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La charmante Villa Tonden, un projet signé HofmanDujardin

© Matthijs van Roon

Conçue pour échapper à l’agitation de la ville, la villa Tonden, une conception en bois signée HofmanDujardin constitue le refuge idéal pour les vacances. Nichée dans la nature, la réalisation qui se trouve dans la commune néerlandaise de Brummen, comporte diverses qualités.

S’adapter au lieu

L’agence HofmanDujardin a soigneusement façonné l’aspect caractéristique du projet pour s’adapter parfaitement au lieu. Cette maison revêtue de bois est équipée de toutes les commodités nécessaires pour profiter d’un moment décontracté avec la famille et les amis. Toutes les chambres offrent une vue imprenable sur la nature environnante.

La Villa Tonden est composée de trois volumes en forme de maison archétypale. Les façades embrassent différentes terrasses qui surplombent les champs et les bois alentours. Alors que les volumes individuels se traduisent par des espaces intérieurs uniques avec des qualités spécifiques, l’utilisation de portes coulissantes renforce les connexions internes.

Le hall d’entrée et sa grande fenêtre sont connectés à l’espace de vie principale. Avec des ouvertures orientées dans trois directions, le salon suit le soleil. Deux grandes portes coulissantes en verre s’ouvrent sur une terrasse et brouillent les liens entre l’intérieur et l’extérieur. Avec la structure du toit en bois laissée visible, la hauteur est encore plus soulignée. Le salon constitue le cœur de la maison, invitant la famille à passer des soirées chaleureuses et confortables autour de la cheminée.

Regarder les étoiles

La chambre principale possède une salle de bain privée et une grande fenêtre qui offre une vue imprenable sur les bois environnants. La chambre des enfants comprend des lits superposés intégrés aux quatre coins de l’espace, un agencement spécial pour se sentir en sécurité dans cet environnement naturel. Situées devant une grande fenêtre, les chambres donnent sur les bois et permettent aux enfants de regarder les oiseaux et les cerfs depuis leur lit. Outre la chambre principale et celle des enfants au rez-de-chaussée, la Villa Tonden dispose de deux chambres d’hôtes supplémentaires dans les combles. Toutes deux, sont dotées d’un puits de lumière pour regarder les étoiles et les cimes des arbres. De cette façon, chaque espace entretienne une relation unique avec la nature. L’ensemble, aux traits fins et épurés, se niche parfaitement dans l’environnement naturel. Un coup de maître de la part des architectes !

© Matthijs van Roon
© Matthijs van Roon
© Matthijs van Roon
© Matthijs van Roon
© Matthijs van Roon

Le site de HofmanDujardin : ici.

Les photos : © Matthijs van Roon

A Porto, l’élégant Spectris Innovation Center signé Studium

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Au Portugal, à Porto, la conception des installations du Spectris Innovation Center Porto a été présentée comme un exercice où règne ordre et tact. C’est l’agence portugaise Studium dirigée par Sérgio Miguel Magalhães qui s’est chargé du projet. Ce dernier s’avère être une belle réussite.

Une symbiose entre le passé de l’édifice et l’innovation

« La décision d’agrandir l’un des corps du bâtiment existant en un espace de stockage attaché complètement inerte, a été le point de départ de l’étude de l’occupation intérieure et d’un bâtiment extérieur, ainsi que de la conception et de la fonctionnalité dynamique entre les multiples espaces de contact des deux lots. » Nous confient les architectes.

La situation privilégiée à côté de l’aéroport de Porto, du métro et des autoroutes a contribué à la décision d’occuper le bâtiment voisin. L’ensemble d’environ 650 m² se caractérise par sa configuration en entrepôt de volumétrie rectangulaire, avec son axe longitudinal orienté nord-est et sud-ouest et avec une imposante nef centrale. La division est verticale et se déroule sur deux étages avec un accès à un patio de 500m² qui se trouve à l’arrière du bâtiment.

L’entrée est la première unité fonctionnelle qui définit la symbiose entre le passé de l’édifice et l’innovation demandée. C’est l’élément central sur lequel s’appuie le concept créatif du projet qui se traduit par un programme ambitieux de création et de distribution d’une soixantaine d’emplois en open space, dans une fusion entre espaces de réunion, espaces de travail en équipe, espaces individuels et d’autres zones de loisirs.

