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La Cité-Jardin de la Butte Rouge, un patrimoine à protéger

A Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) existe un témoignage patrimonial remarquable qui a été précurseur de l’architecture écologique, il s’agit de la cité-jardin de la Butte Rouge. Cette dernière, labellisée Patrimoine du XXe siècle en 1990, est pourtant aujourd’hui, menacée de perdre son âme.

© Sipane Hoh

Nul ignore les qualités architecturales, patrimoniales et paysagères de la Butte Rouge de Châtenay-Malabry. En effet, cet ensemble exemplaire construit à partir des années 30, constitue un idéal d’époque qui garde toujours ses qualités, malgré les âges. Il suffit de regarder les lignes et les courbes des édifices, les différents espaces publics, les lieux de rencontres, les jardins partagés, les plans et les intérieurs généreux pour se rendre compte de l’harmonie et l’accord que peut dégager un projet architectural, urbain et paysager.

La Butte rouge est la preuve vivante d’une utopie sociale née au début du XXe siècle, celle de trouver une solution permanente et durable, à travers un habitat populaire offrant de multiples services à des populations ouvrières, à une surabondance des constructions insalubres qui abritaient plus de résidents de ce qu’elles pouvaient contenir. C’était l’époque où l’on parlait déjà du Grand Paris dont le pari était la construction des ilôts jardin tout autour de la capitale.

Mais d’où vient l’idée même de Cité-jardin?

Inspiré du « Garden city », la Cité-jardin constitue l’idéal d’une communauté résidentielle planifiée, tel que conçu par l’urbaniste anglais Sir Ebenezer Howard. L’idée de ce dernier répondait au besoin d’améliorer la qualité de la vie urbaine, qui avait été sérieusement impactée par la surpopulation et la congestion dues à une croissance incontrôlée depuis la révolution industrielle. La solution de Howard aux problèmes connexes de dépeuplement rural et de croissance fulgurante des grandes villes était urbaine, il s’agissait de la création d’une série de petites villes planifiées unissant les commodités de la vie urbaine à l’accès facile à la nature. De ce fait, la Cité-jardin idéale selon Howard serait située sur un terrain utilisé à des fins agricoles uniquement qui serait la propriété privée d’un petit groupe d’individus. Ces derniers, en conservant la propriété, conserveraient le contrôle de l’utilisation des terres.

En 1903, Howard a eu le plaisir de voir son plan se réaliser. En Angleterre, une Cité-jardin appelée Letchworth a été développée à environ 30 miles au nord de Londres et sera suivi par une autre qui fut établi non loin de la première. Depuis, le concept révolutionnaire pour l’époque a connu une grande popularité dans la planification des banlieues et des villes.

Le concept de la Cité-jardin a eu une influence très positive dans d’autres pays et l’idée a été largement propagée des Amériques jusqu’en Asie en passant par l’Europe. En France, des Cités-jardins ont ainsi vu le jour. La région parisienne a connu son lot de Cités-jardins sous l’initiative du ministre de la santé Henri Sellier qui a contribué à l’édification de quinze Cités-jardins situés autour de Paris.

Construite entre 1931 et 1965 à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), par les architectes Joseph Bassompierre, Paul de Rutté, André Arfvisdon et Paul Sirvin, en collaboration avec le paysagiste André Riousse, la Cité-jardin de la Butte-Rouge est aujourd’hui, l’un des exemple de ce concept qui a attiré les regards pendant bien longtemps. Un écrin de verdure de 70 hectares au sein de la ville, composé d’une crèche, de plusieurs écoles, de potagers, de commerces, et de 4.000 logements. Un cas d’école qui a été reconnu pour ses diverses qualités architecturales, urbaines, paysagères mais aussi sociales, ce qui lui a valu le label «architecture du XXe siècle » en 1990. Sauf que ce label, aussi prestigieux soit-il ne protège pas cet éminent ensemble patrimonial de tout changement futur.

