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Au Texas, la renaissance d’un domaine historique

© ChaseDaniel

Il s’agit du Domaine Commodore Perry situé à Austin au Texas. C’est une propriété de 10 acres qui était à l’origine la maison d’Edgar et Lutie Perry et qui était réalisé par l’architecte Henry Bowers Thompson entre 1917 et 1928 considéré dès lors une oasis au milieu de la ville. Aujourd’hui, le remaniement a été réalisé par la collaboration étroite des architectes Clayton Korte et Moule & Polyzoides, l’architecte d’intérieur Ken Fulk Inc. et le paysagiste Ten Eyck Landscape Architects.

Réinventer à travers l’interprétation moderne de son passé

Inspiré par les nombreux voyages européens des propriétaires, une série de jardins à la française et un grand manoir à l’italienne ainsi qu’une remise ont été construits le long de Waller Creek. Un mur de pierre entourant l’ensemble. Le manoir néo-Renaissance italienne de 10800 pieds carrés est entouré de terrasses, de parterres et de fontaines, il est inscrit au registre national des lieux historiques. À l’intérieur, des moulures en bois et en plâtre finement sculptés, des ferronneries travaillées à la main et des détails en pierre calcaire se combinent avec des carreaux de style mexicain pour un effet globalement harmonieux où règne ornement et opulence.

Perry a vendu le domaine en 1944, déclarant que le manoir était, « Un endroit idéal pour organiser une fête, mais trop grand pour vivre. » Les propriétaires actuels se sont associés à l’Auberge Resorts pour transformer l’ensemble en réinventant la propriété à travers une interprétation moderne de son passé résidentiel. Ainsi l’élégance européenne décontractée du domaine se croise avec la véritable hospitalité gracieuse du Texas.

La refonte, qui croise astucieusement rénovation et nouvelle construction, est le résultat de la collaboration étroite entre les architectes Clayton Korte et Moule & Polyzoides, l’architecte d’intérieur Ken Fulk Inc. et Ten Eyck Landscape Architects. En effet, l’équipe de conception a rendu les éléments historiques de la propriété à leur ancienne apogée et a construit un nouveau restaurant pour servir de toile de fond aux magnifiques jardins historiques, réunissant tous les éléments nécessaires pour un nouveau complexe de destination et un club privé, The Commodore Perry Estate.

Les clients et les membres sont accueillis à l’entrée du manoir. En tant que pièce maîtresse de la propriété, ce bâtiment communique instantanément une atmosphère résidentielle, comme si vous arriviez dans la demeure seigneuriale d’un vieil ami de la famille. Travaillant en étroite collaboration avec la commission des monuments historiques, Clayton Korte a dirigé les efforts visant à préserver l’importance historique du manoir de 10 542 pieds carrés grâce à des interventions modernes qui le rendent pertinent et attrayant. Des systèmes de construction mis à jour ont accompagné la rénovation. Ainsi, chaque espace a été meublé avec un mélange de pièces vintage personnalisées mais aussi anciennes pour procurer une atmosphère particulière en constante progression au fils du temps.

Profiter d’une multitude de privilèges

L’entrée présente l’escalier en fer forgé incurvé d’origine avec une nouvelle fresque au plafond peinte à la main. Le deuxième étage du manoir est réservé exclusivement aux clients de l’hôtel, qui bénéficieront du statut de membre résident pendant leur séjour. Les cinq chambres de la résidence d’origine du Perry ont été transformées en suites d’hôtel. La suite d’Edgar Perry, avec ses jeux de motifs inspirés du safari, reflète l’amour du voyage dans le monde et la culture, tandis que la suite de Lutie Perry présente un peu plus de douceur dans une palette de velours rose, de fausse fourrure et de tapis léopard en sourdine. Les salles de bains privatives redessinées sont revêtues de carreaux de céramique inspirés des salles de bains d’époque.

L’entrée mène au hall principal avec une loggia, une terrasse et les jardins qui servent collectivement de hall et d’espace de rassemblement. Les autres pièces du rez-de-chaussée du manoir fonctionnent comme elles l’auraient fait historiquement. Le salon est meublé avec un nouveau bar de service et de profonds canapés Chesterfield pour se réunir au coin du feu. La bibliothèque ovale bordée de livres est organisée pour la lecture ou une conversation tranquille avec des chaises rembourrées et une table de jeu. Le solarium ensoleillé, avec ses sols carrelés d’origine a repris vie. La salle à manger et la salle de petit-déjeuner sont dédiées aux expériences culinaires informelles tout au long de la journée. Avec un large éventail d’options de salons intérieurs et extérieurs, y compris la loggia et la terrasse, les membres et les membres résidents peuvent profiter d’une multitude de privilèges.  

