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Whidbey Island Farm Retreat, l’élégante réalisation signée mwworks

© Kevin Scott

C’est l’ihistoire d’une maison située au bord d’une colline que l’agence d’architecture mwworks a réalisé sur l’île Whidbey située dans l’état de Washington, aux Etats-Unis. Dans un impressionnant écrin de verdure la réalisation s’avère être à la fois sobre, élégante et fonctionnelle.

Une famille multigénérationnelle

Le projet abrite une famille multigénérationnelle originaire de l’île qui cherchait à construire un nouveau logement et une retraite sur le site de la ferme familiale existante. Les propriétaires sont un couple de personnes âgées qui devraient y vivre avec leurs trois enfants adultes, plusieurs petits-enfants adolescents tout en recevant des invités. L’ensemble pouvant accueillir jusqu’à vingt personnes.

L’architecte Eric Walter, l’un des directeurs de l’agence mwworks souligne :
« Située sur un site rural de l’île Whidbey, une famille locale a cherché une nouvelle maison et une retraite sur le site de sa ferme familiale existante. Par respect pour les bâtiments agricoles du début du siècle situés sur le site, la maison se niche au bord d’une colline densément boisée, donnant sur les poulaillers, une grange rouge patinée, des champs de bétail et un étang de pêche. La maison semble intentionnellement modeste et humble de la vallée, déférente aux terres agricoles pastorales en contrebas. »

Un site rural

Situé sur un site rural sur l’île Whidbey, la maison se trouve au bord d’une colline densément boisée par respect pour les bâtiments agricoles du début du siècle situés sur la même parcelle. L’ensemble donne sur les poulaillers, la grange de couleur rouge patinée, les champs de bétail et l’étang de pêche. Selon les architectes, la maison a été conçue pour être intentionnellement discrète par rapport à la végétation alentour. En effet, l’ensemble est conçu pour se glisser finement entre les grands sapins tout en s’enroulant gracieusement autour d’une clairière. Chaque aile du bâtiment a été soigneusement conçu pour préserver autant que possible les arbres significatifs existants. À la demande du propriétaire la protection des arbres constituait une grande importance qui va au-delà de l’opportunité de la construction.

« La maison a été conçue pour être flexible et durable et refléter l’histoire en couches du site et de la famille elle-même. La vue de la maison est intentionnellement discrète et modeste depuis les zones agricoles et la route voisine, avec l’intention que quelqu’un ne la remarque même pas. La maison devait capturer des vues surplombant les granges d’altération, l’étang de pêche et les champs de bétail biologique, mais se sentait toujours déférente au paysage et à l’histoire agricole du site. » Raconte Steve Mongillo, l’un des fondateur de mwworks.

L’architecte explique la démarche en soulignant : « Le projet est conçu pour créer des souvenirs et des liens pour une grande famille élargie pour les générations à venir dans un monde où trop de familles se séparent plutôt que de se réunir. Les propriétaires seniors ont mis en place le projet de sorte que, peu importe ce qui leur arrive, les enfants et leurs enfants aient toujours la maison pour les rassembler et continuer à créer des souvenirs. »

Une connexion douce avec la forêt

L’intervention des architectes est sensible, le pavillon forme une connexion douce avec la forêt et la vallée agricole. Le temps est marqué par les ombres de forêt ou encore par la présence des vaches se déplaçant à travers le pâturage en dessous. La beauté intemporelle du site est vénérée et reflétée à l’intérieur de cette entité à travers des matériaux locaux et durables mais aussi  des finitions naturelles. La cheminée en pierre robuste contraste avec les fenêtres en chêne doux et chaud. Le coffret en teck personnalisé a été simplifié avec des accents en acier noirci intégrés et des fentes au lieu des poignées de quincaillerie. L’ensemble est constitué d’espaces de vie, de la cuisine, de ma salle à manger et d’extérieur parfaitement combinés, ce volume est conçue pour l’ensemble de la famille et reste leur espace privilégié.

A la fois bucolique et chaleureuse, l’intervention de mwworks glorifie l’intemporalité du patrimoine forestier et agricole du lieu. La maison est conçue pour durer avec un faible entretien, réduisant ainsi les divers coûts. « À la surprise de l’équipe, une fois la maison terminée, le propriétaire a fait installer une plaque de bronze personnalisée dans la maison. Il y a énuméré le nom de chaque personne qui a contribué de manière significative à la conception et à la construction de la maison, y compris de nombreux charpentiers et artisans. Il a ressenti une profonde appréciation pour les personnes qui ont réalisé la maison. Nous sommes de tout cœur avec cette démarche. » Déclare Steve Mongillo.