Le site de La Cité-jardin de la Butte Rouge qui a été cédé en 2018 à la Coop Hauts-de-Bièvre Habitat, était la propriété de l’Office Public HLM Hauts-de-Seine Habitat. Un changement de propriétaire qui a entrainé un changement de paradigme. Aujourd’hui, la Butte-Rouge est menacée. En effet, suivant les derniers plans de la ville qui peut décider du sort de cet ensemble patrimonial, 15 à 20 % du bâti seront gardés et restructurés en entrainant la démolition/reconstruction du reste. A l’heure de l’importance de l’économie d’énergie, de la durabilité et des matériaux de constructions utiles mais aussi de la végétalisation des villes, des exemples précurseurs comme la Butte Rouge seraient démolis. Pour construire un écoquartier dirait-on. Mais la question est la suivante : la Cité-jardin étant déjà un écoquartier, ne serait-il pas plus intelligent de réhabiliter l’existant ?

Le patrimoine du XXe siècle jouit déjà d’une très mauvaise publicité. Dans cet exemple précis, rien n’explique une démolition. Aujourd’hui, nous savons tous qu’une démolition coûte cher et dégage des déchets sans parler des traumatismes causés par les images d’une cité démolie sans qu’il n’y ait aucune raison valable, ne serait-ce qu’une vétusté qui sera très facilement remédiée selon les moyens dont on dispose pour embellir nos villes et les doter de tout confort tout en respectant les divers normes actuels.

A Châtenay-Malabry, le modèle urbain de la Cité-jardin est en train de péricliter à cause d’une nouvelle opération qui rayera à jamais un patrimoine architectural reconnu mondialement comme l’un des exemples utopiques qui ont marqué l’histoire de la banlieue parisienne. Au nom de l’architecture, du patrimoine et du paysagisme, préservons ces Cités-jardins qui contribuent à alimenter l’âme de la région parisienne!

© Sipane Hoh
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Les photos : © Sipane Hoh

Pour ceux qui ne connaissent pas cet exceptionnel exemple patrimonial, à l’occasion des journées nationales de l’architecture, l’ordre des architectes d’île-de-France organise des visites groupées. Pour s’inscrire c’est par ici.

Au Portugal, une charmante maison signée Paulo Martins

© Ivo Tavares Studio

Au Portugal, situé à Castelo Branco, une commune qui se trouve au nord est de Lisbonne, l’architecte Paulo Martins vient de terminer la réalisation d’une résidence familiale qui croise, à son intérieur astucieusement les textures. Élégance et sobriété sont au rendez-vous.

Maintenir l’aspect extérieur

L’architecte nous informe que la maison est située à Castelo Branco, dans la partie ancienne de la ville, qui a connu un déclin croissant ces dernières années. En réponse à cette situation, le projet de Paulo Martins visait à prendre les contours d’un archétype, pour tenter d’établir une nouvelle forme dans l’occupation urbaine de la ville. D’une part la revitalisation urbaine du centre historique et d’autre part son occupation par des tranches d’âge plus jeunes.

Conformément à cette intention, Paulo Martins a souhaité maintenir l’aspect extérieur d’origine de la maison tandis qu’à l’intérieur, les espaces ont été réadaptés aux normes actuelles de confort, de sécurité et de style de vie tout en étant marquées par le minimalisme contemporain.

Remanier l’intérieur

La maison est constituée de deux étages et d’une mezzanine. Pour des raisons d’éclairage, le rez-de-chaussée est réservé aux chambres à coucher et les étages supérieurs aux espaces communs. On accède, à ces derniers, par l’escalier d’origine du bâtiment. Paulo Martins a restauré le toit, donnant à l’ensemble, du sol au plafond, une hauteur assez généreuse où la lumière se reflète sur les plafonds et les murs blancs inondant l’ensemble. Un puits de lumière a été ajouté à la mezzanine, offrant une vue sur le château depuis le poste de travail rappelant que cet espace contemporain est chargé d’histoire.

