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A Rennes, un remarquable programme intergénérationnel signé a/LTA

© Stéphane Chalmeau

Baptisée La Lyre, il s’agit d’un programme intergénérationnel que l’agence d’architecture a/LTA le Trionnaire – le Chapelain vient de terminer à Rennes. Une réalisation qui allie brillamment rationalité et esthétisme.

Rationalité structurelle

L’édifice est situé dans ZAC Normandie Saumurois au nord de Rennes qui s’inscrit dans le processus de rénovation urbaine (ANRU) du quartier de Villejean. Les architectes nous racontent que le projet urbain de Normandie Saumurois est né de la collaboration de plusieurs ateliers urbains communs aux différents opérateurs et architectes dans un esprit collégial et coopératif pour engendrer de nouvelles manières d’habiter tout en proposant différents types de financements comme l’accession aidée, l’accession libre pour les primo-accédants, la colocation, les logements séniors visant à rompre leur isolement. C’est donc un projet ambitieux qui rompt avec les standards des programmes de logements.

Le programme est complexe, il s’agit de faire cohabiter 26 logements dont 8 logements réservés aux séniors avec une résidence attribuée à 3 colocataires étudiants ainsi qu’une autre dédiée aux invites, sans oublier l’existence de la salle de convivialité, un important atout dans ce genre de projet. Tandis que les trois côtés ouest, nord et est de parcelle sont occupés, la partie sud reste libre et pourra abriter un espace de convivialité ainsi qu’un jardin.

Les architectes nous racontent que l’acte fondateur du projet “repose sur la rationalité structurelle avec un travail rigoureux sur la trame pour résoudre une économie de projet tendue.

Un programme inédit

Le rez-de-chaussée comporte un socle alternant plusieurs séquences de vitrines toute hauteur et des panneaux de béton matricé ainsi que des panneaux perforés en aluminium. Les façades minérales de teinte sombre se détachent de l’ensemble grâce à leurs grands panneaux verticaux entrecoupés par les coursives proférant un caractère singulier à la bâtisse. Selon les architectes, la présence des coursives n’est qu’un geste rationnel qui répond favorablement aux diverses exigences du programme ainsi qu’au cahier de charges d’Archipel Habitat. Ce dispositif permet donc à tous les logements d’être traversants ou en double orientation. A noter que les architectes ont proscrit tout logement orienté uniquement vers le nord.

Pour inciter les futurs habitants à végétaliser les façades, les architectes ont installé devant les fenêtres des chambres ainsi que celles des cuisines, des dispositifs pouvant accueillir des plantations. Les garde-corps perforés en aluminium naturel jouent le jeu des moucharabieh en assurant l’intimité des habitants tout en leur offrant la vue extérieure.  

Nous avons l’impression que, par moment, l’ensemble reprend avec les toitures brisées, les grandes lignes des typologies des logements individuels, un clin d’œil cependant qui reste assez schématique tout en engendrant de formes nouvelles. Un joli coup de maître qui rend la réalisation identifiable de loin. La Lyre constitue donc non seulement un programme inédit mais un ensemble qui apporte à la ville une architecture de qualité.  

© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau

Le site de l’agence a/LTA le Trionnaire – le Chapelain: ici.

Les photos : © Stéphane Chalmeau

Le récit d’une folle journée marseillaise

© Espace Public

Samedi le 5 septembre 2020 était probablement une journée comme une autre pour la plupart des quartiers marseillais qui ont vécu comme d’habitude avec la frénésie des marchés hebdomadaires, l’affluence des touristes ou encore aux rythmes de la douceur d’été. Presque tous les quartiers sauf la Friche de la Belle de Mai, où il s’est passé quelque chose de particulier.

C’est dans cet ancien no mans land, sur les hauteurs de la ville phocéenne, dans des locaux savamment remaniés par l’architecte Matthieu Poitevin qu’une centaine de personnes de tout âge et provenance confondues se sont rencontrées pour débattre autour du thème Espace public. En effet, l’idée est née, pendant le confinement, avec des rencontres virtuelles qui ont fini par aboutir sur quelque chose de réel où lors d’un après-midi complet, autour d’un bon déjeuner, une trentaine d’interventions ont gardé en haleine toute l’assemblée.

Personnellement je modérais ce rendez-vous particulier même si j’ai eu une petite intervention concernant l’un des sujets abordés. C’est pourquoi, mon avis est forcément subjectif mais je l’assume pleinement.

