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A Lyon, un nouveau chapitre s’ouvre pour le Grand hôtel-Dieu

© Vincent Ramet
© Vincent Ramet

La réhabilitation du Grand Hôtel-Dieu, patrimoine lyonnais incontournable, est un immense défi. Il s’agit de la transformation d’un édifice à l’architecture exceptionnelle en une destination exclusive, tout en faisant face aux diverses exigences actuelles. Le projet de reconversion a été porté par Eiffage Immobilier et conçu par les architectes Albert Constantin (AIA Architectes) et Didier Repellin (RL&A), avec le soutien de la Ville de Lyon.

Le patrimoine légué entre autres par l’architecte Jacques-Germain Soufflot méritait une intervention minutieusement étudiée que les architectes ont menée par brio. Le chantier a duré plus de 4 ans, il a été l’un des plus emblématiques de l’agglomération lyonnaise. Outre une rénovation visant à faire recouvrer aux bâtis et extérieurs toute leur majesté, il fut question de faire d’un site historique majeur un nouveau quartier à vivre au cœur du centre-ville, dans une zone inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO depuis 1998.

La splendeur d’autrefois

Il s’agit de la plus vaste initiative privée de rénovation d’un Monument Historique jamais réalisée à ce jour en France. Tout au long de son histoire, le Grand Hôtel-Dieu, a contribué au rayonnement de la cité et il a été le théâtre de nombreuses aventures qu’elles soient médicales, militaires ou même religieuses. Tout d’abord hospice, puis hôpital et maternité, l’ensemble s’est toujours tourné vers l’avenir.

Les nouveaux usages quotidiens aidant et tout en gardant l’essence même de son architecture, aujourd’hui, le Grand Hôtel-Dieu aspire à une vie différente. L’emblème d’autrefois se réinvente en un nouveau lieu de vie pour rythmer le quotidien des Lyonnais mais aussi les visiteurs du monde entier. En effet, ces derniers pourront apprécier les nouvelles boutiques, les cours historiques, les restaurants et les jardins, le tout dans un écrin prestigieux, situé au cœur même de la presqu’île lyonnaise.

Le Grand Hôtel-Dieu dont la surface comprend 8 000m² composée de cours, de jardins et de galeries accessibles est doté de sept entrées. Les visiteurs déambulent pour découvrir la cour du Midi et sa verrière magnifique, la cour Saint-Martin, à qui son caractère multi-traversant assure une animation constante, la cour du Cloître, connue par la beauté de son jardin, la cour Saint-Henri et sa colonnade et finalement la cour Sainte-Elisabeth qui se trouve entre les anciens et les bâtiments modernes.

Aux nécessités d’aujourd’hui

Le nouvel équipement symbolique est également un lieu pour se restaurer, se cultiver, faire du shopping, travailler et habiter, il s’agit, en un mot  d’un lieu qui offre aux habitants une multitude de services et d’activités.

Selon ses instigateurs, le Grand Hôtel-Dieu, remanié et mis au goût du jour, constitue un véritable laboratoire des nouveaux modes de consommation et de production. C’est un lieu inspirant qui propose une importante mixité de fonctions. En effet, les bureaux situés au-dessus des commerces, dévoilent un large choix d’institutions. Ils se répartissent entre les locaux historiques et les nouveaux bâtiments. Le projet profite ainsi du charme de l’ancien pour lui insuffler une nouvelle fonctionnalité répondant aux diverses nécessités.

Avec cette intervention, l’architecture du Grand Hôtel-Dieu est non seulement préservée mais aussi réhabilitée et magnifiée. La ville de Lyon retrouve ainsi l’un des emblèmes de sa fierté d’autrefois.

© Vincent Ramet
© Vincent Ramet
© Vincent Ramet
© Vincent Ramet
© Vincent Ramet

Le site des architectes d’AIA: ici.

Le site de RL&A: ici.

Les photos: © Vincent Ramet

Et si on passait une nuit dans une chapelle ?

