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La gracieuse « Balmoral House »

© Brett Boardman

Conçue à Balmoral Beach, à Sydney, par l’agence australienne Clinton Murray Architects (Polly Harbison et Clinton Murray) , cette maison sculpturale possède plusieurs qualités. Quatre volumes soigneusement répartis sur le site, créent ainsi une ouverture qui donne sur la rue et qui encadre de belles vues.

Une palette rigoureuse et raffinée de béton découpé, de bois et de laiton complète la beauté naturelle du site et constitue une toile de fond pour la collection artistique du propriétaire des lieux. C’est donc, l’amour de l’art de leur client qui a inspiré les architectes à concevoir les détails qui forment cette maison sculpturale.

Tout d’abord, il ne fallait pas oublier qu’il s’agissait de la conception d’une maison et non pas d’une galerie d’art. De même, dès le départ, les propriétaires étaient déterminés à tirer le meilleur parti de la belle vue sur la plage et le port. C’est pourquoi, les architectes ont cherché leur inspiration dans les œuvres de l’artiste et le sculpteur américano-japonais Isamu Noguchi connu par ses sculptures emblématiques qui se courbent et se tordent dans une maîtrise qui lui est propre.

L’union entre l’ingénierie et l’architecture

La forme sculpturale du béton forme, selon les architectes, une union entre l’ingénierie et l’architecture, d’où l’existence d’une série de boîtes assemblées pour répondre aux diverses exigences dont la vue, l’orientation, la ventilation tout en préservant l’intimité des habitants. Les principes simples de l’orientation, de la masse thermique et de la ventilation naturelle ont été mises en application pour aboutir à une conception sobre, minimaliste et à la fois charmante.

Dans une région typiquement dominée par des clôtures hautes, les architectes ont réussi un pari difficile, celui de permettre aux passants de contempler la construction. Un fait rare qui mérite d’être raconté. L’idée est encore plus renforcée par le positionnement soigné d’œuvres d’art sélectionnés et répartis dans le sous-bois principal ainsi que dans le jardin.

A l’intérieur de la maison, les vues sont soigneusement encadrées pour créer un sentiment de sérénité et d’isolement. Les volets rétractables sont encastrés dans le béton. Toute la maison peut se fermer pour des raisons de sécurité.

Une œuvre, des œuvres

Les besoins individuels de chaque œuvre d’art installée dans la maison ont été pris en compte par les architectes. La cage d’escalier est elle-même une œuvre à part entière, sculptée dans le béton, elle est éclairée par un éclairage zénithal qui la met en valeur. L’intérieur constitue un bel ensemble où le béton et le bois se croisent, de riches textures complètent cet univers unique et la collection artistique donne à l’ensemble une touche singulière. Dans le salon, un plafond bleu klein flotte de manière provocante, tandis qu’ailleurs, les limites entre extérieur et intérieur s’estompent agréablement. Lorsque les portes-fenêtres s’ouvrent, la cuisine devient une partie du paysage, comme un nid dans les arbres ou bien comme un refuge où il fait bon vivre. Ailleurs, le visiteurs peut contempler les détails soignés et l’ensemble enchanté. Une belle maison à découvrir sans tarder.

© Brett Boardman
© Brett Boardman

 

© Brett Boardman
© Brett Boardman
© Brett Boardman
© Brett Boardman
© Brett Boardman
© Brett Boardman

Le site des architectes Polly Harbison + Clinton Murray : ici.

Les photos: © Brett Boardman

« The Rising Tide », l’extraordinaire installation sur la Tamise

© Jason deCaires Taylor
© Jason deCaires Taylor

A Londres, lors du festival « Totally Thames », l’artiste Jason deCaires Taylor a présenté une originale œuvre qui montre selon lui l’importance de la sauvegarde de notre environnement. Baptisée « The Rising Tide » il s’agit d’une œuvre d’art qui présente quatre sculptures hybrides posées sur les rives de la Tamise.