J’ai connu Matthieu, il y a quelques années, quand, à la suite d’une très brève rencontre, j’avais dressé son portrait. Aujourd’hui, avec le temps, je me rends compte que je ne m’étais pas trompée. Si son architecture a gagné en référence, le personnage est resté le même, il est toujours aussi spécial que le nom de son agence. Quoique, je me demande si son exigence envers soi mais aussi envers son entourage ne s’est pas un peu renforcée?

Finalement, c’est grâce à l’initiative de cet architecte hors-norme que la rencontre du 5 septembre a eu lieu. C’est grâce au parrainage de son agence Caractère spécial architecture mais aussi de l’association Va jouer dehors qu’il a créé, que cette « Table Ouverte » a pu se dérouler. Ainsi, s’est enchaînée une demi-journée de paroles, de lectures, de témoignages mais aussi de très belles rencontres, des retrouvailles ou encore d’avis tranchés.

Concernant les interventions et bien que toutes étaient intéressantes, j’ai mes quelques préférences. Je vais citer simplement les prénoms, si jamais un jour, les personnes croiseront le chemin de ce site, elles se reconnaitront. Raphaëlle, tu as parlé avec une grande franchise, j’ai été sensible à tes paroles. François, c’est toujours très agréable de t’écouter. Paul, j’ai bien aimé ton intervention, simple, touchante, elle émanait du cœur. Anne-Valérie, je dirai juste que c’était très beau. Youssef, égal à toi-même comme d’habitude. Emmanuel, tu as fait une intervention simple et savoureuse. Christine, c’était une très belle intervention doublée d’une superbe rencontre, Merci Matthieu. Je laisse Ingrid et Olivier pour la fin, car quoique je dise, je ne serai pas subjective, vous êtes des amis et j’ai eu souvent l’habitude de vous écouter et d’apprécier vos paroles ainsi que vos projets.

Toutes les propositions avancées étaient pertinentes, l’idée de cette « Table Ouverte » ressemblait tout simplement à un beau pavé jeté dans la mare. Et bien que Matthieu avait imposé à quelques uns certains sujets, le résultat était prometteur. Quand j’ai quitté le restaurant des Grandes Tables, la journée tendait à sa fin, le soleil se couchait derrière les montagnes et le cœur de la ville continuait à battre.  

A Lille, Stefania Stera réalise une remarquable résidence intergénérationnelle

©Luc Boegly

A Lille, sur une parcelle complexe située non loin de l’animation du centre-ville, l’architecte Stefania Steria (Stera architectures) vient de terminer la réalisation d’un programme aussi compact que coquet. Il s’agit d’un projet atypique constitué de 11 logements à loyer modéré dont trois colocations où cohabitent des étudiants et des personnes âgées partageant des espaces communs comme une laverie, une cuisine, un bureau informatique et une terrasse-jardin.

Un ensemble hétéroclite aux diverses qualités

C’est un lieu riche par son histoire mais aussi par son architecture, qui a été remanié par Stefania Stera pour pouvoir abriter plusieurs générations. Un défi relevé avec brio qui pourra servir d’exemple à d’autres programmes du même genre jusque là frileux et non certains d’un tel succès. A Lille, Stefania Stera a non seulement réhabilité une ancienne bâtisse mais elle y a ajouté une charmante extension formant ainsi un ensemble hétéroclite qui possède diverses qualités.

La maîtrise d’ouvrage (Villa Village) souhaitait la création d’un lieu intergénérationnel permettant aux habitants de créer des liens et de l’entre-aide tout en vivant dans une maison commune. Le choix de cette ancienne maison n’est donc pas anodin, il correspond bien à l’idée tout en croisant l’histoire et l’extension contemporaine. En effet, cette dernière, grâce à l’intervention de Stefania Stera joue à merveille avec les formes préexistantes tout en les révélant. Nous pouvons constater que le projet comprend deux écritures, l’une située sur la place des Bleuets et l’autre donnant sur la cour. Cette dernière étant classée monument historique. La complexité de la promiscuité des deux styles a été atténuée par les traits fins de l’intervention minutieuse que l’architecte a accompli avec tact.

Dans son projet, Stephania Stera a opté pour la conservation de nombreux éléments de mobilier et de luminaires. Nous pouvons citer par exemple la grande porte vitrée , située dans l’espace cuisine collective, qui est devenue une librairie ou bien encore les frigos cachés dans des meubles muraux avec portes moulurées. Des meubles conservés et transformés qui confèrent aux différents espaces un air singulier.

L’extension vient doubler, par sa forme en U, le volume ancien. Sa façade arrondie constitue une curiosité à part entière. En effet, elle est dotée d’un parement ondulé en inox poli-miroir qui reflète les couleurs et les lumières de la façade historique et classée située non loin. Un joli dialogue s’instaure entre les deux entités qui se distingue par ailleurs par leurs matériaux et leur géométrie.

