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La Galerie d’architecture expose le Studio Razavi Architecture

©SipaneHoh

Baptisée « Maîtrise d’ouvrage particulière », la dernière exposition de la Galerie d’architecture met en honneur le travail du Studio Razavi Architecture. Une ambiance sobre où règne la couleur rose des maquettes mettant en avant une architecture sensible jusqu’au bout des détails. 

« Domesticity » n’est pas exactement la traduction littérale de« Maîtrise d’ouvrage particulière » mais ce double-sens du thème de l’exposition a aiguisé ma curiosité. Une visite au 11 rue des Blancs Manteaux était nécessaire.

Des maquettes jusqu’aux détails

Dès l’entrée de la Galerie d’architecture, le visiteur peut déceler la couleur dominante de l’exposition. En effet, tandis que de grandes maquettes de couleur rose posent les jalons du travail de l’agence exposée, les murs se tapissent d’énormes photos montrant certaines vues plus détaillées. Sans oublier le dessin d’architecture très cher à l’architecte.

 « L’architecture puise dans les rituels du quotidien. De la banalité de gestes répétés à
l’infini et d’une génération à l’autre, une expérience de l’espace – on pourrait parler de
tracé – est née. Ce que l’on désigne aujourd’hui par »programme » n’est autre que l’ensemble
des contraintes posées par quelques millénaires d’habitudes, en évolution constante. » Souligne Alireza Razavi dont j’avais déjà dressé le portrait et avec qui j’avais discuté de cette exposition qui a su non seulement mettre en avant avec beaucoup de tact les travaux de l’agence mais aussi révéler l’approche architecturale du personnage.

Des projets interdisciplinaires

Jusqu’au 12 janvier 2019, le visiteur peut ainsi découvrir plusieurs projets interdisciplinaires conçus par Alireza Razavi dont la fameuse Mountain House située à Manigod, en France, la maison pour un photographe qui se trouve àLoctudy, en France, la maison de ville de la 7ème avenue de Manhattan, le restaurant Boqueria de Times Square, la maison de quartier qui se trouve à Lancy en Suisse, les bureaux parisiens du siège social des assurances« La Parisienne », le projet de la gare maritime de Séoul ou encore le projet des tours à Téhéran entre autres. Parmi tous ces projets de tailles diverses, se glisse la table basse Clessidra, elle montre l’importance que donne l’architecte à toutes les réalisations  même celles de tailles modestes.

Aujourd’hui, le Studio Razavi Architecture implanté aussi bien à Paris, à Londres et à New York réalise des programmes divers qui forment une grande richesse. Cette dernière se matérialise à travers la fonctionnalité des plans, la justesse des matériaux et la sensibilité des formes…

©SipaneHoh
©SipaneHoh
©SipaneHoh

Pour plus d’information sur le Studio Razavi Architecture, voir: ici.

Quand le villes se dévoilent autrement

©David Maisel

 Voler, c’est regarder les villes autrement, c’est aussi découvrir les cités sous plusieurs aspects méconnus. La photographie des villes a toujours trouvé ses partisans. Pour se délecter, ces derniers peuvent visiter  « Survols » l’exposition qui donne aux images aériennes ses lettres de noblesse.

Le plan de masse est un élément important que l’architecte est censé fournir lors d’une déclaration de travaux. Néanmoins, si ce plan de masse se débarrassait de sa légendaire technicité pour se parer d’une certaine vivacité ? Le résultat serait une photo loquace qui raconte quelques intéressantes histoires.

A travers les âges

« Survols », c’est l’exposition qui se tient depuis le 8 novembre à la galerie du CAUE 92, à Nanterre. Il s’agit d’un nombre édifiant de documents d’archives accompagnés de travaux photographiques contemporains, le tout présenté avec la plus grande clarté mais aussi une éminente subtilité.

La photographie aérienne explore divers aspects de la ville, celui figé à l’instant T mais aussi celui qui a subi de maints changements tout au long de son existence. En effet, « Survols » dévoile la passionnante chronologie de la photo aérienne de l’époque antique jusqu’à nos jours. L’exposition se développe en deux parties. Tandis que la première, thématique, s’appuie sur une impressionnante collecte de documents d’archives pour retracer les divers usages de la photographie aérienne, la seconde, plus inattendue mais très ludique, présente une sélection de travaux d’auteurs contemporains qui offrent un nouveau regard sur le territoire. Sans oublier de pointer vers l’évolution des techniques de la photo aérienne depuis la première photo prise par Nadar en 1858 au petit Clamart non loin de Nanterre, jusqu’aux images satellites et les effets de la démocratisation de ces derniers par les drones et Google Earth.

