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A la Nouvelle-Orléans, EskewDumezRipple signe un projet gracieux

© Timothy Hursley

Baptisé The Beacon, il s’agit d’un immeuble résidentiel de sept étages de 172 000 pieds carrés qui s’inspire des bâtiments historiques du quartier français de la ville. Réalisé par les architectes de l’agence EskewDumezRipple, l’ensemble croise astucieusement élégance et sobriété.

Une oasis apaisante

Contrairement à la cour résidentielle typique accessible uniquement aux habitants de l’immeuble, celle du projet The Beacon donne directement sur la rue Girod. Les architectes nous informent qu’ils ont créé un équipement non seulement pour le bâtiment, mais aussi pour le quartier, en somme un nouveau développement dans son ensemble.

Cette particulière organisation fournit une oasis apaisante pour les 126 unités résidentielles et un espace public unique dans lequel les gens peuvent croiser vivre et échapper à l’agitation commerciale alentours. L’ensemble est doté par 20 000 pieds carrés de commerce de détail en son rez-de-chaussée, parfaitement intégré au projet.

S’étendant sur l’idée de la réinterprétation de la réputation de la Nouvelle-Orléans en tant que « joyau caché », les thèmes de cet espace sont enracinés dans les images et les textures d’une géode. Ainsi, nous pouvons remarquer un éventail de couleurs vibrantes dans tout l’intérieur en contraste avec les gris extérieurs sobres et austères. Tandis que la façade donnant sur la rue est composée de briques sombres, les murs de la cour donnant sur l’intérieur sont revêtus de panneaux métalliques clairs pour refléter la lumière du soleil, créant une expérience chaleureuse et accueillante.

Une attention portée aux détails et à la texture

Les boîtes d’ombre le long des fenêtres créent un extérieur articulé visibles des deux rues qui se croisent. Tout au long de la journée, des ombres s’étendent sur la brique grise tamisée, créant une peau multi-texturée en constante évolution. Les bandes variées sont disposées selon un motif décalé qui produit une façade rigoureuse mais animée. Offrant des plans d’étage contemporains, inspirés des loft, contenant une ou deux chambres, l’intérieur allie un style contemporain et un goût éclectique.

Les architectes nous racontent que la conception visait, avant tout, à fournir une palette neutre de gris et de blanc que les résidents pouvaient personnaliser tout en respectant la conception générale du bâtiment. Il s’agit ainsi d’un espace propre et accueillant mis en valeur par une attention portée aux détails et à la texture. Une attention supplémentaire a été accordée aux éléments tels que les îlots de cuisine, les dressings et les salles de bain pour donner à l’espace une sensation plus grande tout en conservant une certaine compacité. Les escaliers d’entrée sont sculptés et placés en angle, créant une fissure qui sépare les entrées publiques et privées les unes des autres. Alors que les clients des parties commerciales sont dirigés vers le haut et dans la cour, les résidents peuvent contourner les escaliers et accéder au hall sans interférence. Tout a été minutieusement étudié pour le plus grand confort de tous.

Terrasse avec vue

La procession à travers le bâtiment conduit les invités et les résidents hors de l’agitation extérieure vers une cour tranquille surélevée et fournit une connexion à la terrasse sur le toit qui offre une vue imprenable sur la ville. Contrairement à la cour traditionnelle du quartier français de la Nouvelle-Orléans, construite comme un espace exclusif réservé aux rassemblements privés, la cour intérieure de ce bâtiment est conçue pour être ouverte et inclusive.

La terrasse du quatrième étage offre un espace clos pour les invités et les résidents. C’est un lieu de détente où les gens peuvent également manger et boire dans un cadre plus intime. Servant de l’expérience des résidents, cette terrasse sur le toit comprend un coin salon, un bar lambrissé et de vastes coins de détente. Entouré de tons gris apaisants et d’une belle végétation, cet espace offre à tous un salon calme à l’esthétique moderne. A la Nouvelle-Orléans, les architectes de l’agence EskewDumezRipple viennent de réaliser un projet fonctionnel, utile et esthétique.

© Timothy Hursley
© Timothy Hursley
© Timothy Hursley
© Timothy Hursley
© Timothy Hursley

Le site de l’agence EskewDumezRipple : ici.

