espace partagé autour de celle-ci. Ces divers éléments sont mis à distance des terrasses qui donnent sur le cœur d’îlot, par la plantation de quelques massifs plantés. Une ambiance joyeuse et champêtre se dégage de l’ensemble.

Mis à part les espaces intérieurs à la fois épurés, confortables et très lumineux, la générosité dans les espaces extérieurs permet, selon les architectes, de profiter pleinement de leurs terrasses et de participer à l’animation du quartier. Tandis que l’ensemble des volumes bâtis se caractérise par la couleur blanche, les garde-corps sont en verre et ils favorisent les reflets de l’environnement proche. Assis à leurs terrasses les habitants se croiraient presque en plein nature, un argument de taille que cherchent de plus en plus de citadins. Fidèle à ses principes, l’agence a/LTA a, encore une fois surpris par un projet qui s’adapte parfaitement au lieu.

© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau

Le site de l’agence a/LTA : ici.
Les photos : © Stéphane Chalmeau