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Une crèche, deux oies et de multiples qualités

© Nicolas Grosmond

Baptisée les deux oies, il s’agit d’une crèche aussi charmante que sympathique. Située à Noisy-le-Roi, la réalisation signée WRA constitue un équipement discret qui se glisse dans l’existant et propose une extraordinaire aventure aux divers utilisateurs des lieux.

La maison des hobitts ? Construite par les Wild Rabbits

La maison des hobitts ? Construite par les Wild Rabbits. Cela aurait pu être un beau slogan pour la nouvelle crèche de Noisy-le-Roi. En effet, l’équipement, savamment enseveli, cache bien des atouts. Installée confortablement sur une parcelle en pente sur laquelle se trouvait auparavant une école de bois et de brique, la nouvelle crèche se glisse sous une toiture végétalisée et offre de nombreux espaces surprenants aux habitués des lieux.

A Noisy-le-Roi, la nouvelle structure multi-accueil pour la petite-enfance est composée de 70 à 80 places mais surtout d’une multitudes de coins et de recoins, mais aussi d’interstices et de fentes, de pleins et de vides bref c’est un joli imbroglio d’espaces qui se touchent, se croisent et se complètent pour le plus grand plaisir des enfants. Ces derniers, qui débarquent en contrebas par le chemin de l’abreuvoir ne peuvent pas manquer la crèche, située à bonne distance de la chaussée. Nous savons qu’à cet âge, tout peut sembler grand, d’où l’intérêt d’avoir des espaces équilibrés, des salles d’éveil largement ouvertes en façades et d’autres petites astuces que nos architectes ont réalisé avec brio. Ici, l’enfant est au centre du dispositif, le nouveau né se sent protégé et l’ensemble des usagers évoluent dans un univers confortable et lumineux, un lieu unique qui entretient un lien singulier avec son entourage.  

Envelopper un programme sensible, adroitement pensé et minutieusement opéré

A premier abord, le plan semble simple mais une fois à l’intérieur de ce bel équipement, nous nous rendons compte de la complexité de certaines actions. En effet, à l’image d’un morceau d’orfèvre, l’ensemble est confectionné par une juxtaposition de longs volumes pleins qui accueillent les dortoirs. Tandis que ces derniers dépassent légèrement de la vaste toiture, les salles d’éveil, largement ouvertes, occupent les interstices et se prolongent sur l’extérieur en courettes. Un procédé qui laisse dégager une façade en redans avec des pleins vitrés pour que les dortoirs puissent se faire ateliers et des creux, entièrement ouverts, qui laissent le regard filer sous la prairie. Quant aux services et aux bureaux, ils occupent la partie inférieure du plan, à droite de l’entrée.

Des années auparavant, les architectes de l’agence WRA avaient construit plusieurs écoles maternelles. Aussi surprenants qu’extraordinaires, les différents équipements revêtaient divers habits. Tantôt dorés, tantôt plissés, les revêtements ne faisaient qu’envelopper un programme sensible, adroitement pensé et minutieusement opéré. A Noisy-le-Roi, l’agence m’a, encore une fois, surpris par sa dextérité. Parmi les hangars agricoles d’un côté, les pavillons de banlieue de l’autre, l’architecture de la crèche s’émancipe de toute ressemblance voisine tout en forgeant un caractère unique où les petits se sentent bien. Ne serait-ce pas ça l’essence même du bonheur ?

© Nicolas Grosmond
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Le site de WRA : ici.

Les photos : © Nicolas Grosmond

Le Friendly Building de WRA, compact, passif et sympathique

© Nicolas Grosmond

Petit par sa taille, simple par sa forme ingénieux par son programme et exemplaire par sa réalisation, le Friendly Building de l’agence parisienne Wild Rabbits architectes (Vladimir Doray et Fabrice Lagarde) constitue une curiosité à part entière. Abritant quatre logements sociaux pour étudiants en colocation, la petite résidence située à Villejuif serait-elle en route pour devenir un cas d’école ?

Un langage aussi simple que fondamental

L’édifice qui, prend place au 67, rue Auguste Delaune à Villejuif sur une parcelle exiguë située dans un quartier résidentiel de Villejuif a tout pour séduire. Parlons tout d’abord de son architecture qui ne cherche ni l’ostentation ni la gloriole, mais qui répond à des exigences prédéfinies tout en apportant un langage aussi simple que fondamental. Le but étant l’effacement volontaire devant le monument voisin d’André Lurçat mais aussi la polyvalence d’une intervention atypique au profit d’une réalisation parcimonieuse.

Mais que fait la différence entre un quelconque bâtiment de logement étudiant et le Friendly Building de WRA ? Peu de choses qui font tout. La réalisation possède plusieurs atouts non négligeables. Tout d’abord il ne s’agit pas d’un simple immeuble de logements, l’ensemble abrite également des espaces dédiés à l’interaction avec les voisins. Un programme aéré, utile et fonctionnel qui comporte en son rez-de-chaussée des espaces à disposition de tous comme par exemple la salle d’études pour les enfants du quartier qui devient, selon les heures et les jours, un lieu de rencontre, d’échanges ou d’apprentissage.