© Albergo Villa Marta

Un hôtel en Toscane qui possédait sur ses terres une église néo-gothique datant du XVIIIe siècle a décidé de transformer cette dernière en une suite. Le projet a été réalisé par l’agence d’architecture néerlandaise Studio O2. Textures, contrastes et originalité sont au rendez-vous.

Réhabiliter et reconvertir

C’est une incroyable chapelle délaissée qui a été utilisée pendant longtemps comme espace de stockage jusqu’à ce que les propriétaires des lieux prennent la décision de la transformer en en suite d’hôtel.

Voyager à travers la Toscane peut se révéler comme une expérience enrichissante à la fois naturelle, culturelle et spirituelle surtout si vous ajoutez à votre programme une nuit non pas à la belle étoile mais dans l’autel d’une magnifique chapelle du XVIIIe siècle transformée en hôtel. En effet, l’agence d’architecture O2 Studio a réaménagé l’église en une suite de luxe en préservant et en restaurant les fresques originales et l’autel central. Tout en introduisant de nouveaux meubles et accessoires fabriqués par des artisans locaux, les architectes ont réussi de donner à l’ensemble un petit souffle de nouveauté.

Préserver et réutiliser

Le projet préserve le patrimoine historique et artistique, il lui ajoute plusieurs artifices qui s’adaptent à la nouvelle fonction de l’édifice. La curiosité du lieu réside dans les détails, l’autel sert de lit et reste l’élément principal de l’espace sans parler du travail admirable qui a été mené sur la restauration du plafond de la nef centrale. On se croirait dans un musée même si quelques éléments nous rappellent très vite à la réalité.

Les niches latérales ont été converties en zones de relaxation et de salle de bain, tout a été conçu avec des matériaux de qualité afin de maintenir un équilibre avec la décoration originale de la chapelle. Le marbre de Carrare est utilisé pour le revêtement de sol, tandis que le bois est très présent que ce soit pour les meubles, les portes coulissantes et les volets.

Malgré le fait que l’espace soit minimaliste, les peintures d’époque sont suffisantes comme ornementation. L’ancienne chapelle située dans les locaux du nouvel hôtel Villa Marta, près de la ville de Lucca en Toscane constitue une petite curiosité qui vaut le détour.

© Albergo Villa Marta
© Albergo Villa Marta
© Albergo Villa Marta
© Albergo Villa Marta
© Albergo Villa Marta
© Albergo Villa Marta

Le site de O2 Studio: ici.

Les photos : © Albergo Villa Marta

En Corée, la maison dans la maison selon Starsis

© Hong Seokgyu

A Gyuam-myeon, l’agence d’architecture coréenne Starsis vient de terminer la rénovation d’un ancien édifice abandonné. Une transformation qui tout en gardant l’ancien lui confère une nouvelle vie. C’est un travail minutieux mené avec justesse.

Il y a bien longtemps, l’endroit était très actif. A la fois populaire, le quartier était connu par les échanges commerciaux. Depuis que le pont de baekje a été construit en 1968 pour accéder à la ville de buyeo, les visiteurs ont diminué progressivement et les marchés traditionnels ainsi que les commerces ont été fermés. Cette fraction de ville est devenue isolée.

Régénérer pour mieux garder

Aujourd’hui, un projet de régénération urbaine prend place et vise à redonner vie à ce quartier tellement populaire qui a connu des jours meilleurs. La maison au toit bleu, c’est ainsi que la construction est connue, est située au 8, subuk-ro 41beon-gil qui avoisine un grand terrain vacant devant lequel le marché traditionnel était organisé jadis. L’édifice comprenait un ancien restaurant connu par ses repas chauds ainsi que ses soupes traditionnelles. Au fil du temps, l’ensemble a été transformé en un espace résidentiel.

Le projet de la régénération urbaine qui englobe tout le quartier, commence par ce bâtiment abandonné. Cependant, le squelette semblait instable, c’est pourquoi il aura fallu réorganiser l’espace tout en lui apportant la stabilité structurelle pour continuer à exister.