En termes de matériaux, l’architecte qui a souhaité que le projet soit léger, décontracté et accueillant, c’est pourquoi, il a utilisé des matériaux simples mais de haute qualité, peignant les murs et les plafonds dans des tons clairs et finissant les sols et les meubles en pin sylvestre. L’ensemble respire la simplicité et l’élégance. C’est un intérieur où il fait bon vivre et dont les habitants sont satisfaits.

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
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© Ivo Tavares Studio

Le site de Paulo Martins Arquitectura & Design: ici.

Les images : © Ivo Tavares Studio

Facebook: www.facebook.com/ivotavaresstudio

Instagram: www.instagram.com/ivotavaresstudio

Un lieu, des lieux: La friche de la Belle de Mai aujourd’hui

© Sipane Hoh

C’est un lieu unique et singulier juché sur les hauteurs de Marseille mais une fois que nous sommes à l’intérieur de son enceinte, on découvre de multiples lieux. La friche de la Belle de Mai qui a été depuis de longues années, un vaste terrain de jeu pour les architectes, est devenu aujourd’hui une curiosité parmi les grands incontournables de la ville.

La Friche, hier

Je fais partie des personnes qui sont attirées par les lieux insolites, c’est ainsi que j’ai entamé, un beau jour d’été, la découverte, à ma manière, de la Friche de la Belle de Mai. Mais avant de raconter mes impressions, un petit tour d’horizon sur l’histoire de cette localité hybride et atypique.  

En 1992, voit le jour un nouveau concept qui prend ses racines sur le site de la Régie des Tabacs devenue obsolète. Commence ainsi le nouveau chapitre d’une belle histoire qui n’est jamais vraiment terminée. En effet, après l’arrêt de la production de la manufacture en 1991, la proposition d’investir le lieu par des actions artistiques a été retenue par la ville. Et bien que les premiers pas étaient difficiles ainsi que les conventions d’occupations précaires, l’idée d’un lieu culturel a fait petit à petit son chemin pour devenir, aujourd’hui, un véritable socle éducatif et social.

Et si nous parlions architecture ? Un lieu atypique, une surface de 100 000 m² dans l’un des quartiers les plus précaires de Marseille, la Belle de Mai. Le site historique qui a repris vie, grâce à des conventions d’occupations précaires et a débuté avec une accumulation d’activités artistiques et culturelles organisées de manière associative, a vu passer plusieurs grands noms de l’architecture comme Jean Nouvel qui fut le président de la société coopérative d’intérêt collectif et qui a cédé par la suite sa place à Patrick Bouchain puis à Matthieu Poitevin dont les interventions ont duré 12 ans. Le lieu a été donc pensé, dès le départ, non pas comme un bâtiment, mais comme une composition savante de divers espaces pour offrir à la ville un véritable projet culturel et urbain pouvant s’adapter aux différents usages.

La Friche c’est quoi exactement ? S’agit-il de l’ensemble des lieux artistiques et culturels qui occupent un même lieu ? Certains peuvent se contenter de cette réponse. Mais en réalité, la Friche c’est bien plus que cela. Allons-y et faisons un petit tour. Le voyageur qui débarque à Marseille et qui ne connaît de la ville que les belles vues balnéaires, sera surpris de l’ampleur de ce qui l’attend. C’est une véritable ville dans la ville, un quartier entier à découvrir, un lieu mâtiné où cohabitent allègrement des bureaux, des résidences d’artistes, des lieux d’expositions, divers espaces de jeux, des restaurants et même une crèche.

La Friche, aujourd’hui

Néanmoins, malgré la disparité des programmes et la diversité des formes, nous pouvons constater qu’un certain dynamisme se dégage de l’ensemble. Tandis que quelques anciennes structures ont été gardées dans leur intégralité, d’autres touches nouvelles y ont fait leur apparition. Par ici un porte-à-faux dans les tons industriels qu’il est difficile de distinguer du reste malgré sa taille, par là une passerelle qui chemine sur les toits surplombant la ville, ailleurs une forme étrange dans la peau d’un château d’eau devenu un lieu de création musical ou encore le skateboard qui jouxte les murs de la gare Saint-Charles, bref, un joyeux fouillis où chaque élément trouve miraculeusement sa place pour former un ensemble vivant et actuel.  

