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Du Musée des Beaux-Arts en bibliothèque

© Maxime Delvaux

A Dunkerque, les architectes de l’agence D’HOUNDT+BAJART architectes&associés viennent de terminer la réalisation d’un lieu culturel atypique qui vient prendre place dans l’ancien bâtiment du musée des beaux-Arts. Ce dernier ayant subi une restructuration complexe.

Un programme conséquent

Baptisée B!B, il s’agit d’un équipement culturel au programme conséquent où cohabitent une bibliothèque, un café, une boutique, un auditorium ainsi qu’une salle d’exposition, le tout savamment organise, minutieusement agencé et délicatement développé par l’agence d’architecture D’HOUNDT+BAJART.

A Dunkerque, l’ancien musée des Beaux-Arts est une institution. En effet, la volumétrie épurée et grandiose, les façades aveugles en marbre blanc, l’entrée, tout démontre d’un potentiel non-négligeable que les architectes ont manipulé avec tact.

« Notre première intervention a consisté à réactiver le potentiel important de ce bâtiment. » Racontent les architectes qui, ont démoli les constructions annexes, construites au fil du temps autour de l’édifice, pour libérer le volume principal. De même, ils ont définis de larges ouvertures, apportant la lumière naturelle dans la profondeur du bâtiment.

« Le programme de la nouvelle médiathèque correspond à la demande de la population de créer une bibliothèque qui ne ressemble pas à une bibliothèque. Il s’agissait de bousculer les codes, de faciliter l’accès, de faire de la bibliothèque un équipement du quotidien. » Soulignent les architectes. De ce fait, l’arrivée s’effectue par le café, rendant l’ensemble plus accessible et ouvert à tous. Dès l’entrée, le visiteur arrive dans un espace généreux et lumineux où un énorme gradin l’invite à traverser l’espace. Ce gradin ne correspond pas à une lubie decorative mais bien au contraire, il répond à plusieurs usages, les gens peuvent s’y poser pour lire, se détendre, contempler le parc, ou tout simplement rejoindre l’étage.

Une intervention délicate

Selon les architectes : « Héritée des 30 glorieuses, la structure originale du bâtiment résulte d’un geste à la fois radical et conquérant. Elle imposait une certaine exigence dans la mise en œuvre de son réaménagement, dont la qualité passait forcément par l’artisanat et des savoir-faire qui tendent à disparaître. Les plafonds en plâtre aux arrondis sensuels, les tablettes et bibliothèques en bois, le capitonnage des alcôves creusées dans les murs et d’une partie des parois de l’auditorium… » D’où, une intervention délicate aux solutions sur-mesure. Nous pouvons constater plusieurs clin d’œil aux divers éléments architecturaux encore présents dans le bâtiment d’origine. Citons entre autres les rayonnages des livres qui reprennent le motif de claustra de l’escalier extérieur. Un moyen de rapprocher l’histoire et le présent tout en innovant par petites touches et  respectant l’existant.

L’architecture d’intérieur a été conçue d’une manière subtile qui présente l’ensemble comme une multitude de destinations à découvrir. « Au sein d’un même paysage intérieur, nous avons disposé une diversité d’agencements destinés à encourager les différentes attitudes des visiteurs de médiathèque. »

Le sol est recouvert d’une moquette imprimée aux teintes douces rappelant des couleurs du paysage et apportant un peu de fraicheur à la blancheur immaculée qui y règne mais pas que, en effet, cette impression correspond à un dessin qui s’étend sur toute la surface du bâtiment, dans un improbable camaïeu vert et rose, une bizarrerie qui appartient à la nature et que l’on peut situer, selon les architectes, entre la Hollande et le Vietnam.

Dans leur geste, les architectes évoquent le voyage. Il s’agit, en effet, d’une excursion d’un autre genre qui guide le visiteur tout en lui garantissant un univers singulier agrémenté de belles découvertes. Avec l’intervention des architectes D’HOUNDT+BAJART, l’ancien bâtiment du musée des Beaux-Arts de Dunkerque a subi une belle mutation!  

© Maxime Delvaux
© Maxime Delvaux
© Maxime Delvaux
© Philippe Braquenier
© Philippe Braquenier

Le site de l’agence D’HOUNDT+BAJART: ici.