A Paris, lors de la COP21 j’ai eu l’occasion et la chance de découvrir deux œuvres exceptionnelles dont la « Ice Watch Paris » de l’artiste Olafur Eliasson ainsi que « Aerocene » de Tomas Saraceno. Ailleurs, en Angleterre, l’artiste Jason deCaires Taylor a expose son œuvre « The Rising Tide », sa manière de communiquer sur la protection de notre planète.

Préserver notre planète

« Le Tiding Rise » est une œuvre d’art conçue par le célèbre sculpteur Jason deCaires Taylor, connu pour ses installations sous marine. Commandé en Septembre, l’installation comporte quatre sculptures hybrides, des chevaux de 3 mètres de haut dont les pompes de puits de pétrole remplacent les têtes. Placés le long de la Tamise, en face de la Tate Britain ces sculptures géantes qui se dévoilent suivant la montée des eaux, impressionnent tout passant.

À travers son œuvre surprenante, l’artiste met en évidence le rôle de la Tamise dans la capitale anglaise. Il présente aussi notre fragilité face à la hausse des niveaux de la mer qui menacent toute notre existence. Mais cette œuvre va au-delà d’une simple image de choc, elle analyse les différentes attitudes vis-à-vis de notre planète. Tandis que les chevaux se servent de la terre pour exister, les jeunes cavaliers symbolisent l’espoir d’une génération qui protège cette même terre.

Une extraordinaire installation que l’on peut visiter jusqu’à fin Février en Cornouailles dans le cadre du « Festival of Hope ».

© Jason deCaires Taylor
© Jason deCaires Taylor

Le site de Jason deCaires Taylor: ici.

Les photos : © Jason deCaires Taylor

La maison du couple Wogenscky-Pan, un petit bijou niché dans la vallée de Chevreuse

JEP@SH

Cette année, à l’occasion des journées du patrimoine et pour la première fois les portes de la maison d’André Wogenscky et du jardin de sculptures de Marta Pan s’ouvrent au public. Un bijou architectural doublé d’un paysage artistique s’offre aux visiteurs.

Successivement élève, assistant, chef d’atelier et architecte adjoint de Le Corbusier, André Wogenscky a décidé en 1952 de construire sa propre maison au 80, Avenue du Général Leclerc, Saint-Rémy-lès Chevreuse. Il s’agit beaucoup plus qu’une simple résidence, cette maison aux lignes modernes était également l’atelier des deux artistes.

L’arrivée se fait par un portail modeste qui s’ouvre sur un énorme jardin en pente où sont disposées les diverses sculptures de l’épouse. A notre gauche, se dresse la fameuse maison qui témoigne d’une époque révolue avant-gardiste et révolutionnaire pour son temps.

Dès l’entrée de la maison tout est curiosité, une fois à l’intérieur, l’espace lumineux qui aujourd’hui donne sur la végétation luxuriante nous ramène directement vers le passé, à l’époque où les arbres n’étaient que buissons et la vue dégagée. Les lieux de vie sont modestes, fonctionnels et pourtant si originaux et visionnaires. Tandis que les deux ateliers des artistes nous immergent dans leurs œuvres successives, les bibliothèques affichent fièrement des livres d’art et d’architecture. De Gaudi à Le Corbusier, tout est intact et bien rangé. L’univers du couple Wogenscky-Pan est inchangé, on dirait qu’ils viennent juste de s’absenter.

Dans l’atelier de Marta Pan, le visiteur peut contempler les prototypes des sculptures et pourra même à s’amuser et les comparer avec les vraies œuvres grandeur nature qui se trouvent dans le jardin. « On ne pose pas impunément une sculpture dans un espace, que cet espace soit naturel ou construit. Par sa présence même, la sculpture transforme l’espace » écrivait Marta Pan. Dans la maison même les prototypes ont changé l’espace.

Non loin du château de Chevreuse qui date du XIème siècle, la maison-atelier Wogenscky-Pan est un morceau incontournable du patrimoine français à découvrir sans tarder.