Au-delà de la photo

L’évènement met en exergue plusieurs intéressants ouvrages comme « Aircraft » de Le Corbusier, il donne aussi l’importance à d’autres livres qui traitent du même sujet. Quant à la scénographie, il s’agit d’un simili-hangar qui a été monté exprès au sous-sol de la CAUE, où le visiteur découvre au fil de la photo mais aussi de certaines gravures, collages et souvenirs, l’histoire de la photographie aérienne. Les amoureux de cette dernière, peuvent ainsi décortiquer, observer, comprendre tout ce qui touche de près ou de loin au thème abordé. De Venise à Paris, en passant par New-York, la profusion des informations accapare tout visiteur.

Aujourd’hui, alors que la photo aérienne s’est standardisée, son emploi par les architectes ainsi que les urbanistes reste marginal et très spécifique à l’inverse des géographes ou des chercheurs dont le terrain de jeu est plus vaste. Le plan de masse ou la vue aérienne servent toujours à présenter un site, décrire l’insertion d’un projet mais il existe une minorité dont cette même vue aérienne inspire la créativité. Cette dernière n’a pas été négligée. Laure Waast et Olivier Namias, les commissaires de l’exposition l’ont bel et bien exposée, au sous-sol de la CAUE, à la sortie du hangar, tout une salle a été dédiée à la photographie contemporaine.

A travers des travaux d’artistes comme Olivio Barbieri, Michael Light, Jérémie Lenoir ou encore Luis Fernandes les visiteurs découvrent les nouveaux détours d’un art à part entière, rendu possible via la manipulation de certaines données géographiques mais aussi en mettant en avant certains aspects des vues aériennes. Bref, il s’agit d’une remarquable exposition que vous pouvez visiter jusqu’au 2 mars 2019.

– Horaires : de 12h à 19h du mercredi au samedi

– Lieu : CAUE 92, La Galerie, 9 place Nelson Mandela, Nanterre

© Luis Fernandes

Dansez sur moi ! l’œuvre conceptuelle d’Arnaud Cohen

©Arnaud Cohen

C’est une histoire vraie qui se cache derrière la dernière œuvre conceptuelle d’Arnaud Cohen. Une histoire personnelle, collective, typique et universelle. A la fois touchante, émouvante, bouleversante mais tout aussi révoltante, la conception allégorique qui se matérialise sous un remarquable ouvrage porte bien son nom : Dansez sur moi !  

On danse sur l’œuvre comme on danse sur la dalle, parce qu’il s’agit d’une pièce horizontale qui épouse le sol. Pourtant cette installation « sans grande épaisseur » sur laquelle le visiteur se promène avec fluidité révèle un passé lourd de plusieurs décennies. Pour le découvrir, il faudra d’une part écouter les paroles de l’artiste et d’autre part faire un plongeon dans les livres de l’histoire. C’est donc sur les pas de cette épopée que je me suis trouvée au Mémorial de la Shoah à Paris.

Une œuvre inédite

Arnaud Cohen est un artiste reconnu, j’ai maintes fois parlé sur Détails d’architecture de ses diverses expositions. Ces dernières sont assez variées dans leur expression qui va du collage jusqu’à la sculpture en passant par la performance. Cette fois-ci, l’artiste présente une œuvre inédite, singulière et caractéristique qui sous son air minimaliste et son style qui fait un joli clin d’œil à Carle Andre, raconte bien des histoires.

 « Dansez sur moi puise son inspiration dans le passé collaborationniste de mon atelier. Quand j’ai acheté cette friche industrielle recouverte de lierre et livrée aux pilleurs, je ne savais rien de l’histoire contemporaine de ce lieu… » Raconte Arnaud Cohen qui se base sur l’histoire de l’endroit où il vit pour constituer son œuvre. Dès la première vue, l’œuvre en question reste assez intrigante, elle présente des fausses plaques qui s’apparentent à des tombes où le visiteur peut lire des noms de trois personnalités qui ont non seulement vraiment existé mais qui ont eu une grande influence dans le passé.

