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L’architecture est un songe

© Antonino Cardillo
© Antonino Cardillo

En 2015, à Londres, l’architecte sicilien Antonino Cardillo a présenté une installation qui reste encore dans les esprits. Retour sur une œuvre épurée qui s’avère être une ode à l’architecture.

Dans l’une des rues géorgiennes de la capitale anglaise, derrière un portail typique se trouve un espace des moins anodins. Selon son architecte, il s’agit d’une « grotte ». En effet, si l’on regarde de près, les murs rugueux et la maçonnerie artisanale nous font penser à un antre millénaire. Pourtant il s’agit d’une scénographie menée intelligemment par l’architecte Antonino Cardillo.

Un univers inhabituel

Pour pouvoir comprendre son geste, il faudra faire un tour sur le site de l’architecte dans lequel il dévoile un projet atypique où plusieurs sens se croisent. Ainsi, en hommage à la construction traditionnelle, l’artiste présente des murs peints à l’ancienne. A l’intérieur de la « grotte », le décor est minimaliste et les ouvertures sur rue orchestrent l’ombre et la lumière. Au plafond, nous pouvons trouver des globes aux imperfections visibles à l’œil nu, suspendues au plafond par des fils de couleur noir. Un univers inhabituel où le vide constitue l’un des composants. L’occasion de porter l’intérêt sur le message que cette installation est supposée livrer.

Cette œuvre architecturale aussi inattendue soit-elle traduit un certain dualisme où les formes ordonnées du contenant se heurtent aux imperfections des contenus. L’architecte qui livre un exposé détaillé sur son site livre entre autre un projet singulier où, malgré les explications de son auteur, chacun de nous trouvera sa propre interprétation. A mi-chemin entre art et architecture, le voyage au sein de cette grotte signée Antonino Cardillo constitue un moment suspendu dans le temps.

© Antonino Cardillo
© Antonino Cardillo
© Antonino Cardillo
© Antonino Cardillo
© Antonino Cardillo
© Antonino Cardillo

J’avais déjà évoqué le travail de l’architecte: ici.

Le site d’Antonino Cardillo : ici.

Les photos : © Antonino Cardillo

Lola James Harper à Paris!

© Lola James Harper
© Lola James Harper

Dès le premier novembre 2016, Amastan Paris et Lola James Harper collaborent pour présenter une exposition de photographies et des concerts. L’hôtel qui dédie un espace complet à l’hébergement d’installations artistiques temporaires agrémente ses murs par les œuvres de Rami Mekdachi, le fondateur de Lola James Harper.

Toujours à l’affut d’un esprit jeune et collaboratif, Amastan Paris présente un projet engageant qui fait écho aux voyages et à la culture. L’exposition qui commence le 9 novembre durera jusqu’au 27 novembre et présentera une série de photos de voyage prises en été. En parallèle, de spectacles musicaux gratuits se dérouleront  le 9 novembre, 16 novembre et le 23 novembre à l’hôtel.

Néanmoins, derrière cette collaboration se cache l’idée d’une belle collection et le partage de souvenirs via l’image. Pour le visiteur qui découvre les photos, une brise chaude venant d’ailleurs l’enveloppe. Outre les routes vides, les skatepark et les voitures anciennes qui peuvent réveiller la nostalgie de certains, les photos de Rami montrent des paysages au ciel bleu, des pâturages et des palmiers, le dépaysement est garanti !

Pendant ses voyages à travers le monde, Rami qui est né à Beyrouth et vit à Paris a également noué des amitiés avec des musiciens comme Ulona Hooman, Billy Hell et Karima Adams, il a fini d’écrire avec eux des chansons de rock et folk sous le nom de Lola James Harper. Le groupe interprètera trois concerts de musique à l’occasion de l’exposition.

Amastan hôtel, qui a ouvert ses portes en été 2016 est devenu très vite une plate-forme pour l’expression artistique. Pop-In situé à côté de l’établissement entre la rue du Faubourg Saint Honoré et l’avenue des Champs-Élysées, dans le 8ème arrondissement de Paris, continue la philosophie de la marque pour rassembler un bel échantillonnage de différents talents créatifs.

© Lola James Harper
© Lola James Harper

Les photos : © Lola James Harper

« Balzac et les artistes » l’exposition à ne pas manquer !

@MuséeBalzac

A Paris, située au cœur de l’ancien village de Passy, la Maison de Balzac propose depuis le 17 Juin 2016 une exposition atypique qui trace le rapport entre Balzac et les artistes de son époque. Un délicieux voyage dans le temps entouré d’un cadre tout aussi charmant.

