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A Porto, Paula Santos Arquitectura réalise un projet aux lignes pures

© Ivo Tavares Studio

Au Portugal, à Porto, l’agence Paula Santos Arquitectura vient de terminer la réalisation d’un immeuble résidentiel qui se caractérise par ses lignes pures et ses formes simples. Textures et matières se croisent pour un résultat enchanteur.

Repenser l’ensemble

L’architecte nous raconte que le but du projet était de reconstruire et d’agrandir un immeuble résidentiel donnant sur l’une des rues les plus emblématiques de Porto, la rue Miguel Bombarda, où sont situées plusieurs galeries d’art de renommées mondiales. L’intervention a donc consisté à repenser l’ensemble en lui apportant un souffle neuf ainsi qu’une nouvelle vie.

Le bâtiment existant, qui présentait déjà des signes de dégradation, était, selon l’architecte, tombé, depuis un moment, en désuétude. Cependant, la profondeur du terrain a permis, en plus d’une réhabilitation lourde, la conception d’un jardin et le rajout d’un autre bâtiment autonome. Un programme conséquent qui profite de l’intégralité de la parcelle.

Le nouveau projet a très peu utilisé la structure existante qui était dans un état critique, à l’exception du mur de la façade principale et des travées respectives, dont les dimensions ont été préservées. Le balcon en granit, témoin d’époque, a également été entretenu même chose concernant la brique pleine qui couvre le rez-de-chaussée. Cet espace remanié représente l’une des principales caractéristiques de la façade.

Un large couloir latéral donne accès à l’entrée du bâtiment, où l’ont trouve l’escalier et l’ascenseur, cette organisation permet ainsi d’assurer le passage, de l’intérieur du bloc, vers le jardin. Ce dernier étant disproportionné par rapport à la rue. Les accès verticaux sont éclairés par une lucarne. À l’intérieur du terrain, donnant sur les jardins des voisins, la façade arrière a été conçue avec un solide bardage en brique qui couvre toute sa base.

Le béton est le matériau prédominant

La construction autonome qui a été ajoutée en tant qu’extension, a également été conçue avec le même bardage en brique placé horizontalement et verticalement. Au premier et dernier étage, des appartements duplex contenant deux chambres chacune ont été conçues alors qu’ailleurs les appartements comportent une chambre à coucher chacune. À l’intérieur de chaque unité, le béton est le matériau prédominant ainsi que dans tous les espaces communs.

Les architectes ont opté pour le béton brut qui donne un certain charme à l’ensemble, la brique ajoutée pour couvrir la nouvelle extension vient se marier avec les espaces brutalistes et épurées en formant un dialogue atypique de textures et de matières. Les intérieurs sont généreux, lumineux et sobres. Pas de couleurs chatoyantes mais une palette raisonnée qui se croise subtilement avec le béton. L’ensemble est simple, frugal et enchanteur. Paula Santos Arquitectura a entrepris un travail minutieux qui a donné un résultat séduisant.

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de Paula Santos Arquitectura : ici.

Les photos : © Ivo Tavares Studio

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Onyx, l’élégante réalisation d’a/LTA à Saint-Malo

© Charly Broyez

Baptisée Onyx, il s’agit d’une réalisation contenant douze logements, signée de l’agence d’architecture rennaise a/LTA (Maxime Le Trionnaire et Gwénaël Le Chapelain) et qui vient de s’implanter délicatement entre Saint-Servan et le bassin Bouvet du port de Saint-Malo. Un projet compact à la fois simple et sobre qui manie la brique avec adresse.

Aussi compacte que discrète

Le projet se trouve sur une parcelle stratégique située à quelques pas d’intra-muros, de la plage des Bas Sablons et des bassins Bouvet et Vauban. L’idée du départ était de concevoir un projet qui crée une forte connexion entre la partie construite de la ville et le port. C’est pourquoi, les architectes, après avoir étudié méticuleusement le site, ont opté pour une architecture aussi compacte que discrète.   

Les architectes nous racontent que l’ensemble constitue une pièce importante de l’identité portuaire de ce quartier en mutation. « Inspirée de l’image des docks d’antan, elle s’en affranchie pour jouer de lignes biaises et proposer des volumes ciselés, des prismes précieux et contemporains. » Soulignent ainsi les concepteurs.

