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Simon Fujiwara à Lafayette Anticipations

 

Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti

Baptisée « Revolution », il s’agit de la première exposition monographique de Simon Fujiwara en France. En adéquation avec le contexte, un lieu atypique comme Lafayette Anticipations, l’artiste nous livre un condensé artistique unique qui ne cesse d’interpeller les visiteurs.

« Revolution » rassemble des œuvres et installations à grande échelle dont la majorité produite par Lafayette Anticipations. L’invitation de l’artiste consiste en une prolongation d’un dialogue entamé en 2014 lors du développement de son projet New Pompidou dans le cadre du programme de préfiguration de la Fondation.

Médias et réseaux sociaux

À travers plusieurs créations qui investissent l’ensemble des espaces d’exposition, le travail de Simon Fujiwara aborde, à sa manière, l’importance que la société actuelle accorde aux médias de masse et les réseaux sociaux. L’omniprésence de la représentation de soi devient un moyen efficace pour l’artiste qui critique les réactions actuelles.

L’exposition se divise en quatre grandes parties. Le visiteur découvre en premier lieu « Empathy I », la simulation immersive qui prend ses sources dans les attractions touristiques comme Disneyland ou le château de Neuschwanstein, pour se décliner en un vrai phénomène sensoriel. Ici, les images deviennent réelles et procurent divers sentiments aux visiteurs. Comme une boîte de Pandor des temps modernes, les vidéos pris sur Youtube surprennent, interpellent mais aussi critiquent. Selon Fujiwara, face à cet étalage, chaque être nourrit divers sentiments, il n’y a pas de « sensation unique » dit-il tout sourire. En collaboration avec une société concevant des attractions pour les parcs de loisirs, Simon Fujiwara a créé son propre simulateur. Ce dernier a été minutieusement introduit dans le décor de Lafayette Anticipations pour devenir la pièce maîtresse de l’exposition. Dans le contexte socio-technologique actuel, où l’individu prend de plus en plus d’importance, « Empathy I » porte un regard sur un monde imité, à la fois bouleversant et provocant.

Le parcours se poursuit avec « The Happy Museum ». Conçu en collaboration avec le frère de l’artiste, Daniel, l’installation, en perpétuelle évolution,qui a été produite à l’occasion de la 9e Biennale de Berlin, est constituée de plusieurs objets et artefacts qui témoignent des contradictions profondes de notre société. Fujiwara assimile cette œuvre à un fil d’actualités où certains objets sont amenés à changer en fonction des lieux où ils sont exposés.

Le poids de l’image

La série « Joanne » s’articule autour de plusieurs photographies grand format ainsi qu’un film. Le visiteur découvre Joanne Salley, l’ancienne professeure d’arts plastiques de Simon Fujiwara, qui, en 2011, a été contrainte de démissionner suite à la circulation sur Internet d’images d’elle non autorisées. Ce projet non seulement révèle le pouvoir dévastateur des tabloïds mais va au-delà pour questionner sur l’image des femmes dans les médias grand public.

Finalement, au dernier étage de la Fondation, se trouve « Likeness » qui prolonge l’exposition « Hope House » que l’artiste a montré début 2018 à la Kunsthaus de Bregenz. Cette dernière présentait une reconstitution grandeur nature d’une maquette en carton de la maison d’Anne Frank. Sauf qu’ici, produite spécialement pour l’exposition, l’installation se résume en une impressionnante reproduction de cire de la figure d’Anne Frank.  On y voit la jeune fille, assise à son bureau, écrivant son journal et regardant le public avec un petit sourire. Poussant à l’extrême le besoin à tout prix de faire des images, à l’heure des selfies dans les musées, Simon Fujiwara filme le personnage de cire avec un Bolt, une caméra équipée d’un bras et d’un dispositif entièrement robotisé. Tel un contrepoint au bâtiment-machine conçu par l’agence néerlandaise OMA, « Likeness » apparait comme le présage d’un monde automatisé où la mémoire collective se confronte à l’indifférence des gestes autrefois réalisés pas des êtres humains.

Vous avez encore jusqu’au 6 Janvier 2019 pour visiter « Revolution », la surprenante exposition de Simon Fujiwara.

Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti
Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti
Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti
Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti
Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti
Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti

Pour plus d’informations, voir : ici.

Simon Fujiwara, Revolution, Lafayette Anticipations, Paris, 2018. © Andrea Rossetti