© Kevin Scott
© Kevin Scott
© Kevin Scott
© Kevin Scott
© Kevin Scott

Le site de mwworks : ici.

Les photos : © Kevin Scott

En Californie, la charmante House of Flowers signée Walker Warner Architects

© Douglas Friedman

En Californie, dans la commune de Healdsburg, l’agence d’architecture Walker Warners Architects a réalisé un projet remarquable qui, tout en respectant l’histoire du lieu, fait évoluer l’ensemble avec tact. Élégance et grâce sont au rendez-vous.

Un point de repère local

C’est une expérience inédite qui insuffle une nouvelle vie à un point de repère local très apprécié qui est devenu, à travers l’intervention des architectes, un domaine de style complexe destiné à la célébration du vin, à la nourriture et au paysage naturel.

Les architectes nous racontent que, situé à quelques minutes du centre-ville de Healdsburg, au cœur de la Russian River Valley, et construit à l’origine comme une cave au milieu des années 70, les installations du domaine de 13,5 acres s’étaient détériorées et devenues obsolètes. Connu depuis longtemps pour son charme rustique et son lien authentique avec la nature, le site était prometteur. Par coïncidence, Flowers Vineyard & Winery cherchait un lieu pour présenter leurs vins produits de manière durable dans un cadre qui exprimait leur philosophie de la nature.

Le défi consistait donc à faire évoluer la collection existante d’installations et à préserver l’héritage naturel tout en veillant à ce que le lieu puisse répondre aux attentes d’aujourd’hui et devenir une destination à part entière. « Notre approche était d’une simplicité trompeuse », note Brooks Walker, directeur de Walker Warner Architects. « Laisser la nature dominer et utiliser l’architecture pour encadrer l’expérience. »

Remodeler plutôt que construire

Situés dans un bosquet de séquoias, les bâtiments existants étaient largement déconnectés de leur riche paysage. Selon les architectes, la stratégie consistait à trouver des moyens de reconnecter les visiteurs au paysage tout en réinventant ce qui était une série de bâtiments industriels simples. L’intervention a commencé en investissant le site selon un sens aigu d’orientation. En effet, de nouvelles voies conduisent les visiteurs de l’aire de stationnement au centre d’accueil nouvellement remanié. Auparavant l’entrepôt devenu le centre d’accueil offre aux clients une orientation sur le site et présente l’histoire du lieu. Comme pour les autres structures existantes sur le site, la maison d’accueil de 15 700 pieds carrés a été colorée d’un noir sombre, inspirée par l’ombre profonde de la forêt de séquoias environnante, pour aider les bâtiments à reculer dans le site et permettre au paysage de faire la mise au point.

Remodeler les structures existantes plutôt que de reconstruire c’est l’idée même de l’engagement de la House of Flowers envers la durabilité. L’approche, qui a permis de « recycler la majeure partie de la structure d’origine », a mis l’accent sur les efforts de conception, magnifiant ce qui était déjà présent. Les stratégies énergétiques passives, à faible coût et à fort impact, ont été maximisées et comprennent la mise à profit de la lumière du jour (puits de lumière et grandes fenêtres) et de l’ombre (les lattes de bois extérieures servent de voile tandis que la forêt de séquoias environnante offre de l’ombre supplémentaire). La durabilité est renforcée par plusieurs grandes installations de bois. En effet, ces dernières fonctionnelles et monumentales, sont construites de rondins récupérés par l’artiste Evan Shively.

« Les formes vernaculaires fortes et simples de la région ont servi de guide et de point de référence pour aider à ancrer l’architecture dans son environnement. En affinant visuellement les structures, en simplifiant la palette et en faisant abstraction des détails vernaculaires traditionnels, nous avons tenté de créer une expression architecturale qui honore le contexte local tout en faisant en sorte que le visiteur se sente chez lui et à l’aise. En fin de compte, l’intention était de prendre des formes et des éléments confortables et familiers et de les utiliser pour créer des espaces extraordinaires pour les visiteurs. » Souligne Mike McCabe, directeur de Walker Warner Architects.