Un travail ponctuel, sobre et ordonné

L’espace ouvert central guide ainsi la communauté vers des interstices de rencontre et de travail en équipe, le tout, dans une convergence d’usages, de fonctions et d’échelles sans équivoque pour les utilisateurs des lieux comme pour les visiteurs. « Les espaces de réunion suivent l’échelle suivante dans la proportion et dans l’occupation de l’espace existant: à partir de l’auditorium comme élément générateur de différents espaces qui sont combinés avec les conteneurs de confinement et de structuration et comme élément structurel pour la croissance de l’équipe à l’étage supérieur soutenu par ces points d’appui préliminaires. L’échelle suit également la définition standard du spectre d’utilisation avec des micro points de contact où nous pouvons, individuellement ou en groupe, étendre l’espace de performance principal. » Racontent les architectes.

La performance maximale implique une pause, une récupération et parfois une échappée. Le placement de la salle à manger dans l’espace de l’arrière-cour propose un moment de méditation et de contemplation, tandis que l’espace extérieur est plus adapté et libre. La connexion avec la salle de sport et la salle de jeux, justifie l’attitude durable de confort et de bien-être dans les espaces de bureau modernes, en plus des conditions de chaque poste de travail individuel. En tant qu’élément unificateur de tout l’espace, se tient un processus qui définit les zones, les fonctions et les différents humeurs. C’est un travail ponctuel, sobre et ordonné que les architectes de l’agence Studium ont mené avec brio !

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio

Le site de Studium: ici.

Pour plus d’informations concernant l’actualité de l’agence, voir: ici et .

Les photos: © Ivo Tavares Studio

A Paris, ITAR architectures signe un projet éloquent

© 11h : 45

A Paris, au 88, boulevard Ney, ITAR architectures vient de livrer un programme à la fière allure, aux lignes pures et aux traits distingués. Il s’agit de 72 logements sociaux, une crèche ainsi que deux commerces, un ensemble cohérent qui adopte la parcelle tout en apportant une touche de nouveauté.

Taillé pour le lieu

Le projet, manipulé avec tact par l’agence ITAR, ne laisse pas indifférent. Tandis que certains vont lui trouver quelques traits arrondis qui se rapprochent de quelques immeubles parisiens des années trente, d’autres diront que les espaces généreux et la luminosité des lieux font un clin d’oeil apprécié aux habitations accueillantes des années soixante-dix alors que d’autres iront encore plus loin en trouvant une véritable ressemblance avec l’architecture Bauhaus. Finalement, il s’avère que le projet du 88, boulevard Ney constitue, non seulement, une réalisation raisonnée qui répond favorablement aux diverses exigences du programme mais c’est une construction aussi fonctionnelle que plastique qui met le bien être des usagers en avant. Ingrid Tallandier a, comme à son habitude, encore une fois cousu une architecture taillée pour le lieu tout en lui insufflant diverses qualités.  

Allons donc à la rencontre de la réalisation qui a fait tant réagir positivement les adeptes du modernisme. Le projet comprend deux entités élevés sur un socle commun occupé par la crèche. L’architecte nous apprend que son idée de scission fait écho aux tours environnantes tout en dotant l’ensemble des logements d’une grande luminosité. Ainsi, les arrondis qui interpellent le promeneur viennent adoucir les deux silhouettes des immeubles tout en contrastant avec les angles droits des tours environnantes. Ingrid Tallandier a joué adroitement avec les volumes, les formes mais aussi les textures pour un résultat enchanteur.

Évolutif et généreux

Situé au nord du 18ème arrondissement parisien, le site jouit de plusieurs qualités, il bénéficie entre autres, d’une bonne desserte routière mais aussi de la proximité immédiate des transports en commun. Ainsi, située à l’entrée de la ville, la parcelle propose de nouveaux logements, des commerces ainsi qu’un équipement. L’architecte, en adéquation avec le projet existant qui porte la signature de l’architecte Dubuisson et après avoir analysé les diverses entités du programme demandé, a proposé un projet capable de durer mais aussi d’évoluer.

L’évolution future faisant partie des préoccupations de l’agence ITAR, cette dernière a proposé des intérieurs modulables et flexibles qui peuvent être adaptés, grâce à une structure réfléchie, aux différents changements de la vie du bâtiments. De même, nous remarquons que chaque logement possède un espace extérieur. Ingrid Tallandier n’a pas attendu le confinement pour mettre en avant cette stratégie, elle se débat, depuis bien longtemps, pour proposer aux utilisateurs des lieux emplis de confort et de bien être. Des propriétés appréciés de tous, probablement non visibles de l’extérieur mais qui font la différence de son architecture.