L’édifice prend place, dans un environnement minéral, en limite de propriété donnant sur la rue Lecoufle et reprenant l’alignement général de la rue ainsi que celui du tissu environnant. Une implantation qui a permis la création des passages pour les piétons ainsi que des accès pour véhicules côté nord tout en proposant une gracieuse lecture volumétrique de trois maisons aux proportions similaires. A mi-chemin entre vernaculaire et contemporain, Onyx se démarque des autres constructions malouines tout en adoptant un langage similaire. Les architectes ont réussi d’engendrer une architecture à la fois perenne et originale tout en respectant les anciens préceptes.

Concernant le volume général, les architectes ont opté pour une forme sobre et compacte qu’ils ont rythmée par le biais d’un triptyque volumétrique, un choix intelligent qui a permis l’optimisation des réductions thermiques qui améliore  améliorée des performances du bâtiment.

Un dialogue subtil entre ancien et nouveau

La matérialité constitue l’un des points forts de la réalisation. En effet, grâce à sa robe tantôt scintillante tantôt mate, parfois lisse ou rugueuse, la façade offre une image différente à chacun des moments de la journée en jouant avec les ombres et les lumières et tout en variant la perception de l’ensemble. « Dans notre recherche d’une architecture contemporaine, une relecture et une interprétation des lieux passe par le respect du contexte urbain de Saint-Malo, de ses signes, de ses mises en œuvre spécifiques au quartier. » Soulignent les architectes.

Le bâtiment qui s’insère dans un tissu patrimonial délicat s’affranchit délicatement de son voisinage grâce à un traitement singulier qui a su respecter les règles urbaines et architecturales de l’Architecte des Bâtiments de France. Un tour de main que les architectes ont accompli avec brio. De même, en profitant de la topographie du site, les concepteurs ont créé un jardin situé en cœur d’ilot en continuité de stationnements paysagés. Un petit havre de paix qui ne pourrait que plaire aux habitants.

Notons également que les murs situés en limite de parcelle ont été nettoyés et dégagés révélant leur caractère historique, un geste assumé par les architectes qui ont tout fait pour engendrer un dialogue subtil entre ancien et nouveau. Onyx présente le futur mais tisse un lien particulier avec l’histoire. Un projet coquet qui vient enrichir le lieu !

© Charly Broyez
© Charly Broyez
© Charly Broyez

Le site de l’agence a/LTA : ici.

Les photos : © Charly Broyez

A Paris, une charmante maison signée AJILE

© AJILE

Baptisée Bergeyre au nom de la butte où elle se trouve, la charmante maison signée AJILE constitue une belle curiosité. Découverte d’une réalisation parisienne remarquable aux lignes pures et aux traits distingués.

Un petit bijou bien dissimulé

Construire une maison en plein Paris ? Oui, même si cela paraît un peu étrange, l’opportunité a existé et les architectes de l’agence AJILE l’ont saisie pour réaliser un petit bijou bien dissimulé. En effet, Perchée en haut de la Butte Bergeyre, dans le 19ème arrondissement, la maison verticale offre à ses propriétaires une vue imprenable de 360° sur tout Paris.

Les architectes nous racontent que, dès le départ, le projet semblait complexe. En effet, à la joie de construire une maison dans la capitale française s’ajoutait le défi d’abriter une famille et ses quatre enfants sur une parcelle exiguë, dans un ensemble constitué de sept étages. Un défi relevé avec brio car les architectes ont réussi non seulement de répondre favorablement au programme complexe qui se profilait mais ils ont réalisé des espaces intérieurs confortables où les habitants peuvent jouir de tout le confort exigé.

La parcelle est mitoyenne, elle comporte 4.80 mètres de large. Les architectes ont hissé l’ensemble sur dix micro-pieux de 18 mètres de profondeur, ainsi la maison de 204m², encastrée entre deux constructions existantes, devient un exercice à part entière et un véritable terrain de jeu pour pouvoir y caser les diverses fonctions demandées.

« La stratégie développée a été de penser le projet en volume plutôt qu’en étages dans un lien constant avec l’environnement proche et lointain, où les limites entre dedans/dehors s’effacent afin d’augmenter l’espace intérieur étroit. » Racontent les architectes. En effet,  La maison et ses sept niveaux deviennent une entité qu’il faut manipuler. A chaque étage son plan et à chaque partie de la maison sa fonction, ainsi, les différents niveaux se sont empilés suivant un jeu savant de circulations verticales.