Un méticuleux travail de remodelage

Selon les architectes, il s’agit d’un spectacle touchant avec un univers ancien. Une beauté inexplicable mais certes très attirante. C’est la raison pour laquelle les architectes ont entrepris une intervention minimaliste pour ne pas perturber l’ambiance générale. Par conséquent, au lieu d’une construction neuve, un méticuleux travail de remodelage a été mené. La maison en toit bleu s’est dotée de nouvelles couches qui lui donnent un aspect des plus atypiques. Une maison dans la maison a vu ainsi le jour pour le plus grand bonheur de ses utilisateurs.

Quant au jardin situé à l’arrière-cour de la construction, il sera utilisé pour sécher le tissu coloré, l’une des spécialités de la maison et le terrain vacant qui se trouve en face de la construction servira pour organiser des événements. Ainsi, l’ancien préservé adoptera une nouvelle vie en accueillant d’autres fonctions.

© Hong Seokgyu
© Hong Seokgyu
© Hong Seokgyu
© Hong Seokgyu
© Hong Seokgyu
© Hong Seokgyu
© Hong Seokgyu
© Hong Seokgyu
© Hong Seokgyu
© Hong Seokgyu

Le site de l’agence d’architecture Starsis : ici.

Les photos : © Hong Seokgyu

Aux Açores, une charmante maison de couleur rose

© Fernando Guerra | FG+SG

Dans l’archipel des Açores,  sur la côté sud de l’île São Miguel, à Ponta Delgada, l’agence d’architecture italienne Atelier Mezzo (Giacomo Mezzadri et Joana Oliveira) vient de livrer une charmante villa de couleur rose. Simplicité, sobriété mais aussi charme sont au rendez-vous.

C’est le résultat d’une belle réhabilitation ainsi qu’une reconversion d’une ancienne écurie datant du début du XXe siècle. Les architectes de l’Atelier Mezzo ont accompli un travail subtil en reconvertissant l’ensemble en deux maisons d’hôtes.

Respecter l’existant

L’objectif principal était, dès le début, la conservation du caractère, des lignes ainsi que l’atmosphère rurale de la construction, tout en adaptant la structure à une toute nouvelle typologie ainsi qu’aux dernières normes et réglementations. En conséquence, de nouvelles ouvertures ont été soigneusement découpées dans les façades colorées et sur le mur de pierre, par la suite, un nouveau volume a été ajouté à la construction principale, ce qui a permis l’intégration d’une deuxième maison de taille plus petite dans l’ensemble.

La plus grande maison se développe sur deux niveaux. Le rez-de-chaussée s’ouvre sur les espaces extérieurs environnants et crée un étage en semi-niveau où un espace commun donne accès aux suites privées et à l’aire de service. L’étage supérieur contient les espaces communs, il tire parti de la structure du toit et de sa hauteur. De la cuisine, on accède à une terrasse qui est située au-dessus du rez-de-chaussée de la petite maison .

En réinterprétant l’architecture vernaculaire

Certains éléments rajoutés comme les escaliers extérieurs qui relient à la terrasse extérieure, ou le bois blanchi utilisé pour les intérieurs, sont des réinterprétations de l’architecture vernaculaire des Açores. Un joli clin d’œil aux maisons environnantes. Quant aux tons rosés et ocres vieillis, elles confirment l’identité architecturale la zone où se trouve l’édifice. Ainsi, l’ocre qui était traditionnellement utilisé pour encadrer les fenêtres et les portes, a été utilisé dans la cuisine et les chambres, ajoutant une relation subtile entre l’intérieur et l’extérieur.

A l’intérieur, les meubles ont été réalisés sur mesure. Ils ont été soigneusement conçus afin de créer une atmosphère épurée et paisible, donnant l’importance aux vues extérieures. Le bois, matériau local, a été abondamment utilisé dans la construction, les meubles et les vieilles poutres de pin et d’acacia, récupérés sur le site, ces dernières ont été transformées en tables. Tout montre une grande implication de la part des architectes pour garder l’esprit des lieux en réalisant une touche nouvelle et joyeuse.

© Fernando Guerra | FG+SG
© Fernando Guerra | FG+SG
© Fernando Guerra | FG+SG
© Fernando Guerra | FG+SG
© Fernando Guerra | FG+SG
© Fernando Guerra | FG+SG
© Fernando Guerra | FG+SG
© Fernando Guerra | FG+SG
© Fernando Guerra | FG+SG
© Fernando Guerra | FG+SG

Le site de Mezzo Atelier : ici.