Twitter: @EDR_Design ; Instagram: @eskewdumezripple ; Facebook: https://www.facebook.com/EskewDumezRipple/

Les photos : © Timothy Hursley

Les architects de l’agence EskewDumezRipple qui ont participé au projet: Steve Dumez, FAIA; Jose Alvarez, AIA, LEED AP ; Hussein Alayyan, LEED AP BD+C ; Wendy Kerrigan, AIA

EskewDumezRipple (architecture et architecture intérieur); Spackman Mossop+Michaels (paysagisme); Woodward Engineering Group (ingenierie civile et structure); Pontchartrain Mechanical (ingénieur mécanique)  ; Northside Electric Inc. (ingénieur électrique); Woodward Design+Build (maîtrise d’ouvrage)

A Paris, l’Ancienne Comédie entame sa mue

© Gregory Copitet

C’est un programme complexe mené avec une grande parcimonie que les architectes de l’agence Raf Listowski Atelier d’architecture viennent de livrer. Un lieu mythique qui a fait l’objet de plusieurs mutations avant de trouver sa dernière vocation. Il s’agit d’abriter quatre logements et deux bureaux, un ensemble qui respecte le contexte et porte la fine signature de son architecte.

Un travail minutieux

La réhabilitation complète de l’édifice situé dans la cour d’un immeuble au 14, rue de l’Ancienne-Comédie dans le 6ème arrondissement parisien se concentre avant tout, selon les architectes, sur l’ancienne cage de scène. Un important élément architectural signé de François II d’Orbay. Intervenir sur un bâtiment historique n’est pas une chose facile surtout quand il faut à la fois réhabiliter pour la mise aux normes, repenser l’espace mais aussi redonner une nouvelle vie aux différentes superficies. Un travail minutieux que Raf Listowski Atelier d’architecture a mené avec brio.  

Nous savons par ailleurs, qu’au fil des années, l’édifice a fait l’objet de nombreuses transformations qu’elles soient fonctionnelles et formelles. Il y a eu la démolition de la salle qui occupait l’actuel volume de la cour, la modification en immeuble des parties sur rue contenant les distributions et le foyer,la  transformation du volume de la scène en ateliers de décors, ateliers de stockage ainsi qu’à la fin du XXe siècle la métamorphose en immeuble de bureaux. Divers changements, différentes destinations pour un emplacement de qualité.

Le projet consiste en un remaniement complet. Notons que l’ensemble des éléments présentant une valeur historique ou artistique ont nécessité une étude historique et scientifique menée à la demande de la ville de Paris et de la direction du patrimoine du ministère de la culture et de la communication. La recherche des architectes était méticuleuse, elle s’est portée vers une expression architecturale qui s’adapte à un immeuble de bureaux sans négliger la question de la promiscuité entre les différentes entités donnant sur la cour. La nouvelle façade, en retrait par rapport à l’alignement actuel, était donc le résultat de la typologie des logements.

Polyvalence et simplicité

Chacun des quatre logements occupe un étage entier, tandis que le rez-de-chaussée, le premier étage ainsi que l’entresol sont réaménagés en locaux professionnels. Les architectes ont conçu une entrée commune qui mène à la fois aux locaux professionnels et aux logements.  Par ailleurs, l’ensemble de la distribution verticale de l’immeuble a été repensé. Afin de dégager la façade sur cour, les deux escaliers préexistants ont été remplacés par un seul ouvrage installé au fond de l’édifice. Les architectes ont veillé également à garder entre autres les ossatures de la toiture et du dessous de scène ainsi que la couverture existante, en témoignage à l’histoire du bâtiment. Un petit coup de cœur pour le dernier étage où l’ancienne charpente se dévoile dans toute sa splendeur.

Polyvalence et simplicité sont les mots d’ordre de l’intervention. Les architectes ont privilégié le même traitement aux squelettes des locaux professionnels ainsi que ceux des logements. Les espaces intérieurs sont lumineux grâce à un interstice découpée avec tact à l’arrière du bâtiment. Quant au pied de l’immeuble, il a été entièrement rénové, la cour anglaise également. L’immeuble étant désormais en plain-pied, les escaliers et la bordure de trottoir ont été dégagés. Des interventions chirurgicales qui ont participé à la transformation radicale de l’édifice. Ce dernier, métamorphosé grâce à Raf Listowski Atelier d’architecture, entame ainsi une nouvelle vie.

© Gregory Copitet
© Gregory Copitet
© Gregory Copitet
© Gregory Copitet
© Gregory Copitet

Le site de Raf Listowski Atelier d’architecture : ici.

Les photos : © Gregory Copitet