Niché dans le paysage

Niché discrètement dans le paysage, la transformation impliquait l’ajout d’un élément pop-up à une extrémité de la maison d’accueil à un étage. L’addition tricote le bâtiment avec la topographie, résultant en une installation à plusieurs niveaux qui préserve les formes vernaculaires modestes tout en offrant un accès sans faille aux vues imprenables et aux jardins offerts par le sommet de la colline. La structure aérée au sommet d’une colline sert de transition vers les jardins spacieux et fournit des sièges abrités et des espaces d’agrément, y compris un four à bois extérieur. Les intérieurs sont lumineux grâce au revêtement de cyprès blanchi, complétant la relation yin-yang (lumière sombre) de l’extérieur vers l’intérieur. « L’expression architecturale est sous-estimée », note Mike McCabe, directeur de Walker Warner Architects. « Il ne s’agissait pas de faire une déclaration. Il s’agit de créer un lieu qui peut unifier les valeurs importantes pour la marque Flowers – célébrer la nature et le contexte local avec ce qui est important pour le site et la communauté. » La volonté, notent les propriétaires de Flowers, était de « créer un environnement où les clients se sentent comme s’ils entraient chez nous, expérimentant des vins élaborés sans compromis et partagés sans prétention. »

Vous pourrez découvrir une variété de lieux de rassemblements intimes pour savourer les vins de la côte de Sonoma Flowers à l’intérieur comme à l’extérieur. En entrant, les clients sont conduits au deuxième étage qui comprend le solarium, la salle à manger et les espaces de vie ainsi que les espaces privés pour les invités VIP. Les jardins, encadrés par des murs de terre battue rénovés existants, mettent l’expérience plus en évidence, se déployant comme une série d’espaces tranquilles destinés à la collecte, à la dégustation de vin et à la célébration de la nature. Le site occupe la frontière entre le vignoble quadrillé et les champs agricoles du fleuve , il est situé parmi les contreforts de prairies de chênes menant aux forêts de séquoias côtiers qui entourent les vignobles du domaine de Flowers sur l’extrême côte de Sonoma. Les jardins en terrasses présentent des essences végétales que l’on trouve dans les environs. De nouveaux murs en béton formés de panneaux ont été ajoutés au paysage, qui, au besoin, servent de contrepoint et augmentant la série de pièces archéologiques exposées. Le paysage et l’architecture se croisent pour former un refuge tranquille, un endroit pour célébrer les amis à travers l’expérience du vin.

© Douglas Friedman
© Douglas Friedman
© Douglas Friedman
© Douglas Friedman
© Douglas Friedman
© Douglas Friedman

Les photos: © Douglas Friedman

Pour plus d’informations sur les acteurs qui ont contribué à l’aventure:

Le site de House of Flowers : ici. Instagram: @Flowerswinery

Le site de Walker Warner Architects: ici. Instagram: @walkerwarnerarchitects

Le site de Maca Huneeus Design: ici. Instagram: @maca_huneeus

Le site du photographe Douglas Friedman: ici. Instagram: @douglasfriedman

Le site de Cello & Maudru Construction Company: ici. Instagram: @cellomaudru

Le site de Nelson Byrd Woltz Landscape Architects: ici. Instagram: @nelsonbyrdwoltz 

Le site de l’agence Alexis Woods Landscape Design: ici.

Le site d’Anna Kondolf Lighting Design: ici.

Bienville House, une charmante maison signée Nathan Fell architecture

© Justin Cordova

En réponse aux diverses exigences d’une famille citadine habitant la Nouvelle-Orléans, l’agence Nathan Fell architecture vient de terminer la réalisation d’une maison individuelle de haute qualité. Découverte d’une demeure de caractère qui croise les textures.

Maximiser l’utilisation du terrain

« Le travail de cette famille les obligeait à rester attachés à leur domicile pendant des périodes plus longues que chacun ne le souhaiterait. Cela est devenu perturbateur pour le bien-être en raison de trop de temps passé à l’école, au travail et à l’intérieur de la maison. » Nous raconte Nathan Fell.

C’est pour cette raison que les propriétaires ont commencé à envisager, comme le font de nombreuses familles, le déménagement en banlieue pour être à proximité de grands parcs publics et d’équipements ayant un lien direct avec la nature environnante. Plutôt que de s’éloigner de la ville, les propriétaires ont fini par opter pour un changement audacieux en construisant une nouvelle maison qui inverse le regard sur la vie domestique à l’intérieur d’un petit lot urbain.