Les photos: ©  Fernando Guerra | FG+SG

Si on allait à Ho Chi Minh pour déjeuner?

 

© Hiroyuki Oki.

L’agence d’architecture vietnamienne Kientruc O a réhabilité et reconverti une vieille maison située dans une ruelle étroite de Ho Chi Minh. La transformation consiste à créer en plus d’une habitation, un restaurant avec un jardin luxuriant, le tout enveloppé par un vitrage quadrillé.

Comme un tableau abstrait

Les architectes de l’agence Kientruc O ont redessiné l’édifice de 161 m² pour tout d’abord relier la maison avec le jardin puis ce dernier avec la rue, tout en offrant une astucieuse salle à aux visiteurs. Les diverses plantes se mêlent aux motifs géométriques abstraits pour créer un univers particulier à la fois simple et chaleureux. En effet, l’enveloppe alterne les panneaux de verre et les vides et donne de loin l’impression d’un beau tableau qui dissimule l’intérieur.

La conception en grille offre un certain intérêt pour les passants, mais la propriété reste tamisée par le verre dépoli et les feuilles, tandis que de l’autre côté, les résidents ainsi que les clients du restaurant  peuvent profiter d’une vue imprenable. Selon les architectes, le concept incarne le caractère libre et illimité de l’espace, ce qui donne une spatialité à la fois discrète et curieuse. L’architecture du lieu entretienne ainsi un lien subtil avec le contenu.

A noter que le motif géométrique abstrait a été conçu selon la théorie de l’échelle du Modulor de Le Corbusier, une théorie qui tente de concilier les proportions humaines et l’architecture. Le projet de rénovation a été baptisé la « Maison T », ainsi tout en offrant un espace de vie à ses occupants, le rez-de-chaussée rénové s’est transformé en un restaurant.

Textures et contrastes

Des tables et des chaises en bois de couleur foncée sont placées devant les fenêtres et donnent sur le jardin verdoyant. Le mur de jardin incurvé occulte une zone où se trouvent plus de sièges mais qui reste entourée de végétation. L’intérieur et l’extérieur de l’édifice ont été peints de blanc contrastant avec la couleur des meubles et celle des plantes.

Un escalier courbe mène au deuxième étage où une mezzanine donne sur le rez-de-chaussée et le jardin. Une grande table pour les repas de groupe occupe l’espace principal sous un volume de double hauteur qui se trouve en dessous du toit à pignon. Les espaces d’habitation sont à l’arrière du bâtiment quant à la chambre des maîtres, elle occupe l’étage supérieur.

L’agence d’architecture Kientruc O s’est spécialisée dans la transformation des propriétés qui occupent des parcelles étroites ou difficiles. Ce projet vient de s’ajouter à leur palmarès de maisons réhabilitées.

Le site des architectes de Kientruc O : ici.

Les photos: © Hiroyuki Oki.

A Trieste, un ancien entrepôt se reconvertit en magasin

© Pietro Savorelli

L’agence d’architecture italienne Archea Associati, basée à Florence, a réalisé la remarquable transformation d’un ancien entrepôt de vin situé à Trieste en un nouveau magasin de produits alimentaire. C’est un charmant projet qui bénéficie d’une situation particulière et possède une grande valeur historique. Sa transformation annonce une belle réussite.

Deux enveloppes, deux générations

Dans leur transformation, les architectes de l’agence Archea ont développée une intéressante idée. En effet, l’ancien entrepôt de vin qui donnait directement sur l’eau enveloppe selon le nouveau concept un volume en verre. Ainsi, vu de l’extérieur l’entrepôt garde son ancienne allure mais change de destination.

Les architectes d’Archea ont relevé le défi de créer un projet contemporain qui s’immisce dans un bâtiment patrimonial. Leur concept protège le bâtiment existant tout en respectant son environnement urbain. Il laisse le volume original inchangé, plaçant en son sein une nouvelle structure architecturale tout en verre reliée à l’existant par des passerelles suspendues au-dessus de l’eau.