Quand l’art s’approprie l’histoire

« Ces « fausses » tombes sont en effet celles de personnages historiques : Maurice Rocher l’ingénieux et cupide propriétaire de nombreuses usines dans l’Ouest de la France dont celle qui est devenue l’atelier de l’artiste en 2003, Jean Bichelonne le brillant polytechnicien en charge avec Speer d’intégrer les usines françaises au complexe militaro-industriel du Reich, et Wernher Von Braun, le génial inventeur et client de Rocher pour son usine secrète de montage de fusées V1 etV2 où les prisonniers mourraient d’épuisement en quelques semaines. Ce fût le cas d’Armand Tuvache, un des membres de la famille maternelle d’Arnaud Cohen. » Mis à part cette pièce significatives lourde de sens, l’exposition propose un petit film pris récemment lors d’une fête qui s’est déroulée à l’atelier même de l’artiste où se trouve des répliques des mêmes « tombes fictives ». 

Cependant, malgré la situation glaçante, la vie continue, les gens passent, découvrent cette œuvre exposée et réagissent à leur gré. Dans cette salle où la mort et la vie se côtoient et où la mémoire nourrit le quotidien, l’art triomphe, il s’agit d’un morceau de l’histoire qu’Arnaud Cohen rend plus concret grâce à l’expression artistique. A la fois expérimentale mais aussi ludique, Dansez sur moi est une œuvre où il n’y a que les tombes qui sont fausses !

© Arnaud Cohen

A noter que cette exposition a déjà été présentée l’année dernière au Rosa Luxemburg Platz Kunstverein de Berlin

Pour plus d’information sur l’artiste, voir: ici.

Les photos: « Dansez sur moi » © Arnaud Cohen


A Perthes, une nouvelle école maternelle signée Tracks Architectes

© Guillaume Amat

Dans la commune de Perthes située en Seine-et-Marne, la jeune agence d’architecture Tracks ( Moïse Boucherie, Jérémy Griffon, Mathieu Lamour) a réalisé une charmante école maternelle en bois qui renforce le caractère bucolique du sous-bois dans lequel s’insère l’équipement. Originalité,frugalité et grande qualité sont au rendez-vous. 

Située au 1, Chemin de la Guinguère à Perthes-En-Gâtinais (Seine-et-Marne), la parcelle jouit d’un environnement singulier. En effet, il s’agit d’un emplacement privilégié qui se trouve non loin d’une église datant du XIIe siècle et comprend une école primaire et une école maternelle en plein pied. L’opération consistait à démolir l’ancienne école maternelle, devenue désuète et la remplacer par une nouvelle construction qui s’inscrit dans une démarche environnementale de grande qualité. Au programme : quatre classes et une salle de motricité.

Le concept architectural

Au départ il y avait 17 candidatures, parmi lesquelles trois groupes ont été auditionnés pour choisir une seule agence d’architecture qui allait mener l’opération. Vu l’état délabré de l’ancien, le projet était porté par la mairie qui a reçu les aides du parc régional du Gâtinais. La proposition de Tracks Architectes a su séduire par son idée, sa particularité mais aussi par ses différents atouts.    

Il s’agit d’un projet durable, attaché à son terroir,construit en ossature bois et isolé par de la laine de bois. A l’image des maisons traditionnelles du bourg, les architectes ont conçu des salles de classe successivement reliées qui ressemblent à de plaisantes petites maisonnées. La volumétrie générale ressemble ainsi aux divers volumes archétypaux et typiques des maisons de Perthes. Une réinterprétation contemporaine qui puise habilement dans l’ancien pour former son propre caractère.

Le nouveau bâtiment s’installe d’une manière linéaire sur la parcelle. Une disposition qui, selon les architectes, a permis dans un premier temps de libérer un maximum d’emprise libre et végétale en continuité du mail piéton et des cours de récréation maternelle et primaire. « A terme et avec ce nouveau «recul», cette emprise peut être perçue comme un unique espace vert bordé par l’école maternelle dégageant ainsi de plus larges perspectives depuis le chemin de la Guinguère, et le mail. » Racontent ces derniers.