De la vigueur

L’architecte nous raconte que la façade arrondie sur cour est disposée de manière à répondre au mouvement vers l’intérieur de la façade ancienne et se positionne comme un capteur solaire. « On déjoue ainsi la taille réduite de l’espace et on oriente la lumière vers la façade XVIIIème lui redonnant tout son éclat. On éprouve une sensation d’espace dans la cour, la façade métallique est soulevée sur un rez-de chaussée largement vitré. » Quant au plancher de l’extension, il est en contrebas, de ce fait, la cour devient une terrasse accueillante ouverte à tous.

L’extension, qui comprend par ailleurs un logement au RDC, deux colocations au 1er et 2ème étage, abrite également un local où se trouve une laverie et un espace informatique ouverts sur la cour ainsi qu’une vaste salle commune. Située au dernier étage avec une cuisine et deux petites terrasses, cette salle profite d’une vue imprenable sur les toitures des bâtiments voisins.

L’ancien mur mitoyen mis à nu lors des divers développements urbains du quartier respire la vie grâce à la façade sur rue. De même, les percements soulignés par les cadres des baies en inox poli-miroir reflètent la végétation environnante tout en dévoilant depuis la rue et avec tact le cœur de la parcelle.

Grâce à l’intervention de Stefania Stera, le bâtiment vieillissant a retrouvé de la vigueur tout en abritant un programme utile, fonctionnel et singulier. La résidence intergénérationnelle créée à cette intention promet de beaux jours à ses habitants !

©Luc Boegly
©Luc Boegly
©Luc Boegly
©Luc Boegly
©Luc Boegly
©Luc Boegly
©Luc Boegly

Le site de Stera architectures : ici.

Crédits photos ©Luc Boegly

A Paris, ITAR architectures signe un projet éloquent

© 11h : 45

A Paris, au 88, boulevard Ney, ITAR architectures vient de livrer un programme à la fière allure, aux lignes pures et aux traits distingués. Il s’agit de 72 logements sociaux, une crèche ainsi que deux commerces, un ensemble cohérent qui adopte la parcelle tout en apportant une touche de nouveauté.

Taillé pour le lieu

Le projet, manipulé avec tact par l’agence ITAR, ne laisse pas indifférent. Tandis que certains vont lui trouver quelques traits arrondis qui se rapprochent de quelques immeubles parisiens des années trente, d’autres diront que les espaces généreux et la luminosité des lieux font un clin d’oeil apprécié aux habitations accueillantes des années soixante-dix alors que d’autres iront encore plus loin en trouvant une véritable ressemblance avec l’architecture Bauhaus. Finalement, il s’avère que le projet du 88, boulevard Ney constitue, non seulement, une réalisation raisonnée qui répond favorablement aux diverses exigences du programme mais c’est une construction aussi fonctionnelle que plastique qui met le bien être des usagers en avant. Ingrid Tallandier a, comme à son habitude, encore une fois cousu une architecture taillée pour le lieu tout en lui insufflant diverses qualités.  

Allons donc à la rencontre de la réalisation qui a fait tant réagir positivement les adeptes du modernisme. Le projet comprend deux entités élevés sur un socle commun occupé par la crèche. L’architecte nous apprend que son idée de scission fait écho aux tours environnantes tout en dotant l’ensemble des logements d’une grande luminosité. Ainsi, les arrondis qui interpellent le promeneur viennent adoucir les deux silhouettes des immeubles tout en contrastant avec les angles droits des tours environnantes. Ingrid Tallandier a joué adroitement avec les volumes, les formes mais aussi les textures pour un résultat enchanteur.

Évolutif et généreux

Situé au nord du 18ème arrondissement parisien, le site jouit de plusieurs qualités, il bénéficie entre autres, d’une bonne desserte routière mais aussi de la proximité immédiate des transports en commun. Ainsi, située à l’entrée de la ville, la parcelle propose de nouveaux logements, des commerces ainsi qu’un équipement. L’architecte, en adéquation avec le projet existant qui porte la signature de l’architecte Dubuisson et après avoir analysé les diverses entités du programme demandé, a proposé un projet capable de durer mais aussi d’évoluer.

L’évolution future faisant partie des préoccupations de l’agence ITAR, cette dernière a proposé des intérieurs modulables et flexibles qui peuvent être adaptés, grâce à une structure réfléchie, aux différents changements de la vie du bâtiments. De même, nous remarquons que chaque logement possède un espace extérieur. Ingrid Tallandier n’a pas attendu le confinement pour mettre en avant cette stratégie, elle se débat, depuis bien longtemps, pour proposer aux utilisateurs des lieux emplis de confort et de bien être. Des propriétés appréciés de tous, probablement non visibles de l’extérieur mais qui font la différence de son architecture.

