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Construction parasite: lorsque le recyclage se fait Ar(t)les

© BMurigneux
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Cette année, à Arles, dans le cadre du festival « In Situ » connu pour être le laboratoire de la création artistique contemporaine, l’installation de Bernard Murigneux non seulement investit l’espace public mais s’avère être une œuvre qui reflète merveilleusement l’esprit de notre époque.

Quand le recyclage se mêle à l’envie de la création d’une œuvre qui envahit l’espace public ne serait-ce qu’un petit moment, il en résulte de belles surprises. L’une d’elles c’est une installation qui m’a interpellé et dont j’aimerais parler.

Entre Nîmes et Marseille, la ville que Jules César appelait « La cité Arelate » est connue par ses monuments remarquables dont les arènes. C’est en plein cœur de cette cité antique, non loin des arènes, rue du grand couvent, sur un porche en ruine, que Bernard Murigneux a choisi d’installer son œuvre. Intitulée « Construction parasite », Il s’agit d’une sculpture qui se greffe sur un arc médiéval reliant deux maisons d’habitation. Une installation qui comme un virus, s’approprie le lieu, se développe et se propage jusqu’à l’obtention d’une forme atypique qui la caractérise, la distingue, raconte sa propre histoire et forge son identité.

Télescopage

Bernard me raconte que le point de départ du projet était « cette fameuse gravure du XVII° siècle montrant les arènes « habitées », « squattées ». » Pour l’artiste c’est l’une des plus belles histoires d’architecture. « L’appropriation et le Recyclage de l’architecture à travers l’histoire, liés aux nécessités des temps et des hommes, entraînent ce télescopage des espaces, des formes, des matériaux et du sens. La ville d’Arles est faite de cette confrontation, de ces mélanges et ses murs en témoignent à chaque angle de rue avec notamment l’école Saint Césaire installée dans l’ancien cloître. » Ajoute-il.

Pour réaliser cette sculpture, l’artiste a rassemblé une grande quantité de briques de différentes couleurs afin de les assembler sur place et présenter son œuvre. L’ouverture où se greffe la parure donne sur une cour intérieure, créant un dialogue singulier entre la pierre d’une part et les briques d’autre part. Ainsi, deux générations s’entrechoquent, se heurtent, se croisent et cohabitent dans un espace public qui appartient à la ville où ils ne sont que des invités dont l’un s’y trouve depuis des siècles et l’autre ne faisant que passer.

Fidèle à ses idées, Bernard Murigneux a encore une fois réussi le pari difficile d’habiter la ville. Une installation que l’on peut apercevoir jusqu’au 30 septembre 2015 et c’est une curiosité qui vaut le détour.

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Pour plus d’informations sur Bernard Murigneux, voir : ici et .

Les photos: © BMurigneux