En face du manoir, à côté de la remise d’origine se trouve une auberge de trois étages nouvellement construite avec des chambres et des suites avec terrasse entourant une cour centrale. Le nouvel édifice, conçu par Moule & Polyzoides, présente une élégante colonnade parfaitement adaptée à l’histoire du lieu. À l’intérieur des chambres, le design de Fulk offre une expérience hôtelière à part entière. Des éléments de menuiserie personnalisés, des arcades en plâtre arrondies, des meubles basés sur des antiquités italiennes et néo-espagnoles mais aussi des salles de bains carrelées dans un motif classique en étoile et en croix ont tous été choisis pour inspirer les visiteurs. Dans tout l’hôtel, une collection de tapis vintage et d’œuvres d’art encadrées ont été soigneusement sélectionnées par l’équipe de conception.

Le niveau inférieur de l’auberge, marqué par un couloir revêtu de boiseries brillantes de couleur curry, offre une chambre et deux grandes suites, toutes menant à une terrasse privée et une pelouse bien entretenue. De même, une suite dispose d’un coin repas tandis que l’autre dispose d’un salon bibliothèque entièrement organisé. Meublé avec un mélange éclectique de pièces italiennes du milieu du siècle et espagnoles des années 1920, tout le niveau inférieur a été conçu pour le divertissement. L’ historique Carriage House de deux étages a été rénové et transformé en une installation polyvalente, comprenant un centre sportif au rez-de-chaussée et des bureaux au deuxième étage.

Un véritable sentiment d’appartenance

Les esplanades du domaine, conçus par Ten Eyck Landscape Architects, y compris l’ancienne piscine, ont été transformés et activés grâce à l’ajout de jardins agricoles, complétés par un réseau de sentiers, de nouveaux jardins rénovés, des cours, d’espaces de restauration extérieurs de Waller Creek qui traversent la propriété. Croisant l’historique et le moderne, le bucolique et l’urbain, l’ensemble sert de retraite gracieuse dans la ville. Le restaurant du domaine, Lutie’s, annonce son hospitalité à l’ancienne dans un jardin raffiné. Conçue par Clayton Korte, la nouvelle structure offre aux clients des vues sur les jardins historiques.

« Conçu pour ne pas attirer l’attention sur lui-même et finalement être entièrement recouvert de lierre, le restaurant se veut une toile de fond pour le jardin et les événements qui s’y déroulent », déclare Paul Clayton, l’associé fondateur de Clayton Korte. Ken Fulk a ajouté un motif floral sophistiqué à l’intérieur. Pour créer un véritable sentiment d’appartenance, le plafond en treillis est suspendu avec des plantes tandis que le mur d’enceinte en pierre d’origine du domaine apparaît au-dessus de la banquette festonnée. A Austin, l’ancienne demeure métamorphosée vient de retrouver une nouvelle vie.

© Chase Daniel
© Chase Daniel
© Chase Daniel
© Douglas Friedman
© Douglas Friedman
© Douglas Friedman
© Douglas Friedman

Le site de Clayton Korte : ici.

Instagram: @clayton_korte @kenfulk @teneyckla @moulepolyzoides @thecommodoreperryestate @douglasfriedman @thevuvobandit

Les photos : © Douglas Friedman et Chase Daniel.

Architecture: Clayton Korte ; Architecture: Moule & Polyzoides ; Architecture d’intérieur: Ken Fulk ; Maîtrise d’oeuvre: Rogers O’Brien ; Paysagiste: Ten Eyck Landscape Architects; Ingénieur civil: Big Red Dog ; Ingénieur MEP: Integral Group ; Ingénieur structure: Architectural Engineers Collaborative ; Irrigation: SRI & Associates ; Eclairage: Lindsley Lighting ; Les dessins des cuisines: Melbil, Inc.

A Vannes, a/LTA réalise une élégante réhabilitation

© Stéphane Chalmeau

Intervenir dans le coeur historique d’une ville n’est pas une chose facile. Pourtant les architectes de l’agence a/LTA (Maxime Le Trionnaire et Gwénaël Le Chapelain) viennent de livrer à Vannes une réalisation aussi étonnante qu’élégante.