Matières et textures

Aux espaces généreux s’ajoutent la maîtrise des matériaux. Le choix de l’architecte s’est porté sur la brique pleine qui favorise le dialogue avec les tours existantes. Cependant toute la hauteur de la façade n’est pas traitée d’une manière uniforme. L’architecte a remanié l’utilisation de la brique selon son emplacement. Par exemple, les angles des façades et les garde-corps des terrasses et des loggias sont constitués d’un assemblage de briques ajourées qui, à l’image des moucharabieh, proposent des espaces intimes aux habitants. Un petit coup de coeur pour les quelques trumeaux, remplis par un assemblage géométrique de briques, qui donnent l’impression d’une façade dynamique où l’on distingue un indéniable jeu d’ombre et de lumière. Un travail recherché de la matière qui démontre le soucis des détails. Des détails soignés qui participent à rehausser l’architecture d’Ingrid Tallandier vers un niveau incontestable de maîtrise et d’élégance.

© 11h : 45
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Le site de l’agence ITAR architectures : ici.

Les photos : © 11h : 45

Whidbey Island Farm Retreat, l’élégante réalisation signée mwworks

© Kevin Scott

C’est l’ihistoire d’une maison située au bord d’une colline que l’agence d’architecture mwworks a réalisé sur l’île Whidbey située dans l’état de Washington, aux Etats-Unis. Dans un impressionnant écrin de verdure la réalisation s’avère être à la fois sobre, élégante et fonctionnelle.

Une famille multigénérationnelle

Le projet abrite une famille multigénérationnelle originaire de l’île qui cherchait à construire un nouveau logement et une retraite sur le site de la ferme familiale existante. Les propriétaires sont un couple de personnes âgées qui devraient y vivre avec leurs trois enfants adultes, plusieurs petits-enfants adolescents tout en recevant des invités. L’ensemble pouvant accueillir jusqu’à vingt personnes.

L’architecte Eric Walter, l’un des directeurs de l’agence mwworks souligne :
« Située sur un site rural de l’île Whidbey, une famille locale a cherché une nouvelle maison et une retraite sur le site de sa ferme familiale existante. Par respect pour les bâtiments agricoles du début du siècle situés sur le site, la maison se niche au bord d’une colline densément boisée, donnant sur les poulaillers, une grange rouge patinée, des champs de bétail et un étang de pêche. La maison semble intentionnellement modeste et humble de la vallée, déférente aux terres agricoles pastorales en contrebas. »

Un site rural

Situé sur un site rural sur l’île Whidbey, la maison se trouve au bord d’une colline densément boisée par respect pour les bâtiments agricoles du début du siècle situés sur la même parcelle. L’ensemble donne sur les poulaillers, la grange de couleur rouge patinée, les champs de bétail et l’étang de pêche. Selon les architectes, la maison a été conçue pour être intentionnellement discrète par rapport à la végétation alentour. En effet, l’ensemble est conçu pour se glisser finement entre les grands sapins tout en s’enroulant gracieusement autour d’une clairière. Chaque aile du bâtiment a été soigneusement conçu pour préserver autant que possible les arbres significatifs existants. À la demande du propriétaire la protection des arbres constituait une grande importance qui va au-delà de l’opportunité de la construction.

« La maison a été conçue pour être flexible et durable et refléter l’histoire en couches du site et de la famille elle-même. La vue de la maison est intentionnellement discrète et modeste depuis les zones agricoles et la route voisine, avec l’intention que quelqu’un ne la remarque même pas. La maison devait capturer des vues surplombant les granges d’altération, l’étang de pêche et les champs de bétail biologique, mais se sentait toujours déférente au paysage et à l’histoire agricole du site. » Raconte Steve Mongillo, l’un des fondateur de mwworks.