Complètement traversante, la maison offre à ses habitants autant de vues que les saisons. Tandis que l’entrée est située au rez-de-chaussée et s’ouvre sur le jardin, la cuisine se trouve au premier étage. Les chambres des enfants occupent le deuxième et troisième étages et sont reliées par de larges paliers ouverts qui constituent des espaces communs où les enfants peuvent jouer, lire, se reposer ou tout simplement contempler l’extérieur. Quant au quatrième étage, se trouve, loin des regards, un espace secret, discret qui accueillent la chambre des parents.

Un rooftop avec vue

Du dernier étage, nous pouvons accéder à travers un escalier extérieur, à un superbe rooftop qui jouit d’une vue imprenable sur les monuments de la capitale. Les architectes ont installé sur ce palier, une très joli terrasse végétalisée, un petit havre de paix loin du stress quotidien portant en pleine ville.

L’ensemble de la maison est agencé avec goût. Les architectes ont souhaité aménager l’intérieur par des meubles de qualité dessinés sur-mesure et répondant aux diverses démarches environnementales. Néanmoins, au sein de la maison, la teinte dominante reste le blanc qui, grâce à la présence de la lumière naturelle, ajoute la sensation de générosité.

Côté construction, notons que l’ensemble est en briques de bois et nécessite, selon les architectes, très peu de chauffage l’hiver tout en bénéficiant d’une grande capacité de rafraichissement pendant les journées de grande chaleur. « L’ensemble est associé à une ventilation naturelle directe de façade à façade avec des parois vitrées nord et sud qui proposent des systèmes et rythmes d’ouvertures tous différents. » soulignent les architectes.

Par ailleurs, nous apprenons que le projet n’exploite pas tout le potentiel de surface habitable,  mais il privilégie les différents flux et la fonctionnalité du lieu. Aussi discrète que sobre, la maison Bergeyre offre tout le confort souhaitable aux propriétaires des lieux. Il s’agit en effet d’un petit bijou secrètement gardé dans son environnement urbain. D’incontestables qualités qui font le bonheur de tous ses habitants !

© AJILE
© Vanessa Bosio
© Cécile Septet
© Cécile Septet
© Cécile Septet

Le site de l’agence AJILE: ici.

Les photos: © Cécile Septet

A Paris, ITAR architectures signe un projet éloquent

© 11h : 45

A Paris, au 88, boulevard Ney, ITAR architectures vient de livrer un programme à la fière allure, aux lignes pures et aux traits distingués. Il s’agit de 72 logements sociaux, une crèche ainsi que deux commerces, un ensemble cohérent qui adopte la parcelle tout en apportant une touche de nouveauté.

Taillé pour le lieu

Le projet, manipulé avec tact par l’agence ITAR, ne laisse pas indifférent. Tandis que certains vont lui trouver quelques traits arrondis qui se rapprochent de quelques immeubles parisiens des années trente, d’autres diront que les espaces généreux et la luminosité des lieux font un clin d’oeil apprécié aux habitations accueillantes des années soixante-dix alors que d’autres iront encore plus loin en trouvant une véritable ressemblance avec l’architecture Bauhaus. Finalement, il s’avère que le projet du 88, boulevard Ney constitue, non seulement, une réalisation raisonnée qui répond favorablement aux diverses exigences du programme mais c’est une construction aussi fonctionnelle que plastique qui met le bien être des usagers en avant. Ingrid Tallandier a, comme à son habitude, encore une fois cousu une architecture taillée pour le lieu tout en lui insufflant diverses qualités.  

Allons donc à la rencontre de la réalisation qui a fait tant réagir positivement les adeptes du modernisme. Le projet comprend deux entités élevés sur un socle commun occupé par la crèche. L’architecte nous apprend que son idée de scission fait écho aux tours environnantes tout en dotant l’ensemble des logements d’une grande luminosité. Ainsi, les arrondis qui interpellent le promeneur viennent adoucir les deux silhouettes des immeubles tout en contrastant avec les angles droits des tours environnantes. Ingrid Tallandier a joué adroitement avec les volumes, les formes mais aussi les textures pour un résultat enchanteur.