C’est dans une atmosphère bucolique de la fameuse « Maison de Balzac » qui constitue la demeure parisienne du grand homme transformée en musée que se déroule l’exposition. Quelle bonheur d’explorer une cinquantaine d’œuvres dont des peintures, des sculptures et des dessins jamais montrés au public.

Dans la maison d’Honoré de Balzac, ce géant de la littérature française, entre le bureau du maître où il a rédigé « La Comédie humaine » et le jardin bucolique à l’ambiance particulière, le visiteur est invité à découvrir toute une époque via diverses expressions artistiques. Flairer le temps d’une visite l’univers d’un homme mais aussi d’une période devient un jeu de piste. L’émotion de la découverte se mêle ainsi à la curiosité pour nous délivrer des tableaux restés discrets. Les amateurs de la littérature et de l’art ne peuvent qu’apprécier.

Un carrefour pour plusieurs disciplines

L’exposition « Balzac et les artistes » dévoile également le quotidien de l’écrivain, ses rencontres avec les personnalités artistiques de son époque comme Alexandre Dumas ou George Sand et ses débats avec des grands poètes comme Théophile Gautier. Au fil de la visite nous pouvons admirer sa spectaculaire effigie sculptée par Auguste Rodin ou son portrait présenté en collage, œuvre d’Eduardo Arroyo ou d’autres intéressants tableaux inspirés tous de « La Comédie Humaine ». Des « moments » magiques qui délivrent comme une boîte de trésor de mémorables secrets.

Dans ce petit pavillon « caché » sur les coteaux de Passy avec sa petite vue sur la Tour Eiffel et son jardin qui jouxte l’un des immeubles de logements parisiens d’Auguste Perret, la visite n’est qu’une exquise excursion située au carrefour de plusieurs disciplines.

L’exposition « Balzac et les artistes » est à admirer jusqu’au 2 octobre 2016.

©SipaneHoh
©SipaneHoh

Plus d’informations sur le site du musée.

A Vicenza, la gracieuse exposition de Patrizia Lovato

exposition

Dans l’une des galeries de la ville italienne de Vicenza, l’artiste Patrizia Lovato expose ses œuvres. Un délicieux parenthèse artistique pour les promeneurs de la cité palladienne.

Le vernissage a eu lieu le 10 Juillet au Qu.Bi Gallery. L’ambiance est chaleureuse et les diverses œuvres accrochées ici et là sur deux étages distingués et novateurs. L’artiste n’est pourtant pas à sa première exposition. Née à Vérone et après avoir obtenu son diplôme de l’Académie des Beaux-Arts de Venise, Patrizia enchaîne les expositions. A Vicenza l’artiste expose avec le sculpteur Luciano Zinnamosca.

La visite commence dans une petite pièce lumineuse où les tableaux de Patrizia qui sont accrochés avec tact nous guident. Nous découvrons un univers sensible mêlé à des couleurs sobres. Le voyage se termine au deuxième étage dans une ambiance plus intime où le visiteur prend le temps de contempler les œuvres des deux artistes. Néanmoins, un détail nous touche , il s’agit de marques-pages peints et signés par la peintre, comportant chacun une devise, offerts à tous. Le choix est difficile, il n’y a pas deux pareils. Chacun de nous part avec un petit souvenir en attendant peut être un jour d’acquérir l’une des œuvres exposées.

Parlons un peu de l’univers des peintures de Patrizia Lovato. Il s’agit souvent de compositions poétiques où la nature acquiert une grande importance. Qu’il s’agit de la ville ou du paysage, l’artiste utilise un langage particulier où les lignes énergiques haussent le ton. Quant aux couleurs de fond, place plutôt aux pastels, l’utilisation des teintes criardes par l’artiste reste très limitée . Son univers étant un mélange de grâce et de pureté où chaque élément trouve naturellement sa place.

L’exposition qui se déroule à Vicenza et dure jusqu’au 7 Août constitue une agréable suspension dans une ville où l’architecture garde une très grande importance.

«Songe d’une nuit» une installation créative!

© Teatro Metaphora
© Teatro Metaphora

Vous ne savez pas quoi faire avec votre machine à laver qui tombe en panne ? au Portugal, une installation artistique vous murmure une belle solution. Et pourquoi pas un pas en avant vers l’Art ?

Vous allez vous demandez, mais de quoi parle-t-on ? De l’Art évidemment, dans toutes ses coutures, ses couleurs et ses formes. Le collectif Teatro Metaphora vient de prouver qu’il suffisait d’y penser.