Plus haut, au premier et deuxième niveau, tandis que certaines chambres d’étudiants s’ouvrent directement sur la cuisine ou le séjour, d’autres restent plus conformistes avec un accès à travers le hall d’entrée. Le troisième étage propose un appartement adapté à l’attique alors que le rez-de-chaussée abrite un logement PMR. Quatre logements sociaux pour 17 occupants et une surface de plancher de 360m² autant dire une petite opération au grand potentiel.

Un choix atypique pour une expérience mémorable

La partie la plus innovante reste l’exécution. Les architectes de WRA ont opté pour un choix atypique qui rend l’expérience de la Friendly Building mémorable. D’ailleurs, les architectes avouent avec la plus grand modestie que la réalisation relevait d’un véritable exercice. Les concepteurs qui se sont passionnés par le passé à des réalisations en béton comme le bunker d’Epinay-sur-Seine, nous livre à Villejuif un projet riche d’un autre procédé, la préfabrication en bois 3D. Une polyvalence et un défi qu’ils ont été capables de relever !

A ce propos, les deux associés nous informent que le prix du m² du bois préfabriqué est à peu près le même partout, mais son impact environnemental reste remarquable. Un grand atout donc pour un chantier moins polluant, le tout livré en un temps record. Les différentes modules ont été transportés en camions et quand on envisage de réaliser un édifice en bois, les donnes changent. Pour cela il a fallu jongler avec les dimensions, un exercice difficile qui a probablement amusé nos deux magiciens car le résultat est juste bluffant.

Une réalisation économe et durable

Le Friendly Building peut-il s’apparenter à un jeu de cubes et de blocs ? même si le rapprochement est très tentant, la réalité est toute autre car chaque élément qui compose savamment le projet est unique. Chaque composant est choisi pour former un ensemble uni à l’instar d’un géant puzzle où chaque figure trouve sa place. La question qui nous taraude serait néanmoins : Pour une réalisation économe et durable, est-ce que l’ensemble est démontable ou recyclable ? La réponse est encore plus surprenante, les divers éléments sont en effet démontables en atelier mais il ne faut pas attendre à faire et défaire tout sur place comme un jeu de Légo. Pour des besoins d’inertie thermique ou l’immuabilité de la matière, les architectes ont eu besoin de se servir du béton, non, tout n’est pas du 100% bois et la réponse serait donc oui, tout est récupérable mais en atelier. Finalement peu importe le procédé, c’est la conséquence qui prime. Nous sommes en présence d’un savoir-faire qui peut se rapprocher de l’excellence.

© Nicolas Grosmond
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Le site de WRA : ici.

Les photos : © Nicolas Grosmond

Programme : Construction de 4 logements sociaux (17 places) pour étudiants en colocation solidaire Localisation : 67 rue Auguste Delaune à Villejuif (94) Surface : 420 m² sdp / 360 m² shab Coût : 663 K€ H T, Valeur : 720 K€ H T Maître d’ouvrage : RATP H ABITAT Équipe : CMB entreprise mandataire / WRA + Ithaques architectes / ARTOFACT bet bois / ACE bet fluides Mission : Complète loi M O P – conception réalisation Période de chantier : juin à septembre 2019 Exemplarité : Certification NF Habitat HQE, labellisation bâtiment passif

A Versailles, des logements sociaux en bois signés Wild Rabbits+Ithaques

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Les architectes des agences WRA et Ithaques viennent de livrer à Versailles un immeuble de quatre étages en bois. Une aventure exceptionnelle qui montre que le bois n’est plus réservé exclusivement à la réalisation des maisons individuelles.

A l’époque où Henri Colboc a construit le domaine universitaire de Versailles (la cité HLM) en pierre de taille, il n’imaginait point qu’un jour l’édifice allait avoir un voisinage en bois.

Édifiés au coeur de la résidence Richard-Mique, dans le quartier de Clagny-Glatigny, les logements pour étudiants présentent un mélange de genres reconnaissable de loin malgré la couleur générale qui s’accorde avec celle d’autres constructions déjà existantes aux alentours.

C’est la cohabitation d’une structure légère construite entièrement en panneaux de bois contrecollés et de deux dalles en béton (l’un constituant le rez-de-chaussée et l’autre le dernier étage). Ces dernières sont reliées entre elles via deux noyaux construits également en béton et sont destinés pour accueillir  les escaliers d’une part et l’ascenseur d’autre part.

La parcelle est étroite et les contraintes diverses. L’embarras est de taille, celui de pouvoir appliquer les règles propres aux résidences étudiantes, de respecter les lois de la PLU ainsi que le fait d’assurer à l’édifice une acoustique de qualité, le tout avec les matériaux choisis. Sans parler des règles propres à la sécurité incendie qui ont donné lieu à l’introduction d’un deuxième escalier de secours dans le volume.

Malgré cela, les architectes parviennent à réaliser un bâtiment qui joint efficacité énergétique et détails soignés. Les lignes sont simples, la fonctionnalité est respectée et le résultat est enthousiasmant. N’oublions pas que c’est l’une des rares constructions françaises de quatre étages en bois. Un exploit ? Non, probablement un premier pas vers d’autres horizons…

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A découvrir, l’avancement du chantier tout au long de la construction qui se trouve dans les photos de l’album ci-dessous:

Photo 1 et 2: © WRA.