Évolutif et généreux

Situé au nord du 18ème arrondissement parisien, le site jouit de plusieurs qualités, il bénéficie entre autres, d’une bonne desserte routière mais aussi de la proximité immédiate des transports en commun. Ainsi, située à l’entrée de la ville, la parcelle propose de nouveaux logements, des commerces ainsi qu’un équipement. L’architecte, en adéquation avec le projet existant qui porte la signature de l’architecte Dubuisson et après avoir analysé les diverses entités du programme demandé, a proposé un projet capable de durer mais aussi d’évoluer.

L’évolution future faisant partie des préoccupations de l’agence ITAR, cette dernière a proposé des intérieurs modulables et flexibles qui peuvent être adaptés, grâce à une structure réfléchie, aux différents changements de la vie du bâtiments. De même, nous remarquons que chaque logement possède un espace extérieur. Ingrid Tallandier n’a pas attendu le confinement pour mettre en avant cette stratégie, elle se débat, depuis bien longtemps, pour proposer aux utilisateurs des lieux emplis de confort et de bien être. Des propriétés appréciés de tous, probablement non visibles de l’extérieur mais qui font la différence de son architecture.

Matières et textures

Aux espaces généreux s’ajoutent la maîtrise des matériaux. Le choix de l’architecte s’est porté sur la brique pleine qui favorise le dialogue avec les tours existantes. Cependant toute la hauteur de la façade n’est pas traitée d’une manière uniforme. L’architecte a remanié l’utilisation de la brique selon son emplacement. Par exemple, les angles des façades et les garde-corps des terrasses et des loggias sont constitués d’un assemblage de briques ajourées qui, à l’image des moucharabieh, proposent des espaces intimes aux habitants. Un petit coup de coeur pour les quelques trumeaux, remplis par un assemblage géométrique de briques, qui donnent l’impression d’une façade dynamique où l’on distingue un indéniable jeu d’ombre et de lumière. Un travail recherché de la matière qui démontre le soucis des détails. Des détails soignés qui participent à rehausser l’architecture d’Ingrid Tallandier vers un niveau incontestable de maîtrise et d’élégance.

© 11h : 45
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Le site de l’agence ITAR architectures : ici.

Les photos : © 11h : 45

A Amsterdam UNStudio taille une façade de luxe

© Eva Bloem
Façade à Amsterdam, UNStudio

L’agence internationale UNStudio dirigée par Ben Van Berkel vient de terminer, à Amsterdam, la rénovation de la façade de P.C. Hooftstraat 138. Cette dernière est l’une des rues commerçantes les plus élégantes d’Europe, elle abrite uniquement des créateurs internationaux et néerlandais, des magasins phares et des boutiques de luxe.

Une touche d’originalité

Située au cœur du quartier des musées, entre Museumplein et le Vondelpark, la P.C. Hooftstraat est un élégant magasin de design néerlandais. S’inspirant des musées voisins pour encadrer l’art néerlandais, la conception d’UNStudio tente de respecter l’existant tout en lui apportant une touche d’originalité.

La façade de P.C. Hooftstraat 138 est une célébration des textiles, tant dans leur forme que dans leur fonction. En effet, trois panneaux de verre incurvés descendent des étages supérieurs dans un design qui imite le tissu transparent ondulé. Ce jeu avec le verre crée des espaces d’ouverture au niveau des piétons qui leur dévoilent les dernières créations.

Dans un geste fluide, la mode et l’architecture se réunissent pour représenter et célébrer l’artisanat et la géométrie des vêtements haut de gamme sur mesure, créant une harmonie entre l’esthétique et la fonction, le tout, en restant fidèle à la conception originale de la division verticale à trois fenêtres d’une maison de ville d’Amsterdam. Alors qu’UNStudio a conçu la façade et l’intérieur de l’appartement des deux étages au-dessus de l’espace commercial, le locataire sera responsable de l’aménagement intérieur du magasin.

Assemblés en usine et montés sur site

Deux principales caractéristiques relient le sol et les premiers étages: les entités en verre entourées de briques. Les trois « éléments » en verre structurel sont assemblés en usine et montés sur site. De grands panneaux de verre feuilleté recuit, à la fois incurvés et droits, sont liés avec du silicone structurel aux panneaux de verre adjacents avec des profils de bord en acier inoxydable, formant ainsi une boîte en verre. Chaque boîte est ensuite collée à un cadre en acier caché à des fins de protection et d’expédition, avant d’être installée comme une seule unité sur site.

