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Le Friendly Building de WRA, compact, passif et sympathique

© Nicolas Grosmond

Petit par sa taille, simple par sa forme ingénieux par son programme et exemplaire par sa réalisation, le Friendly Building de l’agence parisienne Wild Rabbits architectes (Vladimir Doray et Fabrice Lagarde) constitue une curiosité à part entière. Abritant quatre logements sociaux pour étudiants en colocation, la petite résidence située à Villejuif serait-elle en route pour devenir un cas d’école ?

Un langage aussi simple que fondamental

L’édifice qui, prend place au 67, rue Auguste Delaune à Villejuif sur une parcelle exiguë située dans un quartier résidentiel de Villejuif a tout pour séduire. Parlons tout d’abord de son architecture qui ne cherche ni l’ostentation ni la gloriole, mais qui répond à des exigences prédéfinies tout en apportant un langage aussi simple que fondamental. Le but étant l’effacement volontaire devant le monument voisin d’André Lurçat mais aussi la polyvalence d’une intervention atypique au profit d’une réalisation parcimonieuse.

Mais que fait la différence entre un quelconque bâtiment de logement étudiant et le Friendly Building de WRA ? Peu de choses qui font tout. La réalisation possède plusieurs atouts non négligeables. Tout d’abord il ne s’agit pas d’un simple immeuble de logements, l’ensemble abrite également des espaces dédiés à l’interaction avec les voisins. Un programme aéré, utile et fonctionnel qui comporte en son rez-de-chaussée des espaces à disposition de tous comme par exemple la salle d’études pour les enfants du quartier qui devient, selon les heures et les jours, un lieu de rencontre, d’échanges ou d’apprentissage.

Plus haut, au premier et deuxième niveau, tandis que certaines chambres d’étudiants s’ouvrent directement sur la cuisine ou le séjour, d’autres restent plus conformistes avec un accès à travers le hall d’entrée. Le troisième étage propose un appartement adapté à l’attique alors que le rez-de-chaussée abrite un logement PMR. Quatre logements sociaux pour 17 occupants et une surface de plancher de 360m² autant dire une petite opération au grand potentiel.

Un choix atypique pour une expérience mémorable

La partie la plus innovante reste l’exécution. Les architectes de WRA ont opté pour un choix atypique qui rend l’expérience de la Friendly Building mémorable. D’ailleurs, les architectes avouent avec la plus grand modestie que la réalisation relevait d’un véritable exercice. Les concepteurs qui se sont passionnés par le passé à des réalisations en béton comme le bunker d’Epinay-sur-Seine, nous livre à Villejuif un projet riche d’un autre procédé, la préfabrication en bois 3D. Une polyvalence et un défi qu’ils ont été capables de relever !

A ce propos, les deux associés nous informent que le prix du m² du bois préfabriqué est à peu près le même partout, mais son impact environnemental reste remarquable. Un grand atout donc pour un chantier moins polluant, le tout livré en un temps record. Les différentes modules ont été transportés en camions et quand on envisage de réaliser un édifice en bois, les donnes changent. Pour cela il a fallu jongler avec les dimensions, un exercice difficile qui a probablement amusé nos deux magiciens car le résultat est juste bluffant.

Une réalisation économe et durable

Le Friendly Building peut-il s’apparenter à un jeu de cubes et de blocs ? même si le rapprochement est très tentant, la réalité est toute autre car chaque élément qui compose savamment le projet est unique. Chaque composant est choisi pour former un ensemble uni à l’instar d’un géant puzzle où chaque figure trouve sa place. La question qui nous taraude serait néanmoins : Pour une réalisation économe et durable, est-ce que l’ensemble est démontable ou recyclable ? La réponse est encore plus surprenante, les divers éléments sont en effet démontables en atelier mais il ne faut pas attendre à faire et défaire tout sur place comme un jeu de Légo. Pour des besoins d’inertie thermique ou l’immuabilité de la matière, les architectes ont eu besoin de se servir du béton, non, tout n’est pas du 100% bois et la réponse serait donc oui, tout est récupérable mais en atelier. Finalement peu importe le procédé, c’est la conséquence qui prime. Nous sommes en présence d’un savoir-faire qui peut se rapprocher de l’excellence.