L’architecte explique la démarche en soulignant : « Le projet est conçu pour créer des souvenirs et des liens pour une grande famille élargie pour les générations à venir dans un monde où trop de familles se séparent plutôt que de se réunir. Les propriétaires seniors ont mis en place le projet de sorte que, peu importe ce qui leur arrive, les enfants et leurs enfants aient toujours la maison pour les rassembler et continuer à créer des souvenirs. »

Une connexion douce avec la forêt

L’intervention des architectes est sensible, le pavillon forme une connexion douce avec la forêt et la vallée agricole. Le temps est marqué par les ombres de forêt ou encore par la présence des vaches se déplaçant à travers le pâturage en dessous. La beauté intemporelle du site est vénérée et reflétée à l’intérieur de cette entité à travers des matériaux locaux et durables mais aussi  des finitions naturelles. La cheminée en pierre robuste contraste avec les fenêtres en chêne doux et chaud. Le coffret en teck personnalisé a été simplifié avec des accents en acier noirci intégrés et des fentes au lieu des poignées de quincaillerie. L’ensemble est constitué d’espaces de vie, de la cuisine, de ma salle à manger et d’extérieur parfaitement combinés, ce volume est conçue pour l’ensemble de la famille et reste leur espace privilégié.

A la fois bucolique et chaleureuse, l’intervention de mwworks glorifie l’intemporalité du patrimoine forestier et agricole du lieu. La maison est conçue pour durer avec un faible entretien, réduisant ainsi les divers coûts. « À la surprise de l’équipe, une fois la maison terminée, le propriétaire a fait installer une plaque de bronze personnalisée dans la maison. Il y a énuméré le nom de chaque personne qui a contribué de manière significative à la conception et à la construction de la maison, y compris de nombreux charpentiers et artisans. Il a ressenti une profonde appréciation pour les personnes qui ont réalisé la maison. Nous sommes de tout cœur avec cette démarche. » Déclare Steve Mongillo.

© Kevin Scott
© Kevin Scott
© Kevin Scott
© Kevin Scott
© Kevin Scott

Le site de mwworks : ici.

Les photos : © Kevin Scott

Casa CG, la séduisante maison signée Pedro Henrique

© Ivo Tavares Studio

Au Portugal, à Arrifana, dans un environnement privilégié et idyllique, l’architecte Pedro Henrique a réalisé la Casa CG, une maison familiale aux traits purs et aux lignes discrets. Sobriété et élégance sont au rendez-vous.

Entre terre et mer

L’architecte nous raconte que la parcelle se trouve sur un plan surélevé par rapport à la rue et s’ouvrant sur un champ, elle est définie par les grands arbres qui nous procurent des sensations visuelles vécues grâce aux différentes palettes de couleurs qu’apporte chaque saison. C’est dans cet environnement idyllique, entre terre et mer que Pedro Henrique a construit son projet, une maison familiale aux lignes sobres et aux traits purs.

Un ensemble de volumes forme la maison qui incarne un archétype reconnaissable et divise l’espace intime et commun, séparant les chambres de la cuisine et des salons. « Ces volumes sont organisés selon différentes orientations à la recherche de la meilleure relation entre eux, et les uns avec les autres. » Nous raconte l’architecte. En effet, le contraste entre les façades en béton brut et l’intérieur de la maison crée une sensation singulière, ressentie à travers les patios, les lucarnes et les escaliers.

simplicité et sobriété

L’espace collectif s’étend à l’extérieur et à l’étage supérieur, créant une variété d’espaces de vie tout en étant en proximité des ménages. La partie qui comprend les chambres, comporte un espace extérieur couvert offrant de l’intimité et permettant, simultanément, à la lumière naturelle d’inonder l’intérieur. Afin d’intensifier le rapport à la nature, la maison évoque la simplicité et la sobriété qui caractérisent l’environnement.

L’intérieur se caractérise par le joli croisement des matières où le béton brut cohabite à merveille avec le bois des planchers et les murs blanches immaculées. L’ensemble dégage un atmosphère serein où règnent la sobriété et la grâce. Pedro Henrique a fait tout son possible pour engendrer un ensemble élégant où il fait bon vivre. Un projet remarquable à découvrir sans tarder.

© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
© Ivo Tavares Studio
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Le site de Pedro Henrique Arquiteto : ici.

Facebook: https://www.facebook.com/pharq/ Instagram: @pedrohenriquearquiteto

Les photos: © Ivo Tavares Studio

Facebook: www.facebook.com/ivotavaresstudio. Instagram: @ivotavaresstudio

Frugale mais sensible, la réalisation de Farid Azib à Saint-Lô

© Luc Boegly

Le nouveau technopôle de Saint-Lô vient d’être terminé. Il s’agit d’un bâtiment remarquable, identifiable de loin, à l’allure fière, à la fois sobre et frugal qui constitue le point de départ de la nouvelle zone d’activité dédiée aux diverses entreprises innovantes du territoire. Un projet qui porte la signature habile de Farid Azib (RANDJA).