L’architecte Nathan Fell a été mandaté pour mener à bien cette opération. Le nouveau duplex est conçu pour maximiser l’utilisation du terrain. L’objectif central de la conception était de configurer les espaces communs de manière à accéder au mieux à la lumière, à l’air et aux espaces extérieurs. L’unité située à l’arrière se compose de quatre chambres à coucher et leurs salles de bains tandis que la partie avant constitue une location à court terme avec trois chambres et leurs salles de bains. La disposition oriente l’unité de location vers la ville tout en ouvrant l’unité principale vers la cour arrière.

Le premier étage a été conçu pour être volumineux avec des plafonds bas et des escaliers compressés autant que possible pour maximiser la superficie des espaces communs. A l’arrière, une terrasse extérieure se poursuit depuis l’espace commun intérieur sur toute la cour et s’étend sous une partie du volume de l’étage supérieur avec une piscine surélevée. Deux parois coulissantes en verre s’ouvrent pour agrandir les espaces intérieurs et extérieurs. La partie donnant sur rue se pare d’une paroi coulissante en verre pour fournir une plus grande ouverture vers l’extérieur et mène à une terrasse jouxtant le trottoir. Une jardinière surélevée enveloppe le pont avant avec suffisamment de hauteur pour fournir à l’intérieur de l’intimité.

Des finitions brutes et apparentes

Les diverses pièces sont configurés pour accentuer la transparence entre les espaces intérieurs. Les étages supérieurs contiennent plus d’espaces privés et sont enveloppés par des surfaces extérieures formant un échelon de formes cubiques suspendues lisibles à partir de plusieurs points de vue. Le revêtement extérieur s’enroule horizontalement comme le plafond intérieur des espaces du 1er étage pour donner une impression d’extérieur à l’intérieur. Les murs structurels sont une série de murs monolithiques en béton apparent. Les formes statiques juxtaposent l’espace intérieur plus animé comme un cadre, renforçant la transparence.

Les finitions du premier étage sont brutes et apparentes, servant de toile de fond pour un ameublement de teintes plus vives. Les murs en béton sont exposés dans la mesure du possible et les armoires de cuisine sont en noyer teinté clair. Les finitions des étages supérieurs, en revanche, sont plus colorées.

L’architecte a opté pour plusieurs espaces qui donnent l’impression d’être dans un environnement lointain alors que la demeure se trouve en plein ville. L’homme de l’art a su manier savamment les textures pour un résultat accrocheur. Ainsi, les habitants peuvent jouir de la piscine à moitié ouverte vers l’extérieur, du jacuzzi et de la vue imprenable de la terrasse tout en gardant leur intimité. L’ensemble, aux traits épurées et lignes sobres a su apporter les réponses adéquates aux diverses exigences de la famille qu’il va abriter.

© Justin Cordova
© Justin Cordova
© Justin Cordova
© Justin Cordova
© Justin Cordova

Le site de Nathan Fell Architecture: ici.

Les photos : © Justin Cordova

A New-York, une étonnante installation signée Tresoldi Studio

© Roberto Conte

Tresoldi Studio, le studio de design international dirigé par Edoardo Tresoldi, présente sa première oeuvre , « Fillmore » une sculpture spécialement conçue pour le restaurant Cathédrale de l’hôtel Moxy East Village, à New York.

Une présence éthérée

Conçu par Rockwell Group, l’hôtel est un hommage à l’East Village, l’un des quartiers les plus historiques et en constante évolution de Manhattan, connu comme le terreau fertile des mouvements artistiques et musicaux des années 1960.
 
Inspiré par la structure emblématique de Fillmore East, la légendaire salle de concert du Lower East Side active jusqu’en 1971 qui comprenait The Doors, Janis Joplin, Elton John et plus encore, Tresoldi Studio a conçu la sculpture suspendue au plafond au-dessus de la pièce principale du restaurant avec une présence éthérée qui recalibre les perceptions spatiales et temporelles de ses visiteurs.

Une dimension contemporaine

L’installation se présente comme une sculpture architecturale précieuse, un hommage au contexte culturel qui a influencé non seulement la ville de New York, mais plusieurs générations à travers le monde. Les gouffres profonds et l’immense dôme central fragmenté de l’installation profonde de six mètres, ainsi que le jeu du plein et du vide, projettent Fillmore dans une dimension contemporaine.
 
La sculpture génère des distorsions volumétriques et visuelles, tout en contrastant les éléments du passé avec les matériaux industriels. Fillmore vit à travers un point de vue amplifié et en constante évolution, chevauchant le design de la cathédrale pour façonner un environnement fortement scénique.