Une intervention délicate

Le programme est simple à premier abord, il s’agit d’une restructuration lourde d’un bâtiment réalisé à l’époque par l’architecte Jacques Guezet, situé au centre-ville de Vannes, à l’articulation de la rue Thiers et de la rue Carnot. Mais l’intervention est délicate et le résultat surprenant. Avec une grande méticulosité, les architectes ont réussi un important pari, celui d’engendrer une architecture qui apporte une nouvelle fraîcheur, se démarque de son voisinage tout en s’insérant délicatement dans le tissus historique existant.  

Le bâtiment existant était constitué de deux étages en plus d’une attique. L’ensemble contenait une banque que les architectes ont transformé en bureaux pour le compte du Groupe Giboire. Il s’agit donc de l’installation d’une nouvelle agence commerciale et de promotion immobilière qui s’installe dans un ensemble à la localisation remarquable. En effet, les nouveaux bureaux seront à deux pas du port qui est lui-même adossé aux remparts de la ville datant du IVème siècle. Une gageure pour les architectes dont l’intervention pourrait de qualifier de « chirurgicale ».

Un écran magique

Les architectes nous expliquent que la structure d’origine a été conservée, hormis l’attique qui a fait peau neuve. Le rez-de-chaussée, habillé de revêtement en inox, s’ouvre sur la rue grâce à plusieurs grandes ouvertures et suit l’alignement de cette dernière. La configuration d’origine en angle, apportaient, selon les concepteurs, une vraie réponse à l’articulation des deux rues tout en compliquant la structure de la façade existante. Mais les architectes ont fait un travail rigoureux qui met en avant la finesse de la matérialité.

La façade minérale a été mise en valeur grâce à une seconde peau de verre courbe située aux deux niveaux intermédiaires. Par ailleurs, l’attique a gardé la même matérialité en inox que celle du rez-de-chaussée. L’alliage du verre et de l’inox octroie un air surréaliste à l’édifice tout en le glissant délicatement dans le tissu de la ville. La façade, remaniée avec tact, devient un « écran magique » où les passants assistent avec une grande curiosité aux divers reflets de la ville mais aussi ceux du ciel aux différents moments de la journée.

Transparence et luminosité

Parlons technicité, les panneaux vitrés qui forment les plissés de la façade, sont portés par des rails en inox. « Un cadre en aluminium anodisé permet la ventilation naturelle de cette double peau. La partie haute de ce cadre qui constitue l’acrotère est constitué de panneaux amovibles qui rendent possible son entretien. » Racontent les architectes. Quant à l’aménagement intérieur, il a été guidé par l’idée de transparence et de luminosité. Comme toutes les réalisations de l’agence, les intérieurs sont généreux, lumineux et accueillants. Des spécificités que les architectes souhaitent garder toujours malgré des contextes difficiles ou des programmes variés. Notons que l’attique du bâtiment accueille une grande salle de réunion qui donne accès à une terrasse au vue imprenable sur les environs. Bref, la réalisation de l’agence a/LTA à Vannes ressemble à un petit bijou qu’il est impératif de découvrir !

© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau
© Stéphane Chalmeau

Le site de l’agence a/LTA : ici.

Les photos : © Stéphane Chalmeau.

A Porto, une élégante réhabilitation signée Anarchlab

© Ivo Tavares Studio

C’est un ensemble complet que l’agence d’architecture portugaise Anarchlab dirigée par Pedro Ribeiro da Silva vient de terminer. Une réhabilitation lourde couplée d’une minutieuse reconversion que les architectes ont mené avec tact. Un projet où les textures et les matières se croisent pour un résultat séduisant.

Trois bâtiments pour une même signature

Au Portugal, à Porto, le bâtiment récemment rénové fait partie d’un ensemble de constructions commandées par la société Fábrica de Cerâmica das Devesas. Le complexe servait d’entrepôt et de vitrine pour les différents produits fabriqués à l’époque par la même entreprise. L’agence Anarchlab a été mandaté pour mener à bien ce projet.

