Archives de catégorie : haute-technologie

Tomás Saraceno à Paris

Aeroscene

C’est du 4 jusqu’à 11 décembre, à l’occasion du COP21 ainsi que la conférence des Nations unies sur le changement climatique et sous la nef du Grand Palais que les visiteurs ont pu découvrir l’œuvre de Tomás Saraceno né en 1973 à Tucuman, en Argentine et qui vit et travaille à Berlin. Une série de sculptures aériennes baptisées « Aerocene » qui met en avant encore une fois le travail épatant d’un artiste hors norme.

Après avoir obtenu son diplôme d’architecture à l’Universidad Nacional de Buenos Aires en Argentine, Tomás a poursuivi un parcours artistique et scientifique qui l’a propulsé sans cesse en devant de la scène internationale. De Säo Paulo à Venise en passant par Paris, l’artiste à la griffe singulière a su toujours fasciner et surprendre son public. Sa dernière installation parisienne s’appelle « Aerocene ». Un projet qui flotte dans les airs et n’utilise aucune énergie fossile.

L’utopie réalisable 

C’est une extraordinaire œuvre sculpturale qui invite à penser à de nouvelles façons de découvrir la circulation de l’énergie et des ressources dans le monde. L’artiste qui avait présenté à Berlin le projet de « Cloud Cities », revient avec une œuvre neuve qui porte un nouveau message. Ce dernier se joint à une performance matérielle qui va au-delà d’une simple pensée. En conséquence, l’esthétisme et l’utopie s’entremêlent pour appeler à une action collective qui touche notre planète.

Dans un monde divisé, « Aerocene » devient un programme pour partager ses connaissances, parcourant les chemins de l’art, le franchissant et allant à la rencontre de la science et de la culture, le projet tend à faire comprendre comment fonctionne notre planète. Imaginer de nouvelles façons d’habiter, de vivre ensemble de se déplacer serait le premier pas vers une prise de conscience plus générale.

Architecte de formation mais surtout un grand artiste aux diverses installations, via ses œuvres oniriques,Tomás Saraceno a le don de rompre les fragiles frontières entre le réel et l’imaginaire pour en parfaire une « utopie réalisable » qui donne sens à notre existence.

Le site de Tomás Saraceno : ici.

Et si l’homme donnait un coup de pouce à la nature ?

29-1

Une machine volante imaginaire pour acheminer la pluie dans le désert. C’est le concept présenté cette année, par les architectes coréens Taehan Kim, Seoung Ji Lee et Yujin Ha pour la compétition internationale de gratte-ciel Evolo. Découverte d’une idée à la fois atypique et méthodique.

Elle est censée conserver l’humidité des nuages et de les transporter dans les régions arides de la planète. Il s’agit de la « Cloud Capture » qui a reçu une honorable mention à la compétition internationale Evolo 2015.

Selon les architectes, les nuages participent à l’équilibre de la terre qui devient de plus en plus fragile. C’est pourquoi penser à un système de redistribution de la pluie, ne serait que bénéfique. D’où l’élaboration d’une structure destinée à lutter contre la menace croissante de la sécheresse et des divers changements climatiques. Ainsi, en redistribuant l’humidité, les concepteurs aspirent à équilibrer la quantité de la pluie sur terre. Une folle idée qui a séduit le jury.

La structure ressemble à un ballon qui devrait, comme une montgolfière, traverser les océans pour capter les nuages dans les régions équatoriales à forte humidité. Une fois le nuage détecté, un filet constitué de matériau hydrophile attire sur sa surface les particules. Le dispositif qui flotte dans l’air va continuer son chemin jusqu’à une nouvelle destination, cette fois-ci sèche et aride. Une fois sur place, le liquide emmagasiné est distribué via une multitude de tuyaux d’arrosage.

Si tout cela nous parait pour le moment chimérique, l’idée même d’envisager un tel procédé reste intéressante.

Pour plus d’information sur le projet, voir : ici.

Noah Oasis, le gratte-ciel qui accorde plate-forme pétrolière et habitation écologique

14-2

Evolo Skyscraper Competition est une compétition mondiale qui se déroule chaque année uniquement sur le net. La dernière en date vient de se terminer et une multitude de groupes de participants ont reçu différents prix. Noah Oasis qui a obtenu une mention honorable nous transporte dans les milieux marins et transforme les structures pétrolières en habitations écologiques. Découverte d’une ingénieuse idée qui tente de rapprocher certaines contradictions.