Après l’installation, une couche isolante rigide est ajoutée sur le dessus d’un panneau GRC. Des lamelles de brique sont ensuite collées sur la couche d’isolation. Entre les entités de verre situées au rez-de-chaussée, une bande métallique est introduite pour créer une légère différenciation du reste de la maçonnerie et pour répondre aux exigences urbaines.

A Amsterdam, UNStudio a réalisé une façade innovante qui croise merveilleusement tradition et nouveauté. Un coup de maître qui interpelle tout visiteur!

© Eva Bloem
© Eva Bloem
© Eva Bloem

Le site de l’agence UNStudio: ici.

Les photos: © Eva Bloem

Le cloître de l’Université Toulouse Capitole retrouve son éclat

©Université Toulouse Capitole

Le campus de l’Université Toulouse Capitole, situé en plein cœur du centre-ville, est doté d’un magnifique cloître inscrit au titre des monuments historiques. Ce dernier, vient de retrouver son éclat d’autrefois, grâce à une intervention minutieuse menée par les architectes Philippe Witt et Hervé Rodriguez et le paysagiste Victor Belloc.

Un lieu de vie

Érigé lors des guerres de religion au XVIIe siècle, le cloître toulousain a retrouvé son éclat d’origine en redevenant un lieu de vie universitaire, où, à l’ombre des arches, les étudiants révisent leurs examens.

C’est dans le cadre de son projet de régénération, que l’université de Toulouse Capitole a réhabilité son cloître. En effet, il s’agit d’un ancien couvent, situé sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, inscrit au titre des monuments historiques, a connu une grande histoire. Dès 1567, après le saccage de leur abbaye, les Chartreux de Castres se réfugient à Toulouse, où un terrain leur est attribué. Lors de la guerre en Espagne, pendant la révolution, ce même espace sera dévolu à l’armée pour stocker les armements. L’Arsenal sera finalement évacué et rasé après 1960. Aujourd’hui, les trois murs du cloître autour desquels a été finalement construite l’Université Toulouse Capitole sont les seuls témoins du passé.

Forte de son expansion, l’université est devenue propriétaire de ses murs et s’est engagée dans la rénovation de son cloître historique. Sauf qu’au fil des ans, le cloître des Chartreux a subi plusieurs dégradations. La réhabilitation était donc une priorité pour l’université qui a entièrement financé le projet. Ce dernier a commence en 2015, il vient de se terminer.

Des travaux minutieux

Les travaux ont été mené avec une grande dextérité. Tout d’abord, le sol a été décapé pour permettre les travaux de maçonneries en élévation, de charpente et couverture en toiture et de déplacement d’échafaudage demi travée par demi travée. Une intervention minutieuse qui a finit par rendre à la muraille son état d’origine.

De même, le jardin a été végétalisé pour favoriser un équilibre entre essences indigènes et horticoles, en laissant une place à une flore spontanée et en réduisant l’arrosage. Quant aux façades, elles ont été traitées avec un enduit couleur sable et un badigeon couleur brique en clin d’œil aux anciennes arcatures. Les architectes nous apprennent que « les études historiques et architecturales sur des édifices en briques des XVIe -XVIIe et XVIIIe siècles ont montré que la brique n’est pas destinée à rester apparente mais recouverte d’un lait de chaux, d’un badigeon ou d’un enduit qui protège la surface tout en l’unifiant. Sur la base de baux à besogne, qui décrivent les enduits existants, il apparaît que le goût collectif actuel pour les murs « écorchés » sont une mode récente. Laisser les murs en briques apparentes fragilise la structure. »

Les chemins de traverse ont été aménagés. L’éclairage a été revu et repensé. Les arcades du cloître sont soulignées par une lumière blanche chaude qui les met en exergue et bien d’autres astuces ont été utilisées, le tout pour mettre en avant l’édifice.

A noter que l’Université Toulouse Capitole est très attachée à la richesse produite par l’association histoire et modernité qui fonde son esprit. Le cloître des Chartreux a été ressuscité, l’opération a été coûteuse certes mais bénéfique à tous!

©Université Toulouse Capitole
©Université Toulouse Capitole