Un projet complexe

Pourtant, le projet était complexe, il fallait faire vite tout en assurant la sécurité d’un chantier en site occupé sans oublier le désamiantage de l’existant. De même la présence des enfants présents sur les lieux tout au long de la journée ne facilitait pas la tâche des architectes qui ont mené un travail concis et délicat pour satisfaire tout le monde et engendrer une architecture de bonne facture.

Les intérieurs sont épurés, très lumineux grâce aux grandes baies vitrées qui donnent directement sur la cour, les divers espaces sont généreux et l’ensemble sied parfaitement à son environnement. Outre les qualités environnementales du bois, il procure une douce sensation de chaleur à ses petits utilisateurs. A noter que mis à part l’architecture, les architectes ont également dessiné toute la signalétique du projet.

A l’extérieur, mis à part la cour composée à la fois de sols mous et durs, les élèves ont également à leur disposition un charmant jardin pédagogique. Situé à l’arrière de l’école, ce dernier est composé de divers espaces de pleine terre ainsi que de bacs de jardinage surélevés pour les plus petits. Notons la présence d’une noue de récolte des eaux pluviale, qui génère un environnement propice au développement de la biodiversité.

« Malgré les diverses difficultés rencontrées lors du chantier, c’était une très belle expérience » Concluent les architectes.

© Guillaume Amat
© Guillaume Amat
© Guillaume Amat
© Guillaume Amat

Le site de Track Architectes: ici.

Les photos : © GuillaumeAmat

En Italie, un charmant hôtel signé noa*

© Alex Filz

Dans la commune italienne de Renon, à Soprabolzano, l’agence d’architecture noa * (network of architecture) a terminé en Juillet 2018 la construction d’un charmant hôtel qui puise dans la mémoire du lieu pour offrir une architecture au goût du jour.

« Gloriette »

Baptisé « Gloriette », il s’agit d’un équipement situé dans un lieu privilégié qui  s’inspire de la tradition estivale des vacances pour créer une architecture qui fait fusionner la ville et le paysage.

L’ancien petit hôtel Bergfink, qui existait auparavant sur la parcelle entourée de résidences familiales des riches marchands de Bolzano et constituait un point d’ancrage dans le
structure de village, a été démoli pour laisser la place à une nouvelle construction. Cette dernière s’inspire de la typologie architecturale de l’existant et se démarque par ses propres qualités.

Selon les architectes, il était essentiel que noa * incorpore des éléments architecturaux connu localement, tels que les arches de la façade, ou le toit en croupe, qui remontent à une longue tradition dans le village de Soprabolzano. En même temps, la forme constitue un rappel aux nombreuses maisons situées tout au long du chemin de fer dans la région  où les différentes destinations de vacances d’été se croisent. L’approche de conception holistique est clairement visible: de nombreux détails forment un fil conducteur qui traverse tout le projet.

Sobre et élégant

Parlons maintenant du contexte, l’hôtel s’adapte parfaitement à la topographie du terrain. Tandis que le garage fait partie intégrante du bâtiment et occupe le sous-sol, les 25 chambres prennent place au dessus, elles sont réparties sur trois étages. Certaines entités profitent de leur jardins privés. Par ailleurs, le programme comprend une réception, une hall d’entrée, un restaurant et sa terrasse qui forme une extension vers le jardin. L’ensemble jouit d’une vue imprenable sur les environs.

L’intemporalité de l’architecture Art nouveau de la région est délicatement capturée par les architectes qui réalisent un projet aux lignes pures et contemporaines. Le thème de l’arc visible de loin sur la façade se démarque également à l’intérieur, elle est perceptible entre autres dans les chambres qui comprennent un miroir en forme d’arche inversé ou encore comme la cheminée qui se trouve dans le salon, ou la cage d’escalier du spa. Que des détails qui donnent à l’ensemble une apparence sobre élégante. A noter que certains éléments qui  appartenaient à l’ancien hôtel ont été recyclé et forment avec le nouveau décor une ambiance particulière. Les architectes ont réussi leur pari de réaliser un équipement neuf qui habite le paysage et  reprend le langage architectural de l’ancien.

© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz
© Alex Filz

Le site de l’agence d’architecture noa* : ici.
Les photos: © Alex Filz

« L House », l’élégante maison qui embrasse la nature

© Sandra Pereznieto

Située à 156 km de Mexico, Valle de Bravo est une charmante ville pittoresque connue par son architecture coloniale. C’est dans cette ville, entourée d’une dense végétation que l’agence d’architecture Dellekemp Arquitectos a réalisé son projet. Il s’agit d’une élégante maison de week-end aux multiples qualités.