Les photos: © Maxime Delvaux – Philippe Braquenier

Sous la piste de ski, un incinérateur…

© Rasmus Hjortshoj

C’est la centrale de production de déchets en énergie la plus propre au monde. Elle se trouve à CopenHill, au Danemark et c’est l’agence d’architecture BIG (Bjarke Ingles Group) qui l’a réalisée. Le monolithe qui représente la nouvelle génération d’usines participe à l’objectif de Copenhague de devenir la première ville neutre en carbone du monde d’ici 2025.

Vers un monument architectural

CopenHill, également connue sous le nom d’Amager Bakke, est une usine de valorisation énergétique des déchets de 41 000 m² dotée d’un centre de loisirs urbain et d’un pôle d’éducation à l’environnement, transformant l’infrastructure sociale en un monument architectural.

« Il n’y a aucune colline ou montagne au Danemark, nous avons donc eu l’idée de créer une montagne artificielle pour le ski. » explique Bjarke Ingels, le 3 Octobre 2019 lors de la conférence de presse.

La station de ski de BIG, qui vient d’ouvrir ses portes, a remporté la compétition internationale en 2011. En tant que plus grande initiative de lutte contre les déchets au Danemark, le maire de Copenhague, Frank Jensen, a présidé la première course sur les pistes. CopenHill est inauguré avant le sommet des maires qui se déroulera à Copenhague cette année, il s’agit d’un rassemblement historique de 96 villes membres engagées dans diverses actions audacieuses contre le changement climatique.

« Nous sommes très fiers d’avoir construit l’usine de valorisation énergétique des déchets la plus éconergétique au monde. En même temps, l’usine offre les meilleures performances environnementales sans pratiquement aucune émission, ce qui nous permet d’avoir des voisins à seulement 200 mètres et d’être situés à moins de 2 km de la résidence Queen’s. Enfin, nous avons réussi à construire la centrale de valorisation énergétique des déchets la plus sûre, afin que les citoyens et les visiteurs du monde entier puissent skier sur le toit. » a déclaré Jacob Simonsen, le directeur général d’ARC (Amager Ressourcecenter).

Du fait de son emplacement sur le front de mer industriel d’Amager, les différentes installations industrielles brutes sont devenues le lieu de prédilection pour les sports extrêmes allant du wakeboard au karting. La nouvelle centrale électrique se dote d’une piste de ski, de la randonnée et de l’escalade , de quoi aiguiser la curiosité des amateurs de sensations fortes.

« CopenHill est une expression architecturale avérée de quelque chose qui, autrement, serait resté invisible: il s’agit de la centrale de valorisation énergétique des déchets la plus propre au monde. En tant que centrale électrique, CopenHill est tellement propre que nous avons pu transformer sa masse de bâtiment en un socle pour la vie sociale de la ville, ainsi, sa façade est grimpable, son toit est aménagé et ses pentes sont skiables. Un exemple clair de la durabilité hédoniste. Une ville durable est non seulement meilleur pour l’environnement, mais également plus agréable pour la vie de ses citoyens. » A souligné Bjarke Ingels, fondateur et directeur de la création de BIG.

La relation entre le bâtiment et la ville

Les volumes internes de la centrale sont déterminés par le positionnement et l’organisation de ses machines, ce qui crée un toit efficace et en pente, adapté à un terrain de ski de 9 000 m². Au sommet, les experts peuvent glisser sur la piste de ski artificielle, tester le parc de freestyle ou essayer le parcours de slalom chronométré, pendant que les débutants et les enfants s’entraînent sur les pentes les plus basses. Les skieurs montent dans le parc depuis la plate-forme de levage, par des tapis ou des ascenseurs en verre pour avoir un aperçu permanent du fonctionnement de l’usine de traitement des déchets.

« Nous voulions faire plus qu’une simple création d’une belle peau autour de l’usine. Nous voulions ajouter des fonctionnalités! Au lieu de considérer l’Amager Ressourcecenter (ARC) comme un objet isolé, nous mobilisons l’architecture et nous intensifions la relation entre le bâtiment et la ville, en étendant les activités existantes dans la région en transformant le toit du nouvel ARC en piste de ski ouvert à tous. En proposant une nouvelle génération d’usines de valorisation énergétique des déchets, économiquement, écologiquement et socialement durable, l’installation devient une partie intégrante de la ville et redéfinit la relation entre la production et les loisirs, entre l’infrastructure énergétique et l’infrastructure sociale, entre l’usine et la ville. » A déclaré David Zahle, l’associé de BIG.