Nous ne pouvons pas dire que Matthieu Poitevin qui a travaillé dans cette fraction de ville y a apposé sa propre signature. Et même si nous reconnaîtrons quelques maigres tournures osées de son architecture, nous ne pouvons pas cataloguer l’ensemble dans un style particulier. Tout simplement parce qu’il ne s’agit pas, comme certains projets vus ailleurs, de constat où le geste architectural gratuit prime et le but ultime devient la reconnaissance d’une signature. L’architecture de la Friche de la Belle de Mai peut être révélatrice d’une certaine volonté d’inscrire l’ensemble du quartier dans la lignée des phénomènes émergents qui caractérisent certaines villes industrielles, un processus que les anglais appellent allégrement « les quartiers régénérés ». Cela pose aussi la question de la pratique de reconversion d’édifices inoccupés devenus obsolètes. Un cas d’école pour un lieu des possibles.

Dans un quartier marqué par sa présence industrielle, La Friche de la Belle de Mai telle qu’elle se présente aujourd’hui, renoue à la fois avec l’histoire du lieu, écrit sa propre épopée, crée ses évènements au gré des passants mais aussi suivant les habitués des lieux. C’est une jeune de 28 ans qui s’est épanouie petit à petit et au fil des ans.

© Sipane Hoh
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Les photos: © Sipane Hoh

A Rennes, un remarquable programme intergénérationnel signé a/LTA

© Stéphane Chalmeau

Baptisée La Lyre, il s’agit d’un programme intergénérationnel que l’agence d’architecture a/LTA le Trionnaire – le Chapelain vient de terminer à Rennes. Une réalisation qui allie brillamment rationalité et esthétisme.

Rationalité structurelle

L’édifice est situé dans ZAC Normandie Saumurois au nord de Rennes qui s’inscrit dans le processus de rénovation urbaine (ANRU) du quartier de Villejean. Les architectes nous racontent que le projet urbain de Normandie Saumurois est né de la collaboration de plusieurs ateliers urbains communs aux différents opérateurs et architectes dans un esprit collégial et coopératif pour engendrer de nouvelles manières d’habiter tout en proposant différents types de financements comme l’accession aidée, l’accession libre pour les primo-accédants, la colocation, les logements séniors visant à rompre leur isolement. C’est donc un projet ambitieux qui rompt avec les standards des programmes de logements.

Le programme est complexe, il s’agit de faire cohabiter 26 logements dont 8 logements réservés aux séniors avec une résidence attribuée à 3 colocataires étudiants ainsi qu’une autre dédiée aux invites, sans oublier l’existence de la salle de convivialité, un important atout dans ce genre de projet. Tandis que les trois côtés ouest, nord et est de parcelle sont occupés, la partie sud reste libre et pourra abriter un espace de convivialité ainsi qu’un jardin.

Les architectes nous racontent que l’acte fondateur du projet “repose sur la rationalité structurelle avec un travail rigoureux sur la trame pour résoudre une économie de projet tendue.

Un programme inédit

Le rez-de-chaussée comporte un socle alternant plusieurs séquences de vitrines toute hauteur et des panneaux de béton matricé ainsi que des panneaux perforés en aluminium. Les façades minérales de teinte sombre se détachent de l’ensemble grâce à leurs grands panneaux verticaux entrecoupés par les coursives proférant un caractère singulier à la bâtisse. Selon les architectes, la présence des coursives n’est qu’un geste rationnel qui répond favorablement aux diverses exigences du programme ainsi qu’au cahier de charges d’Archipel Habitat. Ce dispositif permet donc à tous les logements d’être traversants ou en double orientation. A noter que les architectes ont proscrit tout logement orienté uniquement vers le nord.

Pour inciter les futurs habitants à végétaliser les façades, les architectes ont installé devant les fenêtres des chambres ainsi que celles des cuisines, des dispositifs pouvant accueillir des plantations. Les garde-corps perforés en aluminium naturel jouent le jeu des moucharabieh en assurant l’intimité des habitants tout en leur offrant la vue extérieure.  