La nouvelle structure est entièrement indépendante. Translucide et éthérée, ses proportions suivent le rythme du volume original. La séparation physique entre la nouvelle entité et l’édifice d’origine crée un espace saisissant entre l’intérieur et l’extérieur où l’eau coule. Les bords des murs de l’entrepôt, ses fenêtres et ses portes se reflètent dans le verre qui entoure l’espace, laissant entrevoir l’intérieur. De belles perspectives sont ainsi au rendez-vous.

Un doux mélange de textures

La nouvelle structure se développe sur quatre étages. Le rez-de-chaussée, à 80 cm au-dessus du niveau de la rue, garde la marge de sécurité historique qui le maintient au-dessus de la marée haute. La nouvelle mezzanine, bien que située plus haut que les murs d’enceinte, atteint le niveau supérieur du toit. Une grande fenêtre face à la mer offre une vue imprenable sur le port de Trieste.

L’atrium du bâtiment est doté d’un majestueux double escalier en acier corten qui relie les trois étages de vente. L’atrium est entouré d’un mur revêtu de briques de verre rétro-éclairé dont la forme et la matière font un doux clin d’œil aux revêtements intérieurs des réservoirs historiques où le vin était autrefois stocké.

La réhabilitation ainsi que le reconversion de l’ancien entrepôt par l’agence Archea Associati redonne la vie non seulement à un édifice patrimonial mais à une petite fraction de la ville. Un projet où justesse, originalité et élégance se croisent.

© Pietro Savorelli
© Pietro Savorelli
© Pietro Savorelli
© Pietro Savorelli
© Pietro Savorelli
© Pietro Savorelli

Le site de l’agence Archea Associati : ici.

Les photos : © Pietro Savorelli

Le RIBA Stirling Prize 2017 pour «Hastnigs Pier»

© Alex de Rijke

L’agence d’architecture londonienne dRRM dirigée par les architectes Alex de Rijke, Philip Marsh et Sadie Morgan vient de remporter le prestigieux prix de l’architecture britannique le RIBA Stirling Prize 2017, pour son projet de la transformation de le jetée de la ville balnéaire de Hastings. Une nouvelle attraction prend ainsi la place d’une construction emblématique tombée en désuétude depuis plusieurs années.

Une histoire glorieuse

« Hastings Pier » a été construit en 1872. Le lieu a connu un grand succès dans les années 1930, mais négligé par la suite, il a été définitivement fermé en 2008. Deux ans plus tard, il a été ravagé par un incendie dévastateur.

J’avais visité l’ancien Pier il y a quelques années juste avant l’incendie qui l’a ravagé. Malgré le fait qu’il était très typique des quais d’autrefois, il présentait néanmoins de sérieuses failles. La question qui se pose aujourd’hui, au lieu de proposer un nouveau projet, ne fallait-il pas mieux de réhabiliter l’ancien ? Surtout que des sommes colossales ont été dépensé pour les travaux de transformation.

La réponse est malgré tout complexe. D’une part quelques idées conservatrices et une structure très gravement endommagée et de l’autre la volonté de recréer une nouvelle attraction pour la ville balnéaire. Pour cela, il a fallu une collaboration qui a réuni des ingénieurs des architectes mais aussi tout une communauté. Et une durée de sept ans pour transformer un quai délabré en un espace public dynamique au caractère singulier. Les architectes de l’agence dRMM, après de longues consultations avec les parties prenantes, ont opté pour un projet pouvant accueillir de nombreux scénarios.

Un avenir radieux

Après les consultations, la transformation était une évidence. Un projet structurellement et socialement viable était donc nécessaire. La démarche des architectes consistait à concevoir une plate-forme dirigée par la communauté qui pourrait accueillir de nombreuses possibilité d’utilisation et pourquoi pas des concerts de musique ou des marchés internationaux ?

Néanmoins la décision de ne placer aucun bâtiment au bout de la jetée, constitue une rupture avec le Pier d’autrefois endommagé par l’incendie. Un genre de manifeste qui donne la priorité à l’esplanade. Et même si une partie de la structure a recyclé le bois qui a été récupéré à la jetée d’origine, le geste des architectes devrait être qualifiée d’osée.