Tresoldi Studio a été créé à partir de l’expérience artistique d’Edoardo Tresoldi dont Détails d’architecture avait déjà parlé ici. Le studio, basé à Milan possède de plus de cinq ans d’expérience dans la conception, le développement et la réalisation d’œuvres d’art à grande échelle et dans le monde entier.

© Roberto Conte
© Roberto Conte
© Roberto Conte

Le site de Tresoldi Studio: ici.

Les photos: © Roberto Conte

Alvisi Kirimoto transforme le 32ème étage d’un gratte-ciel à Chicago

© Nick Lehoux

Dans l’un des quartiers animés de l’ouest de Chicago, suspendus entre les nuages, mais incontestablement implantés dans leur environnement, les nouveaux bureaux conçus par l’agence d’architecture Alvisi Kirimoto, basée à Rome, occupent l’intégralité du 32ème étage d’un impressionnant gratte-ciel.

Entre ciel et terre

Le projet est conçu pour accueillir le siège social d’une firme en mettant en valeur une partie de la collection d’œuvres d’art qu’elle possède. L’ensemble occupe une superficie de 2 600 m² dans un gratte-ciel de 224 mètres de haut situé au cœur de la ville de Chicago, au bord de la rivière éponyme.

Les architectes Massimo Alvisi et Junko Kirimoto décrivent l’expérience de la découverte de l’espace comme suit: « Dès que vous quittez les ascenseurs, en arrivant au 32e étage, vous avez l’impression de vous replonger dans la ville, à une hauteur différente, bien sûr, mais les pieds bien plantés dans les rues de Chicago, c’est précisément le tracé de la ville et ses surprises que nous nous efforçons de projeter au sein de cet espace: nous nous promenons dans des œuvres d’art contemporain, oriental, ou archéologique, surpris parfois par des couleurs vives ou par les doubles hauteurs inhabituelles d’un gratte-ciel, guidés par le rythme serré des murs, de la lumière et des axes visuels, notre premier instinct a été de laisser les angles libres pour maintenir un contact visuel permanent avec la ville. »

L’entrée principale du bâtiment est située dans son noyau structurel qui englobe toutes les services et installations. Dès l’entrée, le visiteur découvre deux salles opposées qui sont immédiatement visibles d’un côté, la réception et de l’autre, la salle de jeux, toutes deux caractérisées par une grande fenêtre qui s’ouvre sur l’aspect urbain mais aussi territorial de Chicago. Tandis que la partie nord abrite les fonctions les plus représentatives et les plus agrégées telles que la réception, la salle de réunion, le jardin d’hiver, les parcours d’exposition et le restaurant, la partie sud abrite les bureaux privés et quelques espaces communes.

Flexibilité et transparence

Les intérieurs présentent des murs en bois naturel allant du sol au plafond, des cloisons en verre et des panneaux suspendus qui, selon les combinaisons, délimitent les différentes zones de travail. La grande flexibilité et la transparence des éléments permettent aux visiteurs et aux employés de profiter de vues splendides, même dans les zones les plus privées, délimitées par des surfaces opaques.

Les murs en bois, dématérialisés en lattes verticales pour moduler le degré d’intimité et de luminosité, caractérisent les lignes principales du projet. Celles-ci constituent le leitmotiv qui accompagne le visiteur dans la découverte du jardin d’hiver, un environnement multifonctionnel à double hauteur qui représente le cœur battant du projet.

« La hauteur de plafond de 3,60 m, qui est absolument extraordinaire pour un bureau, nous a permis d’alterner des éléments suspendus tels que des panneaux en tissu, des éléments sculpturaux reposant sur le sol et laissés à leur hauteur initiale. Ce jeu de compression et de suspension se termine dans le volume du jardin d’hiver: un espace unique suspendu dans la ville, un lieu qui contient un espace pour la musique, l’art et les événements, ainsi que pour la méditation et la lecture. » Soulignent les architectes.

A mi-chemin entre deux mondes

Selon le point de vue, la peau du jardin d’hiver, composée de deux rangées de lattes de bois suspendues et non alignées, encadre une cloison centrale en verre transparente qui devient opaque, générant de multiples perspectives et créant un intéressant jeu d’ombres et de lumières. La pièce est complétée par une sculpture en bambou suspendue de l’artiste japonais Ueno Masao et par une table conçue par Junko Kirimoto, avec une finition en laque japonaise. L’espace a une touche orientale, elle est en accord avec les sensibilités italiennes et japonaises qui animent le studio Alvisi Kirimoto.