Matières et textures

Aux espaces généreux s’ajoutent la maîtrise des matériaux. Le choix de l’architecte s’est porté sur la brique pleine qui favorise le dialogue avec les tours existantes. Cependant toute la hauteur de la façade n’est pas traitée d’une manière uniforme. L’architecte a remanié l’utilisation de la brique selon son emplacement. Par exemple, les angles des façades et les garde-corps des terrasses et des loggias sont constitués d’un assemblage de briques ajourées qui, à l’image des moucharabieh, proposent des espaces intimes aux habitants. Un petit coup de coeur pour les quelques trumeaux, remplis par un assemblage géométrique de briques, qui donnent l’impression d’une façade dynamique où l’on distingue un indéniable jeu d’ombre et de lumière. Un travail recherché de la matière qui démontre le soucis des détails. Des détails soignés qui participent à rehausser l’architecture d’Ingrid Tallandier vers un niveau incontestable de maîtrise et d’élégance.

© 11h : 45
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Le site de l’agence ITAR architectures : ici.

Les photos : © 11h : 45

Frugale mais sensible, la réalisation de Farid Azib à Saint-Lô

© Luc Boegly

Le nouveau technopôle de Saint-Lô vient d’être terminé. Il s’agit d’un bâtiment remarquable, identifiable de loin, à l’allure fière, à la fois sobre et frugal qui constitue le point de départ de la nouvelle zone d’activité dédiée aux diverses entreprises innovantes du territoire. Un projet qui porte la signature habile de Farid Azib (RANDJA).

Une forme simple, un programme complexe

A Saint-Lô, une forme simple accueille un programme complexe dont des espaces de co-working, d’autres de réceptions et de démonstration ainsi qu’un auditorium, le tout dans un écrin minéral qui allie monumentalité et élégance. L’architecte Farid Azib et son agence ont été retenu en 2015 pour mener à bien le projet. « j’en étais très heureux. Connaissant mal la région et la ville de Saint-Lô, je sentais pourtant une attirance pour ce territoire à la géographie particulière, cette grande presqu’île réelle et ancienne, et j’avais toujours été interpellé par la dénomination « Manche », le nom donné au département. Cet attrait, tout autant que la programmation, a fortement motivé ma candidature. » Déclare l’architecte.

Mais ce territoire peu connu de certains, a su au fil du temps rebondir tout en se projetant vers l’avenir. En effet, la ville de Saint-Lô possède une histoire chaotique, ayant été bombardée à la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle porte les stigmates du passé, mais elle est aussi capable d’envisager l’avenir, un avenir où l’architecture joue l’un des rôles les plus importants. Et c’est sous la houlette de Farid Azib que la renaissance architecturale de ce morceau de ville se profile. L’architecte puise ainsi dans le passé de Saint-Lô pour écrire, avec les mêmes matériaux, un chapitre nouveau où texture et matérialité se croisent dans la plus simple des formes et composent le futur Technopôle Agglo 21. Minéralité et robustesse sont donc les caractéristiques de la nouvelle réalisation qui allie admirablement et avec la plus grande finesse, l’agrégat, la roche et le béton.

« Ce sera l’agrégat, le béton, le même utilisé au lendemain de la guerre, cette roche pulvérisée en gravats, que Saint-Lô a ramassée, triée, assemblée pour en faire à nouveau des murs solides et protecteurs. Le béton se confond avec l’histoire récente de la ville, ce matériau ayant beaucoup servi pour la reconstruction. Cette histoire avec le béton coïncide avec l’établissement d’excellents maçons venus d’Italie pour reconstruire la ville meurtrie. Ils vont créer des entreprises de gros œuvre exemplaires spécialisées dans le béton, qui œuvrent encore aujourd’hui ; la société Zanello qui a merveilleusement exécuté cet ouvrage, est l’une d’elles. » Raconte l’architecte.

Une conception sobre et lumineuse

A Saint-Lô, l’architecte n’a pas souhaité d’engendrer un volume pimpant aux vues magnifiques mais toute son attention a été orientée vers une conception sobre qui englobe les fonctions à l’intérieur des murs épais tout en dynamisant les interactions entre les usagers. Ainsi, les vues sur le paysage ne sont pas spécialement recherchées, à l’exception de l’amphithéâtre de 280 places, qui, exposé à la départementale, présente à la vue des automobilistes, la fonction du bâtiment. Un geste inattendu qui offre au regard des passants, un édifice différent des autres entités commerciales présentes aux alentours. L’intention de l’architecte était donc la générosité des espaces intérieurs mis à disposition des utilisateurs des lieux.