Dans le pays plat qu’est le Danemark, les amateurs de loisirs et les visiteurs flaireront la montagne. Quant au non-skieurs, ils peuvent profiter du bar sur le toit, de la zone de cross-fit, du mur d’escalade ou du plus haut plateau d’observation de la ville avant de descendre le sentier de randonnée et de course de 490 m bordé d’arbres dans un terrain montagneux luxuriant conçu par Danish Landscape Architects SLA. Pendant ce temps, le toit vert de 10 000 absorbe la chaleur, en éliminant les particules d’air et en minimisant le ruissellement des eaux pluviales.

Selon les spécialistes, sous les pentes, les générateurs d’air chaud, la vapeur et les turbines convertissent chaque année 440 000 tonnes de déchets en énergie propre et suffisante pour fournir de l’électricité et le chauffage urbain à 150 000 foyers. La nécessité pour la centrale de s’acquitter de cette tâche, des puits de ventilation aux prises d’air, contribue à créer la topographie variée d’une montagne. L’équipe de l’ARC occupe dix étages d’espaces administratifs, dont un centre de formation de 600 m2 pour des visites académiques, des ateliers et des conférences sur la durabilité.

Textures et records

Plutôt que de considérer l’ARC comme un objet architectural isolé, l’enveloppe du bâtiment est conçue comme une opportunité pour le contexte local tout en formant une destination et une réflexion sur la vision progressive de l’entreprise. La façade continue de Copenhill est composée de briques d’aluminium de 1,2 m de hauteur et de 3,3 m de largeur, superposées comme de gigantesques briques. Entre les deux, les fenêtres vitrées permettent à la lumière du jour de pénétrer à l’intérieur de l’installation, tandis que les grandes ouvertures de la façade sud-ouest éclairent les postes de travail des étages administratifs. Un mur d’escalade de 85 m est installé sur la plus longue façade verticale. Il s’agit du plus haut mur artificiel d’escalade au monde, permettant ainsi de battre de nouveaux records avec des vues à l’intérieur de l’usine.

« CopenHill est pour moi un parfait exemple de la puissance mondiale de l’architecture en mutation. Que nous ayons le pouvoir de donner forme à l’avenir dans lequel nous voulons vivre. Mon fils ne se souviendra plus jamais qu’il fut un temps où on ne pouvait pas skier sur le toit de la centrale ou escalader ses façades. Il prendra cela pour acquis et toute sa génération le sera aussi. L’énergie propre et les centrales électriques skiables vont devenir la base de leur imagination, la plate-forme à partir de laquelle ils vont sauter et proposer des idées nouvelles pour leur avenir. Me tenir au sommet de cette montagne créée par l’homme que nous avons passé à créer depuis une décennie, me rend curieux et excité de voir quelles idées ce sommet pourrait susciter dans l’esprit des générations futures. » Déclare Bjarke Ingels tout sourire.

Au bas de la piste de ski, un bar de 600 m² accueille les habitants et les visiteurs qui souhaitent se détendre une fois les chaussures enlevées. L’incinérateur d’autrefois est devenu aujourd’hui la nouvelle destination récréative destinée aux familles. Un projet économiquement, écologiquement et socialement exemplaire.

© Aldo Amoretti
© Soren Aagaard
© Dragoer Luftfoto

Le site de BIG : ici.

A Morelia, HW-Studio réalise un petit bijou

© Bruno Gómez de la Cueva

Au Mexique, l’agence d’architecture HW-Studio a reconverti une cave historique datant du 16ème siècle en une impressionnante résidence familiale. Sobriété et tranquillité sont au rendez-vous.

La rencontre du nouveau et de l’ancien

En plein centre-ville de Morelia, l’ancien entrepôt reconverti est méconnaissable. Aujourd’hui, une maison blanche aux lignes pures se glisse méticuleusement dans cet environnement historique apportant une grande satisfaction d’une part aux architectes qui l’ont conçue et d’autre part aux propriétaires qui l’ont acquise. 

« Lorsque nous avons commencé à travailler sur ce projet, le propriétaire nous a montré un entrepôt de 40 mètres de long et de 8 mètres de large, situé à deux pâtés de maisons de l’une des plus importantes écoles de musique du pays, de l’ancien couvent des dominicaines du XVIe siècle de Santa Catalina de Siena, et de l’une des les places les plus appréciées, les plus belles et les plus visitées de Morelia: Las Rosas. » Nous racontent les architectes de l’agence SW-Studio qui ont réalisé le projet.