S’imbriquer dans la végétation

Selon les architectes, le projet est né de la réunion de deux volumes qui forment un « L » articulé autour d’une terrasse couverte. L’ensemble cherche à s’imbriquer dans la végétation du terrain et à explorer la typologie du patio vis-à-vis de la maison. Notons que dans leur projet, les architectes ont fait tout leur possible pour préserver les arbres qui existaient sur la parcelle. Ainsi, c’est la maison qui s’est trouvée comme glissée dans son milieu naturel.  

L’existence des patios généreux donne le sentiment de vivre dans la nature. L’organisation générale de la maison permet aux propriétaires ainsi qu’à leurs invités de disposer d’espaces en toute indépendance. A l’intérieur, un couloir relie les différentes entités,les habitants peuvent ainsi traverser toute la maison.

Minimaliste et épuré

L’ensemble est minimaliste et épuré, des petites touches de bois se mêlent astucieusement au béton brut. Grâce aux grandes portes-fenêtres, le projet s’ouvre sur le jardinet une grande luminosité règne à l’intérieur. Ainsi les propriétaires peuvent profiter de la vue sur le lac tout en savourant pleinement la végétation environnante.

Cependant un curieux détail peut attirer l’attention. Il s’agit des enclos situés aux coins de la maison. Ces derniers, dépourvus de toit évoquent les ruines. Une idée assumée de la part des architectes mais qui trouve toute son utilité quand il s’agit de préserver les arbres qui s’y trouvent.

La terrasse constitue le point névralgique du projet, elle devient un incontournable point de rencontre ainsi que le seul espace d’interaction entre les propriétaires et leurs invités.Visible dès l’entrée de la propriété, elle invite les nouveaux arrivants à se reposer.

© Sandra Pereznieto
© Sandra Pereznieto
© Sandra Pereznieto
© Sandra Pereznieto

© Sandra Pereznieto

Le projet: Dellekamp Arquitectos / Derek Dellekamp et Jachen Schleich + Ándres Palomino
L’équipe du projet: Marco Jaime, AnaMaría Alcalá, Edgar Sandoval, Gustavo Hernández et David Fernández.

Chef de projet: Derek Dellekamp

Le site de DellekampArquitectos : ici.

Les photos: © Sandra Pereznieto


A Montréal, le fameux ensemble de logements Habitat 67 enfin restauré

© Marc Cramer + Thomas Miau

La firme internationale Safdie Architects vient d’achever la rénovation complète d’Habitat 67 conçu et réalisé par Moshe Safdie dans les années soixante dans le cadre d’Expo 67. Un souffle nouveau vient d’insuffler sur cette icône de l’architecture moderne.

Une construction manifeste

J’avais déjà parlé d’Habitat 67 sur Détails d’architecture, à l’époque où j’avais visité l’ensemble de logements montréalais. A l’occasion de son 50ème anniversaire, l’intérieur vient d’être minutieusement restauré. Le résultat est tout simplement remarquable.

L’unité en duplex du 10ème étage, qui appartenait à l’origine au commissaire de l’Expo 67, est perchée au sommet du complexe résidentiel, donnant sur le fleuve Saint-Laurent et le centre-ville de Montréal. Un environnement privilégié pour une construction manifeste qui restera dans les annales de l’architecture moderne.

La restauration a eu lieu parallèlement à une exposition majeure de l’œuvre de Safdie Architects en 2017 à l’UQAM (Université du Québec à Montréal), intitulée Habitat 67 vers l’avenir / The Shape of Things to Come. Le projet impliquait la réparation de dégâts d’eau causés par des décennies, la restauration de l’intérieur dans son état d’origine et la modernisation technique de tous les systèmes de construction afin de répondre aux normes de durabilité et de conservation de l’énergie du XXIe siècle.

Une restauration minutieuse

C’est un travail de longue haleine qui a duré deux ans et a débuté par une recherche minutieuse ainsi qu’un inventaire des conditions initiales de 1967. Pour remédier aux dommages causés par l’eau, les murs extérieurs en béton ont été décollés afin de permettre des réparations, une isolation et une imperméabilisation appropriées ont été ajoutés à l’enveloppe afin de résister aux hivers canadiens.