Nous avons l’impression que, par moment, l’ensemble reprend avec les toitures brisées, les grandes lignes des typologies des logements individuels, un clin d’œil cependant qui reste assez schématique tout en engendrant de formes nouvelles. Un joli coup de maître qui rend la réalisation identifiable de loin. La Lyre constitue donc non seulement un programme inédit mais un ensemble qui apporte à la ville une architecture de qualité.  

© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau

Le site de l’agence a/LTA le Trionnaire – le Chapelain: ici.

Les photos : © Stéphane Chalmeau

Ötzi Peak 3251m, quand les architectes de noa* gravissent les sommets

© Alex Filz

Il y a quelque chose d’extraordinaire et de sublime dans ce lieu magique, au sommet de la montagne, juste au point culminant de la crête du glacier de la vallée de Schnals, dans le sud du Tyrol, où se dévoile l’impressionnant paysage alpin de l’Italie. Soudain, une réalisation se profile aux yeux des randonneurs, aussi subtile qu’élégante, il s’agit bien de la signature de l’agence d’architecture noa*.

Des sensations extrêmes

Les architectes de l’agence noa* basée à Bolzano et à Berlin viennent de terminer un projet singulier. Il s’agit d’une structure architecturale unique qui permet aux visiteurs des hautes montagnes ainsi qu’aux nomades à la recherche de sensations extrêmes de découvrir l’histoire fascinante des merveilles alpins.

Les architectes nous racontent que l’Hôtel Grawand se trouve tout en haut de cette intersection alpine unique, qui à plus de 3000 mètres d’altitude, est l’un des rares hôtels en Europe situé à une telle altitude. « La vue imprenable sur le paysage des sommets enneigés rend le temps figé. Les randonneurs et les skieurs visitent le sommet pour découvrir la nature à son apogée: robuste, caillouteuse, avec le vent et le temps – pure. »

C’est dons dans cet environnement extraordinaire que nous pouvons découvrir une plate-forme d’observation qui a été développée sur la base d’une structure légère en acier Corten. Une réalisation qui donne au lieu une touche de nouveauté tout en se fondant admirablement dans le paysage. Les architectes soulignent que la conception incorpore la croix de sommet préexistante et la plate-forme ne touche le sol que là où il y a une nécessité statique. L’ensemble devient ainsi presque flottant ne faisant qu’un avec les montagnes.

Un voyage intellectuel

La plate-forme suit la topographie naturelle avec une grille de plateau placée sur des traverses élancées enveloppées de lamelles verticales en acier Corten. Les éléments verticaux, tracent des courbes douces dans leur séquence. Cela crée un effet magique où une ouverture et une fermeture des vues suivent le mouvement du spectateur en l’invitant à découvrir de nouvelles perspectives à maintes reprises. Cette dynamique unique crée une expérience totalement immersive et sensuelle dans laquelle le temps se fige un instant en éclipsant les autres souvenirs.

En parlant de temps, un entonnoir géométrique a été creusé dans la plate-forme d’observation ondulée pour diriger les yeux des spectateurs vers quelque chose d’intemporel. À seulement quelques mètres de la frontière autrichienne, l’angle de la plateforme d’observation entraîne le visiteur dans un voyage intellectuel, l’homme des glaces n’est jamais trop loin.

Sur les hauteurs du Tyrol, entourée d’un panorama à couper le souffle, la réalisation de noa* est tout simplement sublime, c’est à découvrir sans tarder !

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz

Le site de noa*: ici.

Les photos : © Alex Filz

A La Haye, Cepezed signe un projet généreux

© Lucas van der Wee | cepezed

Aux Pays-Bas, à La Haye, les résidents du luxueux Park Hoog Oostduin ont récemment emménagé dans leurs appartements. Ils vivent désormais tranquillement dans un cadre verdoyant tout en étant au cœur de la ville. Par conséquent, le laissez-passer d’accès à leur parking privé est marqué par la phrase « Vivre dans le parc, profiter de la ville ».