Néanmoins malgré l’aspect hermétique du projet, l’ensemble, manié avec tact par Farid Azib, dévoile plusieurs adorables surprises. En effet, si l’on regarde de près, l’équipement interagit avec son environnement. Notons par exemple l’espace « escalier-gradin » qui constitue un hémicycle de plein air en prolongement de l’amphithéâtre intérieur programmé. De même, l’agencement se fait par juxtaposition afin d’éviter les couloirs, l’architecte a conçu des espaces généreux où la lumière naturelle est toujours présente. Ainsi, le projet, qui semble opaque depuis la façade située au sud, sur les parkings, s’avère être baigné de lumière grâce aux larges baies vitrées donnant sur les patios intérieurs.

Outre l’exemplarité de la conception structurelle et la technicité de sa mise en œuvre inédite, le nouveau technopôle de Saint-Lô, à l’allure aussi monumentale que frugale, dévoile une indéniable sensibilité qui fait sa spécificité.  

© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly

Le site de Farid Azib (RANDJA) : ici. (A noter que l’architecte Dhouha Hamdi est le chef de projet.)

Les photos : © Luc Boegly

Concours non-retenu de MFR Architectes

© YAM studio pour MFR architectes

MFR a fait partie des finalistes de la consultation d’opérateurs relative au prolongement de l’écoquartier fluvial de l’Île-Saint-Denis, un projet grandiose qui accueillera une partie du village des athlètes des Jeux de Paris 2024. Découverte d’une conception qui restera dans les tiroirs.

L’agence parisienne MFR architectes s’était présentée en tant que coordonnateur du macro lot PE aux côtés des deux agences d’architecture ITAR et ARCHI5, coordonnateurs des macro-lots PA et PB. 

Les architectes nous racontent:  » Il s’agissait de respecter un des enjeux majeurs du territoire fixés par la ville de l’Île-Saint-Denis, la SEM Plaine Commune Développement et la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques (SOLIDEO) : habiter et faire vivre ce futur maillon performant et résilient de l’aventure des JO de Paris 2024 dans sa phase héritage post-olympique où il fera bon vivre et se rencontrer. Paysage péri urbain fragile et passionnant où l’histoire des hommes n’a pas effacé le milieu naturel, l’Île-SaintDenis pose toutes les grandes questions du vivre-ensemble. Nous les avons abordées avec nos convictions : travailler pour la joie d’habiter, qui naît de la lumière, de l’espace, du confort et du collectif. Chaque îlot a été conçu dans une approche inclusive et un but d’équité au service des futurs Ilo-Dionysiens, des athlètes et des visiteurs. »

L’idée avancée par les architectes cherchait à respecter le plus possible le patrimoine naturel et la biodiversité, en intervenant en tant qu’aménageur avec finesse et douceur, dans le but de ménager autant qu’aménager en continuité de la première tranche construite et du développement déjà engagé.

L’écoquartier était pensé comme un écosystème urbain qui place la dimension écologique à son centre. « Favorisant l’équilibre entre les qualités d’insularité du site et son ancrage dans le territoire intense de la métropole, celui-ci proposait d’apprivoiser la densité urbaine en travaillant à petite échelle par une fragmentation minutieuse des volumes, des jeux de porosité, de failles et de toitures aux volumes variés. » Soulignent les architectes. Il s’agit donc, selon ces derniers, d’une véritable invitation à la promenade ouvrant les perspectives d’une berge à l’autre et imprimant aux bâtiments une volonté d’appréhender le grand paysage par des vues ouvertes sur la Seine depuis les lieux de vie. 

Par ailleurs, les architectes ont proposé un programme d’une grande mixité où coexistent un hôtel modulaire en bois, une résidence étudiante ( conçue à partir de conteneurs réutilisés ), des bureaux, la Cité des arts et la base nautique . De même, le réemploi des matériaux et la reconversion des espaces après les JO a été au cœur même des conceptions surtout de la Cité des arts qui a été pensée pour rayonner dans tout le département.

Le projet mené par MFR architectes n’a malheureusement pas été choisi pour être construit. Néanmoins il restera comme un beau souvenir d’un exercice qui a profité à ses concepteurs.

Le concours: Ecoquartier fluvial de l’île-Saint-Denis (93) Village des athlètes – JO Paris 2024

© YAM studio pour MFR architectes
© YAM studio pour MFR architectes
© YAM studio pour MFR architectes

Le site de MFR architectes: ici.

Les images: YAM studio pour MFR architectes.