L’ensemble se compose de trois bâtiments. Nous pouvons y trouver un grand immeuble conçu pour des bureaux, un entrepôt de produits, un magasin, un hall d’exposition mais aussi une vitrine avec une façade imposante face à la Rua José Falcão. Le bâtiment rénové était l’atelier de marbre, mais il fonctionnait également, à son dernier étage, comme une habitation. Parmi les divers volumes du complexe, il existe également une maison qui appartenait à Feliciano Rodrigues da Rocha, l’un des trois partenaires de l’enseigne.

L’ancien atelier de marbre est situé sur la Rua da Conceição, avec une cour commune située entre le bâtiment et l’entrepôt. Cet atrium fonctionne comme un joli espace qui lie entre les deux, articulant les façades des deux rues celle de la Rua José Falcão et la Rua da Conceição.

Bien qu’il ait été classé monument d’intérêt public, tout l’intérieur du bâtiment était complètement démoli au début du projet. Ont été gardé seulement les façades et les toits de l’original construction. Les architectes nous racontent que l’inévitable transformation programmatique a pris en compte l’héritage historique et architectural du bâtiment d’origine qui avait résisté aux aléas du temps. Les façades principales et celles qui sont orientées vers l’est ont été entièrement réhabilitées sans aucune modification tandis que la façade sud, déjà remaniée à l’époque, a pris une grande importance. Elle se démarque aujourd’hui par sa nouvelle palette de couleurs et l’introduction d’une fenêtre ronde en verre qui donne l’équilibre géométrique à l’ensemble et rétablit la communication avec son voisinage.

Faire revivre le lieu

À l’intérieur de l’ancien entrepôt en pierre tout est maintenue. La morphologie est similaire à l’original, le visiteur est accueilli par un vaste espace commun, baigné de lumière naturelle, qui révèle la hauteur saisissante de l’espace intérieur, complètement imperceptible de la rue. La structure qui renforce toute la construction existante est perceptible, le toit rénové et le dernier étage qui se caractérise par ses grands puits de lumière en verre laissant entrer la lumière naturelle, conserve l’ambiance industrielle de l’ancien bâtiment.

L’ensemble résidentiel comporte douze appartements qui vont du type loft avec mezzanine aux résidences de deux chambres. Ces derniers sont répartis sur les deux étages principaux tandis que le dernier niveau qui est de petite superficie est constitué des mezzanines des lofts. L’intérieur est organisé par la distribution soignée de volumes simples comme les armoires, les cuisines et les salles de bains. Un petit clin d’œil à la frugalité monolithique de l’entrepôt d’origine de l’ancienne usine de céramique. Les tons utilisés sont neutres nous pouvons y trouver le gris et le noir qui se marient avec le plancher de bois. L’ensemble dégage un sentiment de sérénité et les textures et matières utilisées se croisent merveilleusement pour faire revivre le lieu. La réhabilitation de l’agence Anarchlab ressemble à une intervention chirurgicale à la fois délicate et adaptée, une intervention élégante à découvrir sans tarder !

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de l’agence Anarchlab (Pedro Ribeiro da Silva en collaboration avec Fábio Peixoto et José Azevedo) : ici.

Facebook: www.facebook.com/anarchlab ; Instagram: www.instagram.com/anarchlab/

Les photos : © Ivo Tavares Studio

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Instagram: www.instagram.com/ivotavaresstudio

A Paris, l’Ancienne Comédie entame sa mue

© Gregory Copitet

C’est un programme complexe mené avec une grande parcimonie que les architectes de l’agence Raf Listowski Atelier d’architecture viennent de livrer. Un lieu mythique qui a fait l’objet de plusieurs mutations avant de trouver sa dernière vocation. Il s’agit d’abriter quatre logements et deux bureaux, un ensemble qui respecte le contexte et porte la fine signature de son architecte.

Un travail minutieux

La réhabilitation complète de l’édifice situé dans la cour d’un immeuble au 14, rue de l’Ancienne-Comédie dans le 6ème arrondissement parisien se concentre avant tout, selon les architectes, sur l’ancienne cage de scène. Un important élément architectural signé de François II d’Orbay. Intervenir sur un bâtiment historique n’est pas une chose facile surtout quand il faut à la fois réhabiliter pour la mise aux normes, repenser l’espace mais aussi redonner une nouvelle vie aux différentes superficies. Un travail minutieux que Raf Listowski Atelier d’architecture a mené avec brio.  

