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Tomás Saraceno tisse sa toile au Palais de Tokyo

© Studio Tomás Saraceno
© Studio Tomás Saraceno

En France, le nom Tomás Saraceno n’est pas inconnu, Détails d’architecture avait déjà consacré un article concernant son travail « Aerocene » que de nombreux visiteurs ont découvert à l’occasion du COP21 dans la capitale française. Néanmoins, cette fois, l’artiste tisse sa toile au Palais de Tokyo avec une impressionnante installation nommée « ON AIR ».

A l’allure fragile, à l’idée tenace et à l’apparence poétique

Depuis son enfance, les toiles d’araignées ont fasciné Tomás Saraceno. En effet, dans son atelier berlinois situé dans une ancienne usine du quartier de Lichtenberg, l’artiste possède un laboratoire de recherche sur les arachnides. Pas étonnant que cet ancien étudiant d’architecture soit aussi séduit par cet art mystérieux où les toiles se tissent dans un monde atypique à l’allure fragile, à l’idée tenace et à l’apparence poétique. Car Saracenco s’intéresse aussi à la ville, la science et à l’architecture. Artiste accompli, il pousse ses recherches à la découverte de la nature en nous invitant, à travers ses œuvres, à repenser notre manière d’habiter le monde.

Le Palais de Tokyo devient pour un moment, le terrain de jeu de Tomás Saraceno. Il y présente l’installation « ON AIR » qui constitue un écosystème en mouvement. Il ne s’agit pas d’une simple sensation visuelle mais d’un ensemble chorégraphique à diverses voix  où les œuvres se révèlent dans toute leur splendeur. Le visiteur qui découvre le travail de Saracenco ne fait jamais passer son chemin, il se retrouve, comme emporté au cœur même des toiles pour vivre intensément chacun des moments présentés.

Écouter le monde

L’exposition révèle aussi la force des entités qui peuplent l’air et la manière avec laquelle elles nous affectent. Invisibles mais toujours présents, ces éléments qui composent la nature, nous invitent à « écouter » notre monde. « ON AIR » réunit une grande variété de collaborateurs venant d’horizons divers comme les scientifiques, les chercheurs, les musiciens, les philosophes mais aussi les animaux et les phénomènes célestes, tous réunissant leurs connaissances, idées ou forces pour accomplir une œuvre majeure où à l’image d’un film de science fiction, un nouveau monde se crée et dont l’impact dépasse toutes les frontières.

Tomás Saraceno, l’artiste et l’architecte Argentin né en 1973, ne se lasse pas d’innover. Au Palais de Tokyo, cette année, il présente une mémorable pièce manifeste qu’il faut absolument aller voir ! Vous avez jusqu’au 6 Janvier pour la découvrir.

Pour plus d’informations sur l’artiste, voir : ici.

La photo : © Studio Tomás Saraceno

Au Palais de Tokyo, voyage artistique au bout de la terre

@Sipane Hoh

Il serait plus adéquat, de parler de recherches et de visions tellement ils s’inscrivent dans cette lignée mais l’Art n’étant jamais trop loin, leur performance dépasse les limites des conceptions et s’interroge sur le principe même de la création. Au Palais de Tokyo, les artistes nous font traverser les frontières de l’Art pour aller au-delà et savourer les diverses inventions présentées.

C’est un voyage inédit entre son et lumière, murmure et image, module et maquette, qui titille le visiteur du Palais de Tokyo. Nous sommes au 13, avenue du Président Wilson, dans le 16ème arrondissement de Paris. Tout d’abord, un petit tour du côté des champs magnétiques de TAKIS qui aura cette années 90 ans. Une mise en scène qui nous montre l’art cinétique dans toute sa splendeur. Par ici des aiguilles qui font de la musique, par là des tableaux magnétiques ailleurs quelques installations qui étudient l’œuvre en lévitation. Un univers unique où les yeux des visiteurs sont à leur tour comme aimantés pour ne pas perdre une seule miette de l’exposition.

Continuons la visite où Bouchra Khalili présente une série de photographies sous le nom de « Foreign office » et découvrons avec bonheur le talent de cette artiste lauréate du prix SAM pour l’art contemporain en 2013. Un peu plus loin, les paysages artificiels de Marie-Luce Nadal captent tout curieux de la ville.

Allons voir du côté des réalisations de Bridget Polk où des pierres de différentes tailles, trouvées au hasard de sa route, composent des sculptures imaginaires. Des morceaux de parpaings, des briques, des carreaux en ciment prennent ainsi forme défiant toute logique de gravité et offrant un tableau vivant de toute beauté.

Comment ne pas évoquer Michael Riedel qui investit avec son art absolu le point perché du Palais de Tokyo ? Les artistes sont nombreux et les installations tout autant. Finalement je clos ma visite avec l’incontournable Theo Jansen et son œuvre construite de voiles, de tubes électriques, de tiges de bambou, de bouteilles plastiques et d’autres matériaux qui forment une créature étrange. Développé selon la théorie de l’évolution génétique, une fois le vent levé, ce corps insolite bouge et avance d’une manière autonome à l’instar d’un mille-pattes géant. Un travail titanesque mélange d’ingéniosité et de mobilité, une exceptionnelle sculpture qui place l’œuvre dans une mouvance à part. Au confluent de l’Art, de l’ingénierie et de la science, l’œuvre hybride de Theo Jansen est à elle seule un voyage au bord des mondes.

@Sipane Hoh

@Sipane Hoh

@Sipane Hoh

Pour plus d’informations sur les expositions du Palais de Tokyo, voir : ici.