Un prix mérité

Le président et président du jury du RIBA, Ben Derbyshire, a décrit le projet comme un «chef-d’œuvre de régénération et d’inspiration».

En effet, une fois adopté par les utilisateurs des lieux, le belvédère surélevé pourra devenir un charmant lieu évènementiel. Un prix mérité.

© Alex de Rijke
© Alex de Rijke
© Alex de Rijke
© Alex de Rijke
© Alex de Rijke
© Alex de Rijke

Le site de dRMM : ici.

les photos : © Alex de Rijke

D’un lieu de culte en centre communautaire

 

© Montse Zamorano

En Espagne, les architectes Héctor Fernández Elorza et Manuel Fernández Ramírez ont réalisé la réhabilitation ainsi que la reconversion d’une ancienne chapelle située dans la commune de Jarandilla de la Vera. L’édifice, qui a connu plusieurs sort était d’abord une chapelle, ensuite une prison et plus tard une école, devient aujourd’hui un avenant centre communautaire utile et ouvert à tous. Une reconversion qui mérite le détour.

Une histoire agitée

Le projet de réhabilitation de la chapelle s’est déroulé en deux phases. Tout d’abord, consolider et assurer la stabilité de l’édifice gravement accidenté et tombé en désuétude, puis rénover les espaces pour les reconvertir en un centre communautaire. Construit au 17ème siècle comme une petite chapelle attachée à l’église, l’édifice devient une prison au 19ème siècle, avant de devenir une école au début du 20ème siècle. Une histoire agitée et des utilisations variées qui ont laissé diverses traces dans le projet.

La chapelle, dont la surface est de 100m², est divisée en deux volumes qui forment un espace simple et épuré. Le premier volume est le plus grand deux deux, il possède un plan irrégulier à quatre côtés et une toiture à pignon dont la crête est placée perpendiculairement à la façade. Bien que la deuxième entité soit plus petite, elle donne l’impression d’être vaste. Placée à l’arrière de la précédente, la pièce qui était jadis l’abside de la chapelle possède un plafond recouvert d’un dôme semi-circulaire. Ce dernier, est recouvert d’un toit en pente avec une ouverture zénithale qui illumine l’intérieur. Le lien entre les deux volumes se fait par un arcade de granit circulaire de cinq mètres de large.

Un avenir radieux

L’intervention des architectes consiste en une multitude d’actions subtiles et minimalistes sur les vestiges originaux du bâtiment. Le nouveau système structurel a été conçu pour répondre aux défauts existants et pour éliminer les pathologies observées sur le bâtiment. Ceci est réalisé en incorporant un «châssis» intérieur, des parois latérales et un revêtement en béton armé de 25 centimètres d’épaisseur. L’élément ajouté assure ainsi la stabilité de l’ensemble.

D’autre part, la lanterne du dôme semi-circulaire est recomposée par l’insertion d’un élément en acier inoxydable qui reflète la lumière à l’intérieur du deuxième volume. Cet élément et les deux fenêtres latérales de l’abside sont les seuls moyens d’apporter la lumière dans la chapelle. Afin d’éviter les réverbérations sonores inconfortables, l’acoustique de l’intérieur a également été revue. Pour le faire, les architectes ont recouvert l’intérieur de la paroi de la façade avec de solides pièces en bois biseauté qui brisent les ondes acoustiques secondaires, absorbent le bruit et améliorer le confort à l’intérieur de l’édifice.

Finalement l’apparence extérieure reste minimaliste, l’ensemble est réalisé en maçonnerie de base et en plâtre de mortier. Les textures font un joli clin d’œil à l’édifice historique tout en lui offrant un nouveau souffle. La commune de Jarandilla de la Vera s’est enrichie d’un nouvel espace communautaire.

© Montse Zamorano
© Montse Zamorano
© Montse Zamorano
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© Montse Zamorano

Le site des architectes Héctor Fernández Elorza, Manuel Fernández Ramírez: ici.

les photos: © Montse Zamorano