Contradictoire ? Le pétrole et l’écologie appartiennent à deux mondes différents mais une fois que le premier laisse ses géantes structures en plein mer, l’autre pourra les coloniser. C’est l’idée des chinois Ma Yidong, Zhu Zhonghui, Qin Zhengyu et Jiang Zhe qui ont participé à la compétition mondiale d’Evolo 2015 en proposant Noah Oasis, le gratte-ciel qui prend place sur les plateformes pétrolières et les transforme en habitats écologique.

C’est une idée qui a déjà été abordée et en plusieurs reprises dont j’avais parlé ici. Cette fois-ci il s’agit d’une tour qui se transformera en un refuge en plein mer. Le concept aspire à restaurer l’écosystème endommagé et offrir des habitations d’urgence à tous. La plate-forme d’origine deviendra le centre du réacteur où le pétrole déversé sera converti en catalyseur.

Trois périodes ont été envisagés pour l’utilisation d’un tel procédé. Tout d’abord, la stratégie à court terme qui concerne l’absorption du pétrole déversé en procurant un résultat rapide et instantané, la deuxième phase qui est à moyen terme qui va transformer l’huile récoltée à travers les tuyaux vers une centrale sous-marine où le pétrole brute sera converti en catalyseur pour les récifs coralliens d’une part et la production du plastique d’autre part. Quant à la troisième phase qui est envisagée à long terme sera l’utilisation de ces plates-formes comme abris en cas de montée des eaux et de catastrophes. C’est là que le Noah Oasis prendra toute sa signification.

Une idée qui mérite son prix.

14-1

14-3

Au Palais de Tokyo, voyage artistique au bout de la terre

@Sipane Hoh

Il serait plus adéquat, de parler de recherches et de visions tellement ils s’inscrivent dans cette lignée mais l’Art n’étant jamais trop loin, leur performance dépasse les limites des conceptions et s’interroge sur le principe même de la création. Au Palais de Tokyo, les artistes nous font traverser les frontières de l’Art pour aller au-delà et savourer les diverses inventions présentées.

C’est un voyage inédit entre son et lumière, murmure et image, module et maquette, qui titille le visiteur du Palais de Tokyo. Nous sommes au 13, avenue du Président Wilson, dans le 16ème arrondissement de Paris. Tout d’abord, un petit tour du côté des champs magnétiques de TAKIS qui aura cette années 90 ans. Une mise en scène qui nous montre l’art cinétique dans toute sa splendeur. Par ici des aiguilles qui font de la musique, par là des tableaux magnétiques ailleurs quelques installations qui étudient l’œuvre en lévitation. Un univers unique où les yeux des visiteurs sont à leur tour comme aimantés pour ne pas perdre une seule miette de l’exposition.

Continuons la visite où Bouchra Khalili présente une série de photographies sous le nom de « Foreign office » et découvrons avec bonheur le talent de cette artiste lauréate du prix SAM pour l’art contemporain en 2013. Un peu plus loin, les paysages artificiels de Marie-Luce Nadal captent tout curieux de la ville.

Allons voir du côté des réalisations de Bridget Polk où des pierres de différentes tailles, trouvées au hasard de sa route, composent des sculptures imaginaires. Des morceaux de parpaings, des briques, des carreaux en ciment prennent ainsi forme défiant toute logique de gravité et offrant un tableau vivant de toute beauté.

Comment ne pas évoquer Michael Riedel qui investit avec son art absolu le point perché du Palais de Tokyo ? Les artistes sont nombreux et les installations tout autant. Finalement je clos ma visite avec l’incontournable Theo Jansen et son œuvre construite de voiles, de tubes électriques, de tiges de bambou, de bouteilles plastiques et d’autres matériaux qui forment une créature étrange. Développé selon la théorie de l’évolution génétique, une fois le vent levé, ce corps insolite bouge et avance d’une manière autonome à l’instar d’un mille-pattes géant. Un travail titanesque mélange d’ingéniosité et de mobilité, une exceptionnelle sculpture qui place l’œuvre dans une mouvance à part. Au confluent de l’Art, de l’ingénierie et de la science, l’œuvre hybride de Theo Jansen est à elle seule un voyage au bord des mondes.

@Sipane Hoh

@Sipane Hoh

@Sipane Hoh

Pour plus d’informations sur les expositions du Palais de Tokyo, voir : ici.

L’ascenseur se déplace-t-il horizontalement ?

55-2

Certains répondront inévitablement d’une manière négative. Sauf qu’aujourd’hui, la science et les technologies nouvelles peuvent parfois démontrer le contraire. Un nouveau genre d’ascenseur vient d’être conçu, découvrons ce joyau technologique qui va révolutionner notre quotidien.