Tous les aspects du projet ont été soigneusement adaptés et harmonisés, du mobilier sur mesure, tel que les postes de travail et les tables de la cafétéria, à la disposition et au choix de la gradation des lumières. L’utilisation de la couleur est pondérée. Elle donne parfois de la sérénité, à d’autres moments, elle dessine de l’espace ou définit une fonction. Les couleurs vont de l’orange brillant  à la couleur blanche immaculée en par le rouge intense. L’art joue un rôle déterminant dans ce projet, en effet les bureaux hébergent un parcours d’exposition global de plus de 1 000 m² consacré à certaines des pièces de collection du propriétaire des lieux, qui se superposent à la ville et génèrent des imprévus.

A Chicago, les architectes de l’agence Alvisi Kirimoto on accompli un travail méticuleux pour un résultat enchanteur !

© Nick Lehoux
© Nick Lehoux
© Nick Lehoux
© Nick Lehoux

Le site de l’agence d’architecture Alvisi Kirimoto + Partners : ici.

Les photos : © Nick Lehoux

A San Francisco, quand le passé et le présent s’entremêlent

© Adam Rouse Photography

A San Francisco, l’agence Feldman Architecture a réhabilité un petit immeuble historique pour le transformer en bureaux de la banque d’investissement Scenic Advisement. Une intervention minutieuse qui marie à merveille le passé et le présent.

Respecter l’histoire

Le petit immeuble  qui se situe au Jackson Square possède une grande histoire. Tout d’abord sa date de construction qui reste un énigme et pour cause, le tremblement de terre qui a ravagé la ville au début du 20ème siècle et emporté les archives de l’édifice. Aujourd’hui, tout ce qu’on sait c’est que l’édifice abritait à l’origine les écuries Bricca.

Depuis cette époque révolue, la construction a été reconvertie à plusieurs reprises. Le lieu a même été utilisé comme agence d’architecture. Aujourd’hui, au Jackson Square, une nouvelle page s’écrit avec une fonction différente et des locaux complètement remaniés par Feldman Architecture. Les architectes de Feldman Architecture en collaboration avec les architectes d’intérieur de  Tineke Triggs, ont entrepris la transformation de l’espace. Ce dernier devrait être aux normes, au goût du jour tout en répondant favorablement aux diverses exigences des propriétaires.

Tout en respectant l’histoire du lieu et gardant l’enveloppe, les architectes ont privilégié des espaces généreux, ouverts, lumineux et propices au travail. D’où l’utilisation du bois, un élément rajouté qui se marie bien d’une part avec les murs d’origine en brique et d’autre part avec les planchers en béton brut. Un mélange qui renoue avec le passé tout en ajoutant une touche d’originalité. De même, un travail particulier a été mené pour l’éclairage du lieu.

A la recherche de nouveau repères

Les architectes ont créé des enceintes en verre dont les cloisons laissent passer généreusement la lumière tout en offrant des coins d’intimité aux utilisateurs des lieux. La présence du verre dépoli est expliquée comme un clin d’œil romantique au brouillard de la baie de San Francisco. L’ensemble est pratique, il se caractérise par ses tapis abstraits colorés et son grand îlot de cuisine qui fait office d’espace commun apportent un sentiment de maison et d’intimité au travail.

Dans le hall d’entrée, le visiteur peut se trouver en présence d’une œuvre artistique singulière. Composée de pots de peinture en aérosol usés, cette pièce est réalisée par l’artiste Ian Ross, un graffeur local. Des graffiti dans une banque ? pourquoi pas ! C’est toute la subtilité des architectes qui ont su manier à merveille plusieurs styles et époques. Une autre originalité se trouve au-dessus du bar qui est surmonté d’un vélo. L’espace professionnel se trouve complètement métamorphosé pour un lieu plus humain, abordable et agréable. Les codes historiques du bureau changent et laissent la place à d’autres habitudes moins rigides.

En entrant dans cet espace dynamique, le visiteur peut oublier pour un moment où il se trouve. Entre le passé historique de l’édifice et sa transformation actuelle, l’esprit vagabonde pour trouver d’autres repères à mi-chemin entre le passé et le présent. 

© Adam Rouse Photography
© Adam Rouse Photography
© Adam Rouse Photography

Le site de Feldman Architecture : ici.

Photography:  © Adam Rouse Photography