De l’art ménager vers l’installation artistique

C’est une installation artistique spectaculaire qui pourra une fois contemplée changer l’avis de nombreuses personnes via à vis de leur machine à laver. En effet, l’organisation basée à Madère qui a recueilli une centaine de machines à laver, a isolé les tambours de ces derniers et les a radicalement transformé. En y ajoutant des lampes colorées et les suspendant au dessus d’une rue piétonnière, nous assistons à un vrai travail artistique.

Créé pour le festival de Saint Pierre, le projet, nommé «Songe d’une nuit» a été créé pour promouvoir le recyclage respectueux de l’environnement. Une idée ingénieuse et une belle leçon surtout qu’il s’agit d’un travail bénévoles qui a nécessité pas mal de temps et d’organisation qui déclare : « L’installation possède à la fois une signification visuelle et écologique, elle cherche à aborder la question de l’utilisation responsable des ressources et le recyclage ».

L’installation a été réalisée avec le soutien de la municipalité, qui a récemment commencé à inviter des groupes locaux pour concevoir des décorations dans les rues pour le festival annuel Saint-Pierre. Une manière comme une autre de promouvoir les approches artistiques même s’il ne s’agit pas d’artistes reconnus. L’inspiration artistique peut se trouver même dans la vie de tous les jours.

© Teatro Metaphora
© Teatro Metaphora
© Teatro Metaphora
© Teatro Metaphora

Pour plus d’informations sur ce sujet, voir : ici.

Les photos: © Teatro Metaphora

Une œuvre lumineuse!

© Eugeni Bach
© Eugeni Bach

A l’occasion du festival du feu et de la lumière qui a eu lieu Novembre dernier, les architectes Anna et Eugeni Bach ont charmé la ville espagnole d’Olot par une étonnante installation de couleur jaune. Le temps d’une soirée les habitants de la cité catalane ont connu la joie de la métamorphose d’une place publique.

N’importe quelle ville change d’aspect quand on y introduit de la couleur. Ici, il s’agit d’une coloration éphémère via une installation que les architectes Anna et Eugeni Bach (Agence A&EB) basés à Barcelone ont conçu et réalisé. Le résultat est enchanteresque.

Novembre est le mois le plus sombre de l’année, c’est donc le moment idéal pour célébrer la lumière qui apporte une touche de bonheur dans les longues nuits monotones. La Lluèrnia est le festival du feu et de la lumière dont la dernière saison s’est déroulée le 7 Novembre 2015 à Olot, accueillant plus de cinquante installations ainsi que de nombreux spectacles qui illuminent la ville.

De couleur jaune

Anna e Eugeni Bach ont réalisé une installation singulière où une pergola légère se déploie sur la Plaza del Rector Ferrer dans le but d’exploiter à la fois la topographie de la place et de changer la perception de cette dernière. Ainsi, l’esplanade dominée par l’église s’est habillée de quelques touches de couleur qui ont apporté une certaine transformation à l’ensemble.

L’église de la commune est située à l’extrémité supérieure de la place, avec un estrade accessible depuis un escalier central. En position élevé l’ensemble ressemble à un podium urbain que la plupart des gens utilisent seulement pour entrer dans l’église. La toile de fond pour l’installation d’Anna et d’Eugeni Bach est donc un tableau classique  qui ressemble par plusieurs côtés aux peintures de la renaissance. Le jaune vif en bandes marque les limites de l’estrade et tisse un lien éphémère entre l’église et la place avoisinante. Un impact visuel renforcé dans la nuit par un éclairage intérieur qui se trouve au sein même de l’installation.

Cette installation possède une grande qualité, elle change la perception des passants selon l’endroit où ils se placent. Pour ceux qui se trouvent à l’intérieur de la galerie, la couleur jaune leur procure l’effet d’une lumière et ils peuvent goûter aux plaisirs des jeux d’ombre et de la lumière. Par contre ceux qui regardent de loin observent plutôt un ensemble urbain métamorphosé par la présence la couleur et la lumière. Mais ce qui est sûr c’est que les deux versions donnent réflexion.

Le festival Lluèrnia dure seulement une nuit, le lendemain la ville reprend ses habitudes, les gens aussi mais les installations restent dans les mémoires plus longtemps que prévus.

© Eugeni Bach
© Eugeni Bach
© Eugeni Bach
© Eugeni Bach
© Eugeni Bach
© Eugeni Bach

Le site de l’agence d’Anna & Eugeni Bach: ici.