Nous savons par ailleurs, qu’au fil des années, l’édifice a fait l’objet de nombreuses transformations qu’elles soient fonctionnelles et formelles. Il y a eu la démolition de la salle qui occupait l’actuel volume de la cour, la modification en immeuble des parties sur rue contenant les distributions et le foyer,la  transformation du volume de la scène en ateliers de décors, ateliers de stockage ainsi qu’à la fin du XXe siècle la métamorphose en immeuble de bureaux. Divers changements, différentes destinations pour un emplacement de qualité.

Le projet consiste en un remaniement complet. Notons que l’ensemble des éléments présentant une valeur historique ou artistique ont nécessité une étude historique et scientifique menée à la demande de la ville de Paris et de la direction du patrimoine du ministère de la culture et de la communication. La recherche des architectes était méticuleuse, elle s’est portée vers une expression architecturale qui s’adapte à un immeuble de bureaux sans négliger la question de la promiscuité entre les différentes entités donnant sur la cour. La nouvelle façade, en retrait par rapport à l’alignement actuel, était donc le résultat de la typologie des logements.

Polyvalence et simplicité

Chacun des quatre logements occupe un étage entier, tandis que le rez-de-chaussée, le premier étage ainsi que l’entresol sont réaménagés en locaux professionnels. Les architectes ont conçu une entrée commune qui mène à la fois aux locaux professionnels et aux logements.  Par ailleurs, l’ensemble de la distribution verticale de l’immeuble a été repensé. Afin de dégager la façade sur cour, les deux escaliers préexistants ont été remplacés par un seul ouvrage installé au fond de l’édifice. Les architectes ont veillé également à garder entre autres les ossatures de la toiture et du dessous de scène ainsi que la couverture existante, en témoignage à l’histoire du bâtiment. Un petit coup de cœur pour le dernier étage où l’ancienne charpente se dévoile dans toute sa splendeur.

Polyvalence et simplicité sont les mots d’ordre de l’intervention. Les architectes ont privilégié le même traitement aux squelettes des locaux professionnels ainsi que ceux des logements. Les espaces intérieurs sont lumineux grâce à un interstice découpée avec tact à l’arrière du bâtiment. Quant au pied de l’immeuble, il a été entièrement rénové, la cour anglaise également. L’immeuble étant désormais en plain-pied, les escaliers et la bordure de trottoir ont été dégagés. Des interventions chirurgicales qui ont participé à la transformation radicale de l’édifice. Ce dernier, métamorphosé grâce à Raf Listowski Atelier d’architecture, entame ainsi une nouvelle vie.

© Gregory Copitet
© Gregory Copitet
© Gregory Copitet
© Gregory Copitet
© Gregory Copitet

Le site de Raf Listowski Atelier d’architecture : ici.

Les photos : © Gregory Copitet

A la Nouvelle Orléans, EskewDumezRipple remanie les deux derniers étages du CAC

© Neil Alexander

En Louisiane, La boutique du CAC Nouvelle Orléans, The Shop, réalisée avec soin par l’agence d’architecture EskewDumezRipple consiste en un véritable lieu de co-working occupant le troisième et quatrième étages du Contemporary Arts Center (CAC).  Situé dans le centre-ville de la Nouvelle-Orléans, ce dernier occupe l’une des institutions culturelles les plus importantes de la cité.

Un espace de travail mais pas que…

Ciblant les entreprises technologiques, artistiques et culturelles, The Shop sert de plaque tournante de l’entrepreneuriat dans le couloir d’innovation en développement du centre-ville. Situé dans un ancien entrepôt historique de 1920, le bâtiment a été utilisé tout d’abord comme siège de K&B, une pharmacie locale et une entreprise de soda jusqu’à ce que le CAC acquière l’ensemble au milieu des années 1970.

Cependant, les deux derniers étages du CAC ont toujours été vacants, The Shop marquant la première rénovation à grande échelle de cet espace au cours des quarante dernières années. La boutique propose plus de 40000 pieds carrés d’espace de travail collaboratif pour un groupe diversifié de professionnels de la création.

L’espace de travail est composé de 69 bureaux entièrement meublés, sept salles de conférence équipées des dernières technologies et 15 000 pieds carrés d’espace d’agrément, s’étendant sur deux étages et un toit-terrasse. La boutique est reliée par un escalier sculptural ouvert et comprend une vaste zone de loisirs pour tous, des espaces de réunion et de bureaux variés en plus d’une gracieuse terrasse sur le toit.