Axée sur la durabilité

Le projet, conçu par l’agence d’architecture néerlandaise Cepezed consiste à la transformation de l’ancien bureau Shell, qui faisait depuis longtemps partie du campus Shell dans le majestueux quartier de Benoordenhout. Les architectes de Cepezed nous racontent que l’ensemble, datant de 1968, a été initialement conçu par H.E. Oud, fils du célèbre architecte moderniste J.J.P. Oud. La partie la plus importante de l’ensemble consistait en un gratte-ciel considérable, visible de loin. A proximité, se trouvait une deuxième section du bâtiment, plus fugace et moins haute. Le complexe a été construit en bordure du domaine Oostduin-Arendsdorp. Le terrain comportait également un grand parking souterrain et une cave avec une place de parking au sommet qui rendait la zone encore plus caillouteuse.

La transformation a été entièrement axée sur la durabilité et la qualité. Vu son âge, le complexe était dépassé sur le plan esthétique et surtout fonctionnel. Les architectes ont dû transformer l’ensemble en un environnement résidentiel de haute qualité avec des appartements confortables situés dans un cadre urbain agréable. Un niveau élevé de confort et d’installations pour les résidents était également important, comme les divers services dont The James Company s’occupe depuis le hall d’entrée du complexe rénové.

La situation existante représentait un défi considérable pour les architectes, qui ont su manier l’ensemble avec tact en mettant en avant les diverses qualités du projet telles que son emplacement et sa structure existante. Cepezed a été choisi pour mener à bien ce projet grâce à son expérience dans les transformations complexes et d’un plan offrant des solutions et des possibilités maximales combinées à un minimum d’interventions hautement ciblées. La conception utilise autant que possible les caractéristiques et qualités existantes. Cependant, la faible hauteur n’étant pas adaptée au logement, la structure a été démolie et remplacée par une nouvelle construction.

De la lumière du jour et une vue panoramique

La nouvelle tour s’appelle High Dune. Avec une grille structurelle de 1,80 m, le bâtiment se compose de bandes de bureaux le long des façades, d’un noyau central contenant les escaliers, les ascenseurs et les puits de lumière ainsi que les couloirs menant aux différents bureaux. Les logements ne sont pas traversants mais ils sont positionnés tout au long des façades, tout comme les bureaux auparavant. En conséquence, ils reçoivent beaucoup de lumière du jour et ont une vue panoramique vers le centre ville et le large. La grande hauteur libre des appartements procure une énorme expérience spatiale.

Cependant, les architectes avaient remarqué que les bandes de bureaux existantes n’étaient pas assez profondes pour les convertir en logements. De plus, les appartements devaient avoir de grands espaces extérieurs spacieux, c’est pourquoi, ils ont opté pour une solution simple, ajouter à l’ensemble un généreux couloir, tandis que des loggias ont été créées dans le contour du bâtiment existant. Ainsi, nous pouvons remarquer que, côté ville, le bâtiment est doté d’une extension de trois mètres de profondeur, contenant des balcons et un espace de vie supplémentaire. Cette extension se compose en acier avec des planchers de dalles composites aux tôles d’acier profilées. Les architectes soulignent que l’ensemble est relativement léger et transfère ses charges à la construction existante et au sous-sol existant, de sorte qu’il pourrait être réalisé sans fondation supplémentaire. Tous les appartements sont accessibles via l’ancien couloir côté ville. En plus, pour une expérience agréable, ouverte et spatiale, des vides ont été créés dans la zone d’accès.

Les bâtiments contenaient à l’origine des escaliers de secours. Ceux-ci ont été déplacés vers d’anciens puits, ce qui a permis la réalisation de logements d’angle spéciaux avec une vue encore plus large que les autres appartements. Les façades d’extrémité en pierre calcaire ont été conservées, quant aux façades longitudinales, elles ont été entièrement rénovées selon les normes actuelles. Avec de hautes bandes de verre et des bandes d’émail blanc, elles respectent le caractère moderniste du bâtiment existant tout en donnant l’image d’un imposant immeuble résidentiel. Au total, plus de 180 appartements ont été réalisés à Hoge Duin, variant de 70 à 200 m². Certains d’entre eux sont des appartements de courte durée. Il existe également des  appartements hôteliers pour les résidents. En outre, huit penthouses avec des dimensions comprises entre 165 et 300 m² ont été réalisés dans les anciens espaces sur le toit.