© Nicolas Grosmond
© Nicolas Grosmond
© Nicolas Grosmond
© Nicolas Grosmond
© Nicolas Grosmond
© Nicolas Grosmond

Le site de WRA : ici.

Les photos : © Nicolas Grosmond

Programme : Construction de 4 logements sociaux (17 places) pour étudiants en colocation solidaire Localisation : 67 rue Auguste Delaune à Villejuif (94) Surface : 420 m² sdp / 360 m² shab Coût : 663 K€ H T, Valeur : 720 K€ H T Maître d’ouvrage : RATP H ABITAT Équipe : CMB entreprise mandataire / WRA + Ithaques architectes / ARTOFACT bet bois / ACE bet fluides Mission : Complète loi M O P – conception réalisation Période de chantier : juin à septembre 2019 Exemplarité : Certification NF Habitat HQE, labellisation bâtiment passif

De l’usine aux logements étudiants

© Chris Mosier
© Chris Mosier

A Kreuzberg, l’un des quartiers les plus branchés de la capitale allemande, les architectes de l’agence Macro Sea basée à New-York ont réhabilité et reconvertit une usine datant de cent ans pour un complexe d’élégants logements d’étudiants.

C’est un projet qui mélange divers éléments de l’architecture traditionnelle bavaroise mêlée au mobilier danois dans un écrin qui date de cent ans. Une improbable cohabitation qui a été réalisée grâce aux architectes de Macro Sea. Le concept ainsi que l’aménagement intérieur reflètent très bien l’esprit du quartier qui se veut décontracté et dynamique.

Recyclage

Doté de matériaux de récupération de l’usine originale et répondant à une atmosphère qui reflète le mode de vie berlinois, l’idée de ces logements est une alternative d’hébergement idéale pour les étudiants à la recherche d’un environnement informel et socialement actif.

Macro Sea a fait équipe avec le Conseil de l’International Educational Exchange, une des plus grandes organisations à but non lucratif pour les études à l’étranger, en repensant ce complexe de plus de 78000 m² datant du début du XXème siècle. Situé au 27 Gneisenaustrasse, l’un des édifices qui comporte cinq étages abrite les bureaux administratifs et appartements de professeurs, tandis que le grand bâtiment de l’usine de six étages situé de l’autre côté de la cour intérieure comprend les logements des étudiants.

L’«incubateur social»

Les chambres, conçues de manière minimaliste et mettant en vedette des artifices récupérés de la propriété d’origine peuvent accueillir plus de 200 étudiants. Les intérieurs peuvent être personnalisés selon les préférences individuelles. Les salles de classe, les salles à manger et les diverses salles de séjour communes, agissent comme une sorte d’«incubateur social» qui facilite l’échange et le débat selon les architectes.

David Belt, le fondateur ainsi que le président de Macro Sea dont l’épouse est de Berlin raconte : «J’ai vraiment adoré chaque étape de ce projet, à partir de la première fois où nous l’avons esquissé.(…) Ma femme est de Berlin, il était donc vraiment spécial d’y passer du temps, en particulier dans Kreuzberg, l’un des quartiers les plus intéressants de la ville. Ce fut un plaisir de travailler avec la CIEE et avoir construit de nombreux projets (…) ».

La reconversion de cette ancienne usine est non seulement un projet créatif mais sauve le patrimoine industriel de l’époque.

© Chris Mosier
© Chris Mosier

© Chris Mosier
© Chris Mosier

© Chris Mosier
© Chris Mosier

Le site de Macro Sea : ici.

Photos: © Chris Mosier