Les architectes nous informent que cette rénovation préserve l’architecture classique du quartier, les entrepôts du bâtiment existant tout en incorporant des éléments modernes. L’espace lumineux présente de hauts plafonds avec poutres apparentes et des grandes fenêtres mais aussi la collection d’art contemporain ainsi que le plan d’étage fluide et ouvert. Le cœur de The Shop est donc un espace commun qui est conçu pour faciliter la conversation et la connexion.

L’ensemble dispose d’une cuisine complète, de sièges, d’un café, de collations disponibles à l’achat et d’un espace commun et de loisirs. Toutes les commodités de The Shop offrent aux petites entreprises, aux entrepreneurs et aux professionnels des arts les ressources dont ils ont besoin pour se développer. Les meubles vintage proviennent d’une variété de fournisseurs pour donner l’impression d’un salon. S’inspirant de l’esprit du CAC et mettant en avant les les collaborations avec la communauté artistique, l’ensemble est doté de peintures murales personnalisées ainsi que des œuvres d’art locales et nationales, apportées pour orner les murs.

Concernant les différents éléments décoratifs, des cabines téléphoniques ont été incorporées pour créer des lieux de conversations privées et un espace de travail calme, certaines possèdent des comptoirs tandis que d’autres présentent des sièges lounge. Les appliques décoratives et le papier peint graphique créent une atmosphère chaleureuse et intime. Les bureaux aux tables ouvertes avec des lampes de travail sont destinés aux utilisateurs quotidiens des lieux.

Responsable, raisonné, fonctionnel et tout aussi esthétique

Le projet comprend plusieurs tailles de bureaux privés. Les fenêtres entre ces derniers permettent à la lumière du jour de pénétrer dans tout l’espace. Selon les architectes, la brique existante a été laissée exposée pour rehausser la patine industrielle du projet. Les fenêtres qui se trouvaient le long des façades sud et ouest ont été remplacées tandis que celles des façades nord et est ont été laissées telles quelles. Les conduits électriques ont été laissés exposés pour mettre en avant la structure existante.

Le concept de l’escalier de liaison est né de l’idée de fusionner l’art et l’artisanat. Les escaliers créent une forme de fluidité entre les deux étages. Les architectes ont donné une grande importance à l’évolutivité du projet ainsi qu’à son aspect durable. Donnons l’exemple des fenêtres à simple vitrage des façades sud et ouest du bâtiment du Centre des arts contemporains, qui ont été remplacées par du verre isolant à faible émission pour réduire le gain de chaleur et les infiltrations d’air. De même, l’éclairage architectural est à LED, ce qui réduit la consommation d’énergie de plus de 80% et dure jusqu’à 25% plus longtemps que les ampoules classiques. Des détecteurs de présence dans tout l’espace allument et éteignent automatiquement les lumières. Les puits de lumière ont été remplacés pour maintenir l’éclairage naturel existant et de l’isolant a été ajouté au toit. Un nouveau toit a été installé pour réfléchir la lumière, lui permettant de garder jusqu’à 50-60 degrés plus de fraîcheur que les matériaux conventionnels pendant les pics de chaleur. Un ensemble de procédés qui assurent non seulement un grand confort mais qui se distinguent par leur côté durable. C’est un projet responsable, raisonné, fonctionnel et tout aussi esthétique !

© Sara Essex Bradley
© Neil Alexander
© Neil Alexander
© Neil Alexander
© Neil Alexander
© Neil Alexander

Le site de l’agence EskewDumezRipple: ici.

Les photos : © Neil Alexander; Sara Essex Bradley

L’équipe de EskewDumezRipple : chef de projet : Steve Dumez, FAIA, Jose Alvarez AIA, LEED AP, Hussein Alayyan, LEED AP BD+C, architecte, Jill Traylor-Mayo, NCIDQ, architecte d’intérieur, Emily Heausler, IIDA, et Andy Redmon, LEED AP

Architecture : EskewDumezRipple, Ingénierie : YKM Consulting, MEP ; Ingénierie structure : PACE Group ; Architecture d’intérieur : Studio Interior Design ; AOS, FF&E Procurement ; Maîtrise d’ouvrage : Palmisano Group

Summer home, quand l’esprit du lieu renaît

© Nikole Bouchard

Aux Etats-Unis, à Martha’s Vineyard l’architecte Erin Pellegrino vient de terminer la réhabilitation d’une construction atypique construite à l’origine par l’architecte Chester Wisniewski, ancien apprenti de Frank Lloyd Wright. L’esprit du lieu est bien de retour.