La parcelle est impressionnante, elle est entourée par une architecture classique très caractéristique. Malgré l’emplacement au cœur de la ville, le lieu est très silencieux. C’est un bout de havre de paix, un fait très rare, qui a séduit, dès le départ, les architectes. « C’était la bonne occasion pour combiner notre langage architectural avec les architectures du passé tout en explorant la relation et la dialectique entre les deux. » Ajoutent les architectes.

L’emplacement au milieu du 16ème siècle se composait de l’arrière-cour de la maison d’une riche famille. Cependant, avec le temps, les réformes, les changements de propriétaires ainsi que les différentes utilisations du lieu, ont fait perdre à l’espace toute sa signification. Le toit était recouverts de tôle d’aluminium, les murs de la carrière ont été aplatis avec du ciment et le marbre ainsi que la résine ont remplacé l’ancien sol très caractéristique des années 60. « Nous pensions que l’endroit avait perdu son âme. » Racontent les architectes, qui, ont travaillé scrupuleusement pour faire revivre cet exceptionnel lieu.

Pour un ensemble harmonieux

Selon les concepteurs, le processus de conception a commencé par identifier les éléments à restaurer puis, les architectes ont identifié quelques préceptes de composition comme les axes, les itinéraires, les volumes, le ciel, les arbres ainsi que l’utilisation de matériaux naturels. C’est de cette manière que tout ce qui est antique a été sauvé, tandis que les différentes interventions faites au fil du temps ont été remplacées. De ce fait, Un nouvel équilibre a été créé entre le nouveau et l’ancien.

Une avenue centrale bordée d’arbres a été dessinée, elle est bornée de deux volumes longitudinaux blancs. Sur chaque entité, deux autres volumes transversaux ont été assemblés sous la forme d’un « L » inversé, ce qui sert à créer des terrasses en étage. Cependant, le but des architectes était de cadrer, sans exclusion, les différentes couches de l’histoire architecturale laissées à travers les siècles. Selon les architectes : « Il était gratifiant de découvrir comment ces éléments simples encadrent l’architecture de plusieurs époques ». La réalisation qui résulte de ce difficile exercice de réadaptation montre une belle maîtrise dont les architectes de HW-Studio sont les acteurs.

© Bruno Gómez de la Cueva
© Bruno Gómez de la Cueva
© Bruno Gómez de la Cueva
© Bruno Gómez de la Cueva

Le site de HW-Studio : ici.

Les photos : © Bruno Gómez de la Cueva

A San Francisco, quand le passé et le présent s’entremêlent

© Adam Rouse Photography

A San Francisco, l’agence Feldman Architecture a réhabilité un petit immeuble historique pour le transformer en bureaux de la banque d’investissement Scenic Advisement. Une intervention minutieuse qui marie à merveille le passé et le présent.

Respecter l’histoire

Le petit immeuble  qui se situe au Jackson Square possède une grande histoire. Tout d’abord sa date de construction qui reste un énigme et pour cause, le tremblement de terre qui a ravagé la ville au début du 20ème siècle et emporté les archives de l’édifice. Aujourd’hui, tout ce qu’on sait c’est que l’édifice abritait à l’origine les écuries Bricca.

Depuis cette époque révolue, la construction a été reconvertie à plusieurs reprises. Le lieu a même été utilisé comme agence d’architecture. Aujourd’hui, au Jackson Square, une nouvelle page s’écrit avec une fonction différente et des locaux complètement remaniés par Feldman Architecture. Les architectes de Feldman Architecture en collaboration avec les architectes d’intérieur de  Tineke Triggs, ont entrepris la transformation de l’espace. Ce dernier devrait être aux normes, au goût du jour tout en répondant favorablement aux diverses exigences des propriétaires.

Tout en respectant l’histoire du lieu et gardant l’enveloppe, les architectes ont privilégié des espaces généreux, ouverts, lumineux et propices au travail. D’où l’utilisation du bois, un élément rajouté qui se marie bien d’une part avec les murs d’origine en brique et d’autre part avec les planchers en béton brut. Un mélange qui renoue avec le passé tout en ajoutant une touche d’originalité. De même, un travail particulier a été mené pour l’éclairage du lieu.

A la recherche de nouveau repères

Les architectes ont créé des enceintes en verre dont les cloisons laissent passer généreusement la lumière tout en offrant des coins d’intimité aux utilisateurs des lieux. La présence du verre dépoli est expliquée comme un clin d’œil romantique au brouillard de la baie de San Francisco. L’ensemble est pratique, il se caractérise par ses tapis abstraits colorés et son grand îlot de cuisine qui fait office d’espace commun apportent un sentiment de maison et d’intimité au travail.