Les photos : © Eugeni Bach

A Lausanne, une installation lumineuse signée Centdegrés

 

 © Laura Rimayati
© Laura Rimayati

A l’occasion de l’anniversaire des dix ans de l’usine du tri des déchets de Lausanne (Tridel), l’agence suisse de la firme d’architecture Centdegrés a réalisé une remarquable installation lumineuse. Permanente, cette dernière marque l’édifice par sa subtilité.

L’anniversaire des dix ans est un tournant important dans une société, c’est pourquoi, l’usine du tri des déchets de la ville de Lausanne a souhaité inscrire cette date dans une démarche artistique qui sera visible de tous. Ainsi, la societé a demandé à l’agence suisse de Centdegrés dirigée par l’architecte Albert Schrurs de créer une installation lumineuse à cette occasion.

Une écriture singulière

Située sur la façade la plus emblématique de l’usine, l’oeuvre est pensée pour être illuminée de jour comme de nuit. Et comme il s’agit d’une façade circulaire avec quelques fenêtres étroites, l’installation, composée de modules préfabriqués, épouse l’ensemble et fusionne avec la rondeur du bâtiment.

La rampe d’accès, pour les camions, qui se trouve derrière les murs circulaires en béton n’a jamais été aussi séduisante, ainsi l’installation composée de châssis d’acier et de tubes LED, discrète pendant la journée, procure à l’ensemble un effet brillant la nuit.

La compagnie de tri des déchets a choisi une manière artistique pour fêter ses dix années, il s’agit d’une mise en place d’une écriture singulière dont les habitants de Lausanne peuvent contempler pour longtemps !

 © Laura Rimayati
© Laura Rimayati
 © Laura Rimayati
© Laura Rimayati

Le site de l’agence Centdegrés : ici.

Les photos : © Laura Rimayati

A la biennale d’architecture de Venise, eduCARE, l’installation à découvrir !

© C+S Architectes
© C+S Architectes

La 15ème biennale d’architecture de Venise n’a pas fini de nous étonner. Les découvertes y sont nombreuses et les installations abondantes. Parmi ces dernières, celle de l’agence italienne C+S Architects (Maria Alessandra et Carlo Cappai) qui invite à la réflexion autour des bâtiments scolaires.

Les visiteurs de la Biennale d’architecture qui passent par la Corderie de l’Arsenal peuvent découvrir entre autres une passerelle rouge à l’appui fragile, flottant dans l’air sur un tapis en liège. Il s’agit d’un projet qui étudie les potentiels de petites structures et leur rôle dans la ville.

Selon les architectes, Equilibrium est une structure sculpturale dans laquelle les résistances ou les influences opposées sont équilibrées. Il s’agit d’équilibre physique comme si on décrivait un état d’esprit calme, un lieu dans lequel un processus et son inverse se produisent comme une situation dans laquelle l’offre et la demande sont réunis. Nous pouvons même comparer l’installation à une ville qui se construit en hauteur ou sur elle-même, une structure qui se développe en forme sinueuse envahissant l’espace, englobant une colonne historique pour trouver finalement sa place.

Trouver l’quilibre

Les architectes, nés à Venise comparent leur installation à la ville de leur enfance, une cité flottante qui change d’aspect à chaque changement de point de vue luttant à trouver son équilibre entre mémoire et nouveauté. En réalité, il s’agit d’une recherche sans fin et des sources inépuisables à explorer mais à chacun ses propres moyens de l’aborder. Les architectes de l’agence C+S Architects ont conçu un volume composé de pièces d’acier soudés pour créer un élément autoporteur sans qu’il ait besoin de supports verticaux. Certaines pièces sont visibles, d’autres non, mais tous sont essentiels pour garder l’équilibre de l’ensemble. Il s’agit d’une forme qui peut être comparée à notre planète.

Concernant les procédés classiques à la conception d’une école, les architectes déclarent : « Nous relions ensemble toutes les ressources à disposition: économique, humaines, sociales, énergiques; pour proposer un nouveau modèle plus équilibré pour lutter contre les inégalités. »

« Nous concevons un jouet. » disent-il en se référant aux espaces publics et les sculptures ludiques qui créent l’interaction entre les gens. « Nous concevons un chemin perpétuel. » déclarent-ils en faisant un clin d’œil à l’enfant entrant dans la communauté via les écoles. Et finalement : « Nous concevons rouge. » racontent les architectes pour injecter de la couleur dans la ville grise étalée.

Une installation de plus qui s’ajoute à d’autres et mérite réflexion !

© C+S Architectes
© C+S Architectes
© C+S Architectes
© C+S Architectes
© C+S Architectes
© C+S Architectes

Le site de C+S Architects : ici.

Les photos: © C+S Architectes