The Shop

Chester Wisniewski est le fondateur de l’agence Davis, Brody et Wisniewski (maintenant connu sous le nom de David, Brody et Bond. Après la mort de Wisniewski, ses fils ont décidé de préserver la structure d’origine et de transformer l’intérieur de l’ensemble qui servait à réparer des voiliers en une maison résidentielle qu’ils ont baptisée The Shop.

La conception de la rénovation est dirigée par Erin Pellegrino. Comme pour les autres structures de Wisniewski sur le vignoble, l’atelier a été créé par l’expérimentation à la fois du design et des matériaux. A l’époque, l’architecte a bâti l’atelier en utilisant des matériaux de construction standard facilement disponibles comme le bois, le contreplaqué, le verre et l’acier. L’ensemble est atypique, notons par exemple le toit a été inspiré par les temples japonais shinto que Wisniewski a observé pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour concevoir le toit, l’architecte s’est doté d’un livre sur les temples, s’inspirant des formes qui l’intéressent, puis il a redimensionné l’ensemble avec l’aide d’un de ses fils.

Erin Pellegrino, partage une certaine sensibilité avec Wisniewski surtout en ce qui concerne le design avec une approche pratique qui s’intéresse à l’expérimentation matérielle. Les deux architectes soutiennent la philosophie selon laquelle la création et la pensée ne seraient pas dissociable. Pellegrino, dans sa conception de la résidence (et des meubles spécifiques au site), s’est inspirée du concept d’atelier. Elle a séquencé l’espace en différentes zones. Nous pouvons trouver la zone publique qui possède elle-même des zones distinctes consacrées à des tâches spécifiques, similaires à celles d’un atelier, tandis que la partie privée est conçue pour se sentir à l’aise.

Un joli clin d’œil à l’île

Chaque élément architectural est fonctionnel tandis que la palette de matériaux exprime la nature des espaces et fait un joli clin d’œil à l’île. De plus, elle a édifié la plupart des meubles sur place. L’ossature du bâtiment est d’origine, y compris le sol et l’étonnant toit. L’architecte a travaillé à la réhabilitation de l’enveloppe du bâtiment afin de maintenir l’intégrité structurelle et de préserver l’habitation pour les années à venir. Lors de la conception et de la construction des deux parties publique et privée, elle a incorporé de nombreux matériaux originaux utilisés par Wisniewski ou des matériaux trouvés dans le sous-sol dans le but de garder l’esprit qu’il avait créé.

L’étage principal qui est divisé en deux parties et comprend la zone publique et la zone privée, est organisée telle que la zone publique est conçue autour du concept de l’outillage dans un atelier. Dans sa conception, l’architecte a envisagé que les gens se déplaceraient dans l’espace comme ils le feraient dans une menuiserie, selon des schémas ou des ordres d’opérations quelque peu prévisibles. Ainsi couper ou poncer dans un atelier se traduirait en un objectif plus social dans The Shop, c’est-à-dire manger, se prélasser ou cuisiner. La zone privée, qui comprend les chambres et les salles de bains, est conçue comme si on fleurait les meubles trouvés dans un atelier. Par exemple, les portes escamotables des chambres sont faites de contreplaqué de bouleau avec des poignées en métal qui donnent l’impression d’entrer dans une armoire à outils.

L’architecte a également conçu de belles portes que ce soit pour la buanderie ou le sous-sol avec des joints de vannes papillon et des poignées en tôle d’acier. Au-dessus des chambres se trouve une mezzanine qui offre une vue imprenable sur l’espace et le plafond voûté. Les fenêtres bordent les deux côtés du plafond où, pendant les heures du matin et le coucher du soleil, la lumière naturelle pénètre dans l’espace à travers le couloir entre les chambres et se reflète partout. Le projet de Wisniewski, mis subtilement au goût du jour, s’apprête ainsi à affronter le temps.

© Nikole Bouchard
© Nikole Bouchard
© Nikole Bouchard
© Nikole Bouchard

Architecture : Chester Wisniewski
Rénovation et réhabilitation: Erin Pellegrino Les photos : © Nikole Bouchard