Dans le hall d’entrée, le visiteur peut se trouver en présence d’une œuvre artistique singulière. Composée de pots de peinture en aérosol usés, cette pièce est réalisée par l’artiste Ian Ross, un graffeur local. Des graffiti dans une banque ? pourquoi pas ! C’est toute la subtilité des architectes qui ont su manier à merveille plusieurs styles et époques. Une autre originalité se trouve au-dessus du bar qui est surmonté d’un vélo. L’espace professionnel se trouve complètement métamorphosé pour un lieu plus humain, abordable et agréable. Les codes historiques du bureau changent et laissent la place à d’autres habitudes moins rigides.

En entrant dans cet espace dynamique, le visiteur peut oublier pour un moment où il se trouve. Entre le passé historique de l’édifice et sa transformation actuelle, l’esprit vagabonde pour trouver d’autres repères à mi-chemin entre le passé et le présent. 

© Adam Rouse Photography
© Adam Rouse Photography
© Adam Rouse Photography

Le site de Feldman Architecture : ici.

Photography:  © Adam Rouse Photography

En Chine, une impressionnante rénovation signée Kokaistudios

© Seth Powers

C’est un projet d’architecture et d’intérieur conçu par l’agence Kokaistudios et sur mesure pour l’un des plus importants fournisseurs de mode Haute Couture de Chine, la Grace Chen. Créativité, élégance et éclectisme sont au rendez-vous.

Le savoir-faire et les détails complexes

L’agence d’architecture Kokaistudios vient de terminer la rénovation d’une ancienne villa datant des années 1920, située au cœur de l’ancienne concession française de la ville de Shanghai et l’a transformée en maison de la marque de haute couture Grace Chen.

Comprenant une salle d’exposition, une galerie, des cabines d’essayage, des bureaux, une bibliothèque, une cuisine ouverte ainsi qu’une suite VIP pour une expérience complète, le projet constitue une étape clé dans le développement de la marque ainsi qu’un symbole de sa croissance.

La créatrice de mode, Grace Chen, a demandé aux architectes de Kokaistudios de transformer une ancienne villa de style espagnol en une élégante maison conçue pour incarner sa marque. Mettant l’accent sur le savoir-faire et les détails complexes ainsi que sur un style enraciné dans la culture chinoise mais résolument moderne, les architectes ont essayé de trouver un esprit semblable au personnage que doit incarner le lieu. « Notre point de départ et notre inspiration pour la conception du projet provenaient des vêtements magnifiques et complexes de Grace Chen. Nous avons développé un projet intemporel, élégant et moderne qui contraste et complète le design classique de la villa elle-même. » Racontent les architectes.

Valoriser les éléments originaux

La réalisation est située à Huashan Lu, dans l’un des quartiers les plus plaisants de Shanghai. Les architectes ont été mandaté pour l’architecture mais aussi pour transformer l’intérieur de la villa. A savoir que cette dernière a été partiellement modifiée au fil du temps. De même, Kokaistudios a complètement repensé les espaces verts afin de créer un espace de vie pouvant accueillir de petits défilés de mode. Le programme comprend également un nouveau pavillon en verre ainsi qu’un espace événementiel dans le jardin.

L’entrée de la villa est marquée par un grand portail sculptural en métal tissé de couleur noir et bronze, inspiré d’une des conceptions de Grace. Une fois la porte franchie, le visiteur se trouve dans les jardins dotés d’un sol en pierre blanche martelée à la main, d’éléments aquatiques apaisants et d’une végétation luxuriante centrée autour du cube de verre. L’ensemble est conçu pour présenter à la fois les dernières créations de l’artiste et devenir également un lieu d’exposition temporaire pour d’autres artistes et designers. Juste après l’espace événementiel se trouve la cuisine ouverte sur une salle à manger en plein air mais ombragée.

Les architectes se sont lancés dans une restauration architecturale du bâtiment qui valorisait les éléments originaux de la villa, notamment les portes-fenêtres et le sol en marbre incrusté de mosaïque ainsi que la belle maçonnerie de la façade. Le bâtiment comprenait une partie ajoutée dans les années quatre-vingt, les architectes ont préféré de recouvrir cette partie du projet d’un mur végétal avec des jardinières et des plantes à fleurs.