Les idées d’autrefois commencent à se faner devant les nouvelles inventions. La dernière création en date c’est l’ascenseur qui se déplace horizontalement aussi bien que verticalement grâce à un système de puissants aimants et non plus avec des câbles. Un  remarquable concept qui vise non seulement à supprimer le principe du contrepoids mais octroie aux architectes une plus grande liberté de conception.

Chaque cabine automotrice serait en mesure de se déplacer vers le haut, vers le bas ou vers les deux côtés faisant partie d’une chaîne qui ambitionne à accueillir deux fois plus d’utilisateurs et permettant de réduire à moitié l’encombrement des ascenseurs dans les immeubles de grande hauteur. Une technologie de pointe que l’agence allemande ThyssenKrupp promet d’essayer d’ici 2016.

Par ailleurs, la société qui est également l’un des plus grands producteurs d’acier du monde, compare l’actuel système d’ascenseur à la construction d’une ligne de chemin de fer entre deux villes et de l’utiliser pour faire fonctionner un seul train. La conception utilise un système par lévitation magnétique qui a déjà servi dans le train allemand monorail à grande vitesse.

L’évolution n’ayant plus de limite, avec ce prototype de l’ascenseur, certaines contraintes disparaîtront et l’architecture des immeubles se métamorphosera.

55-1

Les images : © TyssenKrupp

Au pays de l’or noir, un oasis écologique nommé « Masdar »

01@SipaneHoh

L’ambition était de taille, faire surgir en plein cœur du désert une ville intelligente et verte pour près de 50000 habitants qui, une fois terminée, deviendrait la première ville à zéro émission carbone au monde. Mirage ou réalité ? Visite d’un ingénieux laboratoire d’idées qui depuis son lancement attend d’être complété.

Emirats Arabes Unis |

Avril 2006, la décision prise, le prince héritier et ministre de la défense d’Abu-Dhabi annonce le projet innovant de « Masdar », la ville écologique conçue par l’agence d’architecture anglaise Foster & Partners et dont la construction a commencé en 2008 et devrait durer jusqu’en 2020. Entre-temps, l’agence d’architecture LAVA (Laboratory for Visionary Architecture) remporta le concours d’aménagement de la ville nouvelle.

Depuis, petit à petit, la ville commence à prendre forme, tout en s’inspirant de l’architecture traditionnelle de la région, la haute technologie prend ses marques. Aujourd’hui, une fraction de la cité témoigne de ce qui peut représenter le projet une fois toutes ses phases terminées. Pour cela, faisons escale dans cet oasis écologique pour expérimenter l’avenir.

Non loin de l’aéroport international d’Abu-Dhabi, dans un environnement entièrement désertique, la couleur ocre de quelques bâtiments se détache dans l’horizon, les voitures trouvent refuges dans un énorme garage d’où le visiteur commence une étonnante découverte.

A première vue, on se croirait dans les films de sciences fiction où le voyageur se glisse dans la peau des héros de François Schuiten en train d’explorer le futur. Confortablement installés dans les petits véhicules sans conducteurs, les PRT (Personal Rapid Transit), nous traversons un étage dédié aux transports se trouvant au sous-sol de la ville nouvelle surélevée.

Le temps de découvrir ce dédale et nous voilà arrivés à destination dans un espace grandiose où le marbre est de mise, un escalier en colimaçon nous amène vers l’extérieur, au cœur même de la ville, dans une rue piétonne entourée de plusieurs bâtiments. Commence alors l’intéressante découverte qui va de quelques simples magasins à haute efficacité énergétique jusqu’au pilier technique de la ville déjà construite, le Masdar institute, une université où le seul savoir-faire reste la haute technologie durable.

Avant de repartir vers de nouveaux horizons, un dernier coup d’œil à la maquette qui se trouve au terminal des PRT pour se projeter dans le futur puis retrouver le présent.

Tandis que la ville d’Abu-Dhabi et ses gratte-ciel meublent l’horizon, Masdar reste un ambitieux projet ainsi qu’un exceptionnel laboratoire d’idées pour toute la région. Rendez-vous en 2020 pour faire le bilan.

02@SipaneHoh

03@SipaneHoh

04@SipaneHoh

05@SipaneHoh

06@SipaneHoh

07@SipaneHoh

08@SipaneHoh

09@SipaneHoh

D’autres photos se trouvent sur ma galerie publique : ici.