Une forme simple, un programme complexe

A Saint-Lô, une forme simple accueille un programme complexe dont des espaces de co-working, d’autres de réceptions et de démonstration ainsi qu’un auditorium, le tout dans un écrin minéral qui allie monumentalité et élégance. L’architecte Farid Azib et son agence ont été retenu en 2015 pour mener à bien le projet. « j’en étais très heureux. Connaissant mal la région et la ville de Saint-Lô, je sentais pourtant une attirance pour ce territoire à la géographie particulière, cette grande presqu’île réelle et ancienne, et j’avais toujours été interpellé par la dénomination « Manche », le nom donné au département. Cet attrait, tout autant que la programmation, a fortement motivé ma candidature. » Déclare l’architecte.

Mais ce territoire peu connu de certains, a su au fil du temps rebondir tout en se projetant vers l’avenir. En effet, la ville de Saint-Lô possède une histoire chaotique, ayant été bombardée à la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle porte les stigmates du passé, mais elle est aussi capable d’envisager l’avenir, un avenir où l’architecture joue l’un des rôles les plus importants. Et c’est sous la houlette de Farid Azib que la renaissance architecturale de ce morceau de ville se profile. L’architecte puise ainsi dans le passé de Saint-Lô pour écrire, avec les mêmes matériaux, un chapitre nouveau où texture et matérialité se croisent dans la plus simple des formes et composent le futur Technopôle Agglo 21. Minéralité et robustesse sont donc les caractéristiques de la nouvelle réalisation qui allie admirablement et avec la plus grande finesse, l’agrégat, la roche et le béton.

« Ce sera l’agrégat, le béton, le même utilisé au lendemain de la guerre, cette roche pulvérisée en gravats, que Saint-Lô a ramassée, triée, assemblée pour en faire à nouveau des murs solides et protecteurs. Le béton se confond avec l’histoire récente de la ville, ce matériau ayant beaucoup servi pour la reconstruction. Cette histoire avec le béton coïncide avec l’établissement d’excellents maçons venus d’Italie pour reconstruire la ville meurtrie. Ils vont créer des entreprises de gros œuvre exemplaires spécialisées dans le béton, qui œuvrent encore aujourd’hui ; la société Zanello qui a merveilleusement exécuté cet ouvrage, est l’une d’elles. » Raconte l’architecte.

Une conception sobre et lumineuse

A Saint-Lô, l’architecte n’a pas souhaité d’engendrer un volume pimpant aux vues magnifiques mais toute son attention a été orientée vers une conception sobre qui englobe les fonctions à l’intérieur des murs épais tout en dynamisant les interactions entre les usagers. Ainsi, les vues sur le paysage ne sont pas spécialement recherchées, à l’exception de l’amphithéâtre de 280 places, qui, exposé à la départementale, présente à la vue des automobilistes, la fonction du bâtiment. Un geste inattendu qui offre au regard des passants, un édifice différent des autres entités commerciales présentes aux alentours. L’intention de l’architecte était donc la générosité des espaces intérieurs mis à disposition des utilisateurs des lieux.

Néanmoins malgré l’aspect hermétique du projet, l’ensemble, manié avec tact par Farid Azib, dévoile plusieurs adorables surprises. En effet, si l’on regarde de près, l’équipement interagit avec son environnement. Notons par exemple l’espace « escalier-gradin » qui constitue un hémicycle de plein air en prolongement de l’amphithéâtre intérieur programmé. De même, l’agencement se fait par juxtaposition afin d’éviter les couloirs, l’architecte a conçu des espaces généreux où la lumière naturelle est toujours présente. Ainsi, le projet, qui semble opaque depuis la façade située au sud, sur les parkings, s’avère être baigné de lumière grâce aux larges baies vitrées donnant sur les patios intérieurs.

Outre l’exemplarité de la conception structurelle et la technicité de sa mise en œuvre inédite, le nouveau technopôle de Saint-Lô, à l’allure aussi monumentale que frugale, dévoile une indéniable sensibilité qui fait sa spécificité.  

© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly
© Luc Boegly

Le site de Farid Azib (RANDJA) : ici. (A noter que l’architecte Dhouha Hamdi est le chef de projet.)

Les photos : © Luc Boegly