« Pour le design de la villa principale elle-même, nous avons opté pour une palette de couleurs neutres et une gamme de matériaux naturels qui, ensemble, créent un environnement réconfortant qui sert de support aux belles créations de la créatrice. » Soulignent les architectes. L’entrée principale de la villa se fait par les portes d’origine et mène à un showroom et à un salon lumineux, avec des présentoirs conçus sur mesure et de grands miroirs antiques aux bords arrondis, inspirés des styles art déco des années 1930. Le voyage à travers la villa se poursuit jusqu’au 2ème étage où se trouvent les principales salles d’essayage. 

Flexibilité et sobriété

Une grande partie des armoires et des miroirs ont été conçus sur mesure selon un aspect qui complète le caractère historique de la villa, tout en insufflant à l’ensemble des éléments ainsi que des finitions volontairement modernes. Les architectes ont travaillé conjointement avec l’artiste pour réaliser son objectif dans la conception du projet. Ils ont créé un espace où les clients puissent faire l’expérience de la marque ainsi que goûter au style de vie qui lui est associé. C’est un lieu d’élégance intemporelle et chic.

De même, nous trouvons à l’intérieur des espaces flexibles qui créent une ambiance chaleureuse, privée et presque résidentielle, adaptable à différentes situations, telles que les petits événements et les défilés de mode. L’éclairage intérieur est complété par une conception d’éclairage extérieur équilibrée pour correspondre parfaitement à la perception globale de la villa, ainsi le jardin et surtout le pavillon de verre attirent les regards pendant la soirée. Ce projet, malgré sa taille modeste, représente une grande maîtrise de la part des architectes qui ont créé un espace entièrement nouveau en partant de la restauration d’un bâtiment historique. C’est un lieu à l’architecture intemporelle et chic.

© Seth Powers
© Seth Powers
© Seth Powers
© Seth Powers

Le site de kokaistudios : ici.

Les photos : © Seth Powers

Aux Pays-Bas, un marché dans un ancien silo à grains

© Tim Van de Velde

Aux Pays-Bas, l’agence d’architecture Wenink Holtkamp Architecten a réhabilité et reconvertit un silo à grains désaffecté en un avenant marché alimentaire. Le projet se démarque non seulement en offrant aux habitants la possibilité de faire leurs emplettes mais sauve un patrimoine industriel en péril.

Conçu par l’agence d’architecture Wenink Holtkamp Architecten basée à Eindhoven, le projet de réhabilitation de l’ancien silo à graines préserve l’architecture historique en insufflant un nouveau souffle à l’ancien. Situé sur le port de la ville de Deventer, la rénovation du bâtiment qui a été commandée par une fondation spécialisée dans la réorientation des sites du patrimoine culturel pose la question de la préservation architecturale des sites en déclin.

La renaissance

The Zwarte Silo (le silo noir) se distingue par une couche de bitume ajoutée, pour des raisons d’étanchéité, à la structure d’origine datant de 1923. Cependant, le silo à grains qui a connu de beaux jours, a été désaffecté depuis 1990. Le projet de reconversion visait à reconquérir l’ancienne structure industrielle qui renforce la connexion avec le port en lui procurant de nouveau un important rôle dans la ville.

L’édifice qui était jadis l’un des emblèmes de la ville comporte une grande surface qui a été optimisée avec la nouvelle reconversion. Les architectes qui ont été mandaté pour la réhabilitation, ont également rénové les deux entrepôts adjacente en briques, utilisés autrefois pour le stockage du sel.

La nouvelle fonction du bâtiment confère, en contraste avec le caractère fermé du stockage des céréales, une caractéristique plus ouverte à ce dernier. Ainsi, côté est, une ouverture de neuf mètres de haut fournit à l’ensemble, un agréable lien entre l’intérieur et l’extérieur. En conséquence, les visiteurs peuvent pleinement profiter du paysage alentour.

La séparation initiale des espaces est conservé, tandis qu’une partie contient un espace polyvalent utilisé pour des événements. Même si les architectes ont conservé certains éléments d’origine qui donne le caractère industriel à l’édifice, l’intérieur remanié avec justesse offre un nouvel espace à la ville, le tout en préservant l’essentiel.

© Tim Van de Velde
© Tim Van de Velde
© Tim Van de Velde

Le site de l’agence d’architecture Wenink Holtkamp Architecten: ici.

Les photos : © Tim Van de Velde.