Hight dune, Low dune

Le nouveau bâtiment du complexe, de faible hauteur, est appelé Low Dune, il est construit sur la base de l’ancien édifice de faible hauteur démoli. Le volume allongé existant était directement perpendiculaire à la tour, mais le nouveau bâtiment carré plus compact a été construit à une certaine distance de celui-ci. Ainsi, nous pouvons remarquer plus d’espace entre les deux parties du bâtiment et le complexe dans son ensemble, outre sa transparence, engendre une belle relation avec la végétation environnante.

La nouvelle construction se compose de huit étages et comprend 30 logements. Trois maisons en duplex et les maisons qui se trouvent au dernier étage, sont des penthouses. Le bâtiment donne le sentiment de « vivre dans le parc » encore plus que le gratte-ciel. Les divers logements sont pourvus de portes coulissantes et de balcons, les chambres sont même dotées d’un jardin. Les couloirs présentent des façades transparentes. Par conséquent, ils reçoivent beaucoup de lumière du jour et offrent toujours aux résidents une vue sur l’extérieur. Malgré le nombre limité de logements, le bâtiment dispose de deux ascenseurs. Cela réduit les temps d’attente et garantit qu’il y a toujours un ascenseur disponible, même en cas de maintenance ou de panne.

Pour optimiser davantage la qualité de vie, une grande attention a été accordée au parvis, qui était autrefois une grande surface plane en pierre dédiée aux voitures. Une couche de stationnement supplémentaire a été réalisée par les architectes qui ont veillé à compléter l’ensemble par une conception paysagère qui maintient l’expérience de vivre dans la verdure. Pour améliorer encore cette expérience, les anciennes places de stationnement le long de la rue ont été annulées. Le cours d’eau qui s’étend autour d’Oostduin-Arendsdorp a été prolongé. Le garage offrant un espace pour plus de 250 voitures présente une finition de façade en acier corten.

Le projet a accordé une grande attention à la durabilité. En partie à cause de la réutilisation de nombreux matériaux, Le complexe existant, la tour d’habitation et le garage ont été réutilisés. Les finitions des murs en travertin dans l’entrée existante ont également été conservées, tandis que l’imposante verrière sculpturale en béton au-dessus de l’entrée a été complètement intégrée dans la nouvelle conception. Selon les architectes, la réutilisation du panneau de carreaux de céramique par l’artiste Karel Appel mérite une mention spéciale. Cela a d’abord honoré l’ancien édifice du complexe et est maintenant inclus du côté de la mer dans la façade de Hoge Duin.

En collaboration avec la firme d’ingénierie Repurpose, il a également été garanti que de nombreux matériaux libérés lors du démantèlement du complexe existant soient réutilisés dans d’autres projets. Par exemple, un grand nombre de portes, fermetures, appliques murales, mobilier de bureau et revêtements de sol entre autres, ont continué à vivre à travers d’autres projets. Au moins 80% des matériaux de démolition ont été réutilisés. De plus, les nouveaux appartements eux-mêmes sont entièrement équipés de systèmes de refroidissement et de chauffage au sol, ainsi que de vitres résistantes au soleil et de récupérateurs de chaleur. L’intervention de Cepezed est intelligente, les architectes ont su établir un lien fort entre leur proposition et le contexte tout en gardant l’esprit du lieu et dotant le site d’un projet remarquable.

© Lucas van der Wee | cepezed
© Lucas van der Wee | cepezed
© Lucas van der Wee | cepezed
© Lucas van der Wee | cepezed

Le site de Cepezed : ici.

Les photos: © Lucas van der Wee | Cepezed