Le parquet en bois a été restauré dans son état d’origine, avec une fente permettant la circulation de l’air du plancher surélevé situé au-dessous. De nouvelles fenêtres ont été placées derrière le mur pour correspondre au profil et aux lignes de visibilité d’origine. Les portes-fenêtres coulissantes ont été restaurées dans leur état de fonctionnement d’origine, leur permettant de se rétracter dans le mur et de disparaître une fois ouvertes.

Les salles de bains en fibre de verre moulée ont été minutieusement restaurées et les installations intégrales ont été réhabilitées. Les architectes ont pensé même aux armoires de cuisine ainsi qu’aux appareils électroménagers qui à leur tour ont subi une délicate restauration. Pour correspondre à l’original, de nouveaux appareils électroménagers ont été intégrés derrière les armoires. Sur les terrasses, les balustrades en polycarbonate transparent ont été réparées.

L’unité d’habitation sera offerte au domaine public afin de devenir une ressource pour la recherche scientifique, ouverte aux visites publiques et groupées. Safdie Architects participe également à la restauration complète de l’enveloppe extérieure du bâtiment Habitat 67. Avec cette opération, l’un des grands manifestes de l’époque est prêt pour les cinquante prochaine années!

© Marc Cramer + Thomas Miau
© Marc Cramer + Thomas Miau

© Marc Cramer + Thomas Miau
© Marc Cramer + Thomas Miau

© Marc Cramer + Thomas Miau
© Marc Cramer + Thomas Miau

© Marc Cramer + Thomas Miau
© Marc Cramer + Thomas Miau

© Marc Cramer + Thomas Miau
© Marc Cramer + Thomas Miau

Les Collaborateurs du projet: Sean Scensor, Matt Longo,  Reihaneh Ramezany, Safdie Architects; Ghislain Bélanger (architecte local) Fairmont Construction (entrepreneur).

Le site de Safdie Architects: ici.

Les photos: © Marc Cramer + Thomas Miau.

La petite maison à la porte jaune

© Gonzalo Viramonte

En Argentine, à Córdoba, l’architecte Mariclé Scalambro a réhabilité une ancienne maison datant du début du XXe siècle. Avec des petites touches de couleur jaune, ses lignes pures et sa grande sobriété, l’ensemble s’est agréablement métamorphosé.

La structure préservée

Connue sous le nom de « casa chorizo », la petite maison complètement remaniée par l’architecte Mariclé Scalambro est située dans le centre de la ville de Córdoba. Au fil du temps, plusieurs transformations ont désorganisé la disposition initiale de l’ensemble. Avant l’intervention, la vieille bâtisse était dans un état de détérioration totale.

Le projet de réaménagement et de restauration répond à un simple programme de logement individuel. Tandis que la façade et la structure interne d’origine ont été préservées, les découpes qui avaient été incorporées dans les interventions ultérieures ont été éliminées. L’architecte a fait tout son possible pour élargir les espaces et créer un flux de circulation.

L’intérieur remanié

La salle de service existante à l’étage supérieur, accessible depuis le patio, a été démolie. Profitant de la hauteur du salon, l’architecte a créé un nouvel espace mezzanine. Ce dernier peut servir ou bien d’espace de travail ou pour les éventuels invités. La cuisine, la salle de bains commune et la salle à manger servent de séparation entre la partie sociale et la partie intime de la maison. Cette dernière donne sur un charmant patio qui en plus de rendre l’intérieur lumineux, sert à préserver l’intimité de l’espace privé.

Dans le but de se différencier de son voisinage, l’architecte a choisi, pour la façade, des tons qui évitent l’uniformité tout en créant une petite touche d’originalité. Ainsi, la porte d’entrée devient jaune et les murs sont recouvert d’une couche grise. Comme si la maison, qui par ailleurs possède sa jumelle à côté, se trouvait à l’ombre. Un jeu de tonalité qui ne laisse pas indifférent. La petite maison à la porte jaune devient ainsi une référence dans le quartier.

© Gonzalo Viramonte
© Gonzalo Viramonte

© Gonzalo Viramonte
© Gonzalo Viramonte

© Gonzalo Viramonte
© Gonzalo Viramonte

© Gonzalo Viramonte
© Gonzalo Viramonte

Les photos : © Gonzalo Viramonte